Le Dieu de la Bible est-il bon pour les femmes ?

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Le Dieu de la Bible est-il bon pour les femmes ?
Chloé Lang
Chloé Lang

Il est possible que l’une de vos amies se soit déjà posé la question, ou que vous-même vous vous la soyez posée, en lisant certains passages de l’Ancien Testament. On remarque d’ailleurs que, parmi tant d’autres, l’un des arguments anti-chrétiens de notre époque concerne le traitement des femmes dans la Bible.

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Moi-même, chrétienne depuis de nombreuses années et assurée de l’amour de Dieu pour moi, je lis certains textes avec des émotions très vives.

De la colère, par exemple, en lisant le récit de la femme du lévite, découpée en douze morceaux après avoir été livrée aux hommes de Guibéa (Jg 19.22-30), ou celui de Saraï, livrée au Pharaon à cause de la couardise d’Abram (Gn 12.10-20).

De l’injustice, carrément, lorsque je lis dans le Lévitique qu’une femme est considérée comme « impure » et isolée lorsqu’elle a ses règles (Lv 15.19-24), ou lorsqu’une esclave capturée sur un champ de bataille par un israélite pouvait être prise comme femme, puis répudiée selon le bon vouloir du soldat (Dt 21.10-14).

Et c’est là que les choses se compliquent vraiment.

Passe encore lorsque ces récits sont simplement la description d’événements qui se sont produits et que Dieu désapprouve. Le livre des Juges, par exemple, nous montre à de nombreuses reprises un peuple qui s’éloigne de Dieu et dont les actes sont profondément mauvais. On peut comprendre que ce qui est raconté n’est pas nécessairement ce que Dieu approuve.

Mais que faire lorsque nous rencontrons des dispositions qui se trouvent dans la loi elle-même, cette loi qui vient de Dieu et qui est pourtant décrite comme bonne et juste (Ps 19.8-10 ; Rm 7.12) ?

Là, j’avoue que c’est dur.

Une véritable dissonance apparaît

D’un côté, je connais le Dieu que la Bible me présente. Un Dieu qui se révèle comme bon, juste, fidèle et compatissant. Un Dieu qui a créé l’être humain, homme et femme, à son image (Gn 1.26-27). Un Dieu qui entend les cris de son peuple lorsqu’il souffre (Ex 3.7-8). Un Dieu qui prend soin des faibles et qui demande à son peuple de faire de même (Dt 10.17-19).

Et de l’autre côté, je lis certains textes et je me demande : « Mais alors, comment cela peut-il être bon ? Comment ce texte peut-il venir du même Dieu ? »

C’est un peu comme lorsqu’une personne que l’on connaît profondément fait quelque chose qui nous semble complètement contraire à ce que nous savons d’elle. Si je connais une amie comme quelqu’un de profondément généreux et que je la vois refuser brutalement d’aider quelqu’un dans le besoin, je vais probablement ressentir une dissonance. Quelque chose ne colle pas avec ce que je sais d’elle. Avant de conclure immédiatement qu’elle est devenue une personne cruelle, je vais chercher à comprendre ce qui s’est passé. Il me manque peut-être une information. Je n’ai peut-être pas compris la situation. Peut-être que ce que j’ai vu n’est pas tout ce qu’il y a à voir.

Évidemment, l’analogie a ses limites. Dieu n’est pas une amie dont nous connaîtrions tous les tenants et aboutissants. Mais elle nous aide à comprendre quelque chose d’important : lorsqu’un texte biblique semble entrer en contradiction avec ce que nous savons de Dieu par l’ensemble de sa Parole, notre première réaction ne devrait pas être de choisir entre le texte et la bonté de Dieu.

Nous pouvons plutôt reconnaître humblement qu’il nous manque des clés pour comprendre.

Alors, comment régler cette dissonance entre ces textes, nos émotions et notre confiance dans le Dieu que nous savons bon pour tous ses enfants, en tout temps ?

La première chose à faire est peut-être de refuser de laisser notre époque nous dire trop rapidement ce que nous devons penser de la Bible et des femmes.

Notre époque et notre culture nous influencent parfois plus qu’on ne le pense

Nous sommes constamment entourées de messages sur ce que signifie être une femme, sur la manière dont nous devrions vivre, réussir, nous épanouir ou trouver notre valeur.

Certaines voix nous invitent à regarder en nous-mêmes, à puiser dans nos propres ressources, à construire notre identité et à trouver par nous-mêmes ce qui donne du sens à notre vie.

D’autres nous poussent à chercher notre importance dans ce qui se trouve à l’extérieur : la réussite, le succès, la reconnaissance ou les honneurs.

Et toutes ces voix, parfois très différentes les unes des autres, peuvent nous donner l’impression que la religion en général et la foi chrétienne en particulier sont nécessairement nocives au développement et à l’épanouissement des femmes.

Laisser la Parole de Dieu traverser nos cultures et nos époques 

Mais avant d’accepter cette conclusion, il faut faire quelque chose de très simple : ouvrir la Bible et regarder réellement ce qu’elle dit.

Parce que la Bible nous invite à regarder dans une tout autre direction.

Vers le haut. Vers notre Père céleste, notre Créateur. Vers Jésus-Christ, notre Rédempteur. Vers le Saint-Esprit, celui qui donne la vie et nous conduit. Mais concrètement, comment « lever les yeux » ?

En ouvrant la Parole de Dieu.

En plongeant dans son livre pour entendre sa voix. Pour recevoir de lui ce qu’il nous dit sur qui il est et qui nous sommes à sa lumière.

Et cela demande parfois de résister à deux tentations opposées.

La première serait de fermer les yeux sur les textes qui nous dérangent, de les contourner parce qu’ils nous mettent mal à l’aise.

La seconde serait de les lire avec nos seules catégories contemporaines et de conclure immédiatement que, puisque nous ne comprenons pas quelque chose, Dieu doit être injuste.

Il existe une troisième voie : prendre les textes au sérieux, prendre nos émotions au sérieux, mais aussi prendre Dieu au sérieux.

Et cela signifie accepter de chercher à comprendre.

Découvrir la bonté de Dieu dans des textes parfois difficiles

L’étude de l’Ancien Testament est parfois ardue et chronophage. Il faut connaître l’histoire, le contexte, les coutumes, les genres littéraires, les alliances, les promesses que Dieu a faites à son peuple et la manière dont tout cela s’inscrit dans l’ensemble de l’histoire biblique.

Mais si nous voulons regarder ces textes en face, nous devons commencer par admettre quelque chose : il nous manque parfois des clés de compréhension.

Notre distance culturelle avec le monde biblique, notre manque de contexte, nos connaissances parfois limitées de l’ensemble des Écritures et, pour être honnêtes, nos propres cœurs pécheurs peuvent nous empêcher de comprendre immédiatement en quoi Dieu est bon.

Nous avons tous des lunettes à travers lesquelles nous lisons la réalité.

Et parfois, nous ne voyons même plus que nous les portons.

C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de sujets aussi chargés que la condition féminine. Nous arrivons devant les textes bibliques avec tout ce que notre époque nous a appris sur ce qu’est une femme.

Nous arrivons aussi avec nos opinions sur comment Dieu aurait dû, ou aurait pu faire mieux, ou différemment. 

Cela ne signifie pas que notre époque a toujours tort. Cela signifie simplement que nous aussi, nous avons besoin d’être enseignées et corrigées par la Parole de Dieu.

Alors, au lieu de demander uniquement : « Est-ce que ce texte correspond à ce que je considère aujourd’hui comme bon pour les femmes ? », ce qui revient à imposer un filtre sur notre lecture, nous pouvons poser une question plus fondamentale :

Que veut me montrer ce texte sur Dieu, sur sa bonté, sur son projet et sur les êtres humains ?

C’est ce que nous voulons faire ensemble à Genève lors de la conférence pour les femmes Evangile 21.

À travers plusieurs femmes de l’Ancien Testament, nous allons explorer des textes parfois surprenants, difficiles ou peu connus. Nous prendrons le temps de comprendre leur contexte, leur message et ce qu’ils nous révèlent du Dieu qui agit au milieu de son peuple.

Que vous ayez déjà étudié ces textes à de nombreuses reprises ou que ce soit la première fois que vous vous penchez sur ce thème, nous croyons que Dieu a quelque chose de précieux à nous faire découvrir dans sa Parole.

Alors, venez nous rejoindre. Et invitez vos amies.