L’impact de la mort du Roi (Matthieu 27.51-56)
La croix semble marquer la fin. Pourtant, au moment même où Jésus meurt, quelque chose d’immense commence à se dévoiler.
Dans la même série :
- Jésus, entre menace et amour (Matthieu 26.1-13)
- Et Judas entre en scène (Mattieu 26.14-25)
- Jesus, la nouvelle Pâque (Matthieu 26.26-35)
- L’ultime tentation (Matthieu 26.36-46)
- Jésus est trahi (Matthieu 26.47-56)
- Jésus est jugé (Matthieu 26.57-68)
- Jésus est renié (Matthieu 26.69-75)
- Le suicide de Judas (Matthieu 27.1-10)
- Le procès romain de Jésus (Matthieu 27.11-26)
- La crucifixion du Roi (Matthieu 27.26-45)
- La mort du Roi (Matthieu 27.45-50)
- L’impact de la mort du Roi (Matthieu 27.51-56)
- L’enterrement du Roi (Matthieu 27.57-66)
- La résurrection du Roi (Matthieu 28.1-10)
- Les preuves de la résurrection du Roi (Matthieu 28.9-15)
- Le mandat du Roi (Matthieu 28.16-20)
- Vivre dans le monde de Dieu (Matthieu 28.18-20)
Version écrite de la prédication
Tout est accompli !
Le sujet était solennel. Difficile à entendre. La croix n’est certainement pas le moment de la vie du Christ que l’on aime à contempler le plus. Le voilà brisé, lui qui est juste, pour nous qui ne le sommes pas.
C’est par lui que vous êtes en Christ-Jésus qui, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, et aussi justice, sanctification et rédemption.
– 1 Corinthiens 1.30
Vous avez été rachetés d’un grand prix.
– 1 Corinthiens 6.20
L’orage était terrible. Mais quel soleil se prépare ! Dès la mort terminée, un ensemble d’événements s’enchaînent pour communiquer tout le sens de la mort du Christ. On va commencer des réflexions plus joyeuses…
Lecture : Matthieu 27.51-56
La déchirure pour dire l’ouverture
Et voici : le voile du temple se déchira en deux du haut en bas.
– Matthieu 27.51a
Pour apprécier la portée de l’événement, il faut comprendre quelques notions essentielles de la présence de Dieu au monde :
Au commencement, l’homme et Dieu jouissaient d’une communion parfaite et harmonieuse. Dieu était au milieu de son peuple.
Puis vient le péché. Et Dieu expulse l’homme loin de lui :
L’Éternel Dieu le renvoya du jardin d’Éden, pour qu’il cultive le sol d’où il avait été tiré. Après avoir chassé l’homme, il mit à demeure à l’est du jardin d’Éden les chérubins et la flamme de l’épée qui tournoie, pour garder le chemin de l’arbre de vie.
– Genèse 3.23-24
L’événement est cataclysmique. L’univers tout entier est modifié par ce péché. Ce n’est pas simplement l’homme et la femme qui sont atteints :
- C’est la terre dans son écologie qui est maudite.
- C’est la vie qui devient mortelle.
- Dieu n’est plus visible dans sa présence et son rapport au monde.
- Dieu prend les devants pour sauver des individus. Et pour préparer son plan de salut, il engendre des alliances.
Noé, avec lequel il fait alliance.
Abraham, avec lequel il fait alliance.
Et puis une alliance particulière et temporaire est établie avec Moïse. C’est la plus conditionnelle des six alliances établies avec Israël. Elle promet des bénédictions et des malédictions en conséquence du comportement du peuple.
Avec cette alliance, Dieu prescrit la réalisation d’une tente, d’un tabernacle. Elle sera le premier moyen pour le peuple issu d’Abraham de s’approcher du Seigneur… C’est une sorte de sanctuaire portable, et un tiers du livre de l’Exode lui est consacré.
C’était un lieu d’habitation de Dieu. C’est là que Dieu résidait et rencontrait son peuple (Ex 25.8), parce que le peuple pécheur ne pouvait survivre à la présence de Dieu.
Souvenez-vous de la montagne embrasée, terrifiante (Ex 19) ! Il fallait que le tabernacle soit construit, pour permettre au Seigneur d’être approché paisiblement (Ex 40).
Le tabernacle a été construit sur le modèle de ce que Moïse a vu sur la montagne. Il a été réalisé avec fidélité, parce que chaque élément avait un aspect pédagogique.
Quelle était la pédagogie ? Ce serait un message à part entière ! Mais on va juste parcourir la structure et le culte qui lui était associé pour que vous puissiez saisir l’importance de la déchirure qui a lieu à la mort de Jésus.
(source : « Tabernacle », Nouveau Dictionnaire Biblique d’Emmaüs)
- Le parvis. Dieu s’entoure d’une barrière de fin lin, haute de 2,5 m – sa sainteté tient à distance les pécheurs. Il fait 50 m par 25 m (Ex 27.9-18). Comme la distinction dehors/intérieur de l’Église !
- La porte. Il n’y en a qu’une. Un seul moyen d’entrer. Un voile extérieur à soulever, composé de quatre couleurs qui se retrouveront aussi dans le voile intérieur. Comme Jésus qui est la porte…
- L’autel des sacrifices. Dès son entrée, le pécheur se trouve en face de l’autel, où il égorge et offre sa victime ; le sang répandu fait l’expiation de ses fautes. Comme Jésus, sacrifice parfait…
- La cuve en bronze. Elle contient de l’eau pour que les prêtres puissent se purifier (se laver). Comme nous devons aussi nous laver les pieds, nous qui avons été lavés…
- La tente elle-même mesurait 15 m par 5 m. Les planches latérales montaient à 5 m de haut. Avec sa partition intérieure, les trois parois, associées aux cinq colonnes de l’entrée, soutenaient quatre couvertures magnifiques aux couleurs symboliques…
- Le rideau. C’est là où ça devient très intéressant ! La tente était divisée en deux parties :
Le lieu saint à l’est : un rectangle long de 10 m par 5 m (toujours de 5 m de haut) formait le lieu saint. Les prêtres y entraient chaque jour. Il y avait une table avec douze pains pour représenter les douze tribus. Ils étaient changés à chaque sabbat et mangés par les prêtres. Un chandelier à sept branches brûlait continuellement. De l’encens montait matin et soir à l’intérieur.
Le lieu très saint à l’ouest : un carré long de 5 m par 5 m, où seul le chef des prêtres entrait une fois par an. Il y avait l’arche de l’alliance. Ce coffre contenait une copie des dix commandements, qui condamnent tous les hommes à mort ! Et là, une fois par an, le jour de Yom Kippour, le prêtre entrait et plaçait le sang du sacrifice sur le couvercle en or… Sur l’arche, deux chérubins sans armes, le visage tourné vers le couvercle, pour qu’ils ne fassent pas périr le prêtre qui entre, mais regardent l’expiation qui est réalisée !
Le rideau avait quatre couleurs. Il était brodé de chérubins, pour rappeler l’expulsion de la présence de Dieu dans Genèse 3.
Le tabernacle a permis à Israël de vivre dans la présence de Dieu tout le temps du périple dans le désert, de 1550 à 1500 avant Jésus-Christ. Il est resté à Guilgal pendant la conquête de la terre promise sous Josué, puis il a été installé à Silo pendant la période des Juges. Sa gloire disparut lorsque les Philistins le prirent.
Cinq siècles après la construction du tabernacle, Salomon construit un temple. Et la gloire de Dieu y apparaît. On y retrouve le même type de structure, mais de double taille.
Construit sur la colline de Moriya, là où la tradition dit qu’Abraham dut offrir son fils Isaac en sacrifice.
30 m de long, 10 m de large, 15 m de haut.
Le lieu très saint était un cube de 10 m de côté. Du temps de Salomon s’y trouvait l’arche de l’alliance, mais celle-ci disparut lors de l’invasion de Neboukadnetsar et on ne sait plus où elle est depuis.
Dans le lieu saint se trouvaient un autel des parfums en bois d’acacia revêtu d’or, dix chandeliers d’or et dix tables.
Les prêtres rentraient deux fois par jour dans le lieu saint, mais seul le souverain sacrificateur entrait dans le lieu très saint une fois par an. Il présentait le sang de l’expiation. Il avait une corde attachée aux pieds pour le cas où il mourrait pendant son service, afin qu’on puisse le sortir sans avoir à rentrer.
Maintenant que vous connaissez toutes ces choses, nous lisons :
Et voici : le voile du temple se déchira en deux du haut en bas.
– Matthieu 27.51
C’est soit le voile qui séparait le lieu saint du lieu très saint, soit le voile à l’entrée du lieu saint. Et pour qu’il n’y ait aucun doute sur l’origine de cette déchirure, Matthieu nous rapporte qu’il se déchire du haut en bas. C’est Dieu en personne qui le découpe.
Carson rapporte que le Talmud affirme (b. Yoma 39b) que pendant les quarante ans qui suivent la mort de Jésus (juste avant la destruction du Temple), les portes du temple s’ouvraient d’elles-mêmes.
Quel est le message ? Quel symbolisme ? L’Épître aux Hébreux nous aide à comprendre :
- Jésus entre dans le lieu très saint avec son propre sang.
Il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang. C’est ainsi qu’il (nous) a obtenu une rédemption éternelle.
– Hébreux 9.12
Seulement, il n’entre pas dans le sanctuaire de Jérusalem. Vous vous souvenez que Moïse avait fabriqué une copie du sanctuaire céleste… Salomon avait fabriqué une copie modifiée du sanctuaire de Moïse… Jésus, lui, présente son sang, non pas dans le lieu très saint de Jérusalem, mais dans le lieu très saint du ciel, dont le Temple est la copie.
Car Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait par la main de l’homme, imitation du véritable, mais dans le ciel même, afin de se présenter maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n’y est pas entré afin de s’offrir plusieurs fois, comme le souverain sacrificateur entre chaque année dans le sanctuaire avec du sang étranger ; car alors, le Christ aurait dû souffrir plusieurs fois depuis la fondation du monde. Mais maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice. Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, de même aussi le Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés d’un grand nombre, apparaîtra une seconde fois, sans (qu’il soit question du) péché, pour ceux qui l’attendent en vue de leur salut.
– Hébreux 9.24-28
- Jésus ouvre un accès permanent au Père.
Ainsi donc, frères, nous avons l’assurance d’un libre accès au sanctuaire par le sang de Jésus, accès que Jésus a inauguré pour nous comme un chemin nouveau et vivant au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair ; et (nous avons) un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu. Approchons-nous donc d’un cœur sincère, avec une foi pleine et entière, le cœur purifié d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’une eau pure.
– Hébreux 10.19-22
Jésus est notre intermédiaire. Voilà ce que Paul écrit :
Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ-Jésus homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous : c’est le témoignage rendu en temps voulu.
– 1 Timothée 2.5-6
- Jésus nous garantit un accès éternel en la présence de Dieu.
Cette espérance, nous l’avons comme une ancre solide et ferme, pour notre âme ; elle pénètre au-delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme un précurseur, devenu souverain sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédek.
– Hébreux 6.19-20
- Jésus clôt l’alliance mosaïque pour inaugurer la nouvelle alliance en son sang.
La loi révèle le péché sans le résoudre. La loi (Dt 18) annonce un prophète qu’il faudra écouter. Jérémie 31.31 évoque cette nouvelle alliance. Avec la mort de Jésus, et bientôt sa résurrection, tout le système rituel prescrit par Moïse est achevé, accompli, et le serviteur de l’Éternel d’Ésaïe peut maintenant offrir une rédemption complète.
J’aimerais lire un paragraphe tiré d’un site juif :
Pendant les trente premières années du Temple d’Hérode, la corde rouge devenait miraculeusement blanche à Yom Kippour pour témoigner que Dieu avait pardonné. Puis cela cessa. Parallèlement, les Kohanim (prêtres) cessèrent de bénir l’assemblée avec le Nom de Dieu en quatre lettres, prononcé comme il était épelé. Puis le désastre commença à se manifester dans le temple. La fonction du souverain sacrificateur devint un travail politique, vendu par les ambassadeurs de Rome à qui payait le plus haut prix. Cinquante souverains sacrificateurs se succédèrent sans parvenir à tenir jusqu’à Yom Kippour. Certains disent qu’ils moururent les uns après les autres dans le lieu très saint, parce qu’ils n’étaient pas dignes d’entrer. D’autres qu’ils furent remplacés par d’autres qui payèrent un plus haut prix.
– Jewish Magazine, « The Temple ».
Le voile du temple s’est déchiré. C’est une page significative de l’histoire de la rédemption qui est tournée.
Le tremblement pour dire le rétablissement
La terre trembla, les rochers se fendirent.
– Matthieu 27.51b
Un tremblement de terre a lieu – de quoi éveiller tous ceux qui sont là, déjà les premiers témoins. Pour ceux qui connaissent la Bible juive (l’Ancien Testament), c’est un symbole de théophanie et de jugement :
L’Éternel dit : Sors et tiens-toi sur la montagne devant l’Éternel ! Et voici que l’Éternel passa ; un grand vent violent déchirait les montagnes et brisait les rochers devant l’Éternel : l’Éternel n’était pas dans le vent. Après le vent, ce fut un tremblement de terre : l’Éternel n’était pas dans le tremblement de terre.
– 1 Rois 19.11
Tu seras visitée par l’Éternel des armées, avec le tonnerre, un tremblement de terre et un bruit formidable, avec l’ouragan et la tempête, et avec la flamme d’un feu dévorant.
– Ésaïe 29.6
Mais l’Éternel est Dieu en vérité, lui le Dieu vivant et le roi éternel. La terre tremble devant sa colère, et les nations ne supportent pas sa fureur.
– Jérémie 10.10
Maintenant les îles sont terrifiées au jour de ta chute. Les îles de la mer sont épouvantées de ta disparition.
– Ézéchiel 26.18
C’est vraiment un « son et lumière » qui a lieu ! Comme pour souligner la puissance de ce qui se passe avec la mort du Christ.
Mais je voudrais souligner que le tremblement de terre annonce aussi une immense espérance. Les tremblements de terre sont comme les contractions d’une femme qui s’apprête à accoucher. Ils sont le signal du monde à venir :
Le Millénium sera précédé de tremblements de terre.
Il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres et un grand tremblement de terre tel qu’il n’y en a pas eu de si grand depuis que les hommes sont sur la terre.
– Apocalypse 16.18
Cette période de transition se termine avec un immense tremblement de terre sur Jérusalem. Zacharie annonce ainsi la fin de la bataille d’Harmaguédon :
Voici qu’un jour arrive, pour l’Éternel ! Tes dépouilles seront partagées au milieu de toi. Je regrouperai toutes les nations à Jérusalem pour le combat ; la ville sera prise, les maisons seront mises à sac et les femmes violées ; la moitié de la ville partira en déportation, mais le restant du peuple ne sera pas retranché de la ville. L’Éternel sortira et combattra ces nations, comme au jour où il combat, au jour de la bataille. Ses pieds se placeront en ce jour-là sur le mont des Oliviers, qui est vis-à-vis de Jérusalem, du côté de l’orient ; le mont des Oliviers se fendra par le milieu, vers l’est et vers l’ouest, en une très grande vallée : une moitié de la montagne reculera vers le nord et l’autre moitié vers le sud.
– Zacharie 14.1-4
Le Seigneur ne retarde pas (l’accomplissement de) sa promesse, comme quelques-uns le pensent. Il use de patience envers vous, il ne veut pas qu’aucun périsse, mais (il veut) que tous arrivent à la repentance. Le jour du Seigneur viendra comme un voleur. En ce jour-là, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre, avec les œuvres qu’elle renferme, sera consumée.
– 2 Pierre 3.9-10
Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité – non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise – avec une espérance : cette même création sera libérée de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement.
– Romains 8.19-22
Ainsi le tremblement de terre qui a lieu annonce un bouleversement à venir. La mort du Christ annonce un changement que nous attendons tous : une nouvelle terre.
Car je crée de nouveaux cieux et une nouvelle terre ; on ne se rappellera plus les événements du début, ils ne remonteront plus à la pensée.
– Ésaïe 65.17
Mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera.
– 2 Pierre 3.13
Les résurrections pour dire l’espérance
Les tombeaux s’ouvrirent, et les corps de plusieurs saints qui étaient décédés ressuscitèrent. Ils sortirent des tombeaux, entrèrent dans la ville sainte, après la résurrection (de Jésus), et apparurent à un grand nombre de personnes.
– Matthieu 27.52-53
Seul Matthieu annonce la résurrection de « plusieurs saints ». Il est probable qu’il ne suive pas là un ordre chronologique puisqu’il lie leur entrée à Jérusalem avec la résurrection de Jésus. Matthieu arrange le récit pour souligner le sens des choses. Avec la mort et la résurrection de Jésus, la vie est ouverte. L’espérance est acquise.
Très franchement, on aimerait avoir plus de détails :
- Quels sont ces saints qui sont ressuscités ?! Ont-ils été reconnus ? Ou plutôt par le nom des tombeaux ouverts ?
- Qu’ont-ils dit ? Ont-ils parlé de leur condition de vie auprès du Seigneur ?
- Sont-ils ressuscités dans des corps glorifiés ? Ou seulement dans des corps naturels assujettis à une nouvelle mort, comme Lazare ?
En tout cas, le langage suggère qu’il s’agissait de gens connus des Juifs. Vous imaginez quel spectacle serait la résurrection de Napoléon, ou du général de Gaulle un 14 juillet ?!
Pourquoi est-ce que Matthieu mentionne cela ? Peut-être pour enseigner que le sort des croyants de l’Ancien Testament quant à la résurrection était aussi dépendant de la victoire de Jésus. Voyez-vous, la mort et la résurrection du Christ sont le fondement de tous les sauvetages !
Des sauvés de l’Ancien Testament comme des sauvés du Nouveau Testament.
Peut-être aussi pour annoncer que l’Évangile a une portée immédiate de vie.
Pour préparer aussi à l’abondante récolte d’âmes qui arrive…
Les conversions pour dire la grâce
Le centenier et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, voyant le tremblement de terre et ce qui venait d’arriver, furent saisis d’une grande crainte et dirent : Il était vraiment le Fils de Dieu. Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient de loin : celles-là même qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée, pour le servir. Parmi elles étaient Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.
– Matthieu 27.54-56
Quelques histoires remarquables de l’impact immédiat de la mort du Christ :
Tout d’abord, les soldats. Vous vous souvenez ? Jésus a prié :
Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font.
– Luc 23.34
Voici Jésus exaucé, et ces hommes plutôt cruels et insensibles sont bouleversés – un centenier est l’équivalent d’un capitaine. Il dirige une centaine d’hommes et il était responsable de surveiller les trois crucifixions. Car il arrivait que des amis des crucifiés viennent les retirer de la croix, et certains avaient pu survivre.
Quelques années plus tard, Titus fera crucifier des milliers de Juifs lors de la destruction de Jérusalem, et Flavius Josèphe a vu trois de ses amis. Il a immédiatement informé Titus, qui a chargé les soldats de les détacher – un seul survécut.
Ces hommes ont dû être ennuyés déjà par l’obscurité, puis assez terrorisés parce qu’elle a duré, et enfin le tremblement de terre a dû les achever !
Ils sont saisis d’une grande crainte ! Ils ont vu comment Jésus est mort, ils ont vu ce qui s’est passé.
Et leur confession est claire : « Il était vraiment le Fils de Dieu. » La construction grecque permet tout à fait de comprendre le Fils de Dieu.
C’est exactement l’accusation du Sanhédrin.
C’est la confession de la foi, la première après la mort de Jésus.
Les premiers conscients de la messianité de Jésus sont donc des païens !
Il y a une autre foule dont Matthieu ne parle pas. Celle des badauds :
Et les foules qui étaient venues assister à cette scène, après avoir vu ce qui était arrivé, s’en retournèrent en se frappant la poitrine.
– Luc 23.48
La foule, versatile au possible, s’inquiète des signes qu’elle observe. Ils se frappent la poitrine, un signe de deuil, d’humiliation…
Une grande partie de ces badauds entendront le premier discours de Pierre dans Actes 2, qui se termine de façon assez brutale :
Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.
– Actes 2.36
Trois mille personnes se convertiront ce jour-là.
Et enfin une troisième catégorie d’individus : des femmes. Un vrai palmarès ! Côté hommes, il n’y a que Jean qui soit resté. Tous les autres ont dû être effrayés, ou simplement trop choqués par les événements pour pouvoir être présents. Par contre, les femmes sont courageuses. Jusqu’au bout :
- Certaines avaient accompagné Jésus en Galilée pour libérer l’équipe des tâches domestiques (Lc 8.2-3). Elles « les assistaient de leurs biens ».
- Une femme célibataire.
- Une femme qui était mère de Jacques (l’un des apôtres) et de Joseph.
- Une femme qui était l’épouse de Zébédée.
Trois catégories de femmes. Une célibataire, une mère, une épouse. Des femmes dont l’amour pour le Seigneur a bravé la peur, les insultes. Elles sont fidèles là où tous les hommes avaient failli…
John MacArthur écrit :
Au sein de ces cultures grecques, romaines et juives, qui voyaient les femmes presque comme des possessions, Jésus a témoigné de l’amour et du respect pour elles.
Si les rabbins juifs n’enseignaient pas les femmes, Jésus non seulement les incluait dans l’auditoire, mais utilisait des illustrations et des images dans son enseignement qui leur étaient familières (Mt 13.33 ; 22.1-2 ; 24.41 ; Lc 15.8-10). Il a également utilisé des applications spécifiques aux femmes (Mt 10.34).
Là où le Talmud juif dit qu’il était préférable de brûler la Torah que de l’enseigner aux femmes, Jésus les a enseignées librement. À la Samaritaine rencontrée au puits (Jn 4), il a révélé qu’il était le Messie. Avec elle, il a discuté de sujets majeurs comme la vie éternelle et la nature d’une adoration authentique. Jésus n’a jamais supposé que les femmes, par leur nature, ne pouvaient comprendre les vérités spirituelles ou théologiques. Il a également enseigné Marie, et lorsque Marthe le lui reproche, Jésus indique la priorité d’apprendre des vérités spirituelles par rapport aux responsabilités « féminines », comme servir des invités qui sont chez soi (Lc 10.38-42).
Généralement, les hommes du temps de Jésus ne permettaient pas aux femmes de compter la monnaie dans leur main par peur d’un contact physique, mais Jésus a touché des femmes pour les guérir et a permis à des femmes de le toucher (Lc 13.10 ; Mc 5.25). Jésus a même permis à un petit groupe de femmes de voyager avec lui et ses disciples (Lc 8.1-3) – « un événement historique dans la culture de cette époque », écrit un commentateur.
Après sa résurrection, Jésus apparaît d’abord à Marie-Madeleine et l’envoie l’annoncer à ses disciples (Jn 20.1-18). Jésus a fait cela malgré l’interdiction légale des femmes de témoigner dans une cour juive, car elles étaient considérées comme des menteuses.
– John MacArthur, « The Biblical Position on Woman’s Roles », cité dans Carolyn McCulley, Radical Womanhood, Moody, 2008, p. 195.
Conclusion
Ces événements sont des « signes » qui disent au-delà de l’histoire ce que l’on peut en retirer.
Jésus est Sauveur – et même ceux qui l’ont blessé bénéficient de sa grâce.
Les foules qui ont crié leur haine comprendront, cinquante jours plus tard, la grâce d’un Messie mort et ressuscité.
Le palmarès et l’exemple nous viennent de ces femmes, qui ont manifesté fidélité et dévouement à Jésus malgré les risques et les menaces. Elles demeurent les plus nobles exemples de disciples dévoués. Un exemple à suivre.








