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Dans cet épisode, Quentin et Samuel s’interrogent sur les biais cognitifs et les stéréotypes. Ils explorent la tension entre nos raccourcis cérébraux économiques et la nécessité de développer une sagesse biblique pour se remettre en question.

❓Samuel répond aux questions suivantes :

  • C’est quoi biais cognitif et stéréotype ? (01:06)
  • C’est quoi les grandes catégories qui peuvent exister dans les biais cognitifs ? (04:58)
  • Est-ce que tu as des exemples de biais de confirmation non chrétiens, généraux ? (06:26)
  • Et du coup, il y a quoi d’autre comme biais de confirmation ? (08:23)
  • C’est lié un peu à l’effet de puits ? J’ai entendu parler de ça. C’est la même chose, l’effet Forer, l’effet de puits ? (14:31)
  • Et je me pose toujours la question : « Mais pourquoi ? Pour quelles raisons ? Pour quelles motivations on va utiliser des tests de personnalité ? » (17:41)
  • Comment en tant que chrétien, maintenant qu’on a parlé de biais cognitifs et de stéréotypes, comment en tant que chrétien, on peut y faire attention ? Qu’est-ce que ça change pour nous en tant que chrétiens de connaître ça et de savoir ça ? (22:56)
  • Pourquoi est-ce que j’ai cette intuition ? Là, tout de suite, qu’est-ce que j’ai comme élément dans ma tête qui me pousse à faire ceci ou à prendre cette décision ? (35:19)

Les uns les autres, c’est le podcast qui vous aide à mieux comprendre l’Église pour persévérer dans vos relations.

Par le biais de leur association La Boussole, Samuel et Laurent proposent également des formations à l’accompagnement biblique, afin de permettre aux Églises locales d’être autonomes dans l’accompagnement de leurs membres.

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Transcription

ℹ️ Cette transcription a été générée automatiquement, n’hésitez pas à nous signaler toute erreur ou incohérence qui nous aurait échappé.

Quentin
L’effet Forer, c’est trois éléments à réunir lorsque vous décrivez quelqu’un. C’est 70 % de positif, 30 % de négatif et analysé par quelqu’un qui a autorité, le biais d’autorité, qui a autorité ou une expertise.
Samuel
Bonjour à tous et bienvenue sur le podcast « Les uns les autres », le podcast qui vous aide à mieux comprendre l’Église pour persévérer dans vos relations. Je m’appelle Quentin Polinari, je suis pasteur à l’abbé d’Héricourt et accompagné de…
Quentin
De Samuel, psychologue et ancien dans la même église que Quentin.
Samuel
Aujourd’hui, on se retrouve pour continuer de faire un épisode sur le thème de la psycho. On va parler avec Sam, c’est plutôt moi qui vais l’interroger comme dans ces cas de figure-là, sur les biais cognitifs et stéréotypes.
Quentin
C’est ça.
Samuel
C’est bien ça ?
Quentin
Oui.
Samuel
Du coup, biais cognitif et stéréotype, je pense que c’est un peu du patois de canard du psychologue-
Quentin
C’est ça.
Samuel
…comme on dit dans le milieu chrétien. C’est quoi biais cognitif et stéréotype ?
Quentin
Oui. C’est relativement récent. Ça arrive dans les années 70 avec Kahneman et Tversky. D’ailleurs, je crois que Kahneman, il a eu un prix Nobel, notamment pour ça. De comprendre que notre cerveau fonctionne plus vite que ce que l’on croit, mais fonctionne mal. Comme je l’ai dit dans un des précédents podcasts, notre cerveau est alimenté, il fonctionne avec l’énergie l’équivalent d’une ampoule entre 18 et 30 watts. Mais pour cela, il est obligé de faire des raccourcis. On minimise à quel point notre cerveau et la manière dont on évolue dans le monde, les ressources que l’on utilise sont extrêmement réduites. Pour cela, notre cerveau a des tricks qui s’appellent des biais, des stéréotypes ou des heuristiques. Un heuristique, par exemple, c’est réaliser quelque chose sans qu’on y pense. Si, par exemple, Quentin, je te dis : « Deux plus deux ? »
Samuel
Cinq. Quatre.
Quentin
Cinq. S’il dit cinq, c’est que son heuristique est mal fait. S’il dit quatre, c’est que son heuristique est bien fait comme depuis le primaire. Il n’a même pas eu à penser. On n’a même pas besoin de penser, de réfléchir à l’opération, à la poser. L’élément arrive immédiatement. Ce sont des opérations très pratiques qui nous permettent d’évaluer certains éléments dans notre monde d’une manière automatique. Simplement, des fois, nos heuristiques ne sont pas forcément bons. Si, pour nos auditeurs, je vous dis : « Une raquette et une balle coûtent 1,10 euro. Il y a un euro d’écart entre la raquette et la balle. Combien coûte la balle ? » Mettez pause et réfléchissez-y vite fait. La première réponse, normalement, devrait être 10 centimes, parce que dans nos têtes, on a des heuristiques qui piochent les informations dans ce que vous avez dit, que dans ce que je viens de dire, alors qu’en réalité, la réponse est : « Réfléchissez-y. » Et peut-être que vous trouverez. Vous pouvez trouver sur Internet, évidemment. Mais c’est intéressant parce que c’est notre cerveau qui va prendre certaines informations, 10 centimes, 1,10 euro, un euro, soustraction, etc. Et où il va nous proposer quasiment immédiatement une réponse. Mais la question, c’est de savoir : est-ce que cette réponse est vraie ou pas ? Ça, c’est un heuristique. Tous les éléments qu’on vient de mentionner, ce sont des manières de pouvoir accélérer nos raisonnements, à tort ou à raison. Si je pose la question à Quentin : « Combien est-ce qu’on a vu de voitures rouges entre Héricourt et ici ? » On ne sait pas, moi non plus. Par contre, si je lui dis : « Réfléchis bien aux voitures rouges » et que je redis « voitures rouges », etc. Sans doute que durant le prochain voyage en voiture, il sera un peu plus vigilant et que son cerveau aura tendance à retenir ces éléments-là. On a tous ces éléments-là. C’est ce qu’on appelle un biais d’ancrage où notre cerveau va utiliser certaines ressources limitées pour pouvoir optimiser l’interprétation que l’on a du monde et prendre des décisions et/ou acquérir de la connaissance. Au début, on pensait qu’on avait beaucoup plus de potentiel que ça pour pouvoir utiliser notre cerveau, que notre cerveau, c’était une machine infinie, etc. C’est vrai que sur certains points, on n’a pas beaucoup de limites, mais en réalité, pour notre fonctionnement quotidien, on est extrêmement limité. Et ça, on n’a pas le choix parce que sinon, on disjoncterait, on ne pourrait pas avoir le corps qu’on aura. Dieu fait bien les choses. Il fallait que notre cerveau ne dépense que peu d’énergie, même s’il faut savoir, notamment pour les sportifs, etc., la plupart des gens le savent, mais que ça consomme un tiers de nos glucides, ce qui est énorme par rapport au volume. Mais il ne fallait pas non plus que ça dépasse un certain seuil. Et pour cela, on a tout ce qui est stéréotype, biais heuristique pour nous aider par rapport à ça. C’est très pratique, mais parfois, c’est un petit peu piégeux.
Samuel
OK, très bien. C’est quoi les grandes catégories qui peuvent exister dans les biais cognitifs ? Des exemples de plusieurs, tu en as parlé de certains. Tu as parlé de biais de confirmation ?
Quentin
Oui.
Samuel
Ce n’est pas vraiment ça encore ?
Quentin
C’est plutôt heuristique de disponibilité. Non, pas heuristique de disponibilité, mais les heuristiques, c’est l’idée de formuler quelque chose extrêmement rapidement, tellement on l’a répété, etc.
Samuel
Oui, ce n’est pas la confirmation.
Quentin
Non, ce n’est pas la confirmation. Le biais de confirmation, on peut en parler.
Samuel
Oui, vas-y.
Quentin
C’est super intéressant. Le biais de confirmation, c’est que lorsque nous avons une croyance, nous avons tendance à mettre en avant et à retenir seulement les informations qui nous arrangent, en tout cas qui confirment nos croyances et à délaisser celles qui ne nous intéressent pas. Le problème, c’est lorsque nos croyances sont inexactes ou alors lorsque nous sommes extrêmement attachés à nos croyances, à avoir une difficulté à pouvoir se remettre en question et à pouvoir critiquer objectivement nos croyances. Et ça, vous imaginez bien que dans notre milieu chrétien, c’est un biais qui peut avoir beaucoup d’incidence dans notre théologie et dans notre doctrine. Parce que si on n’a pas de capacité à pouvoir remettre en question notre doctrine, si elle est fausse ou erronée, vous imaginez bien que ça peut provoquer beaucoup de problèmes par rapport à notre représentation de nous, de Dieu, de la sainteté, de notre vie sur Terre, etc.
Samuel
Est-ce que tu as déjà des exemples de biais de confirmation non chrétiens, généraux ? Je pense, par exemple, à telle marque de voiture qui tombe toujours en panne. Et à chaque fois que tu vois une voiture de cette marque en panne, peut-être que tu en hai vu autant d’autres marques, mais tu ne les remarques pas, tu remarques celle-là et tu te dis : « J’ai vraiment raison, elles tombent toujours en panne, celles-là. » C’est ça un biais de confirmation ?
Quentin
Ça, c’est un biais de confirmation, c’est ça. Là, tu as deux choses qui se jouent. Tu as un biais de confirmation, le raisonnement qui vient d’avoir, et tu as aussi ce qu’on appelle l’heuristique de disponibilité. L’heuristique de disponibilité, c’est notre cerveau qui estime que plus tu as recours à un souvenir qui est récent, qui est clair, plus tu te dis qu’il va être répété. Là, tu viens de parler des voitures qui tombent en panne. Moi, j’entends une étude par rapport au fait que l’avion est plus dangereux que la voiture. Pourquoi ? Parce qu’aux informations, j’ai vu plein de crashs d’avions. Et je vais estimer que prendre l’avion est dangereux, alors que c’est infiniment plus sécure que la voiture. Après, on pourra parler d’écologie, etc. Là, on parle d’accidents endogènes, du fait que ce soit accident endogène ou pas. Et donc ça, c’est l’heuristique de disponibilité, le fait que plus on has à disponibilité un exemple et plus on va le considérer comme vrai. Et du coup, qui va être renforcé par le biais de confirmation, comme tu le dis, tu vois cette bagnole en panne.
Samuel
Je vois un accident d’avion au TF1 et puis je me dis : « Vraiment, les avions, c’est vraiment plus dangereux que la voiture. »
Quentin
C’est vraiment plus dangereux que la voiture. Tu arrives à l’aéroport, tu as un crash d’avion, tu te dis : « C’était sûr. » Et du coup, tu pars dans une spirale sans fin et où ton cerveau va te conditionner petit à petit au niveau de la statistique. On est très statistique. Notre cerveau, il fait des stats en permanence. Et ces statistiques-là qui parfois vont être un peu un piège pour nous par rapport notamment aux données objectivables que l’on peut avoir. Et là, par exemple, sur les accidents de voiture ou le fait que certaines marques de voitures tombent plus en panne que d’autres, alors que parfois, c’est vrai, objectivement, mais des fois, quand on regarde les stats, c’est hyper faux. Mais notre cerveau nous joue des tours par rapport à cela.
Samuel
OK. Et du coup, il y a quoi d’autre comme biais de confirmation ? Je te dis mon plan. Je vais te poser des questions sur les biais de confirmation, un petit peu faire le tour. Et après, j’aimerais qu’on réfléchisse à se dire comment ça, spoiler alert, le milieu chrétien n’est pas hermétique. Et du coup, comment ça peut potentiellement se transcrire dans nos milieux chrétiens ? Et que dit la Bible aussi des biais de confirmation, etc. ? Ça peut être intéressant. Donc, s’il y a d’autres biais cognitifs. On a parlé du biais de confirmation, du truc de disponibilité.
Quentin
L’heuristique de disponibilité.
Samuel
L’heuristique de disponibilité. Il y a quoi d’autre ?
Quentin
C’est le biais fondamental d’attribution. Très intéressant celui-là. Parce qu’il va un peu dans les deux sens. J’ai fait un mauvais temps pour mon dernier semi-marathon, OK ? Mais c’est parce que les conditions ne m’ont pas permis de bien m’entraîner. Il faisait trop chaud ou il faisait trop froid, etc. Il a fallu que je m’occupe de mes gamins, etc. Ça, c’est me concernant. Par contre, si l’autre, il a fait un mauvais temps, c’est parce que franchement, il a manqué de volonté et il est un peu fainéant. Le biais fondamental d’attribution, c’est qu’on a tendance à attribuer certaines conséquences chez des personnes à cause de caractères ou de traits individuels. Et l’inverse, c’est qu’on explique les nôtres par des éléments contextuels. Mais l’erreur fondamentale aussi, parfois, c’est sur des culpabilités trop fortes de se dire : « C’est uniquement de ma faute. » Oui, c’est faux. Ou alors cette personne-là, si elle s’est plantée dans les études, c’est qu’elle a manqué de volonté. Ce qu’on réalise au niveau statistique, c’est que suivant là où tu es né, suivant tes parents, tu vas plus ou moins réussir dans tes études. Et puis, il y a beaucoup d’autres éléments contextuels qui vont montrer des tendances en moyenne sur la réussite ou pas dans les études. Ce sont des éléments vraiment intéressants parce qu’on a tendance à se centraliser sur l’individu et à minimiser les éléments d’organisation. On le voit beaucoup en entreprise. Moi, je suis psy du travail, j’interviens en entreprise, c’est de dire : « Nos professionnels sont stressés, etc. Ils ont du mal à performer. » Plutôt que de réfléchir : « OK, quel est le climat de sécurité, de psychologie que je mets en place dans mon organisation ? Comment est-ce que je peux améliorer leurs conditions de travail, etc. ? » Je vais leur proposer une formation en gestion de stress, parce que c’est parce que c’est eux qui ne savent pas gérer le stress. Ou alors une séance de sophrologie ou d’ostéopathie. Ceci dit, deux éléments qui n’ont jamais montré scientifiquement leurs bienfaits. Et où on va dire : « On va les déstresser, etc. Et ça va aller mieux, etc. » Et on va centraliser les responsabilités sur l’individu. Sur les derniers exemples, c’est quand même le patron qui met en implicite : « C’est parce que vous ne savez pas gérer le stress que nous ne performons pas. Donc, je vais vous confier des outils pour mieux gérer votre stress et je vais vous responsabiliser sur les résultats de l’entreprise. » Et donc c’est hyper injuste parce qu’on est borgne sur énormément d’autres éléments contextuels qu’on va volontairement ignorer. Et donc ça, c’est vraiment un biais contre lequel on va vraiment lutter parce qu’on a été trop longtemps dans l’individualisation. Ça a fait beaucoup de dégâts et où maintenant, on se dit : « OK, réfléchissons un petit peu sur quelque chose de plus global et de plus contextuel. » Et toutes les études scientifiques montrent qu’il faut vraiment s’attacher là-dessus. Là, c’est pareil, ce ne sont pas des méta-analyses de psychanalyse. Ce sont des dizaines de milliers de salariés sur des milliers d’entreprises dans différents pays qui nous montrent que ces différents éléments n’améliorent en aucun cas la performance ou la qualité de vie au travail.
Samuel
OK. Donc, biais de confirmation, heuristique de disponibilité, biais d’attribution. Il y a quoi d’autre en grosse catégorie ? On a déjà parlé un peu de l’effet Forer.
Quentin
L’effet Forer. Spéciale dédicace à tous ceux qui ont passé des MBTI, des fameux tests de personnalité. Laissez-moi vous raconter une histoire pour illustrer cet effet Forer et les tests de personnalité. Nous avons distribué à plusieurs centaines d’étudiants, c’était 700 dans une étude notamment, des descriptions de… De leur personnalité en leur disant qu’on a étudié leur profil, etc.
Samuel
Ils ont passé un test avant, un truc ?
Quentin
Non, c’est un autre. À plus de 80 %, 85 ou 90, je ne sais plus, les gens disaient : « Ça nous ressemble vraiment », etc. Sauf qu’on avait donné le même descriptif à tout le monde. Effet Forer. Et on va vous dire les composantes pour bien réussir dans l’astrologie. Le deuxième, c’est qu’on a fait remplir, pareil, toujours à des étudiants, plusieurs centaines d’étudiants, des tests de MBTI, un test de personnalité, les 16 personnalités. Si jamais vous êtes en étude de commerce et que vous continuez à utiliser ou du recrutement, etc., les 16 personnalités ou le MBTI, Myers-Briggs. On a récupéré les résultats, on les a analysés, on a rendu les résultats. Les gens, pareil, à très haut, à plus de trois quarts, quatre cinquièmes, les gens disaient : « Ça me ressemble », etc. Sauf que cette fois-ci, on a rendu les résultats d’une manière aléatoire. C’est-à-dire qu’on a fait les résultats et on les a distribués n’importe comment et à des personnes différentes. Et l’effet Forer, c’est trois éléments à réunir lorsque vous décrivez quelqu’un. C’est 70 % de positif, 30 % de négatif et analysé par quelqu’un qui a autorité, le biais d’autorité, qui a autorité ou une expertise. Et ça, vous pouvez être sûr que vous allez gagner beaucoup d’argent en véhiculant ces essais à ces éléments.
Samuel
Ne le faites pas. Ça s’appelle du charlatanisme, sinon, autrement, si vous le faites, parce qu’on le fait en sachant que ce n’est pas bien de le faire.
Quentin
C’est ça. Et en fait, c’est compliqué parce que les gens disent : « Oui, mais c’est utile pour le recrutement, etc. » Et en plus, les gens, ils disent que ça leur ressemble. Lisez les 16 personnalités, les 16 résultats du Myers-Briggs. Vous verrez que vous vous y retrouverez toujours un petit peu. Et qu’il n’y a pas des éléments fondamentalement différents.
Samuel
C’est lié un peu à l’effet de puits ? J’ai entendu parler de ça. C’est la même chose, l’effet Forer, l’effet de puits ?
Quentin
L’effet de puits.
Samuel
L’effet de puits, je ne pense pas que c’est un truc en mode scientifique, etc.
Quentin
Tout à fait.
Samuel
C’est un langage, c’est lié à l’horoscope. En gros, tu dis la même chose et son contraire, mais différemment.
Quentin
Oui.
Samuel
Genre, tu es quelqu’un de plutôt : « Aujourd’hui, les lions, c’est une personnalité plutôt réservée, qui n’aime pas se mettre en avant, mais quand l’occasion se présente et que tu as les convictions pour le faire, tu es prêt à prendre des décisions et à diriger des gens, etc. » Et aller à l’encontre d’autres personnes. Et en gros, je viens de dire la même chose et son contraire, mais de manière différente. Et tu étais obligé de te retrouver dans-
Quentin
Exactement. C’est le 70-30. C’est ce que je disais dans le sens positif-négatif, c’est exactement ce que tu viens de dire. Tout à fait.
Samuel
Voilà, je vous ai fait un petit horoscope.
Quentin
Exactement, un petit horoscope. Comment sont faits les horoscopes ? Exactement de cette manière-là et vous verrez que vous vous y retrouverez toujours un peu. Si vous écoutez les horoscopes à la radio, etc., vous verrez que quand même, vous vous y retrouverez toujours un petit peu partout.
Samuel
Et sinon, vous pouvez changer de radio, il y en aura un autre. Au cas où.
Quentin
Ils sont faits comme ça. Et du coup, les tests de personnalité, malheureusement, ont peu de validité scientifique à cause de la manière dont se sont réalisés. On délaisse aussi les tests de personnalité parce que notre identité n’est pas figée. On est aujourd’hui sur la question des identités multiples, de se dire que nous avons des shifts, des changements de personnalité suivant le contexte, suivant les personnes, etc. Ce qu’on est en train d’étudier, c’est comment est-ce qu’on change de personnalité au fur et à mesure de la journée, etc. Et ce qu’on réalise, c’est qu’effectivement, on est très changeant, même s’il peut y avoir un corpus de base. Même ce corpus de base, il n’est pas si figé que cela. Et donc c’est vraiment intéressant. Et souvent, les gens disent : « Oui, mais du coup, ça me permet de mettre en adéquation des gens qui ont des profils, etc. » Et je leur propose toujours la question : « Mais pourquoi est-ce que vous ne les mettez pas trois jours ensemble pour voir vraiment comment ça marche ? » « Oui, mais ça nous coûte de l’argent, ça nous coûte du temps, ça nous coûte de l’énergie. » Et en fait, qu’est-ce qu’on voit ? C’est encore une logique d’économie. Et ça, je fais un peu d’histoire, désolé, mais c’est intéressant aussi de comprendre d’où ça vient. C’est que dans les années 70, là, c’est pareil. Jusque-là, la psychotechnie, comment est-ce qu’on adaptait les compétences des gens par rapport à leur futur poste de travail ? Les psychologues étaient dans les entreprises, dans les usines, etc. C’était super intéressant. Et après, on s’est dit : « Et si on économisait tout ça et qu’on faisait des épreuves sur table pour voir comment ils mémorisent, comment ils font une double tâche, comment, etc. » Et en fait, c’est extrêmement dommage parce qu’en créant cette psychotechnique dans ce qu’on appelle un laboratoire, extrait du milieu de travail, on a gagné du temps, on a gagné de l’argent, on a gagné de l’énergie, mais on a réalisé des choses dans un environnement complètement artificiel. Et du coup, ça ne peut pas fonctionner de cette manière-là. Et du coup, on a invalidé progressivement la plupart des tests de personnalité. Et même le plus performant est à 0.2 en termes de prévalence, ce qui est que très légèrement prévalent. Et je me pose toujours la question : « Mais pourquoi ? Pour quelles raisons ? Pour quelles motivations on va utiliser des tests de personnalité ? » Et je n’ai jamais reçu vraiment de réponse valable sur le pourquoi est-ce qu’on l’utilise à chaque fois. Je me dis : « Si on prenait un peu plus de temps, un peu plus d’énergie, etc., pour mieux investir certains éléments, et notamment de collaboration et de personnalité. »
Samuel
Un petit dernier pour la route ? De biais de confirmation ? De biais cognitif.
Quentin
De biais cognitif, qu’est-ce qu’il pourrait y avoir ? Il y a le biais-
Samuel
Kruger.
Quentin
Dunning-Kruger.
Samuel
C’est un autre. Vas-y, il y en a encore plein.
Quentin
Il y en a plein. Donc Dunning-Kruger, c’est marrant, c’est ce qu’on appelle la montagne de l’idiotie et la vallée du désespoir. C’est lorsqu’on acquiert de la connaissance, on sait qu’à un moment donné, quand on commence à acquérir, etc., on le voit, et je pense que tout le monde l’a vécu dans les instituts de théologie, qui est spécialement dédié à mes étudiants, etc., où à un moment donné, on se dit : « Eh ! »
Samuel
Je suis bon.
Quentin
« Je suis bon quand même. J’ai poncé quelques bouquins, je suis trop balèze, etc. » Et en fait, c’est qu’au bout d’un certain temps, on surestime notre connaissance par rapport à la réalité.
Samuel
Il y a un peu ça aussi en herméneutique. Tu commences à bosser un texte deux heures, tu te dis : « C’est bon, je l’ai dans la poche. » Tu le bosses un petit peu plus, tu te dis : « Non, c’est beaucoup plus compliqué. »
Quentin
Et voilà. Et du coup, ce shift-là, c’est lorsqu’on se dit : « Ah ouais, c’est peut-être plus compliqué que ça. » Et à un moment donné, on se dit : « Je ne connais rien. » Et là, c’est ce qu’on appelle la vallée du désespoir. Et c’est là où c’est le bon signe, c’est lorsqu’on est dans la vallée du désespoir où on commence à vraiment acquérir de la connaissance, où on commence vraiment à avoir cette base solide et se dire : « OK, je suis nul, je ne connais pas grand-chose. Là, je suis en train d’étudier des bouquins où des gens ont passé leur vie entière à étudier la Bible à ce sujet, etc. » OK, soyons humbles et commençons à acquérir un peu plus de connaissances. Et là, on commence vraiment à acquérir une connaissance solide sur le sujet. Alors, ce biais-là, il est intéressant pour illustrer. Ce qu’on a vu quand même, c’est qu’il n’est pas applicable partout. Donc, on ne peut pas le généraliser à tout le monde, etc. Mais je trouve qu’il y a une belle valeur dans les milieux universitaires, etc. Ça, par contre, on le retrouve un peu partout.
Samuel
Et chez les chrétiens qui deviennent calvinistes, ça peut être un peu ça, le « cage stage ». Tu deviens calviniste. On l’est, donc on n’a pas de problème avec le calvinisme. Mais bam, direct, ça part : « Je connais tout, c’est facile, j’ai la réponse à tout, etc. » Puis après, quand le temps passe, tu te dis : « Ce n’est pas si facile que ça. Ce n’est pas si compréhensif que ça pour tout le monde. » Et ça demande un peu d’humilité dans la manière de le présenter.
Quentin
Carrément. Et là, en général, on est sur le bon chemin quand on est là. Mais il y en a certains, malheureusement, qui restent sur cette montagne de l’idiotie et où il peut y avoir orgueil et condescendance qui posent du coup problème. Parce qu’ils se basent en plus sur une base de connaissances très parcellaire, très partiale, et où il y a un vrai danger. Et ça, c’est vraiment intéressant parce qu’on est tous un peu comme ça. On est tous un moment donné, au bout de quelques jours, on se dit : « On commence un petit peu à toucher le sujet. » Et ce n’est pas mal d’avoir ça, mais toujours d’avoir cette petite voix de dire : « OK, non, là, je viens de commencer le sujet. Soyons humbles et redescendons dans la vallée et acquérons solidement de la connaissance. » Et le dernier dont je voulais parler, c’est la question du biais d’ancrage. En général, c’est notre première expérience et en général beaucoup plus fondatrice que le reste. Donc, on ancre une expérience d’une manière particulière, en général la première. Si tu as une mauvaise expérience-
Samuel
Avec un chien ?
Quentin
…avec un chien, par exemple, ça va être plus difficile ensuite de te refamiliariser avec un chien, à l’inverse de ceux qui vont avoir une bonne expérience avec un chien. Et ça, effectivement, les expériences nouvelles, vectorisent un petit peu de stress parce que c’est nouveau et incertain, vont en général beaucoup plus s’imprimer que le reste. Et il faut savoir aussi lutter avec cela, avec encore une fois tout ce qu’on a parlé, heuristique de disponibilité, etc. Les biais et les heuristiques, tout est cumulable. Et du coup, ils sont tous, vous verrez, vous pouvez taper « roue des biais cognitifs », il y en a plusieurs centaines. Là, on n’en a présenté que quelques-uns qui touchent tous les domaines de notre fonctionnement. Vous pouvez aussi aller voir les podcasts d’Albert Moukheiber de Paris 8 qui passe sa vie à faire ça. Lui, c’est : « Comment est-ce qu’on acquiert des connaissances et comment on prend des décisions ? » C’est ses deux champs d’expertise. Il est excellent sur le sujet. Il parle aussi beaucoup des dernières théories sur le cerveau prédictif et sur le dernier point, je ne sais plus ce que c’est. Bref, en tout cas, il est sur la psychologie incarnée.
Samuel
Sur le cerveau reptilien, peut-être ?
Quentin
Alors, cerveau reptilien, c’est un mythe. OK.
Samuel
C’est bien de le dire de temps en temps quand même, parce que je crois qu’on ne l’avait jamais dit.
Quentin
Oui, c’est vrai. Tout ce qui est les trois couches, etc., par rapport à ça, c’est un mythe qui n’a plus de valeur, qu’on a débunké depuis plusieurs décennies, mais qui reste encore parfois d’actualité, malheureusement, même si en termes du côté opérant, ça a peu d’effet, heureusement. Mais quand même, c’est quand même bon de comprendre que ça ne fonctionne pas comme ça.
Samuel
OK. Du coup, comment en tant que chrétien, maintenant qu’on a parlé de biais cognitifs et de stéréotypes, comment en tant que chrétien, on peut y faire attention ? Qu’est-ce que ça change pour nous en tant que chrétiens de connaître ça et de savoir ça ?
Quentin
Je trouve que ça nous aide à mieux voir la vérité en face, parce que les biais renforcent quand même d’une manière générale ce que nous croyons déjà. Et du coup, je me suis noté parce que c’est Proverbes 14-12 : « Telle voie paraît droite à un homme, mais son issue, c’est la voie de la mort. » Et ça, je trouve ça hyper-
Samuel
C’est un biais cognitif.
Quentin
De quoi ?
Samuel
C’est un biais cognitif, en fait.
Quentin
Oui. En fait, tous les biais nous engagent toujours dans la voie la plus solide que l’on construit. Mais des fois, on s’engage sur des voies éclatées au sol. Et même très souvent. Les biais passent leur temps à reconstruire la réalité d’une manière encore plus profonde dans ce que l’on croit déjà. Et du coup, c’est vrai qu’il y a le côté coûteux de pouvoir se remettre en question et de lutter contre ces biais cognitifs. Tous les éléments qu’on vient de dire là, en fait, ce n’est pas nous qui choisissons. C’est notre cerveau, très bien fait, qui économise de l’énergie et qui nous engage dans cette voie. Mais Dieu ne nous dit pas que ce n’est pas de ta faute, c’est ton cerveau.
Samuel
Oui, ou que c’est infaillible.
Quentin
Ou que c’est infaillible. Et du coup, le but, c’est aussi de se remettre en question et de lutter contre ces biais. Les biais sont très pratiques, OK, parce que ça nous permet d’être fluides dans notre vie. Mais il est bon, quand on prend des décisions, etc., de se dire : « OK, je prends cette décision, j’en suis convaincu, mais quels sont les éléments que j’utilise pour vraiment m’engager dans cette voie ? » Ou alors, on le voit d’une manière explicite. Tu sais, des fois, il y a des personnes qui répondent avant même que l’autre ait terminé de parler, de poser la question, etc. Et on est tous un peu comme ça, de préparer nos réponses avant même d’avoir entendu tout ce que la personne a à dire. Et nous, dans notre tête, on va dire : « Tu vas voir la réponse que je t’ai préparée, tu ne vas pas être déçu », etc. Dans de la dialectique, etc. Mais pas que, d’ailleurs. Et c’est dans l’Épître de Jacques où Dieu nous engage à être très lents à parler. Et je trouve que là aussi, ça nous encourage à être plus humbles, à être plus sages dans notre manière de dire les choses, de parler. Qu’est-ce qu’on utilise véritablement ? On l’a dit précédemment, notre cerveau utilise peu de ressources. Pour prendre des décisions, il ne faut pas croire, ce n’est pas tout notre cerveau qui est en marche. C’est un très faible raisonnement que l’on utilise pour prendre des décisions. Et plus on est lent à parler, plus on prend du temps et plus on aura de chances à élargir les critères, etc. Pourquoi est-ce qu’on est dans une discussion, puis un peu plus tard, lorsqu’on est au calme, on se dit : « Si je lui avais répondu ça à ce moment-là, ça aurait été nickel. » Parce qu’au moment où on parle, on utilise très peu de ressources. Et que du coup, après, on va utiliser d’autres ressources différentes une fois qu’on sera au calme. Et là, d’autres réponses vont apparaître. Mais la sagesse veut qu’on soit prompts à être lents à parler, à ne pas dire tout ce qui nous passe par la tête, mais à être sage là-dedans, tout en reconnaissant qu’on est limité.
Samuel
Oui. Moi, ça me faisait penser aussi à tout ce qui confirme nos croyances ou tout ce qui confirme nos actions, à se dire quand quelque chose confirme, par exemple, imaginons en lien avec le combat spirituel, j’ai pris une décision dans ma vie, j’ai de l’opposition, des gens qui sont méchants avec moi ou des difficultés, de la souffrance, etc. Donc, je suis forcément dans la volonté de Dieu parce qu’il y a un combat spirituel.
Quentin
Ça, c’est une croyance qui va être renforcée par un biais qui va se dire que puisque je suis dans l’opposition, forcément, je suis dans la volonté de Dieu.
Samuel
Exactement.
Quentin
Pensez-y un instant. Prenez cinq secondes pour réfléchir à ça.
Samuel
Notamment en lien avec peut-être même les malédictions de l’Ancienne Alliance.
Quentin
Oui, et comment est-ce qu’on construit effectivement ces éléments-là ? Une autre chose aussi qui touche beaucoup de personnes, qui nous ont touchés personnellement, etc. Je prie et le cancer d’une personne est guéri. Et je le fais plusieurs fois et ça marche, etc. Le danger, c’est de se dire que ma prière est suffisamment puissante et que Dieu m’agrée dans mes prières d’intercession pour que les personnes soient guéries, etc. Si vous regardez, la mortalité au niveau du cancer ne change pas suivant s’il y a de la prière ou pas. Et encore une fois, c’est aussi instrumentaliser certains éléments et aussi instrumentaliser Dieu comme étant celui qui va répondre à nos ferventes prières. Encore une fois, je ne crois absolument pas que c’est de la mauvaise intention de la part des gens. Heureusement d’ailleurs. Et on ne peut que se réjouir que Dieu utilise nos prières pour agir d’une manière souveraine dans nos vies et notamment par rapport à la maladie. Mais faire une causalité directe est un biais cognitif de confirmation et de généralisation, éventuellement d’échantillonnage, qui peut ensuite provoquer de grands dégâts. Parce que le jour où ça ne se passe pas comme ça, il n’y a pas que la tristesse, il y a aussi tout un monde qui s’écroule. Et du coup, c’est aussi, encore une fois, de se dire : « Comment est-ce que j’ai acquis de la connaissance à partir de cela ? Comment est-ce que je lis ma Bible par rapport à ces éléments-là ? Et est-ce que la Bible dit véritablement cela par rapport à la prière ? »
Samuel
Oui, on peut avoir aussi des biais en lisant, en prenant des versets qui nous parlent et puis en se disant : « C’est juste des versets qui vont dans notre sens, qui confirment des biais de confirmation, des biais cognitifs qu’on va s’appliquer. » Ou même dans des paroles, dans des églises qui pratiquent, par exemple, la prophétie ou des paroles de connaissance ou des choses comme ça. Des fois, c’est des choses tellement larges qu’en fait, tu peux prendre aussi pour toi des choses qui vont dans ton sens, qui confirment des choses pour toi de cette manière-là.
Quentin
Et ça, on revient encore à l’effet forer. Comment est-ce que c’est prononcé ? Et effectivement, il y en a, ce n’est pas plus que de l’horoscope. Parce que c’est tellement général. Et même la statistique. La statistique qu’une personne soit en deuil sur une assemblée de 1 000 personnes, en fait, il y en a plus d’une dizaine. Il y en a même peut-être une centaine. Et du coup, il y aussi ces éléments-là. De se dire : « Comment est-ce que je reçois ces éléments-là et comment est-ce que je les traite ? » Pareil, toi, le fait qu’on va toujours s’en sortir du type avec des versets genre Jérémie 29, un texte que j’affectionne particulièrement : « J’ai des projets de paix et non de malheur. » Si tu regardes le contexte, la plupart des gens qui vont recevoir ce texte-là, au bout de 70 ans, ils seront tous morts. Personne ne verra ces projets. Quasiment personne n’aura vu ces projets de paix, notamment le retour en Israël, etc. Et du coup, comment est-ce qu’on interprète ce passage ? Et encore une fois, ce n’est pas de la mauvaise intention, ce n’est pas de l’incrédulité, c’est comment est-ce qu’on interprète, comment est-ce qu’on acquiert de la connaissance et avec quel biais est-ce qu’on acquiert de la connaissance ? On sait très bien que lorsqu’on est en souffrance, on a plutôt tendance à utiliser ce genre de biais-là, en stress, etc., et à être moins alerte par rapport à la manière dont on acquiert de la connaissance et dans la manière dont on prend des décisions.
Samuel
C’est vrai que Dieu a des projets de paix et de bonheur, mais à une échelle et à long terme qui des fois ne concernent pas notre vie terrestre.
Quentin
Exactement.
Samuel
Appliquer ce verset-là aux apôtres en croyant que c’est sur la vie terrestre, c’est un peu compliqué. Pourtant, on peut l’appliquer aux apôtres et ils le savaient. C’est pour ça qu’ils étaient prêts à endurer ce qu’ils ont enduré d’ailleurs.
Quentin
Oui, c’est ça. Et donc la question, c’est : c’est quoi la paix ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Dans quelle temporalité ? Etc. Et du coup, c’est encore tous des éléments de contexte à remettre en perspective. J’avoue, je ne sais pas comment est-ce que les gens font pour pouvoir articuler, mais en même temps, j’ai aussi une expérience qui est intéressante. C’était à l’époque des élections de Bush et de Kerry, la première élection présidentielle de George W. Bush. On a pris des sportifs de haut niveau, des pro-Bush et des pro-Kerry, et on leur a montré deux vidéos différentes. Une première où Bush disait quelque chose et ensuite se contredisait, et une où Kerry disait quelque chose et ensuite se contredisait. Les pro-Bush, quand ils voyaient Bush, disaient : « Non, mais c’est normal. » On acquiert de la maturité, on a le droit de dire des choses et d’être dans l’erreur et d’ensuite changer d’avis. Quand ils voyaient Kerry, ils disaient : « Mais comment est-ce qu’on peut avoir confiance dans un mec qui change d’avis et qui va avoir le bouton de la bombe atomique ? » Chez les pro-Kerry, vous imaginez bien que c’était l’inverse. Et chez les sportifs de haut niveau, c’était à peu près équivalent. Ce qu’on voit, encore une fois, c’est que les gens ne cherchaient pas forcément à être menteurs ou de mauvaise intention, parce que les deux raisonnements, on peut les avoir. Et suivant, notamment l’engagement émotionnel qu’on peut avoir avec la personne, on ne va pas du tout raisonner de la même manière. Donc, c’est de se dire, encore une fois, il n’y a pas de mauvaises intentions, de mensonges, d’hypocrisie, bien qu’il peut y avoir de la malveillance pour de l’enrichissement, dans des sectes, dans de la popularité, etc. Mais je considérais que c’est l’exception, mais que la plupart sont extrêmement sincères par rapport à ça. Mais de se dire : « Comment est-ce que le temps met à l’épreuve ces éléments-là ? Et comment parfois, on peut reconstruire la réalité à cause des émotions et par rapport au coût que ça a de se remettre en question, par rapport aux croyances que l’on a entérinées d’année en année et qu’il faut parfois remettre en question. » Ça concerne tout le monde. Ça nous coûte beaucoup de remettre en question des croyances qu’on a toujours crues. Ou alors, par des biais d’ancrage ou de confirmation, on a estimé la voir en action. C’est aussi de la pédagogie et de la bienveillance. On a tous des angles morts par rapport à ça. Et le but, c’est : comment est-ce qu’on développe une sagesse dans le fait d’étudier sérieusement la parole de Dieu et ce qu’elle dit réellement, notamment sur certains éléments que l’on croit être vrais, mais qu’en réalité, Dieu ne nous promet pas.
Samuel
Oui, la communauté joue un rôle aussi là-dedans.
Quentin
Oui.
Samuel
Parce que ça nous permet de ne pas être seuls face à notre Bible. Et du coup, la communauté, ça peut aussi des fois être un biais, mais ça peut aussi beaucoup nous encourager et nous remettre en question. Et quand on parle de biais cognitifs et de stéréotypes, ce n’est pas seulement parce qu’on aime bien en parler. On aime bien en parler , mais c’est aussi parce qu’on pense que ce sont toutes des réflexions, toutes des choses qui peuvent nous aider aussi à prendre soin les uns des autres, à être ouverts à ce qu’une personne nous dise : « La cause à effet que tu fais là dans ta vie par rapport à cet événement et cette croyance, est-ce que tu fais bien de la faire ? » Et ça, ça met en lumière nos biais cognitifs qu’on peut avoir.
Quentin
Oui, l’intuition.
Samuel
Oui.
Quentin
L’intuition. Que vous croyez que ce soit un sixième sens, et d’ailleurs, ce n’est pas le sixième sens, ce serait le dixième sens, parce qu’on en a neuf. Que ce soit votre dixième sens ou alors une intervention divine, une parole, etc.
Samuel
Parole de sagesse ou prophétie.
Quentin
Oui, etc. Réfléchissez-y. L’intuition, ce que l’on observe, c’est juste que notre cerveau va si vite au travers de biais et de heuristiques qu’il nous met en lumière quelque chose qu’on ne va pas du tout réfléchir et on va se dire : « C’est de l’intuition. » Mais l’intuition, c’est une forme de raison. C’est une forme de raisonnement, mais qui va tellement vite que du coup, on ne l’a pas en conscience.
Samuel
Et dans la providence de Dieu, il peut y avoir des choses justes.
Quentin
Et par exemple-
Samuel
Des choses fausses aussi, des fois.
Quentin
…j’ai l’intuition que tu ne vas pas bien. Ce n’est pas un flair. C’est que le comportement non verbal, les paroles que disent les gens, la posture, etc.
Samuel
Et gloire à Dieu pour ça.
Quentin
Et gloire à Dieu pour ça. Dans notre vie, on a appris, malgré nous, notre cerveau fait des stats sur : cette personne va bien, cette personne ne va pas bien. Et du coup, effectivement, Dieu utilise cette providence pour qu’on aille vers des personnes qui ne disent rien, mais qui sont dans le besoin et gloire à Dieu et on est responsable de ces éléments-là. Mais remettons l’intuition là où elle est. Elle peut parfois être utilisée par Dieu, mais c’est toujours à soupeser parce qu’on peut avoir régulièrement tort, parce que ça reste des raisonnements humains. Et du coup, c’est de se dire aussi : « Pourquoi est-ce que j’ai cette intuition ? Là, tout de suite, qu’est-ce que j’ai comme élément dans ma tête qui me pousse à faire ceci ou à prendre cette décision ? » Être prompt à parler, être prompt à prendre des décisions. Du coup, c’est souvent gage d’une forme de sagesse lorsqu’on a l’humilité de se remettre en question parce que ça nous demande des efforts, de l’énergie et parfois lutter contre nos cerveaux.
Samuel
Oui. Écoute Sam, on a explosé le temps.
Quentin
Yes.
Samuel
Mais ça valait le coup. Et merci en tout cas pour cet épisode, pour tes lumières sur le sujet. Autre chose à ajouter ? Je te laisse toujours un petit dernier mot, mais je ne sais pas si c’est utile.
Quentin
Non, je ne crois pas que c’est utile parce qu’on a toujours 1 000 trucs et on a explosé le temps, donc il faut qu’on se limite.
Samuel
Oui, ça roule. Merci pour votre écoute. Merci d’être restés au bout. Et puis, on vous dit à la prochaine pour un prochain épisode.
Quentin
À la prochaine.