Alors que cette série touche à sa fin, nous terminons en considérant l’assurance que nous apporte l’union avec Christ.
Nous avons tous besoin d’assurance. Face au péché, au monde et au diable, les doutes peuvent se multiplier. Comment savoir que Dieu m’aime? Est-ce que l’amour de Dieu pour moi est variable? Que faire quand je ne ressens pas cet amour?
La réalité de notre union avec Christ nous aide à ne pas baser ce que Dieu pense de nous sur nos sentiments, mais plutôt sur une réalité objective. Voyons deux manières par lesquelles cette union nous procure une grande assurance.
D’abord, l’union avec Christ nous assure que Dieu nous aime et nous accepte, aussi certainement que nous sommes unis à Christ.
Dans son Institution de la religion chrétienne, Jean Calvin corrige l’erreur de certains qui affirment que l’assurance des chrétiens serait encore "mêlée de doute". Selon eux, lorsque nous regardons à nous-mêmes, nous ne voyons que notre indignité. Ainsi, une assurance pleine et entière n’est pas possible. Calvin répond en disant qu’affirmer cela revient à nier la vérité de notre union avec Christ.
Et cela, comme si nous devions imaginer que Jésus-Christ est loin de nous et n’habite pas en nous! Si nous espérons le salut de lui, ce n’est pas parce que nous le voyons de loin, mais parce qu’il nous a unis à son corps et qu’il nous fait participants non seulement de ses biens, mais aussi de lui-même.
Christ n’est pas loin de nous: il habite en nous. Nous avons été faits uns avec lui, de sorte que tout ce qui est sien nous appartient. Ainsi, ce n’est pas vrai d’affirmer que, lorsque nous regardons à nous-mêmes, nous ne voyons que notre indignité. Plutôt, nous devons voir la justice de Christ qui a englouti nos péchés. Nous devons voir tous les bienfaits que Dieu nous donne et qui sont les nôtres, parce que Christ est nôtre.
Ainsi, Dieu ne peut pas et ne veut pas nous rejeter, tout autant qu’il ne peut pas rejeter le Seigneur Jésus-Christ. Charles Spurgeon l’exprimait ainsi:
De même que le Seigneur Jésus-Christ est agréable au Père, de même, en lui, nous sommes également agréables au Père; car notre présence en lui nous identifie à lui… Croyez fermement que tant que le Seigneur ne rejette pas le Christ, il ne peut rejeter son peuple; tant qu’il ne répudie pas l’expiation et la résurrection, il ne peut rejeter aucun de ceux avec qui il a conclu une alliance dans le Seigneur Jésus-Christ.
Ensuite, nous devons réaliser que cette union qui nous lie à Christ et sur laquelle repose notre assurance n’est pas chancelante: c’est plutôt un "lien indissoluble", comme le dit Calvin (p. 507).
Nous le savons parce que cette union dépend du choix de Dieu (cf. Ép 1.4). Dieu ne va pas changer d’avis! Il ne peut se renier lui-même, et donc nous sommes à lui pour toujours, en sécurité.
Nous le voyons également dans la manière dont la Bible décrit la mort du croyant. Notre union avec Christ n’est pas affectée par la mort. Au contraire, il est dit des croyants qu’ils meurent en Christ (1Th 4.14 et 4.16; Ap 14.13). Pour John Murray, c’est la preuve de la solidité de cette union:
Qu’est-ce qui pourrait illustrer plus clairement l’indissolubilité de l’union avec Christ que le fait que cette union ne soit pas rompue, même par la mort?
Même la mort, qui semble être le pire ennemi de l’homme, ne peut rien faire pour altérer notre union avec Christ. Pour paraphraser ce que Sinclair Ferguson dit, notre union avec Christ n’est pas “jusqu’à ce que la mort nous sépare”: plutôt, même la mort ne peut pas nous séparer de Christ1!
Nous sommes donc uns avec Christ quoi qu’il arrive.
Les pires efforts du péché, de Satan et de tous les éléments associés à la mort ne peuvent en rien altérer cette vérité. Notre union avec le Christ est indestructible.
Croyants, nous pouvons donc nous endormir ce soir avec cette précieuse vérité: l’amour de Dieu est nôtre en Christ. Rien ne pourra nous séparer de cet amour, car rien ne pourra briser l’union que l’Esprit opère entre nous et Christ.
Que Christ, et l’union que nous avons avec lui, continue à être chers à nos cœurs. C’est là que se trouvent l’assurance, la sécurité, le repos. En lui, nous avons tout; loin de lui, nous ne sommes rien.