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L’Évangile, tout l’Évangile, rien que l’Évangile (1 Corinthiens 3-4)

L’Évangile, tout l’Évangile, rien que l’Évangile (1 Corinthiens 3-4)

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L’Évangile est une folie aux yeux des hommes, mais il est la sagesse de Dieu. Dès que nous nous en éloignons, l’orgueil et les divisions apparaissent. Christ nous appelle à annoncer le message de la croix et à emprunter le chemin de la faiblesse. Cette prédication sur 1 Corinthiens 3 et 4 nous rappelle pourquoi nous devons rester fermement attachés à l’Évangile.

ℹ️ Prédication publiée pour la première fois le 16 Juillet 2022, remise en avant pour atteindre une nouvelle génération d’auditeurs.

Lecture : 1 Corinthiens 3-4.

Découpage du passage en 2 sections :

  1. Le message de la croix est une folie que nous devons annoncer (1Co 3.1-4.2).
  2. Le chemin de la croix est une faiblesse que nous devons emprunter (1Co 4.3-21).

Dans la même série :

  1. Le vrai Évangile (1Co 15.1-11) – Matthieu Giralt
  2. L’Évangile, tout l’Évangile, rien que l’Évangile (1Co 3-4) – Matthieu Giralt
  3. Le cœur de l’Évangile : notre résurrection (1Co 15.35-58) – Matthieu Giralt
  4. L’unité de l’Église ne doit dépendre que de l’Évangile de Jésus-Christ (1Co 1-2) – Samuel Laurent.

Transcription de la prédication

ℹ️ Cette transcription a été générée automatiquement, n’hésitez pas à nous signaler toute erreur ou incohérence qui nous aurait échappé.

Bonjour à chacun. C’est un plaisir de vous retrouver, c’est vrai, autour de la parole de notre Dieu, une parole véritable, certaine et pleine de vie.

J’espère que l’un des mots que vous entendez le plus souvent, parmi d’autres bien sûr, c’est l’Évangile dans notre Église. Mais pourquoi insiste-t-on autant sur l’Évangile ? Pourquoi est-ce un thème qui revient si souvent ? Et pourquoi y attache-t-on tant de soin ? Et pourquoi insiste-t-on tant pour que l’Évangile soit prêché, et soit prêché fidèlement ?

C’est qu’en réalité, l’Évangile, c’est le message de la parole de Dieu et que toute notre vie chrétienne repose sur lui. Et je dirais même que c’est vraiment le postulat de départ de l’apôtre Paul quand il écrit cette lettre aux Corinthiens que nous parcourons depuis quelques semaines maintenant : sans l’Évangile, tout s’effondre. Tous les problèmes que l’on retrouve dans l’Église de Corinthe sont liés à un abandon, à un éloignement de l’Évangile. Et on va voir, au fur et à mesure de la lettre, que tous les problèmes de division et de sainteté sont liés à une mauvaise compréhension de l’Évangile ou à un éloignement de celui-ci.

Et ce matin, on va continuer ce que Samuel a commencé la dernière fois. Il nous avait exposé la fin du chapitre 1 et le chapitre 2, et on va continuer dans cette même partie avec les chapitres 3 et 4. Ces deux chapitres que nous verrons ce matin poursuivent cette même idée des chapitres 1 et 2, à savoir que l’Évangile est une folie aux yeux des hommes, mais qu’il est la sagesse de Dieu. Il est une faiblesse aux yeux des hommes, mais il est la puissance de Dieu.

Je vous invite à ouvrir vos Bibles dans 1 Corinthiens, au chapitre 3. Je vais d’abord lire les quatre premiers versets.

Pour ma part, frères et sœurs, je n’ai pas pu vous parler comme à des personnes dirigées par l’Esprit, mais comme à des personnes dirigées par leur nature propre, comme à de petits enfants en Christ. Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter. D’ailleurs, même maintenant, vous ne le pouvez pas, parce que vous êtes encore animés par votre nature. En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie, des disputes et des divisions, n’êtes-vous pas dirigés par votre nature propre et ne vous conduisez-vous pas d’une manière toute humaine ? Quand l’un dit : « Moi, je me rattache à Paul », et un autre : « Moi, à Apollos », n’êtes-vous pas animés par votre nature ?
– 1 Corinthiens 3.1-4

Juste avant, à la fin du chapitre 2, je vous relis le verset 13 :

Et nous en parlons, c’est-à-dire des bienfaits que Dieu nous a donnés par sa grâce, c’est-à-dire de l’Évangile. Nous en parlons non avec les paroles qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec celles qu’enseigne l’Esprit Saint, en expliquant les réalités spirituelles à des hommes spirituels.
– 1 Corinthiens 2.13

Le problème des Corinthiens, c’est qu’ils se croient spirituels, mais Paul leur dit d’emblée : vous ne comprenez pas ce qui est spirituel. Et Paul nous montre, avec ce début du chapitre 3, que, finalement, ce que nous croyons est révélé par ce que nous faisons. Nous pouvons dire ce que nous voulons, mais quand on regarde notre manière de vivre, c’est là que l’on voit vraiment ce que l’on croit.

Et là, Paul leur dit directement et assez durement : mais vous vous pensez spirituels, alors que vous agissez comme des hommes charnels. Vous parlez de l’Esprit encore et encore, vous parlez de dons, vous parlez de puissance, mais vos divisions montrent que vous êtes des hommes charnels. En tout cas, que vous vous comportez comme tels.

Et là, il faut faire attention. Paul ne crée pas une troisième catégorie d’hommes. Il n’y a pas, d’un côté, l’homme charnel, de l’autre côté, le chrétien spirituel, et puis, un petit peu entre les deux, le chrétien charnel. J’ai pu entendre ça, et certains peuvent le penser : un chrétien charnel serait un chrétien qui croit, mais qui ne vit pas comme un chrétien.

Mais « un chrétien charnel », c’est un oxymore. Paul est en train de leur dire : mais ce que vous faites là, ça ne devrait pas exister. En disant que vous êtes des chrétiens charnels, il est en train de dire : mais vous êtes divisés. Ce que vous êtes en train de faire ne devrait pas se retrouver chez des chrétiens.

On a la même idée au milieu du chapitre 3 de l’épître de Jacques, vous savez, ce passage sur la parole, quand il dit : « Un figuier ne produit pas des olives. » Là, Jacques nous dit : « Un chrétien ne devrait pas parler comme ça. » Ici, Paul nous dit : « Un chrétien ne devrait pas se comporter comme ça. »

Un chrétien charnel, c’est précisément un oxymore, parce que l’Esprit qui fait de nous des chrétiens est tout le contraire de la chair. Les chrétiens sont précisément des êtres spirituels parce qu’ils sont habités par l’Esprit de Dieu. Mais là, dit Paul, vous vous comportez comme des hommes charnels. Vous parlez de l’Esprit, mais il y a des divisions.

Et le problème principal, on l’a déjà dit, on le redira, parce qu’on le voit encore et encore dans la lettre, c’est celui de l’orgueil. La jalousie et les divisions des Corinthiens révélaient leur orgueil. Mais le problème est plus profond. Et quand on lit ce passage, on va voir que, finalement, l’orgueil, c’est un petit peu la partie émergée de l’iceberg, et qu’en dessous, il y a des problèmes qui sont bien plus profonds et bien plus graves que ça.

Le vrai problème des Corinthiens, et on va le voir, c’est qu’au fond, ils n’ont pas vraiment compris l’Évangile. Ou du moins, ils s’en sont écartés.

Et là, on apprend que le résultat des critiques adressées aux apôtres, ce sont les divisions. Les divisions sont le fruit de leur critique des apôtres, et leur critique des apôtres vient d’une mauvaise compréhension du ministère. Cette mauvaise compréhension du ministère découle d’une mauvaise compréhension de l’Évangile, et c’est ce qu’on va voir dans le passage suivant.

On va lire du verset 5 jusqu’au chapitre 4, verset 2, et on va voir qu’en défendant le ministère des apôtres, Paul va réexpliquer l’Évangile et ses conséquences aux Corinthiens. Lisons à partir du verset 5.

Qui est donc Apollos et qui est Paul ? Ce sont des serviteurs par le moyen desquels vous avez cru, conformément à ce que le Seigneur a accordé à chacun. J’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui a fait grandir. Ainsi, ce n’est pas celui qui plante ni celui qui arrose qui compte, mais Dieu, qui donne la croissance. Celui qui plante et celui qui arrose sont égaux, et chacun recevra sa propre récompense en fonction de son propre travail. En effet, nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, la construction de Dieu.

Conformément à la grâce que Dieu m’a donnée, j’ai posé le fondement comme un sage architecte, et un autre construit dessus. Cependant, que chacun fasse attention à la manière dont il construit dessus, car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, à savoir Jésus-Christ. Que l’on construise sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin ou de la paille, l’œuvre de chacun sera dévoilée. Le jour du jugement la fera connaître, car elle se révélera dans le feu, et l’épreuve du feu indiquera ce que vaut l’œuvre de chacun. Si l’œuvre que quelqu’un a construite sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. Si son œuvre brûle, il perdra sa récompense. Lui-même sera sauvé, mais comme au travers du feu.

Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira, car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes.

Que personne ne se trompe lui-même. Si quelqu’un parmi vous pense être sage selon les critères de l’ère actuelle, qu’il devienne fou afin de devenir sage. Car la sagesse de ce monde est une folie devant Dieu. En effet, il est écrit : « Il prend les sages à leur propre ruse. » Et encore : « Le Seigneur connaît les pensées des sages, il sait qu’elles sont sans valeur. » Que personne ne mette donc sa fierté dans des hommes, car tout vous appartient : que ce soit Paul, Apollos, Céphas, le monde, la vie, la mort, le présent ou l’avenir, tout est à vous ; vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu.

Ainsi donc, qu’on nous considère comme des serviteurs de Christ et des administrateurs des mystères de Dieu. Du reste, ce qu’on demande à des administrateurs, c’est qu’ils soient trouvés fidèles.
– 1 Corinthiens 3.5-4.2

Paul commence, dans cette première partie des versets 5 à 8, en disant : les apôtres sont des serviteurs. C’est comme ça qu’il les présente. Déjà, on voit un gros contraste entre la manière dont les Corinthiens considèrent les apôtres et la manière dont Paul commence par les présenter.

Les Corinthiens les mettaient sur un piédestal, à tel point que celui qui se revendiquait de l’un était le rival de celui qui se revendiquait d’un autre apôtre. Et là, Paul dit : ils sont tous des serviteurs, ils servent tous Dieu. Et c’est insensé de prendre parti pour l’un ou pour l’autre, parce qu’ils servent tous Dieu.

Et autre chose : c’est aussi insensé de considérer l’un comme meilleur que l’autre, parce que leur ministère dépend des dons que Dieu leur donne. C’est Dieu qui confie à chacun le ministère. Au verset 5, on lit : « Conformément à ce que le Seigneur a accordé à chacun. » Au verset 10 : « Conformément à la grâce que Dieu m’a donnée. »

Prendre parti parce qu’on préfère un ministre à un autre, un apôtre à un autre, un ancien à un autre, c’est insensé. Parce que c’est oublier que chacun sert Dieu conformément aux dons que Dieu lui a donnés.

C’est insensé aussi, dit Paul, de comparer et de mettre l’un au-dessus de l’autre, parce que leurs ministères sont particuliers, en fonction des dons que Dieu leur a donnés. « J’ai planté, Apollos a arrosé. » Leur ministère est différent parce que Dieu leur a donné des dons différents.

Et critiquer les ministres, critiquer les apôtres pour eux, critiquer peut-être les anciens pour nous, les responsables en général, c’est oublier que c’est Dieu qui donne le ministère, selon les dons qu’il a confiés, et qu’il appelle les uns et les autres à exercer des ministères différents.

Mais Paul nous dit aussi : c’est insensé de louer l’un plutôt que l’autre, et même, c’est insensé de louer l’un tout court, parce que c’est Dieu qui fait croître. L’œuvre d’édification de l’Église, c’est celle de Dieu. L’un plante, l’autre arrose, mais c’est Dieu qui fait grandir.

En considérant les apôtres comme des serviteurs, Paul nous dit : mais toute la gloire revient à Dieu. La gloire, vous êtes en train de la mettre dans les hommes, mais la gloire revient à Dieu. C’est lui qui construit son Église.

Les divisions montrent que les Corinthiens n’ont pas compris le ministère des apôtres. Mais au fond, elles montrent quelque chose d’encore pire : qu’ils n’ont pas compris la grâce de Dieu. La grâce de Dieu qui distribue les dons aux uns et aux autres, et la grâce de Dieu qui fait grandir son Église.

Et il continue avec une autre image, dans les versets 9 à 17 : l’Église est le temple de Dieu que les apôtres édifient.

Alors, un peu plus tard dans la lettre, au chapitre 6, Paul va employer cette image du temple pour parler du corps des chrétiens au niveau individuel. Et Paul nous dira, au chapitre 6 : vous êtes chacun le temple de Dieu parce que l’Esprit de Dieu habite en vous. Mais ici, il nous dit : le temple de Dieu, c’est le corps spirituel formé par les croyants ensemble. L’Esprit habite en vous en tant qu’Église.

Et juste avant, il souligne l’humilité des apôtres, qui vient de la grâce de Dieu. Et là, il souligne la responsabilité des apôtres, qui s’attache aux dons que Dieu leur a confiés.

Plusieurs fois dans le texte, il dit : « le champ de Dieu », « la construction de Dieu », « le temple de Dieu ». Et ça, il le répète trois fois aux versets 16 et 17 : temple de Dieu, temple de Dieu, temple de Dieu.

Ce ministère que les apôtres ont, c’est un ministère d’édification du temple de Dieu. L’Église appartient à Dieu. Elle n’appartient pas aux apôtres. Elle n’appartient pas aux Corinthiens. Elle appartient à Dieu.

Là, il cite deux séries de trois matériaux. Il y a trois matériaux, on le comprend, qui vont résister au feu, qui vont résister au jugement. Et c’est intéressant de remarquer que les trois premiers matériaux, les matériaux solides, ceux qui résistent, eh bien, en fait, ce sont des matériaux qui étaient utilisés, on le lit dans l’Ancien Testament, pour la construction du Temple. Et ce sont les matériaux, on le lit dans l’Apocalypse, qui sont utilisés pour la nouvelle Jérusalem.

Et là, que dit Paul ? Il dit : mais le ministère des apôtres aujourd’hui, le ministère des anciens à Étupes en 2022, c’est un ministère dont on verra le fruit dans la nouvelle Jérusalem. Ce que vous êtes en train de construire ici aura une résonance dans l’éternité. Attention à la manière dont vous construisez.

Et aux Corinthiens, il leur dit : peut-être que vous étiez en train de voir le ministère des apôtres comme un peu moins beau que ce qu’il était, parce que vous leur confiez des choses qui n’appartiennent qu’à Dieu.

Et en même temps, je crois qu’il est en train de leur dire : mais peut-être que vous voyez le ministère des apôtres comme moins important qu’il ne l’est en réalité, parce qu’ils sont en train d’édifier, par les dons que Dieu leur a donnés et avec son Esprit, le temple de Dieu. Quelque chose qui va résonner dans l’éternité.

Et ce que nous dit Paul encore et encore dans cette partie, c’est que le fondement – à la fois ce sur quoi ce temple, cette Église, est édifiée, et ce avec quoi nous, en tant que serviteurs de Dieu, nous construisons l’Église –, c’est l’Évangile, rien que l’Évangile.

Parce que tout le reste, tout le reste, c’est de la paille, du foin, du bois. Tout le reste passera. Tout ce qui n’est pas l’Évangile, tout ce qui n’est pas motivé par l’Évangile dans notre édification de l’Église, dans notre vie d’Église, dans notre vie communautaire, tout cela partira en fumée et ne résistera pas au jour du jugement.

Et là, Paul avertit en particulier les enseignants. Paul avertit, je crois, en particulier ceux qui voulaient être puissants, qui voulaient être éloquents. Paul leur dit : mais attention, vous n’êtes que des serviteurs. Et attention, votre tâche est bien plus grande que ce que vous imaginez. Cette tâche est confiée par Dieu. C’est le temple de Dieu, construit avec l’Évangile de Dieu.

Mais je crois que Paul, ici, en plus d’avertir les responsables, avertit tous les membres de l’Église. Regardez les versets 16 et 17. Surtout les versets 18 à 20. Regardez les versets 18 à 20.

Les Corinthiens avaient de mauvaises attentes parce qu’ils avaient de mauvais critères. Ils jugeaient, au verset 18, selon les critères de l’ère actuelle. Au verset 19, ils jugeaient selon la sagesse de ce monde. Leurs critères ne venaient pas de la parole de Dieu. Leurs critères n’étaient pas l’Évangile, mais les standards de la société.

Et la vérité de cette première partie, c’est la suivante : dès qu’on s’éloigne de l’Évangile, on va s’attacher aux critères du monde. Et dès qu’on s’attache aux critères du monde, on va s’éloigner de l’Évangile.

Et la question aujourd’hui, pour nous, c’est : est-ce qu’on est à l’abri de cet éloignement de l’Évangile ? Nous qui lisons parfois cette épître avec, au pire, un certain mépris ou un certain dédain et, au mieux, une certaine distance. On se dit : mais c’était grave, quand même, ces Corinthiens, ils n’avaient rien capté.

Est-ce que nous, on est à l’abri de cela ? De quelle manière sommes-nous peut-être tentés aujourd’hui ?

En réfléchissant à ça, j’ai pensé assez rapidement à l’évangile de la prospérité.

Plus de fardeau !

L’évangile, entre guillemets, ce faux évangile de la prospérité. C’est un évangile avec un petit « e », entre guillemets, qui, selon l’expression d’Henri Blocher que je trouve vraiment à propos, promet le fond et la forme.

Et ce faux évangile, s’il y a une chose qui le rapproche de l’évangile que l’on prêchait et auquel on s’attachait à Corinthe, c’est qu’il ne s’attache pas à la vérité de la parole de Dieu, mais aux critères du monde. Il veut rendre le christianisme attrayant. Il veut le dépouiller de sa puissance. Il veut mettre de côté le scandale de l’Évangile pour être un petit peu mieux accepté. Il veut que l’emballage soit beau, mais que l’intérieur, lui aussi, ne pique pas trop.

Ce faux évangile travestit le message de Dieu pour le dépouiller de sa puissance. La croix est une folie pour l’homme, mais c’est la sagesse de Dieu, nous dit Paul.

Je suis tombé sur cette entrevue avec Joel Osteen. Joel Osteen, c’est le pasteur de la plus grande méga-Église des États-Unis. Il est peut-être la figure de proue de ce mouvement qu’on appelle l’évangile de la prospérité.

Le journaliste faisait une enquête et lui demande : « Comment réussissez-vous à garder le péché et la rédemption en dehors du message chrétien ?» Bonne question, n’est-ce pas ?

Osteen répond – je vais prendre un ton de voix, je ne sais pas s’il a répondu comme ça, mais si vous regardez des entrevues avec lui, c’est très probable : « Écoutez, je suis optimiste. La vie nous fait déjà sentir coupables tous les jours. Si vous continuez à faire honte aux gens, ils vont se détourner de vous. »

Le journaliste demande : « Mais comment le fait de dire aux gens de minimiser leur conscience s’accorde-t-il avec le Nouveau Testament ?» Bonne question.

Osteen sourit maladroitement, nous dit le journaliste, avant de répondre : « Mon but n’est pas de m’attarder sur des détails techniques. Je veux aider les gens à dormir la nuit. »

Dès qu’on s’attache aux critères de ce monde, on va s’éloigner de l’Évangile. Et j’espère qu’on ne va pas tomber dans les pièges grossiers de l’évangile de la prospérité. Mais peut-être qu’on se laisse séduire par des ersatz de l’Évangile, des évangiles édulcorés comme l’aspartame l’est par rapport au sucre.

En France, on a aussi des mini-Joel Osteen. Des gens qui sont très écoutés, des gens qui sont très regardés. Et des gens qui prêchent un évangile qui est poli, qui n’est pas abrasif, qui ne pique pas.

Mais dès qu’un enseignant n’a pas pour but d’être fidèle à l’Évangile, dès que son but est de plaire à ceux qui l’écoutent, il va indéniablement orienter son message vers ce qui les intéresse. Et sa question principale ne sera pas : « Que dit la parole de Dieu et qu’est-ce que Dieu veut nous dire ?», mais : « Qu’est-ce qui intéresse les gens et comment va-t-on pouvoir les attirer ?»

Et peut-être que ce qu’il dira sera vrai, parfois. Ça arrive. Mais il risque de ne choisir qu’une partie du message et de laisser de côté une partie de la Bible.

Et c’est aussi la raison pour laquelle nous, ici à Étupes, on est attachés à prêcher toute la Bible, chapitre par chapitre, en tout cas de manière suivie. Comme ça, on est obligés de prêcher des choses que, peut-être, on aurait laissées de côté. Ou peut-être de prêcher moins certaines choses qu’on aurait prêchées plus souvent auparavant. Et de se laisser conduire par la manière dont Dieu se révèle, de dire souvent ce qu’il nous dit souvent, de dire avec force ce qu’il nous dit avec force, et de se laisser encourager quand il veut nous encourager.

On court le risque de se détourner de l’Évangile dès qu’on oublie sa puissance, mais on risque aussi de se détourner de l’Évangile dès qu’on oublie sa suffisance. Dès que nous pensons que l’Évangile ne nous suffit plus, alors nous pensons qu’il nous en faut davantage.

Je suis retombé sur ce passage de Tactique du diable. Je ne sais pas si vous connaissez ce livre. C’est un livre formidable écrit par C. S. Lewis, dont le concept est à la fois génial et un petit peu particulier.

C’est en fait une série de lettres fictives écrites par Lewis, qui contiennent les conseils d’un vieux démon à un jeune démon pour éloigner le chrétien. Absolument incroyable ! Vous lisez ça, cela a été écrit juste avant la Seconde Guerre mondiale, et vous vous dites : mais le monde n’a pas changé. Les tactiques et les ficelles sont toujours les mêmes.

Écoutez l’une de ces lettres, dans laquelle ce vieux démon écrit à un jeune démon. Il lui dit :

Cette aversion pour les mêmes choses est une des passions les plus utiles que nous [le mal] ayons produites dans le cœur humain. C’est une source intarissable d’hérésies en matière de religion. Comme nous repérons chez certains le plaisir qu’ils ont à manger et à boire et l’exagérons pour qu’il dégénère en gourmandise, ainsi nous exploitons chez d’autres le goût inné du changement pour le déformer en une véritable passion de la nouveauté.
– C. S. Lewis, Tactique du diable.

Cette passion de la nouveauté, mes amis, c’est ce qui nous pousse à vouloir toujours quelque chose de neuf, toujours quelque chose de nouveau, toujours quelque chose dont on n’avait jamais entendu parler.

Et je crois que, dans notre ère où tout s’accélère, où on a toujours plus d’informations et jamais le temps de réfléchir, où on court toujours après la dernière nouveauté, dès que quelque chose est sorti, il est balayé par quelque chose de nouveau, quelque chose de mieux, encore plus fort, encore plus grand.

Dans cette ère-là, nous sommes plus que jamais séduits par cette idole de la nouveauté. Mais dès qu’on oublie que l’Évangile est tout ce dont nous avons besoin, nous cherchons autre chose.

Et si on s’étonne de l’actualité de ce qu’on lit dans ce livre écrit par Lewis avant la Seconde Guerre mondiale, écoutez ce que Paul écrit à Timothée au premier siècle :

Un temps viendra où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine. Au contraire, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule d’enseignants conformes à leurs propres désirs. Ils détourneront l’oreille de la vérité et se tourneront vers les fables.
– 2 Timothée 4.3-4

À quelles fables sommes-nous exposés, mes amis ? Quelles sont les fables que nous lisons en ligne, que nous voyons sur les réseaux sociaux, qui sont partagées encore et encore sur Facebook, sur Instagram, sur YouTube, qui nous sont recommandées ? Quelles sont ces fables qui nous promettent de la nouveauté et qui nous disent : « L’Évangile, c’est bien, mais je vais te donner quelque chose de mieux »?

Que recommande Paul à Timothée pour contrer ces fables ?

Que recommande Paul à Timothée dans cette période où les gens voudront se détourner de la vérité et écouter ce qu’ils veulent entendre ?

Prêche la parole. Insiste en toute occasion, qu’elle soit favorable ou non. Réfute, reprends et encourage.
– 2 Timothée 4.2

Et regardez la fin de notre texte aujourd’hui, les versets 1 et 2 du chapitre 4 :

Ce qu’on demande à des administrateurs, c’est qu’ils soient trouvés fidèles.
– 1 Corinthiens 4.2

Paul le rappelle : mais vos critères ne sont pas les bons. Vous jugez selon les critères du monde et vos attentes ne sont pas les bonnes. Ce qu’on demande aux apôtres, ce qu’on demande aux anciens, ce qu’on demande aux responsables, c’est de prêcher l’Évangile.

Je continue la lecture à partir du verset 3 du chapitre 4 et j’irai jusqu’à la fin.

Pour ma part, il m’importe très peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain. Bien plus, je ne me juge pas non plus moi-même. Ma conscience, il est vrai, ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour autant que je peux être considéré comme juste. Celui qui me juge, c’est le Seigneur. C’est pourquoi ne portez aucun jugement avant le moment fixé, avant le retour du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et il dévoilera les intentions des cœurs. Chacun recevra alors de Dieu la louange qui lui revient.

Frères et sœurs, c’est à cause de vous que j’ai appliqué ces images à Apollos et à moi-même, afin que vous appreniez par notre exemple à ne pas aller dans vos pensées au-delà de ce qui est écrit, et que personne ne s’enfle d’orgueil en prenant parti pour l’un contre l’autre. En effet, qui est celui qui te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi faire le fier comme si tu ne l’avais pas reçu ?

Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, vous avez commencé à régner sans nous ! Si seulement vous pouviez réellement régner, pour que nous aussi nous puissions régner avec vous ! En effet, il me semble que Dieu a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes.

Nous sommes fous à cause de Christ, mais vous, vous êtes sages en Christ. Nous sommes faibles, mais vous, vous êtes forts. Vous êtes honorés et nous sommes méprisés. Jusqu’à cette heure, nous souffrons de la faim, de la soif et du dénuement. Nous sommes maltraités, errants. Nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains. Injuriés, nous bénissons. Persécutés, nous supportons. Calomniés, nous répondons avec bonté. Nous sommes devenus comme les balayures du monde, le déchet de tous, jusqu’à maintenant.

Ce n’est pas pour vous faire honte que j’écris cela, mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés. En effet, même si vous aviez dix mille maîtres en Christ, vous n’avez cependant pas plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai donné la vie en Jésus-Christ par l’Évangile. Je vous en supplie donc, soyez mes imitateurs.

Pour cela, je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur. Il vous rappellera quels sont mes principes de vie en Christ, tels que je les enseigne partout dans toutes les Églises.

Quelques-uns se sont enflés d’orgueil en pensant que je ne viendrais pas chez vous, mais je viendrai bientôt, si c’est la volonté du Seigneur. Et je prendrai connaissance non des paroles, mais de la puissance de ceux qui se sont enflés d’orgueil. En effet, le royaume de Dieu ne consiste pas en paroles, mais en puissance. Que voulez-vous ? Que je vienne chez vous avec un bâton ou avec amour, dans un esprit de douceur ?
– 1 Corinthiens 4.3-21

Deuxième partie de notre texte, qui sera un petit peu plus courte. Paul reprend ici, aux versets 3 à 5, un thème, une notion qu’il a déjà développée à la fin du chapitre 2 : la faculté de juger.

À la fin du chapitre 2, il nous avait dit : l’homme spirituel a la faculté de juger les choses spirituelles. Vous vous rappelez ce qu’il dit au début du chapitre 3 ? Il dit : mais vous, vous ne vous comportez pas du tout comme des hommes spirituels, mais plutôt comme des hommes charnels.

Et ici, il nous dit : mais vous vous comportez comme des hommes charnels et pourtant, vous jugez. Or, ceux qui jugent, ce sont ceux qui sont animés par l’Esprit.

Et Paul met ici quelque chose en avant. Il leur dit : « Mais vous manquez de discernement. Vous pensez être spirituels, mais vous n’arrivez pas à discerner les choses spirituelles. Vous manquez de discernement. »

Et ce manque de discernement n’a pas seulement pour conséquence de mauvaises façons d’enseigner ou d’envisager le ministère des apôtres. On le verra dans les chapitres suivants. En fait, ce mauvais discernement mène les Corinthiens à juger ce qu’ils ne devraient pas juger et à ne pas juger ce qu’ils devraient juger.

Ils se croyaient éclairés, mais ils sont complètement aveuglés par leur suffisance et leur orgueil.

Et Paul nous dit ici quelque chose qu’il a déjà dit dans le passage précédent : c’est Dieu qui juge. C’est lui qui juge, c’est son jugement qui compte, c’est lui qui aura le dernier mot.

Et si nous sommes appelés à discerner, c’est conformément à la parole de Dieu et en accord avec elle. Parce que c’est à la lumière de sa parole que Dieu va juger. C’est sa parole, n’est-ce pas, qui est une épée à double tranchant.

Le reproche principal de cette partie, c’est bien sûr l’orgueil. Cet orgueil se manifeste, on le voit dans les versets 8 à 13, dans leur manière de considérer la vie chrétienne.

Et là, Paul est plein d’ironie. Il leur dit : mais déjà, vous êtes rassasiés, déjà, vous êtes riches, déjà, vous avez commencé à régner sans nous. Si seulement c’était vrai ! Si seulement vous régniez comme ça, nous pourrions régner avec vous.

Et là, Paul, dans cette partie qui est extraordinaire, souligne la conception de la vie chrétienne des Corinthiens et la réalité de la vie des apôtres.

Dans le passage précédent, il dit : « Mais nous sommes apôtres parce que Dieu nous l’a confié. C’est Dieu qui nous a nommés apôtres. » Il dit : « Mais nous, nous vivons une vie de misère et nous avons été envoyés par Dieu. Et vous, vous êtes riches, vous régnez, vous êtes rassasiés. Vous régnez, mais nous, nous sommes esclaves. Vous voulez être honorés, mais nous, nous sommes méprisés. Vous voulez être forts, mais nous sommes faibles. C’est Dieu qui a fait de nous les derniers des hommes » (v. 9).

Il se compare à ces esclaves qui étaient en fin de cortège.

C’était vraiment la traîne du cortège. C’étaient ceux qui avaient été vaincus, ceux qui avaient été enlevés, ceux qui étaient faits prisonniers, qui faisaient tout le chemin, qui étaient raillés jusqu’à la fin, jusqu’à l’arène, et qui étaient mis à mort.

Paul dit aux Corinthiens : nous, nous ne sommes pas l’empereur qui marche en tête, victorieux avec ses troupes, et qui arrive en fanfare dans la ville en bombant le torse. Nous sommes les derniers des hommes, ceux qui sont mis à mort, ceux qui sont donnés en spectacle au monde et aux anges.

Voilà la réalité de notre ministère. Voilà la réalité de notre vie chrétienne.

Encore une fois, les Corinthiens ont de mauvaises attentes. Je ne crois pas que ce soit une coïncidence si Paul, au verset 9, dit :

Dieu a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes.
– 1 Corinthiens 4.9

Au verset 13 :

Nous sommes devenus comme les balayures du monde, le déchet de tous, jusqu’à maintenant.
– 1 Corinthiens 4.13

Paul leur dit : mais vous avez les critères du monde, vous voulez être loués par le monde, vous voulez être quelqu’un dans le monde, mais nous, nous ne sommes rien dans le monde. Nous sommes les balayures.

Les Corinthiens ne voulaient pas d’apôtres faibles. Et là, Paul est en train de leur dire : « Mais en fait, vous n’avez pas compris la réalité du ministère des apôtres. Pire que cela, vous n’avez pas compris l’Évangile. Vous voulez la gloire tout de suite. Vous voulez la gloire sans la souffrance. Et soyons-en certains, la gloire arrive. La gloire nous attend. La gloire nous est promise. La gloire nous est destinée, mais pas maintenant. »

Regardez ce qu’il dit au verset 11 : « Jusqu’à cette heure », et à la fin du verset 13 : « Jusqu’à maintenant. »

Le best-seller de Joel Osteen, ce faux prédicateur dont je parlais tout à l’heure, s’appelle Your best life now (« Votre meilleure vie dès maintenant »). Et certaines des versions les plus extrêmes de l’évangile de la prospérité, comme la sienne, promettent et mettent en avant une vie dénuée de souffrance et de maladie, ici et maintenant : « Viens à Jésus et tu ne seras plus malade. Viens à Jésus et tu ne seras plus anxieux. Viens à Jésus et tu ne souffriras plus. »

Mais Paul nous rappelle que ce n’est pas ce que Dieu nous a promis. En tout cas, pas encore.

La délivrance arrivera certainement. Et un jour, nous verrons s’accomplir cette promesse magnifique : c’est Dieu lui-même qui essuiera toute larme de nos yeux. La souffrance n’existera plus. L’anxiété, le mal de dos, les tendinites, la dépression, les rages de dents, la calvitie… Ça ne me dérange pas, en vrai. Même si ça continue, ce n’est pas grave. Le deuil, l’angoisse, la fatigue, tout cela aura disparu.

Mais pas maintenant. Pas encore.

Avant de partager la gloire de notre Seigneur, nous sommes appelés à partager ses souffrances. Et c’est une grâce, dit Paul. C’est une grâce. Paul dira aux Philippiens, au chapitre 1 :

Il vous a été fait la grâce, par rapport à Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui.
– Philippiens 1.29

En quoi est-ce une grâce ? Et pourquoi Paul ne s’en plaint-il pas ? Et même, pourquoi Paul se glorifie-t-il, quelque part, de partager ces souffrances de Christ ?

Parce qu’il sait qu’il est en train de suivre son Maître. Parce qu’il sait qu’après les souffrances viendra la gloire.

Ce faux évangile de la prospérité – la guérison tout de suite, la délivrance de tout, tout de suite –, c’est encore une version grossière de ce que dénonce Paul. Mais, encore une fois, l’éloignement de l’Évangile peut être plus sournois. Et là encore, il y a des ersatz de l’Évangile qui ressemblent un petit peu plus à du développement personnel.

Je vous lis un extrait de L’Église intentionnelle, de Mark Dever :

Une évangélisation qui vante les bénéfices dérivés de la foi remplit nos Églises de personnes qui s’attendent à une vie sans problème, simplement parce qu’elles sont devenues chrétiennes. Mais Jésus a promis de la persécution à ceux qui le suivent, pas des avantages en nature. Nous voulons construire des chrétiens et des Églises qui vont persévérer dans les moments difficiles, qui seront prêts à souffrir, à être persécutés et même à mourir pour l’Évangile de Christ, parce qu’ils accordent plus de valeur à la gloire de Dieu qu’aux bénéfices temporels de la conversion.
– Mark Dever, L’Église intentionnelle.

Demain, nous partagerons la gloire de Christ. Mais aujourd’hui, nous devons porter la croix de Christ. Il n’y a pas de gloire sans croix. Et Paul nous dit dans Romains 8.17 :

Nous sommes héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin de prendre aussi part à sa gloire.
– Romains 8.17

Comme les Corinthiens, encore aujourd’hui – rien de nouveau sous le soleil –, beaucoup veulent un christianisme cool, un christianisme facile, un christianisme qui ne choque pas, qui ne rebute pas. Un message qui est à la fois facile à accepter et facile à vivre.

Mais voilà ce que Paul nous rappelle ce matin : le message de la croix est une folie que nous devons annoncer. Et le chemin de la croix est une faiblesse que nous devons emprunter.

Le message de la croix est une folie que nous devons annoncer, et le chemin de la croix est une faiblesse que nous devons emprunter.

Finalement, si on devait résumer, pour conclure, ce qui fait le lien entre ces deux parties, je dirais qu’au fond, les Corinthiens ne se contentaient pas de l’Évangile. Et je crois que c’est là la racine de l’orgueil dont parle Paul.

L’orgueil commence dès qu’on pense qu’on mérite mieux que ce que Dieu nous dit et qu’on mérite plus que ce que Dieu nous donne. Dès qu’on pense que la grâce de Dieu ne suffit plus, dès qu’on pense que l’Évangile n’est plus suffisant, on se détourne. On devient orgueilleux en pensant qu’on a besoin de plus, qu’on a besoin de mieux.

Et finalement, rien n’a changé depuis Genèse 3. Rien n’a changé depuis le premier faux évangile de la prospérité, avec ce premier prédicateur de la prospérité : le serpent.

Que murmure-t-il à l’oreille d’Adam et Ève ? « Vous méritez mieux. Au fond, ouvrez les yeux. Dieu ne veut pas votre bonheur. Ce qui compte, c’est ce que toi, tu veux. C’est toi qui sais mieux ce qui te convient. Tu dois devenir le maître de ton existence, tu dois prendre ta destinée en main, tu dois voir loin », nous dit le serpent.

En fait, dès qu’on s’éloigne de l’Évangile, on oublie que Dieu règne. On s’éloigne de l’Évangile dès qu’on oublie que Dieu est souverain.

On l’a chanté tout à l’heure, on l’a lu : « L’Éternel règne. » Et on l’a lu à la fin : « L’Éternel règne, tes prescriptions sont véritables. »

On s’éloigne de l’Évangile dès qu’on se met au centre : mes envies, mes besoins, mon choix. Mais on s’en éloigne aussi dès qu’on remet en question sa bonté. « Finalement, ce qu’il veut, ce n’est pas vraiment mon bien. Moi, je sais mieux. »

Alors, comment ? Comment faire pour ne pas dériver ? Comment faire pour ne pas se laisser séduire par ces ersatz de l’Évangile ?

Eh bien, je pense que la fin de notre texte nous donne l’un des moyens que Dieu nous accorde pour tenir ferme dans l’Évangile.

Regardez les versets 14 à 21. Comment Paul compte-t-il rectifier la vision des Corinthiens ? Comment compte-t-il leur redonner une compréhension juste de l’Évangile ?

En envoyant Timothée.

Et Paul, regardez au verset 16, invite les Corinthiens à l’imiter. Au verset 17 : « Pour cela, je vous ai envoyé Timothée. » Paul envoie Timothée pour que Timothée – parce qu’il imite Paul – puisse être un modèle pour les Corinthiens.

Et dans l’Église, voilà ce que nous attendons des responsables. Et voilà pourquoi, en plus de leur capacité à enseigner l’Évangile de manière solide et fiable, à enseigner tout l’Évangile, nous nous attendons à ce que les responsables soient des modèles.

Est-ce qu’ils sont infaillibles ? Non ! Mais ils sont des modèles, ils sont des exemples. Dans leur vie chrétienne, dans leur foi, mais aussi dans leur capacité à reconnaître leur péché, à se repentir et à vivre la grâce de Dieu.

Dans l’Évangile, les responsables sont appelés à être des modèles, en paroles et en actes, de l’Évangile et de ses implications.

Mais ce qui devrait être exemplaire chez les responsables chrétiens est en fait ce qui est attendu de tous les chrétiens. Quand on lit la liste des critères qui rendent les responsables exemplaires, qui font d’eux des modèles, on se rend compte que c’est simplement ce qui est demandé à tous les chrétiens.

Nous sommes tous appelés à prêcher l’Évangile, tous appelés à nous attacher à la vérité de la parole de Dieu et tous appelés à emprunter le chemin de la croix.

On est tous appelés à être des modèles, en paroles et en actes, pour nos frères et sœurs.

Encourageons-nous à tenir ferme dans l’Évangile. Gardons-nous des faux évangiles et de leurs ersatz. Gardons-nous des prédicateurs qui ressemblent davantage à des conférenciers spécialisés dans le bien-être et la motivation. Rejetons les messages qui flattent notre ego. Ne partageons pas des choses qui sont fausses, qui font du bien à nos oreilles, mais qui s’éloignent de la vérité de la parole de Dieu.

Le message de la croix est une folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés, il est la puissance de Dieu.
– 1 Corinthiens 1.18

Prière

Je vais prier.

Père céleste, nous entendons avec force l’avertissement que Paul donne aux Corinthiens. Et nous nous rendons compte que ce qu’ils vivaient, leurs aspirations, les critères du monde et de l’ère actuelle ont peut-être changé de forme, mais n’ont pas changé de fond.

Ceux qui étaient les orateurs dont le discours était bien ficelé, dont le contenu touchait les émotions des gens, sont aujourd’hui les faux prédicateurs qui veulent motiver, mais qui dépouillent l’Évangile de sa force, qui veulent enlever le scandale de la croix de l’Évangile.

Ô Seigneur, ne nous permets pas d’être aveuglés par notre orgueil. Ne nous permets pas de nous attacher davantage aux critères du monde qu’à la vérité de ton Évangile.

Ne nous permets pas de croire que nous savons mieux ce qu’il nous faut, de penser que ton Évangile n’est pas suffisant, de vouloir chercher ailleurs, de vouloir chercher quelque chose de nouveau.

Ô Seigneur, aide-nous à prendre plaisir dans ta loi, à considérer ta parole comme un trésor, comme une source d’eau vive qui nous rafraîchit et qui nous nourrit, comme un rayon de miel qui est doux à notre palais, comme la vérité à laquelle nous pouvons nous accrocher, la forteresse dans laquelle nous pouvons nous réfugier, le fondement sur lequel nous voulons nous tenir.

Que ta parole habite dans notre Église, Seigneur. Que ton Évangile résonne dans chacune de nos vies. Que nous puissions être des modèles, en paroles et en actes, pour tous ceux qui nous entourent.

Pour que tu sois glorifié. Pour que toute la gloire te revienne, Seigneur.

Amen.