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Quand tout semble s’arrêter à la croix, l’histoire ne fait que commencer : découvrez comment l’enterrement de Jésus, loin d’être un simple temps mort, révèle les cœurs, accomplit les prophéties et prépare la plus grande victoire de l’Histoire

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Transcription

Dans le travail de pasteur, si on peut le qualifier ainsi, l’un des moments bien sûr les plus douloureux, ce sont les enterrements. Je bénis Dieu que l’Église soit jeune et que, finalement, ce soit plutôt rare dans l’assemblée. Mais parfois la mort saisit, et elle saisit avec ce qu’elle a de laid, de désagréable, de terrifiant. Et c’est le moment des obsèques, des funérailles.

C’est un moment souvent bien sûr terrible, où l’on cherche à donner du sens, de l’espérance parfois, mais parfois il n’y en a pas, ou du moins il n’y en a pas de perceptible. On peut simplement se souvenir qu’un brigand, un jour, sur la croix, juste avant de mourir, s’est tourné vers Christ. Mais c’est un moment qui est aussi touchant, où les émotions sont bien sûr vives, alors qu’un être aimé s’en va de façon si concrète, si visible, dans la mort, et qu’on lui rend un dernier hommage.

Et vraisemblablement, si vous avez lu les Évangiles, vous êtes passé très vite sur l’enterrement de Jésus. Je suppose que vous n’aurez pas, dans ces lignes-là, votre verset favori. Je suppose que vous n’avez jamais médité pendant quelques jours sur ces quelques versets qui parlent de l’enterrement de Jésus.

Mais si la Bible est inspirée, et qu’elle a tout pour nous instruire, et que tout peut nous instruire, eh bien je voudrais relever quand même, dans ces événements qui se forment presque comme un contrecoup de toute l’émotion, de toute l’intensité de ce que nous avons découvert avec la crucifixion de Jésus, comme un temps mort. Il y a pourtant là une richesse qui, j’espère, est susceptible de nourrir notre amour pour Christ, tellement même son enterrement est inhabituel, spectaculaire.

Je vous invite à lire avec moi Matthieu chapitre 27, parce que là encore, le cœur des gens, et peut-être le nôtre, est révélé par ce qui se passe autour de Jésus, par la manière dont les gens réagissent à ce qui se passe dans sa vie.

Matthieu chapitre 27. Il est peut-être 16 h, un vendredi de Pâque, au premier siècle de notre ère, entre l’an 30 et 33. Différents scénarios ont été évoqués. Mais la Bible nous rapporte donc que Jésus, après avoir agonisé pendant six heures, de 9 h du matin jusqu’à 15 h… Et si vous voulez comprendre, je voudrais vraiment insister, parce que c’est quand même le centre de l’Évangile. Si vous voulez comprendre la mort de Christ, je vous invite vraiment à télécharger les messages qui concernent la mort de Jésus, pour que vous saisissiez davantage ce qui s’est passé à la croix, si c’était nécessaire.

Mais voilà que Jésus maintenant a expiré à 15 h. Il a volontairement rendu l’esprit. Il n’est pas mort victime des autres. Il a lui-même donné sa vie dans ce dernier souffle pour que l’expiation puisse avoir lieu. Et il est mort.

Joseph d’Arimathée

Le verset 57 nous rapporte la suite :

Le soir venu arriva un homme riche d’Arimathée, nommé Joseph, qui était aussi disciple de Jésus. Il se rendit vers Pilate et demanda le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre. Joseph prit le corps, l’enveloppa d’un linceul immaculé et le déposa dans un tombeau neuf qu’il s’était fait tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. Marie-Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises vis-à-vis du sépulcre. Le lendemain, qui était le jour après la préparation, les principaux sacrificateurs et les pharisiens allèrent ensemble trouver Pilate et dirent : « Seigneur, nous nous souvenons que cet imposteur a dit, quand il vivait encore : Après trois jours, je ressusciterai. Ordonne donc qu’on s’assure du sépulcre jusqu’au troisième jour, afin que ses disciples ne viennent pas dérober le corps et dire au peuple : Il est ressuscité d’entre les morts. Cette dernière imposture serait pire que la première. » Pilate leur dit : « Vous avez une garde. Allez, assurez-vous de lui comme vous l’entendez. » Ils s’en allèrent et s’assurèrent du sépulcre, après avoir scellé la pierre et posté la garde.
– Matthieu 27.57-66

Le récit s’ouvre sur Joseph d’Arimathée, qui manifeste là vraiment un grand courage. Les événements se sont enchaînés. Jésus est mort sur le bois. Or, la Bible demande, dans Deutéronome, de ne pas laisser le corps d’un criminel pendu au bois au-delà de la journée de sa mort. C’était interdit. Et Deutéronome nous dit :

Tu l’enlèveras, tu l’enseveliras le jour même, car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu, et tu ne souilleras pas le territoire que l’Éternel, ton Dieu, te donne pour héritage.
– Deutéronome 21.23

Alors ces responsables, ces prêtres, sont soucieux d’obéir à toute la loi, et ils disent : « Donc, on va prendre ce corps et l’ensevelir vite. » Je trouve que c’est monstrueux. Si vous avez suivi l’histoire, vous pouvez vous souvenir que jamais ils n’ont suivi la moindre morale. Jamais ils n’ont été motivés par la moindre spiritualité. Que de la vengeance, que de la jalousie, que de la haine, peut-être propulsée même par les démons dans toute leur violence à l’encontre de Jésus. Et là, soudainement, ils se soucient du sabbat.

C’est le grand danger de la religion. On se soucie des petites choses visibles, et pas d’aimer Dieu et d’aimer son prochain. Et les voilà donc à chercher à protéger le sabbat, alors qu’ils ont violé bien pire tout au long de ces terribles jours qui ont précédé la mort de Jésus.

Alors voilà ce qui s’est passé. C’est l’apôtre Jean qui nous le rapporte. C’était le jour de la préparation. La préparation, c’est le jour qui précède le sabbat, puisque pendant le sabbat, on ne travaille pas. Le jour de la préparation, c’est le vendredi. Il faut travailler deux fois plus. Et donc on travaille pour faire le repas qu’on va utiliser le lendemain.

C’est en fait un bon principe, d’avoir une journée consacrée à Dieu, consacrée au repos. Beaucoup d’entre nous pourraient peut-être même me dire : « Ah oui, ce serait bien que ça s’applique à nos vies, n’est-ce pas ?» Donc ils préparaient beaucoup de choses le vendredi. C’était le moment de la préparation, et le samedi, c’était le moment de se détendre en famille auprès de Dieu, et d’être renouvelé.

Donc c’était le jour de la préparation et, pour ne pas laisser les corps en croix pendant le sabbat — or ce sabbat était un grand jour —, les Juifs demandèrent à Pilate de les faire enlever après leur avoir brisé les jambes.

Pourquoi on brisait les jambes ? Eh bien, en fait, c’était pour faciliter la mort. Les Romains prenaient une masse énorme, brisaient les tibias, et les personnes alors s’effondraient, étaient incapables de respirer, puisque la terrible condition du crucifié, c’est de rechercher de l’air aussi longtemps que possible. Et donc il s’appuie sur les poignets qui sont cloués, il respire un petit coup, puis ça fait trop mal aux poignets, il relâche un petit peu, et puis il peut expirer, mais à ce moment-là ça fait trop mal aux tibias. Enfin, c’est un jeu terrible. Et voilà que la mort est donnée plus rapidement par le fait qu’on brise les tibias de ces personnes.

Ils arrivent auprès des soldats… pardon, des terroristes, puisque c’est le titre de ces hommes qui sont morts aux côtés de Jésus, et on leur brise les os. Jésus est déjà mort. Ils ne savent pas, ces Romains, qu’en ne brisant aucun des os de Jésus, ils accomplissent là une prophétie qui date de plusieurs millénaires, parce qu’aucun des os du Messie n’allait être brisé. Donc ils leur brisent les jambes.

Et dans Jean 19.32, nous continuons :

Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui. Arrivés à Jésus et le voyant déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes. Mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit de l’eau et du sang. Celui qui l’a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai ; lui, il sait qu’il dit vrai, afin que vous croyiez vous aussi. Cela est arrivé pour que l’Écriture soit accomplie : Aucun de ses os ne sera brisé.
– Jean 19.32-36

C’est fort utile que les Romains aient percé le corps de Jésus et que de l’eau et du sang soient sortis. On sait maintenant, par la physiologie moderne, de quoi Jésus est mort, et on sait qu’il est vraiment mort. Au 18e siècle, il y a quelqu’un qui a sorti l’hypothèse suivante : Jésus était mal en point, et l’air frais de la tombe l’a réveillé. C’est comme ça que tout le monde a cru à la résurrection.

Dans sept jours, on parle de la résurrection, et dans deux semaines, on parle des objections à la résurrection au travers de notre texte. On en reparlera un petit peu plus. En fait, c’est assez rare qu’on se réveille d’une lance percée dans le thorax, hein. Donc le décès de Jésus est constaté, et il est placé, selon son annonce, dans une tombe.

Joseph d’Arimathée, c’est la seule fois où il apparaît dans la Bible. C’est la seule fois où on le voit arriver. Et la Bible le présente ainsi, dans Marc 15 : c’était un membre distingué du conseil. Donc il faisait partie du Sanhédrin, c’est-à-dire que c’était l’équivalent d’un évêque et d’un député. C’est ça, le Sanhédrin. Et il faisait partie de ces gens distingués, il avait beaucoup d’honneur.

Selon ce même passage, il est dit qu’il attendait l’avènement du royaume de Dieu. Donc ce n’était pas simplement un homme politico-religieux, c’était un homme qui avait vraiment une foi authentique pour Dieu. Luc 23 nous dit qu’il était bon et juste, et qu’il n’avait pas participé aux actes des autres qui condamnaient Jésus. Et Jean nous rapporte que c’était un disciple de Jésus, mais en secret, à cause de la peur que cela suscitait.

Et mieux : quand la Bible dit que c’était un disciple de Jésus, c’est un verbe. C’est-à-dire qu’il avait été enseigné par Jésus. Vous imaginez Joseph d’Arimathée : il est allé frapper plusieurs fois à la porte de Jésus, là où il se trouvait, pour lui poser des questions, et Jésus l’avait enseigné. Mais en secret.

La dernière chose que je dirai sur son curriculum vitae, sur son parcours, c’est que c’était un ami de Nicodème. Vous vous souvenez, Jean 3, le passage si célèbre : « Il faut que tu naisses de nouveau, Nicodème. » Nicodème et Joseph d’Arimathée étaient amis, tous les deux membres du Sanhédrin.

Alors, vous allez me dire : « Oui, et alors ?» Eh bien voilà où ça devient fascinant. Ésaïe 53.9 nous dit — écoutez bien :

On a mis sa tombe parmi les méchants, son sépulcre avec le riche, quoiqu’il n’ait pas commis de violence et qu’il n’y ait pas de fraude dans sa bouche.
– Ésaïe 53.9

Vous avez compris ? Non ? Je relis :

On a mis sa tombe parmi les méchants, son sépulcre avec le riche.
– Ésaïe 53.9

Ça, c’est une prophétie qui date de 700 ans avant Jésus-Christ, et qui s’intègre à ce magnifique chapitre 53 où l’annonce de la mort de Jésus est faite.

Or, les Romains interdisaient que l’on soit en deuil pour un criminel. Il était interdit de faire des funérailles à un criminel. Le corps devait être exposé pour que les charognards en disposent, ou bien il devait être brûlé pour qu’il n’y ait jamais la tentation d’en faire un martyr.

Donc on a ces trois criminels, aux yeux des Romains, qui sont exposés, et qui normalement auraient dû terminer dans la gueule des chiens sauvages, ou bien éventuellement dans cette décharge qui servira d’illustration à ce qu’est l’enfer, où il y avait toujours un peu de fumée qui sortait, parce que c’était une décharge constante des détritus de la ville de Jérusalem.

Alors, comment se fait-il qu’il soit condamné comme un méchant, et donc normalement exposé à ce genre de choses, et en même temps que sa dépouille soit placée dans la tombe d’un riche ? Eh bien, c’est ça la beauté de la souveraineté de Dieu. Dieu a toujours un plan.

Et tout au long de cette histoire, nous voyons un Dieu providentiel qui conduit toute chose malgré les manigances, les idées des gens. Et Dieu s’est suscité dans la vie de Joseph d’Arimathée un amour pour Christ qui est remarquable.

Il ose braver l’opinion majoritaire de ses propres collègues. Ils viennent de condamner Jésus à la crucifixion. Et lui, lui seul dans ce moment, il se rend vers Pilate. Il a le culot d’aller chez Pilate, alors que Pilate n’a que faire des responsables de la nation juive. Et quand on connaît son histoire, ça devait être assez terrible de se rendre auprès de Pilate. C’est un peu comme si on vous demandait d’aller voir Ahmadinejad, en Iran, et de demander la libération de certains prisonniers chrétiens. Ça, ce serait un peu effrayant comme perspective.

Et peut-être que Joseph d’Arimathée a même une petite idée de ruse, parce que normalement, on ne donne pas un corps à un inconnu. Alors en se présentant vite, peut-être qu’il veut utiliser la carte « membre du Sanhédrin ». Membre du Sanhédrin : laissez passer, laissez passer. « Oui, oui, je viens de la part de mes collègues là, mes potes. Ils me demandent de récupérer le corps. » Je ne sais pas.

Mais il ose aussi braver encore la tradition du Talmud, qui interdit un contact avec un païen. Les Juifs n’osaient pas rentrer chez des païens, et surtout pas dans un jour de fête. Et lui, il s’en fiche, il y va directement.

Et pire, la Bible dit que lorsqu’on est au contact d’un mort, on devient impur pour 24 heures et qu’il faut se purifier de cette impureté. Donc voilà la plus grande fête religieuse juive, le jour de Pâque, et lui accepte d’aller s’occuper du corps de Jésus. Et en cela, il accomplit la prophétie.

Moi, je trouve que c’est chouette, Joseph d’Arimathée. C’est chouette de voir un homme qui, à l’âge de, je pense, pour son statut, 50 ans peut-être, est prêt à tout lâcher pour Christ. Je trouve que c’est admirable quand un jeune le fait pour Jésus, mais quelque part c’est un petit peu différent lorsque l’on a toute sa réputation, tout son acquis social, lorsqu’on est établi, et que l’on exprime sa conviction de suivre Jésus même si ça coûte tant.

Il y a un récit apocryphe qui dit de lui que, quand le Sanhédrin a appris qu’il avait réclamé le corps de Jésus, ils l’ont immédiatement enfermé en promettant qu’on s’occuperait de lui. C’est un écrit apocryphe, ce n’est pas dans la Bible, c’est juste une légende, hein. Mais Jésus lui serait apparu et l’aurait sorti de sa prison, faisant de lui l’un des premiers à être témoins de la résurrection.

Bref, lui s’occupe de l’aspect légal. Il va chercher le corps. Nicodème, lui, la Bible nous le rapporte dans l’Évangile selon Jean, va chercher des aromates. Et ils vont entourer, embaumer — pas vraiment embaumer, parce que ça, c’étaient les Égyptiens qui faisaient ça. Ils enlevaient les viscères, puis ils mettaient à la place un certain nombre de parfums et de produits. Mais là, le peuple juif avait coutume, pour honorer quelqu’un qu’il estimait, d’entourer le corps de plusieurs kilos de poudre odoriférante, ce qui permettait de couvrir l’odeur de putréfaction d’un corps.

Un geste tendre. Il offre avec Nicodème 30 kg de poudre. C’est une somme énorme, et ça reflète l’élévation dans leur cœur qu’ils ont pour Jésus. Ils dépensent beaucoup, et ils le font alors qu’ils s’exposent peut-être à suivre le même sort que Jésus.

Et je trouve assez curieux que les disciples qui ont marché avec Jésus en pleine lumière pendant trois ans, eux, aient fui ; et que deux disciples secrets, discrets, au moment qui est leur moment, montent en avant, dans la lumière, et prennent position pour Christ.

J’aime ces hommes, leur courage, leur force de caractère à un moment clé. Et je me dis : Seigneur, j’espère qu’il n’y a pas des moments comme ça dans une vie que tu places pour qu’on soit de ce type-là. J’espère qu’on ne les loupe pas, ces moments-là, pour déclarer, démontrer notre attachement à Jésus.

Et donc les tombeaux à l’époque, notamment les tombeaux des riches, étaient réalisés à même le roc. Et je me dis qu’à Jérusalem, il ne devait pas y avoir beaucoup de tombeaux de riches libres, hein, parce que comme dans toutes les grandes villes, et particulièrement les villes prisées comme Jérusalem, tout le monde voulait aller mourir à Jérusalem. Donc le cours du marché des tombes devait être très élevé. Il ne devait pas y en avoir beaucoup, des tombes libres à ce moment-là.

Et les tombes à l’époque, pour les personnes aisées, c’était un trou dans le rocher, assez bas : il fallait se baisser pour rentrer. Puis il y avait un sas qui conduisait dans une chambre funéraire où une sorte de lit, taillé à même le roc, était là, où on pouvait entreposer le corps. Et puis ensuite, devant l’entrée, il y avait une petite pente descendante, et on roulait une pierre qui servait alors de porte. Ça évitait aux animaux de dévorer la chair, ça évitait à l’odeur aussi de se répandre trop. Et le fait que ce soit en pente empêchait aussi les voleurs de tombes de faire trop facilement la percée de la tombe.

Et voilà donc Joseph d’Arimathée qui manifeste un courage remarquable.

Les femmes devant le tombeau

Et puis il y a ces femmes. Elles sont très importantes pour le récit, on va les retrouver bientôt. Marie-Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises vis-à-vis du sépulcre. Vous les voyez, le regard perdu, avec l’interdiction de pleurer, de mener le deuil ? Les seules qui ont persévéré aux côtés de Jésus jusque dans son calvaire, jusqu’au bout.

Et elles observent là. Marie-Madeleine, non pas celle du Da Vinci Code, celle qui a été libérée de plusieurs démons et qui ensuite a mis sa vie au service de Christ. Luc nous apprend :

Jésus allait de ville en ville, de village en village. Il prêchait et annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu. Les douze étaient avec lui, et quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons ; Jeanne, femme de Chuza, intendant d’Hérode ; Suzanne ; et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens.
– Luc 8.1-3

Plusieurs de ces femmes ont accompagné les douze apôtres et Jésus, et les ont aidés concrètement. On les imagine faire la popote, et puis faire en sorte que Jésus et ses apôtres soient à même d’accomplir leur mission. On les imagine parlant de leur foi, de ce qu’elles entendent, relayant l’information, évoquant la droiture, la majesté de Christ.

Et puis il y avait cette autre Marie, qui était la mère de Jacques et de José : Jacques le mineur, un apôtre. Et on ne sait rien de plus. Mais elles sont là. Et si elles sont là, c’est important, parce qu’elles voient où l’on met Jésus, et qu’une lourde porte est placée devant le tombeau. Ce seront les premières à être témoins de la résurrection.

Et c’est l’une des raisons pour lesquelles je crois au récit biblique, parce que ces femmes qui ont vu pouvaient témoigner plus tard. Mais si j’avais voulu inventer une histoire, je n’aurais pas choisi deux femmes, parce que le témoignage de deux femmes n’aurait pas suffi pour établir une vérité à l’époque. Elles n’ont peur de rien et elles sont là.

Le service involontaire des prêtres

Et puis troisième personnage dans cet enterrement : l’extraordinaire service des prêtres. Vous avez remarqué ? Ils ont peur du coup monté. Ils se disent : si jamais quelqu’un vole le corps, alors l’imposture qu’il avait de prétendre être le Messie serait augmentée dix fois par l’imposture de prétendre à la résurrection.

Moi, je suis drôlement content qu’ils aient pensé à cela, parce que grâce à eux, on peut savoir que la résurrection de Jésus est un fait historique. Comment ça ? Eh bien oui, parce qu’ayant peur de ce qu’ils ont entendu… D’ailleurs, c’est amusant, parce que les apôtres n’ont rien compris de la résurrection, et voilà que les pharisiens, eux, l’ont compris. Ils n’y ont pas cru, mais ils ont compris que Jésus parlait vraiment de résurrection. Et ils se sont dit : « Oh, il doit y avoir un coup monté dans l’histoire. On va veiller à ce que ça ne se produise pas. »

Et donc ils demandent une garde à Pilate, et Pilate accepte. Et ce qu’il fait, il place un sceau et il donne des soldats. Aujourd’hui, un sceau, ça n’évoque pas trop d’inquiétude. Mais j’ai lu l’histoire assez intéressante de la vie en Inde sous la tutelle britannique. On nous rapporte qu’à cette époque, lorsqu’un crime avait lieu dans une maison, les soldats britanniques venaient et faisaient juste le tour de la maison avec un ruban portant les insignes de l’Empire britannique. Et les amis, il paraît que personne ne franchissait le ruban. Tout le monde avait une trouille de l’autorité, pas toujours aimante, de l’Empire britannique sur le pays de l’Inde.

Et c’était un sceau qui disait : pas touche. Et personne ne le bravait. Que les Romains aient scellé la tombe d’un petit peu de cire est fabuleux, parce que ça veut dire que, lorsque la résurrection aura véritablement lieu, il faudra l’expliquer, si elle n’a pas eu lieu, par tout un tas de subterfuges qui ne tiennent pas l’examen des données historiques. Mais ça, c’est pour un peu plus tard.

La providence de Dieu

Alors, qu’est-ce qu’on peut tirer de cette histoire ? Eh bien encore et encore, en filigrane de tout ceci, l’extraordinaire manifestation de la providence de Dieu. Personne n’a vu ce qui se passait, et probablement même pas Joseph d’Arimathée. Il n’aurait pas acheté autant pour quelqu’un qui allait ressusciter trois jours après. Allons. Il s’est ruiné pour rien, le pauvre.

Personne n’a vu, mais chacun, dans sa fonction, soit par amour, soit par haine, a contribué au plan de Dieu. Et quand je regarde à nos vies, nous devons maintenir encore cette providence de Dieu qui nous permet de nous positionner avec la confiance que Dieu accomplit son plan. Dieu accomplit son projet au travers des uns, au travers des autres, bons ou mauvais, au travers de l’ensemble de ce qui fait une vie, des vies. Dieu règne et accomplit son plan.

Qu’est-ce que faisait Jésus pendant ce temps-là ? Eh bien, la première chose qu’il a dû faire, c’est accueillir celui qui est mort quelques secondes après lui, le brigand à qui il avait dit : « Aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis. » Donc Jésus rend l’esprit, monte — je ne sais pas trop où — et reçoit quelque temps après l’esprit de cet homme, de ce criminel, qui s’est confié juste avant de mourir en Christ.

Qu’est-ce qu’il fait d’autre, Jésus, avant sa résurrection ? Eh bien, il y a quelque chose qui se fait, et j’aimerais que vous lisiez avec moi, que vous ouvriez vos Bibles dans 1 Pierre 3.19.

Pendant que tout le monde est dans la tristesse et le désarroi de la mort du Christ, Jésus a encore quelques tâches à faire.

1 Pierre 3.18 nous lisons :

En effet, Christ aussi est mort une seule fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de vous amener à Dieu. Mis à mort selon la chair, il a été rendu vivant selon l’esprit. Par cet esprit, il est aussi allé prêcher aux esprits en prison, qui avaient été rebelles autrefois, lorsque la patience de Dieu se prolongeait aux jours où Noé construisait l’arche.
– 1 Pierre 3.18-20

C’est le passage le plus lumineux de tout le Nouveau Testament. En fait, il n’y a rien qui soit précis et clair dans ce texte. Mais ce qu’on sait, c’est qu’étant mort et en attendant sa résurrection, il est allé proclamer, annoncer sa victoire.

Certains pensent qu’il est allé annoncer sa mort et sa résurrection future, ou encore le succès de son expiation auprès de ceux qui étaient morts avant lui, comme pour donner une deuxième chance. Comme si ceux qui étaient morts attendaient que Jésus descende, accomplisse son œuvre expiatoire, remonte et dise : « Bon, je suis mort pour vos péchés, allez-vous croire en moi, oui ou non ?» Puis il y avait tout le monde qui levait la main, et tous ceux-là auraient été sauvés.

Mais à mon sens, ça ne peut pas être cela. Daniel chapitre 12 nous montre que les gens étaient conscients, et les prophètes annonçaient déjà qu’il y aurait une mort des justes et des injustes. Et la Bible dit qu’il est donné à l’homme de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement.

Alors, à quels esprits est-il allé proclamer sa victoire ? Le temps manque pour faire une démonstration un peu complète là-dessus, mais il semble qu’à un moment donné dans l’histoire — parce que finalement le grand conflit des âges, c’est le conflit entre Dieu et le diable. Plutôt, il faudrait le présenter ainsi : le diable qui essaie d’usurper Dieu et qui n’y arrive pas. C’est ça, le conflit des âges.

C’est comme ça que l’ange qui était le plus beau et le plus grand ange parmi ceux créés par Dieu est devenu Satan. Il a voulu s’élever au-dessus de Dieu, et Dieu a fait de lui le diable, l’adversaire, Satan, le calomniateur, l’accusateur, entraînant avec lui un grand nombre de démons.

Et il n’a de cesse, depuis ce temps-là, de séduire, de tromper, de blesser ceux qui sont précieux aux yeux de Dieu, et d’essayer de détourner l’œuvre que Dieu veut réaliser. Il a réussi en partie dans le jardin, et tout au long de l’histoire, il a essayé d’empêcher cette rédemption.

Et l’une des premières fois où il essaie d’empêcher cette rédemption, c’est lorsqu’il a réussi à convaincre un certain nombre de démons, les fils de Dieu selon la Bible, à descendre sur terre, séduire des femmes et engendrer une race hybride, les héros des temps anciens, dit Genèse chapitre 6. Et ils ont réussi à créer quelque chose de bizarre. Et franchement, je ne peux que prendre le texte sans vraiment le comprendre.

Voilà ce qu’il dit : les fils de Dieu sont descendus, ont séduit les femmes, les femmes ont enfanté des êtres bizarres. Et Dieu a regardé cela et a dit que ça n’allait pas. Et il envoie le déluge. On dit : « Wouh, ça fait quand même jugement assez sévère. Un déluge, ça tue tout le monde, un déluge. Pourquoi est-ce que Dieu a permis cela ?»

Eh bien voyez-vous, il y avait un enjeu majeur. Si Satan avait réussi à corrompre la race humaine en créant une race en quelque sorte mi-ange, mi-homme, jamais Jésus n’aurait pu s’incarner pour sauver les hommes. Parce qu’Hébreux nous rapporte que Jésus n’est pas venu, ne peut pas sauver les anges. Il est venu pour sauver uniquement des hommes.

Et ces démons-là, la Bible dit dans 2 Pierre 2.4-5 et dans Jude 1.6, ces anges-là, parce que leurs péchés et leurs crimes étaient si graves, Dieu les a enchaînés en attente du jugement. Ils ne voient plus la lumière du jour jusqu’au temps où l’enfer va commencer. Ces anges-là, ces démons-là, ils sont enfermés dans des chaînes éternelles en attendant le jugement.

Ce sont ceux-là, au temps de Noé, qui ont péché, et ce sont à ceux-là que Jésus vient et dit :

J’ai dépouillé les principautés et les pouvoirs, et je vous ai publiquement livrés en spectacle en triomphant de vous par la croix.
– Colossiens 2.15

Ce que fait Jésus, c’est le début d’une grande victoire. Le début d’une grande victoire qui passe bientôt par la résurrection, la semaine prochaine.

Prière

On prie.

Seigneur mon Dieu, je te remercie d’avoir fait le premier, le deuxième, le troisième pas pour nous sauver. Je te remercie, Seigneur, de ce que nous sommes dans notre humanité, dans notre faiblesse vis-à-vis de Satan, de ses mensonges, de ses séductions, de tout ce qu’il a fait. Tu as vu au-delà, et tu as bien voulu devenir homme pour sauver. Tu as bien voulu, Seigneur, prendre nos péchés à la croix.

Père, je suis touché de ce que tout au long du récit de Jésus sur terre, on voit ici et là des hommes et des femmes se positionner par rapport à Christ, et révéler ainsi soit leur amour, soit leur haine de Jésus, comme il en est peut-être aujourd’hui, maintenant.

Seigneur, je prie pour que tu fasses de nous des hommes et des femmes attachés à toi jusqu’au bout, même quand on ne comprend pas. Des hommes et des femmes qui font ce que tu souhaites, même quand c’est difficile. Merci de venir nous soutenir en cela. Tu vois notre faiblesse.

Merci pour Joseph d’Arimathée. Merci pour Nicodème. Merci pour ces femmes dont le courage reste devant nous comme des modèles et des exemples. Et merci Seigneur que, même dans les pires coups de tes adversaires sur terre, nous voyons encore là ton plan s’accomplir.

Qui est comme toi ? Majestueux, puissant et grand. Nous t’adorons, Seigneur, et je prie que tu nous accompagnes tout au long de cette semaine, comme tu as promis de le faire.

Pour ta gloire, je prie.

Amen.