Comment sortir pleinement du Nouvel Age ? (Épisode 522)
Comment gérer l’après-conversion à Christ quand on quitte les milieux du Nouvel Âge ? Passée par là, Marie tient à nous faire explorer les défis de cette transition : un choc culturel avec l’Église, la communion fraternelle, les fausses solutions de délivrance… En somme, la nécessité absolue de s’ancrer dans la suffisance de Christ.
📚 Mentions :
- Le libérateur, livre de Neil T. Anderson
- Comment faire la guerre à un péché tenace ?, article de Raphaël Charrier,
- Et éventuellement le webinaire qu’il a dirigé : La lutte suprême : stratégies bibliques pour mettre à mort le péché
Un pasteur vous répond: le podcast de Florent Varak qui t’aide à mieux comprendre la Bible, une question à la fois.
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Si tu as une question adressée à Florent Varak, commence par consulter la liste des épisodes existants ici et si le sujet n’a pas encore été traité, tu peux poser ta question à l’adresse : contact@toutpoursagloire.com.
Transcription :
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| Florent Merci Marie, qui enchaîne les enregistrements pour une série sur le Nouvel Âge. Donc, ce n’est pas « Un Pasteur Vous Répond », c’est Marie qui vous répond et qui répond à mes questions. Si vous avez suivi les deux épisodes précédents, et je vous encourage vraiment à les suivre, vous avez réalisé qu’on est dans un moment où on parle du Nouvel Âge, une spiritualité alternative, une spiritualité en plein développement dans nos milieux européens, avec différentes expressions. Le Nouvel Âge, c’est un grand terme parapluie, le chamanisme, le néopaganisme et toutes ces choses-là qui resurgissent. Marie, tu as beaucoup cheminé dans ce monde. Est-ce que tu peux nous faire la version courte un peu de ton chemin pour que ceux qui ne viendraient que sur ce troisième épisode puissent te connaître, comprendre d’où tu viens, que tu as vraiment goûté ces choses. Et cet épisode va se concentrer essentiellement sur la gestion post-conversion, en quelque sorte, de cet arrière-plan. | |
| Marie J’étais une chercheuse spirituelle qui avait soif de paix, de vérité, de liberté, de joie, d’amour. Ça m’a conduite à me tourner vers tout un tas d’approches de type tantra, méditation, yoga, loi d’attraction, thérapie. C’est venu impacter tous les domaines de ma vie, mais ça ne m’apportait que des succès d’années de bonheur et de plaisir et des successions de montagnes russes émotionnelles. Et je n’avais pas le rassasiement à ma quête. Et du coup, c’est comme ça, c’est grâce à cette lassitude que j’ai fini par daigner m’intéresser à un truc aussi moyenâgeux que le christianisme. | |
| Florent J’entends tellement les gens du Nouvel Âge. Le christianisme, c’est passé, c’est moyenâgeux, c’est violent, c’est obtus. Tu avais utilisé- | |
| Marie Duell aussi, parce qu’il y a une vision de non-dualité et là, on rentre dans quelque chose de tellement polarisé, binaire. | |
| Florent Oui. Alors ça, c’est souvent, ce qui est surprenant, mais c’est souvent qu’on accuse les chrétiens du manichéisme. Mais en fait, le manichéisme, ce n’est justement pas du christianisme. C’est issu du gnosticisme, avec ce dualisme, alors qu’on a une vision beaucoup plus intégrée des choses dans la foi chrétienne. Tu as également évoqué la présence d’esprit. Tu parlais à des morts. Tu croyais, en tout cas, que c’étaient des morts. Tu as parlé d’intrusion. Quelle est l’expression que tu utilisais ? | |
| Marie J’étais possédée. Maintenant, je préfère dire que j’étais habitée par des démons ou démonisée. | |
| Florent Oui, c’est ça. Tu as suivi une formation. OK, mais ce diagnostic de possession, c’est une chamane qui te l’avait posé, n’est-ce pas ? | |
| Marie Oui. | |
| Florent C’est intéressant qu’il y a certains codes reconnus que le monde spirituel n’est pas toujours aussi paisible et joyeux qu’on pourrait se le représenter, n’est-ce pas ? | |
| Marie Oui, mais c’est vu comme… Dans cette vision que tout vient de la conscience, tout vient de la même source, on n’en est pas tous au même stade d’évolution. Et dans l’humanité, ce n’est pas qu’il y a des bons et des méchants, mais dans leur maladresse, leur ignorance, il y a des humains qui font du mal, puis à force de croissance spirituelle, ils vont devenir de meilleures personnes. Et il y a un peu la même chose au niveau spirituel. Donc, on fait toute une espèce de hiérarchie angélique où on parle d’entités du bas astral, etc. Mais au fond, pauvres petites créatures, elles sont la lumière qui s’est oubliée. Il faut les aimer plus que quiconque. | |
| Florent Excellent. Je me souviens, un proche de ma famille m’a donné un livre d’un anesthésiste qui est devenu maintenant à faire des sessions de rencontres avec des morts par groupes de 50 à la fois. Je ne me souviens plus de son nom. Il a plusieurs livres qui sont sur le net ou disponibles en tout cas à l’achat. Donc, j’ai lu le livre parce que c’était un proche qui me le confiait. Et c’était marrant parce qu’à un moment donné, il disait : « Oui, il faut parfois se protéger des morts. » Et donc moi, j’invoque un saint pour me protéger des morts. Et je me suis dit : « C’est quand même drôle. » Et incohérence qui est gérée par le : « Mais ce sont des êtres en évolution. Il y a des êtres mauvais dans le monde spirituel. » | |
| Marie Et puis qu’on peut se protéger, ça veut dire qu’on n’aime pas. On continue d’aimer, mais simplement, on prend soin de nos fréquences vibratoires. | |
| Florent Tu as vraiment tous les codes. Justement, l’Évangile t’a percuté de plein fouet, en quelque sorte. Tu as rencontré quelqu’un dans la rue, un certain David, joueur de hang. On n’en dira pas plus. Parle-nous de cet événement de conversion. Comment ça s’est passé ? Quel contexte ? Et ensuite, comment ça s’est goupillé dans ta vie derrière ? | |
| Marie Il était 15 heures 38, mardi 30 janvier 2024. On était à table. J’avais devant moi une part de pizza qui était le rab final que j’avais délaissée pour répondre aux questions de David, qui venait me confronter par rapport à là où j’en étais de la foi. Et puis c’est là où j’ai lavé mon linge sale avec Dieu, où j’ai confessé mes torts, où j’ai demandé pardon. Et à ce moment-là, j’ai eu l’impression d’être arrachée au royaume des ténèbres et transportée dans la membrane protectrice du ventre de Dieu. J’ai vraiment changé de camp, changé de royaume, changé de clan. Et d’un coup, c’était ouf parce que j’avais une impression, la crainte de Dieu est née en moi. C’est comme si d’un coup, j’ai reconnu que j’étais une créature devant le Créateur. Et l’image qui me venait, je pense que c’est David qui me l’a soufflée, c’est comme si j’étais une femme de ménage dans un hôtel de luxe, puis je vais dans le bureau du boss. Et puis là, je m’assois à table, je prends le café, je l’imite. Puis là, le boss rentre. Je suis prise sur le fait accompli et j’ai honte. Je vais reprendre l’aspirateur, pardon. Et en fait, je me suis rendu compte que toute ma vie, je l’avais menée dans le péché et Dieu avait usé de tant de patience. Il aurait pu m’exterminer. Et je venais d’échapper à la foudre du ciel et cette colère, cette épée de Damoclès d’une condamnation méritée venait d’être déversée sur Jésus et je réalisais à quoi je venais d’échapper. Du coup, c’était un peu ouf et j’avais une sensation de paix. Et c’était ouf parce que ce mot « paix », je l’ai employé plein de fois dans ma vie passée, mais là, c’était une paix… De la réconciliation avec Dieu et de la cessation de ma quête. La conviction absolue que j’ai toujours aujourd’hui de : « C’est terminé. Ma quête spirituelle est achevée. Je suis rentrée à la maison, dans les bras du Père et j’ai trouvé. » Et je comprends soudainement pourquoi Jésus dit : « Je suis le chemin, la vérité, la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ. » Tout devenait limpide. | |
| Florent Alors que tu étais entièrement opposée à cette notion. Comment tu décrivais les chrétiens ? | |
| Marie Des crétins lobotomisés du cerveau. | |
| Florent Il faudrait que je me souvienne de cette expression. C’est comme ça que tu penses ? Des crétins lobotomisés du cerveau. C’est une belle expression, mais c’est vrai que c’est comme ça que l’on considère le christianisme quand on est du nouvel âge. Je l’ai entendu sous une autre forme, mais c’est moyenâgeux, ce n’est pas intelligent, c’est la peur, c’est la culpabilité, alors que c’est tout autre. C’est marrant. | |
| Marie Des benêts. | |
| Florent Des benêts. Ça, j’ai utilisé. Des benêts. Les chrétiens sont des benêts, les pauvres. | |
| Marie Les moutons de Panurge. | |
| Florent Les pauvres. Et là, soudainement, tu expérimentes Jésus de façon personnelle. | |
| Marie Oui. Et l’Esprit Saint qui ouvre les yeux. Vraiment, c’est une révélation intérieure, une compréhension qui fait que tout ce qui était voilé, d’un coup, devient limpide. | |
| Florent Oui. Tu as utilisé des mots, ce sont des mots très propres à ton expérience, mais ils reflètent un peu ce que Colossiens, chapitre 1, versets 12 à 14, nous dit. Cette lettre écrite à des gens qui étaient dans une forme de nouvelle spiritualité à Colosses. Il y a : « Avec joie, rendez grâce au Père qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints. » Des saints, donc des sauvés, de ceux qui sont sanctifiés dans la lumière. « Il vous a délivrés du royaume des ténèbres. » Il nous a délivrés du royaume des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés. Il y a un capital de grâce, il y a un changement de royaume. Et ça, c’est le christianisme. Ce n’est pas une religion, ce n’est pas un endoctrinement, c’est un changement de royaume et une communion avec celui qui nous a aimés. | |
| Marie Oui, et j’adore cette phrase, que ce n’est pas une religion, mais une relation. Et ce qui est dingue, c’est que dans le nouvel âge, je prétendais, je croyais être en relation avec le divin, mais c’était une relation plus de l’ordre de la fusion. Et là, la relation prend tout son sens dès lors où on est deux êtres distincts. Et Dieu n’est pas ce que je suis. Il est un être distinct, c’est une personne. Et du coup, il y a une restauration de cette relation qui est constante. Je suis unie à lui et même si je ne le sens pas de façon perceptible, c’est la réalité. Et j’avais cette impression, les premiers jours, d’être comme dans la paume de sa main. Et je me souviens que je parlais avec Valérie, justement, le soir même après ma conversion. | |
| Florent Valérie, l’épouse de David. | |
| Marie Oui. Et je lui disais : « J’ai peur de retourner au rez-de-chaussée, là, dans le studio que vous me prêtez, parce qu’en fait, j’ai peur d’être en tête-à-tête avec Dieu. » Et elle me disait : « Oui, c’est sain d’avoir cette crainte parce que c’est le créateur de l’univers. » Il y a une notion de révérence face à Sa Majesté, mais Jésus nous le présente comme un père. Et en fait : « Va, Marie, je crois que vous avez des trucs à vous dire. » Et je descendais l’escalier, puis j’avais l’impression d’être dans la paume de sa main. Je me disais : « Marie ne t’attend pas au studio. Il est là à chaque souffle. » Et depuis, il y a cette communion constante, cette relation constante qui parfois s’assortit d’émotions et parfois, c’est un sevrage d’un monde très sensoriel. Parce que dans le nouvel âge, tout était basé sur mes expériences, mes émotions, mes ressentis, mes perceptions. And d’ailleurs… [Et d’ailleurs, dans les luttes que j’ai pu connaître après ma conversion, au moment de mon baptême, j’étais très déstabilisée parce que tous mes repères perceptifs ont été chamboulés. Et soudainement, je ne sentais plus Dieu. Et David m’a dit : « Marie, je ne me réjouis pas que tu souffres, mais je suis trop content de ce qui se passe. Dieu, il est en train de mettre un gros coup de pied dans la béquille de tes ressentis pour que tu marches, non par la vue, mais par la foi, non par ce que tu sens, mais par ce que tu sais. » Et donc, il y a eu une bascule qui s’est faite entre, je crois, expérimenter Dieu au travers de quelque chose de sensible et tangible, puis juste, c’est un état de fait. Et parfois, il y a quelque chose d’expérientiel, puis parfois, c’est juste… | |
| Florent Je pense que le langage de la Bible peut nous aider aussi. Il est question d’alliance. Et une alliance qui est signée par une seule personne. Et ça, c’est extraordinaire. C’est-à-dire que par alliance, Dieu fait une donation qu’il a lui-même signée. Il ne nous demande même pas de signer de notre côté parce que nous, on n’a que notre faiblesse, nos hauts et nos bas, nos péchés, notre mortalité. Donc, il fait alliance et il signe le prix de cette alliance par son sang et il donne la vie nouvelle, il donne la communion à lui. C’est un merveilleux mot. Ce n’est pas un contrat où chacun… C’est une alliance. Alors bien sûr, notre réponse à cette alliance, elle doit être empreinte du fruit de la présence de l’Esprit qui se caractérise par l’amour, la joie, la paix, la patience, tout le fruit de l’Esprit, le service, la vie consacrée à Dieu. Mais c’est juste en reconnaissance de. Donc, c’est très particulier. | |
| Marie Oui. Et tout comme dans le cadre de l’alliance du mariage, dans cet engagement, il n’y a pas toujours les papillons dans le ventre. | |
| Florent Oui, clairement. On va parler un peu de la sortie du nouvel âge, parce que, je vais le dire crûment et tu as le droit de ne pas être d’accord avec moi, mais il y a une sorte de marché du bien-être évangélique où on va vous vendre toute une série de techniques, de promesses qui font presque dire : « L’Évangile, c’est bien, mais il faut N+1, N+2, expérience X et Y pour pouvoir gérer ce passé. » Tu fais partie de ces personnes qui sont allées assez loin dans le nouvel âge. Même le chamane a parlé de possession. Tu étais consciente de la présence d’esprits qui, après coup, tu réalises, ces esprits mauvais. Parle-nous un peu, c’est quoi la sortie du Nouvel Âge ? Ça ressemble à quoi ? Quand on sort, on vient de découvrir la foi chrétienne, on est émerveillé par Jésus, puis il y a des combats, il y a des situations. C’est quoi ? Parles-en un peu comme tu veux, en toute liberté. | |
| Marie Dans mon cas, il y a eu un soulagement, une joie, une euphorie, un peu une période de lune de miel qui a duré à peu près sept mois. Et le contraste était tellement fort entre l’avant-après. J’étais émerveillée d’observer des fruits qui touchaient à la sanctification, à cette nouvelle créature que Dieu avait fait naître et que ça ne soit pas le fruit de mes efforts, de mon développement personnel, des délivrances immédiates relatives à certaines addictions. J’étais insomniaque et puis d’un coup, j’arrivais à me coucher tôt, à me lever tôt. Et je voyais mon caractère qui changeait. Donc c’était hallucinant. Ça, c’était certaines choses que j’observais dans cette sortie du Nouvel Âge. Mais il y avait aussi, ça venait rebattre les cartes parce qu’en fait, ma vie était tellement infusée de ça partout. J’ai passé un mois finalement à Toulouse, là où c’était le berceau de ma conversion. Puis quand je suis rentrée chez moi, juste de revenir dans ma maisonnette avec tous mes autels et mes objets, talismans et trucs. | |
| Florent Autels ? | |
| Marie Oui, j’appelais ça un autel. Il y avait une assiette sur laquelle j’avais mis un mandala de billets. Il y avait des trucs, des objets à valeur symbolique. Ce n’est pas que je faisais des espèces de prosternations, mais c’était comme des rappels de la présence du divin. Et en fait, moi, j’ai eu besoin de faire une rupture assez radicale avec cet environnement pour m’imprégner d’autre chose. Je ne voulais pas couper avec mes relations d’amitié, mais avec les pratiques et avec l’endroit où j’habitais, qui était très fortement marqué par cette spiritualité-là. Et donc, pendant sept mois, j’avais à peu près la paix. J’avais la paix. J’étais vraiment en paix, j’étais en joie et j’avais cru que c’était ça pour toujours, que c’était « ». Oui, ça fait rire quand on est un peu plus aguerri sur le chemin. | |
| Florent J’ai tellement eu la même expérience. Tu parlais de lune de miel, c’est exactement le vocabulaire que j’utilise. C’est-à-dire que je me suis converti le 12 juillet 1984 et la paix, l’apaisement face à la surexcitation de tempérament, mais aussi spirituel et de nervosité, d’insécurité. Et soudainement, Dieu même, je suis pardonné, j’ai une non-communion à lui. Je lis la Bible et ça me parle, alors qu’avant, je ne comprenais rien. C’était magnifique. Et puis la lune de miel, elle cesse. | |
| Marie Oui. | |
| Florent Et j’ai entendu des voix qui hurlaient. Pour moi, c’étaient des visions un peu blasphématoires. Je me suis dit : « Je suis pire maintenant que je suis chrétien ? Qu’est-ce qui se passe ? » | |
| Marie Oui. | |
| Florent Parle-nous ça un peu. | |
| Marie Oui. En fait, je n’étais pas préparée à la souffrance. Et l’importance de développer une théologie de la souffrance. J’aurais aimé qu’on me dise clairement, mais peut-être qu’on me l’a dit que je n’ai pas entendu, mais : « Marie, on se réjouit, kiffe tant que ça dure, mais sache que ça ne va pas durer. C’est trop bien, mais sache que ça ne va pas durer et que ton bonheur éternel, ça sera de l’autre côté de l’éternité quand tu auras un corps ressuscité, mais tu vas être confrontée à des épreuves. » Et en fait, je me suis retrouvée à six, sept mois de vie chrétienne à démarrer des études de théologie à l’Institut biblique de Genève. Et là, j’ai vécu mes premières grosses attaques spirituelles et des réminiscences de choses que je pensais réglées. Donc, retour de la dépression, retour des envies suicidaires, des assauts de tentations dingues, parce que des trucs que j’avais oubliés, comme les scarifications, je ne me souvenais plus que j’avais fait ça quand j’étais ado. Là, j’avais des visions de lacération. J’avais envie de partir dans la drogue et dans des trucs pires que tout ce que j’avais fait dans le New Age. Et je ne comprenais pas. Et non seulement ça, mais en plus, j’avais l’impression, comme dans « Harry Potter », il y a un passage qui parle de poubelles régurgitantes. J’avais l’impression qu’il y avait des poubelles régurgitantes à l’intérieur de moi. J’étais péché-centrique. En fait, ce qui est ouf, c’est que le mois… Ça, c’est Pascal Herman. Le mois qui précédait l’IBG, j’avais regardé une vidéo sur tpsg sur comment mettre à mort des péchés tenaces. Et je me disais : « Mais moi, je ne vois pas quels sont mes péchés tenaces. Je ne vois pas quels sont mes vices. » J’étais dans une illusion de sainteté presque achevée. | |
| Florent Oui, c’est ça, je comprends. | |
| Marie Et en fait, Dieu m’a ouvert les yeux sur le fait : « Il y a un gros chantier ». Et en fait, j’ai été accablée et je manquais d’affermissement dans l’Évangile. C’est-à-dire que j’avais cru que l’Évangile, c’était juste le message qui had conduit… [qui avait conduit à mon salut, puis à ma conversion. Je n’avais pas compris que ce n’est pas juste le B.A.BA de la vie chrétienne, mais le A à Z, et que c’est le remède ou la médecine, comme on dirait dans le New Age, dont j’ai besoin, que je dois inoculer tous les jours, et que Christ a payé non seulement pour mes péchés passés, antérieurs à ma conversion, mais aussi postérieurs à celle-ci, et que tout était déjà expié. Et je me rappelle d’un échange qu’on a eu d’ailleurs ensemble à l’IBG, où je souffrais non seulement de ce que je vivais, mais aussi de mon interprétation erronée sur la situation. J’étais trompée par des émotions, des pensées et des perceptions mensongères où je me disais : « J’ai déçu Dieu. Dieu est en colère. Dieu m’a abandonnée. Il me cache sa face. » Et en fait, tu m’as dit : « Marie, est-ce que tu comprends le mot propice, propitiation ? Tu pourrais imiter un visage propice ? » Je sens que j’ai tenté de faire un visage genre… Tu m’as dit : « Oui, c’est à peu près ça, c’est ça l’idée. » Dieu pose un regard propice sur toi, Marie, en vertu du sacrifice de Jésus. Il te regarde avec un regard approbateur et il a un sourire sur son visage. Et du coup, parmi les luttes, il y avait cette tendance à accorder un crédit supérieur à mes perceptions, à mes émotions et interprétations plutôt qu’à la parole de Dieu et de croire Dieu sur parole. Il y en a plein d’autres, mais je n’aurais pas le temps. | |
| Florent Oui, c’est ça. Écoute, c’est super. Dans ces moments-là, je sais qu’il y a beaucoup de gens qui disent : « Oui, mais il faut se délivrer des liens. » Qu’est-ce que tu en penses ? Comment tu réfléchis à ça ? Parce que c’est très fréquent et il y a des séminaires entiers qui sont dédiés un peu à cette approche-là. | |
| Marie Oui. Je suis encore en pèlerinage. Je n’ai pas des convictions théologiques qui sont encore très fermement établies, mais quand même. Je vois qu’il y aurait une propension pour des personnes qui viennent du New Age à reproduire des schémas qu’on avait dedans, à savoir on sollicite des praticiens et on veut se faire, j’appelle ça un peu marabouter, mais ce n’est pas le mot, on veut faire des dégagements. | |
| Florent Chez les évangéliques. | |
| Marie Et du coup, il y a cette tendance à : « J’ai une entrave, il faut que j’aille voir quelqu’un, il faut faire un truc. » Alors qu’en fait, je réalise que nous marchons dans sa victoire et qu’il s’agit davantage d’actes de foi, que ce n’est pas tant d’aller faire des processus de délivrance. La délivrance, elle est consécutive au fait d’un déplacement de foi et de confiance. J’ai beaucoup aimé un passage du livre « Le Libérateur » de Neil Anderson qui disait : « Ce n’est pas un affrontement de puissance, c’est un affrontement qui touche à la vérité. Si vous croyez à un mensonge, vous êtes asservi à ce mensonge. Et dès lors où ce mensonge est démasqué et vous portez votre foi dans les promesses de Dieu et dans la vérité, ça vous délivre. » Je ne suis pas trop en faveur de… Je trouve qu’il y a une infiltration d’une pensée nouvel âge dans le christianisme et d’une vision qui ne me semble pas forcément fondée bibliquement, avec des notions de… même s’il y a des arguments, etc., qui sont invoqués, mais en faveur de trucs transgénérationnels, de machins dans la lignée. Moi, je crois vraiment, et c’est pour ça que j’ai tant aimé tes enseignements à la faculté de théologie Scriptura, de réaliser : exaltons Christ et contemplons la suffisance de son œuvre et approprions-nous par la foi les victoires qu’il a déjà acquises. C’est surtout ça, la délivrance, à mes yeux. | |
| Florent Tu aurais des recommandations ? | |
| Marie C’est-à-dire ? | |
| Florent Sur l’accompagnement ? | |
| Marie De quoi ? | |
| Florent L’accompagnement des gens qui sont dans le nouvel âge. | |
| Marie Qui en sont sortis et qui sont fraîchement convertis ? Oui. Par rapport à la délivrance ou par rapport à- | |
| Florent Oui, par rapport à la délivrance. | |
| Marie Tu ne peux pas être possédé par un esprit démoniaque, j’en suis convaincue, si tu es en Christ et que tu as sincèrement reconnu que tu étais coupable et placé ta foi dans son œuvre à la croix, il n’y a que le Saint-Esprit qui peut habiter en toi. Donc oui, tu peux être soumis à des attaques, des oppressions, être un peu assiégé comme tout chrétien, mais de ne pas être dans une espèce de superstition, d’être tranquille quant au fait qu’il te garde et il te gardera et tu ne peux pas être descellé du Saint-Esprit. Ton nom est gravé sur ses paumes et sur le livre de vie. Mais après, autre domaine délivrance, j’aurais quand même envie de donner quelques conseils ou recommandations. Il y a un combat qui touche au renouvellement de l’intelligence et c’est pour tout chrétien. Mais quand on a été si endoctriné et formaté par une doctrine satanique, profondément satanique, il y a vraiment besoin d’une dépollution. Et cette dépollution, elle va être favorisée par l’exposition à une source qui n’est pas frelatée, c’est la parole de Dieu, la Bible, et de faire gaffe à tout ce dont on peut s’abreuver. Il y a à boire et à manger sur Internet en matière d’enseignement. L’exposition aux Écritures, les moyens de grâce que sont la communion fraternelle, la prière, le jeûne, la louange, l’adoration, la repentance, la confession, tout ça favorise cette œuvre de sanctification et de nettoyage que Dieu opère. Et ça, ça prend du temps. Là où on est habitué dans le nouvel âge à le faire par nos efforts, c’est un cadeau que Dieu produit et qui prend du temps. | |
| Florent Alors, il y avait un conseil que Marie ne voulait pas qu’on loupe et donc je l’insère dans notre épisode. | |
| Marie C’est un conseil à destination des personnes qui en sont extraites, des chrétiens fraîchement convertis qui viennent de là. Moi, j’avais vraiment à cœur de dire : « Persévère dans la communion fraternelle. » L’Église, ce n’est pas une option, c’est vraiment une nécessité, c’est un moyen de grâce, c’est dans le plan de Dieu et sois conscient qu’il y a un choc culturel du même ordre que si tu allais sur une terre étrangère. Et du coup, j’ai beaucoup souffert à titre personnel d’interprétations erronées. Et je me rappelle quand j’étais à l’Institut public de Genève, que j’ai incriminé et accusé à tort mes frères et sœurs de manque d’amour, simplement parce que leur façon de me le témoigner n’était pas dans mon langage et que dans le nouvel âge, on a des codes et des trucs un peu tacites et implicites et on fonctionne un peu pareil. Mais il y a vraiment un choc culturel entre des chrétiens et des personnes qui viennent du New Age. Et du coup, de persévérer et de chercher à traduire et à se comprendre et à passer outre et à développer un vocabulaire commun, en tout cas à s’exercer à traduire et à ne pas souffrir inutilement d’interprétations erronées. | |
| Florent Mais c’est sûr. D’ailleurs, que l’on vienne du nouvel âge ou qu’on vienne du monde de l’islam ou qu’on vienne du monde du judaïsme, l’Église est hors culture, elle est bizarre. On chante des chansons. Tout est différent. Et c’est vrai que j’aime beaucoup la logique que tu utilises d’être en voyage dans un autre pays, mais dans sa bienveillance, c’est aussi un moyen de grâce qui nous permet de cheminer. Donc c’est bien que tu le soulignes. On apprend à vivre dans des communautés qui nous sont étrangères et c’est aussi la beauté de l’Évangile qui rassemble des gens qui sont de milieux extrêmement différents. Ce n’est pas homogène, l’Église. | |
| Marie Carrément. | |
| Florent Super. J’aimerais compléter avec une remarque. Peut-être que la ville la plus New Age ou la plus occulte du Nouveau Testament, c’est la ville d’Éphèse. On sait qu’il y avait beaucoup de sorcelleries liées à des formules que l’on appelait les « Ephésia grammata », qui étaient des petits morceaux de mots, il y en avait six, mots magiques censés protéger ou guérir, etc. Il y avait bien sûr le culte d’une déesse, Artémis, qui était considérée comme descendue du ciel. Donc, les gens vivaient dans ce monde-là, un peu décalé du nôtre, mais avec ce même rapport à la crainte, à la spiritualité, au développement de soi, aux protections. Ce qui est très intéressant, c’est que lorsque les gens réalisent l’Évangile, ils brûlent les éléments qui enseignaient ces rituels. Et donc, ces nouveaux chrétiens se distinguent de leurs pratiques antiques en les brûlant. Je ne pense pas qu’ils étaient contaminés. Ce ne sont pas des objets qui contaminent. Jérémie, chapitre 10, verset 5, nous dit que les objets sont incapables de faire du bien ou du mal. Mais c’est que la conscience avait besoin de marquer un changement qui est celui de la repentance. Et ce qui est fascinant, c’est que Paul, qui commence cette église à Éphèse, qui grandit, s’en va et il envoie Timothée. Et Timothée devient le pasteur de l’église d’Éphèse pendant des années. Et ni en 1 Timothée, ni en 2 Timothée, nous n’avons la moindre instruction sur la délivrance supplémentaire à l’Évangile. Tout est centré sur la prédication, la prière- | |
| Marie La repentance. | |
| Florent La repentance. Et c’est là où je voulais en venir. Il y a juste une instruction que l’on trouve en 2 Timothée 2:24-26. Il est dit que le serviteur de Dieu doit redresser avec douceur les contradicteurs dans l’espoir que Dieu leur donnera la repentance pour qu’ils reviennent à leur bon sens, qu’ils parviennent à la connaissance de la vérité et qu’ils se dégagent des pièges du diable qui les a capturés pour les soumettre à sa volonté. Donc, le point central, et ça, c’est un point qui est un point continu de nos vies, ce qui nous dégage des pièges du diable, c’est la repentance. Ce n’est pas un rituel, ce n’est pas un week-end d’exorcisme, ce n’est pas une série de pratiques, c’est la repentance. Et parfois, ça peut être utile de prendre le temps de regarder, de faire un bilan et de dire : « Oui, j’ai besoin de me repentir d’un certain nombre de choses. » C’est certainement le cas dans ma vie encore, hélas. Hélas et trois fois hélas, comme un poète pourrait le dire. Mais c’est cela qui est libérateur parce que Christ a déjà tout donné. Et il faudrait vraiment magnifier, je termine là-dessus, la suffisance de Christ. Paul le dit aux Colossiens que nous avons tout pleinement en Jésus. Et donc, avec Christ, avec l’Évangile, on a tout. Et à partir du moment où on vous vend un Christ plus, vous risquez de sortir de l’Évangile pour rentrer dans des techniques humaines qui, en fait, ont une apparence de sainteté, de piété, mais qui nous éloignent de la puissance véritable qui est dans l’Évangile et qui se véhicule au travers d’une vie de communion, d’apprentissage avec les disciplines spirituelles que tu as vécues. Désolé, j’ai enchaîné rapidement, mais quelques remarques. Tu pourras trouver plus de détails dans une formation qui est accessible sur YouTube, sur l’Évangile et l’occultisme ou l’occultisme et l’Évangile ou la magie et l’Évangile, je ne sais plus comment c’est formulé, à la faculté de théologie Scriptura. Trois jours de formation. Par contre, c’est un peu exigeant. J’étais impressionné que tu l’aies suivi comme ça. Merci en tout cas. J’espère que ces trois épisodes vous ont donné une compréhension de ce monde du Nouvel Âge, aussi la joie que l’on peut avoir de parler de l’Évangile à ceux et celles qui sont dans ce monde-là sans crainte. Et puis de voir que comme Marie, il y a des hommes, des femmes, et comme Marie et comme moi, peuvent découvrir la grandeur de Christ et de l’Évangile. Merci Marie. | |
| Marie De rien, avec plaisir. |







