Qui a ressuscité Jésus d’entre les morts ? (Épisode 498)
À l’occasion de ce vendredi pascal, Florent aborde une question sur la résurrection de Jésus. S’est-il relevé des morts lui-même ou bien était-ce nécessairement l’œuvre d’une autre personne de la Trinité ? Une réflexion qui nous permet de nous replonger dans les rapports internes des personnes de la trinité.
Mentions
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L’article de Kevin D. Young, sur la périchorèse, dans lequel il développe une affirmation sur la trinité de Dieu.
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Ainsi que les mots d’Augustin qu’il a cité sur le même sujet.
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Institution de la religion chrétienne, de Jean Calvin (version intégrale des 4 livres) dans lequel il évoque les rôles joués par les personnes de la trinité dans la création (Livre 1, chapitre 13, paragraphe 18).
Pour aller plus loin :
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La doctrine de la Trinité est-elle d’inspiration satanique ? (Épisode 173)
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Le Saint-Esprit est-il Dieu ? (Épisode 435)
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Pourquoi ne prions-nous pas le Saint-Esprit, s’il est Dieu ? (Épisode 449)
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Comment expliquer la Trinité aux enfants ? (Épisode 487)
Tu peux consulter d’autres de nos articles sur la Trinité.
Transcription :
Cette transcription vous est proposée par l’un de nos bénévoles. Nous avons choisi de conserver le style oral des épisodes afin de ne pas déformer les propos des intervenants. Nous rappelons également que ces transcriptions constituent une aide, mais que les paroles de l’auteur (podcast et vidéo) restent la référence. Toutefois, n’hésitez pas à nous signaler toute erreur ou incohérence qui aurait pu nous échapper.
La Question
«La résurrection de Jésus-Christ est-elle trinitaire ou s’est-il ressuscité de lui-même ?»
Voilà une question courte, claire, précise, et c’est une super question. Elle est appropriée aussi pour cette saison. Elle nous permet de nous replonger dans les rapports internes des personnes de la Trinité. Tu trouveras sur le podcast Un Pasteur Vous Répond plusieurs épisodes sur la question de la Trinité. Je ne vais pas la démontrer ici ou revenir sur ce point, mais je me réjouis parce que c’est un beau sujet quand on réfléchit à la personne même de Dieu.
Qui a ressuscité le Christ ? Clairement, c’est le Père, Galates 1.1 nous dit :
Paul, apôtre, non de la part des hommes ni par un homme, mais par Jésus-Christ et par Dieu le Père, qui l’a ressuscité d’entre les morts. »
Le propos est éminemment clair, il est explicite, le Père qui a ressuscité Jésus-Christ d’entre les morts.
On a également le témoignage de Romains 8.11:
L’esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts »
Le Père est également mentionné en 1 Thessaloniciens 1.10 car il est dit que nous attendons des cieux son Fils, qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir. C’est donc le Père qui ressuscite le Fils éternel de Dieu.
Ah ! Mais c’est clairement le Fils ! Parce que la réponse se complexifie en réalité quand on lit ce que nous dit Jésus en Jean chapitre 2, versets 19 à 21: «Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai.» Et le verset 21 précise :
Il parlait du temple de son corps », c’est donc Jésus lui-même qui se relève de sa mort. Il dit «je le relèverai»
en parlant du temple de son corps. Mais pas étonnant parce qu’en Jean 5.26, il est dit :
En effet, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. » C’est d’ailleurs l’une des affirmations explicites de la divinité de Christ. Pourquoi ? Parce que Dieu seul possède la vie en lui-même. On appelle cette qualité l’aseite à l’apostrophe, c’est-à-dire que l’existence de Dieu n’est due à aucune autre cause qu’elle-même, que lui-même, il n’existe pas par cause, il existe, il est. Il n’y a aucun facteur extérieur qui préside à l’existence de Dieu. Tous les êtres créés sont dépendants de leur créateur, mais Dieu existe sans créateur, sans cause externe. Il est. C’est d’ailleurs sous cette idée que Dieu se présente à Moïse lorsque Moïse demande le nom de Dieu qui se présente à lui dans le buisson ardent. Il répond « Je suis celui qui suis »
Dieu est. Et il est indépendant.
Alors, le Fils est éternellement le Fils, éternellement engendré du Père, et de toute éternité, il a la vie en lui-même. C’est-à-dire qu’il existe en tant que Fils engendré, mais non créé, en tant que Fils éternel de tout temps, et il possède de tout temps cette assaillité, cette qualité d’existence propre. Ainsi, en relevant l’équivalence, Père et Fils sont la vie même. Jésus se positionne comme source de vie, puisqu’il a la vie en lui-même. En cela, la mort sera incapable de le retenir, c’est donc bien le Christ Jésus qui se ressuscite lui-même.
Alors, clairement, c’est le Père, et clairement, c’est le Fils. Ah, mais il ne faut pas non plus oublier que c’est clairement l’Esprit selon 1 Pierre 3.18:
Mis à mort selon la chair, il a été rendu vivant selon l’Esprit.* »
En réalité, nous avons là toute la beauté de la contribution de Dieu, de l’œuvre de Dieu dans sa qualité d’être trinitaire. Mais par rapport au Saint-Esprit, je voudrais souligner que les toutes premières confessions de foi dans l’histoire de l’Église affirment :
Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie. »
Et en cela, il est vraiment dans son rôle particulier, lorsqu’il donne la vie à Jésus, le Christ qui est mort.
Ainsi, clairement, c’est le Père, clairement c’est le Fils et clairement c’est le Saint-Esprit.
Alors comment comprendre cette réalité pour répondre correctement à cette question et de façon un petit peu plus globale ?
On va rentrer dans des considérations peut-être un petit peu plus techniques au-delà des textes qui nous donnent assez simplement la réponse à ta question. On parle d’union consubstantielle ou encore d’interpénétration pour souligner la présence de chaque personne au sein des autres personnes. On est bien d’accord, il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y a pas trois dieux, il n’y a qu’un seul Dieu, mais ce Dieu est trois personnes. Jésus dit qu’il est dans le Père et que le Père est en lui (Jean 14.10 et 11). Il y a donc une habitation mutuelle des personnes de la Trinité. Kevin D. Young, dans un article sur la périchorèse – je reviens sur le sens du mot dans un instant – publié sur Évangile 21, nous dit :
Les trois personnes de la Trinité sont pleinement présentes les unes dans les autres. […] Chaque personne de la Trinité est en pleine possession de l’essence divine »
. Alors, pour essayer de réfléchir à ces questions, plusieurs termes techniques ont été utilisés, vous allez vite les oublier, mais comme ça, si vous les entendez, vous savez au moins de quel registre il s’agit :
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‘Circumincessions’, pour parler de la présence des trois personnes divines les unes dans les autres. Ça vient du latin circum (autour) et incession (aller dedans ou aller dans). On utilise parfois aussi l’expression circulation, orbite, révolution, mouvement circulaire, ce qui se rapproche du grec.
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‘Pericores’, qui vient justement du grec, évoque la rotation. Alors plus poétiquement, certains théologiens parlent de la danse ou de la ronde de Dieu, ça aura moins de finesse théologique, mais on peut se représenter un peu cette idée.
Tous ces termes soulignent cette union consubstantielle, il ne peut y avoir une personne de la Trinité sans les deux autres. Liang cite ainsi Augustin :
Chacun est dans chacun, et tous dans chacun, et chacun dans tous, et tous sont un. »
On a donc Dieu qui est pleinement impliqué dans les œuvres externes, dans toutes ses dimensions, même s’il y a une forme d’appropriation parfois qui est relevée. J’en profite pour parler des appropriations trinitaires. Cette idée est le pendant de cet aspect de l’interpénétration, c’est-à-dire qu’il y a une forme légère de spécialisation des rôles, l’union consubstantielle explique pourquoi chaque personne est impliquée dans l’œuvre des autres personnes, mais en même temps qu’il y a bien aussi, parallèlement à ça, une forme de spécialisation ou de mise en avant. Le grand théologien français Henri Blocher écrit :
L’appropriation est une attribution faible, non exclusive. »
Et c’est ça qu’il faut retenir : ce qu’on approprie est en toute rigueur commun aux trois, mais on trouve des raisons qui justifient une attribution privilégiante à l’un des trois. Calvin, par exemple, souligne :
On attribue au Père le commencement de toute chose, au Fils la sagesse, le conseil et l’ordre de disposer de tout, et au Saint-Esprit l’action efficace et puissante. »
Par exemple, chaque personne a un nom différent. Ça, c’est une appropriation faible, même si chacun est Dieu et qu’il n’y a qu’un seul Dieu.
Autre exemple, chaque personne a une œuvre externe plus particulière. C’est quoi une œuvre externe ? C’est une œuvre qui découle du décret de Dieu de réaliser des choses, notamment la création, la rédemption et tout cela. Il y a un théologien évangélique qui s’appelle Fred Sanders qui écrit en d’autres termes :
Les actes externes de la Trinité sont indivisibles, tandis que les actes internes de la Trinité sont distincts les uns des autres. »
Les actes externes sont indivisibles, c’est-à-dire que toute œuvre qui se fait en relation avec le monde se fait de façon collaborative avec les autres personnes de la trinité.
Pour revenir à ta question la résurrection est l’exemple le plus merveilleux le plus beau que les œuvres externes de la trinité sont indivisibles chaque personne de la trinité est impliquée dans tous les aspects de la vie et de la rédemption et de la sortie du tombeau du fils. La rédemption acquise par le fils et la rédemption qui nous offre le pardon par son sacrifice à la croix et puis la sortie du tombeau, la résurrection. Le Père en tant que juge, le Fils en tant que offrande expiatoire, l’Esprit en tant que celui qui donnera la vie et qui va soutenir l’offrande de sa vie, et notamment pour faire en sorte que ce que le Père donne au Fils pour bénéficier du salut puisse être investi de la présence de l’Esprit.
C’est un peu compliqué d’y réfléchir et c’est normal parce que Dieu est bien plus grand que nous et son repère, son monde, son environnement est avec des dimensions bien supérieures aux nôtres. Dieu est infini alors que nous sommes finis à tous les niveaux et sa pensée et son existence est bien au-delà de ce que nous pourrions représenter. Si nous pouvions représenter pleinement Dieu, ce serait une idole, ce ne serait pas Dieu. Il y a un théologien Keith Johnson qui est réformé et qui écrit :
Pour exprimer l’enseignement scripturaire concernant l’action des personnes divines, les théologiens chrétiens ont historiquement enseigné que le Fils et le Saint-Esprit agissent de manière inséparable. Une action inséparable signifie que toutes les personnes divines sont impliquées dans chaque acte de création, de providence, de rédemption. Que le Père, le Fils et l’Esprit partagent une seule volonté et exercent un seul pouvoir. L’action inséparable est une implication directe et une expression économique de l’unité intra-trinitaire, c’est-à-dire le monothéisme. »
Fred Sanders de nouveau :
Un seul Dieu, la même essence divine, des opérations trinitaires inséparables et une seule économie du salut dans laquelle le Père envoie à la fois le Fils et l’Esprit. »
Mais cette même théologie trinitaire nous enseigne également que ces personnes ne sont pas identiques. Elles ne peuvent jamais être séparées, mais elles peuvent être distinguées et elles montrent leur personnalité distincte précisément dans leur relation les unes avec les autres. Pour le dire de manière paradoxale, on ne peut jamais avoir l’une sans l’autre et c’est ainsi qu’on peut dire qu’elles sont à la fois identiques et différentes.
Je sais que c’est compliqué, mais le fait de se poser ces questions nous éclaire. Qui a ressuscité Jésus ? Dieu. Qui a ressuscité Christ dans ses appropriations trinitaires ? Chaque personne de la Trinité.
En tout cas, Jésus est vraiment, corporellement, réellement ressuscité, c’est un acte essentiel de la foi chrétienne, et voilà ce que nous rapporte 1 Corinthiens 15.12 à 19:
Si l’on prêche que Christ est ressuscité d’entre les morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu’il n’y a pas de résurrection des morts. S’il n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine, et votre foi aussi est vaine. Il se trouve même que nous sommes de faux témoins à l’égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu qu’il a ressuscité le Christ, tandis qu’il ne l’aurait pas ressuscité si les morts ne ressuscitaient pas. Car si les morts ne ressuscitent pas, Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. »
Ce que l’apôtre Paul souligne, c’est à quel point cette question de la résurrection est centrale à la foi chrétienne. Ce n’est pas une vue de l’esprit, ce n’est pas un symbolisme étrange, éloigné de la réalité factuelle. Jésus était mort, il était réellement mort. Lorsqu’un homme a percé son corps, il y a bien du sang et de l’eau qui est sorti, montrant exactement le type de mort qu’il avait subi. Il était réellement mort, il est entré dans un tombeau, il a été mis dans un tombeau, trois jours plus tard le tombeau était vide, et deux anges, qui nous rappelle la boîte que l’on trouve dans le tabernacle, deux anges témoignent que l’expiation a eu lieu, deux anges attestent que Jésus n’est plus là et qu’il est ressuscité.
Et c’est central parce que quand Jésus meurt sur la croix, il meurt pour nos péchés, et c’est pour ça que s’il n’est pas ressuscité, il n’a pas vaincu le péché, et l’apôtre Paul le souligne, si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, car vous êtes encore dans vos péchés. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il a vaincu la mort, il a vaincu le péché, et il nous offre, à nous qui sommes des pécheurs tellement nécessiteux, des mendiants de la grâce, nous pouvons venir à lui, brisé que nous sommes, pour recevoir, avec reconnaissance, un pardon, ce qui est merveilleux, un pardon de nos péchés et une nouvelle manière de vivre.
Et c’est ainsi que la résurrection est cardinale à la vie chrétienne. J’espère que tu l’as embrassée, cette résurrection, par la foi, par la confiance, et que cela t’a conduit non seulement à la repentance, à reconnaître ton péché et à reconnaître que Christ était mort pour toi, mais aussi à l’adoration.
Christ a ainsi ouvert une voie qui se prolongera un jour avec notre résurrection et l’entrée dans son royaume, non par nos mérites, mais par sa grâce seule. Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons, nous dit l’apôtre Paul. Nous sommes les plus malheureux de tous les hommes, mais nous sommes heureux parce que nous espérons non seulement dans cette vie à cause de la présence de Christ dans nos vies, mais aussi et surtout pour l’éternité que nous passerons en sa présence, parce qu’il a porté nos péchés qui nous condamnaient, et il les a effacés, et les a rendus inefficaces pour nous condamner. Il est notre avocat, il est mort pour nos péchés, il est vraiment ressuscité. Père, Fils, Saint-Esprit, impliquez conjointement pour la résurrection de Jésus le Messie.
Un pasteur vous répond: le podcast de Florent Varak qui t’aide à mieux comprendre la Bible, une question à la fois.