La grâce en quelques mots
Quand mon enfant fait des bêtises, je peux lui témoigner de la douceur, parce que Dieu est doux avec moi.
J’entends encore l’entraîneur de l’équipe de basket de mon lycée hurler mon nom devant toute une foule d’élèves et de parents. Quelle humiliation ! Il m’avait dans le collimateur et personne ne comprenait pourquoi. Peu à peu, la crainte de susciter sa colère m’avait dominée et j’avais fini par être aussi mauvaise qu’il le disait. J’étais convaincue qu’à ses yeux, je ne pourrais jamais faire quelque chose de bien.
Ce que mon entraîneur n’avait pas compris, c’est que sa stratégie d’intimidation et ses paroles humiliantes ne produiraient jamais sur moi l’effet qu’il escomptait. S’il avait encouragé mes forces et utilisé mes échecs pour m’enseigner plutôt que de s’attaquer à ma personne, il m’aurait poussée à grandir, à progresser et à m’épanouir sous son leadership. Au lieu de ça, il a causé en moi des blessures émotionnelles qui ont eu beaucoup de mal à cicatriser.
Nous sommes mamans, pas entraîneuses de basket. Pourtant, la frustration peut nous conduire à réagir exactement comme mon entraîneur. Vous avez la possibilité d’encourager et d’enseigner vos enfants quand ils commettent des erreurs dues à leur jeune âge. Vous avez aussi celle de vous énerver ou de vous mettre en colère quand ils agissent comme… des enfants. Malheureusement, je peux dire que j’ai un peu trop tendance à réagir comme mon entraîneur.
Toutes les bêtises ne sont pas un péché
Nous devons nous attendre à ce que nos enfants pèchent. C’est inévitable. Leur péché n’est toutefois pas la seule chose qui nous fait sortir de nos gonds. Parfois, nous nous mettons en colère tout simplement parce qu’ils se comportent comme des enfants. Dès qu’ils savent se déplacer (ou même avant), ils nous confondent par leur comportement d’enfant : ils font des choix qui ne sont pas directement une désobéissance ou un péché, mais le résultat de leur développement inachevé et du fait qu’ils n’ont pas encore appris à réfléchir avant d’agir.
Je suis persuadée que nous aurions beaucoup d’anecdotes à nous raconter sur l’immaturité et l’impulsivité de nos enfants : un ballon qui entre à toute vitesse par la fenêtre parce que notre fils a pensé que c’était une bonne idée de jouer juste à côté de la maison ; un paquet de farine qui explose parce qu’un enfant curieux l’a serré entre ses mains ; une tasse de café brûlant renversée sur nous parce que notre petite fille s’est dit que c’était le moment parfait pour sauter sur les genoux de sa maman.
Ces incidents peuvent nous laisser perplexes, car nous ne comprenons pas comment notre enfant a bien pu avoir une idée pareille. D’autres fois, leur bêtise est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et nous nous mettons en colère parce qu’elle nous retarde, nous force à nettoyer les dégâts ou nous place face à l’imprévu. Qu’ils aient deux ou vingt ans, nos enfants commettront des erreurs et prendront de mauvaises décisions, car ils sont encore en train d’apprendre, de grandir et de gagner en maturité.
Prendre en compte leurs motivations
Dans ces moments, nous sommes face à un choix : laisser libre cours à la frustration que leur comportement a provoquée en nous, ou prendre en compte les motivations qui ont poussé notre enfant à agir ainsi.
Voici un exemple : il y a quelques années, ma fille a traversé la pièce en courant et a sauté sur mes genoux. Ma tasse de café s’est renversée sur mes jambes et sur le tapis. Sans le vouloir, j’ai hurlé de douleur. Une fois remise du choc, j’ai vu l’horreur, la peur et l’embarras sur le visage de ma fille et je me suis rendu compte que j’étais face à un choix. Croyez-moi, j’ai été très tentée de me mettre à crier : « Mais pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Tu ne vois pas que j’ai un café en main ?»
Heureusement, les mots n’étaient pas encore sortis de ma bouche quand le Seigneur m’a montré la raison pour laquelle ma fille avait agi ainsi : en réalité, c’est en voulant m’exprimer son amour qu’elle m’avait fait mal et sali le tapis. Elle n’avait pas eu l’intention de me blesser et elle n’avait pas désobéi. Elle était simplement encore en train d’apprendre à observer son environnement avant d’agir. Alors, au lieu de me focaliser sur les conséquences de ses actes, j’ai contrôlé ma frustration.
Je lui ai expliqué que j’aimais beaucoup qu’elle vienne sur mes genoux me faire un câlin, mais qu’il fallait qu’elle apprenne à observer ce qui se passe autour d’elle avant d’agir. Ensuite, ma fille m’a aidée à nettoyer le café renversé et m’a dit qu’elle était vraiment désolée de m’avoir fait mal. Ainsi, elle ne s’est pas sentie humiliée et abattue (comme je l’avais été quand mon entraîneur me criait dessus), mais elle a pu apprendre de son erreur et gagner en maturité, assurée de mon amour.
Je ne réagis pas toujours avec autant de bienveillance aux bêtises de mes enfants. Dans ces cas-là, le Saint-Esprit me reprend et me pousse à m’interroger : « Et si Dieu me traitait ainsi ? S’il m’accablait de honte chaque fois que je casse accidentellement un objet de famille de valeur, que je gâche une opportunité pour mon enfant parce que j’ai oublié de l’inscrire à temps ou que j’ai une amende parce que j’étais perdue dans mes pensées et que je n’ai pas vu le panneau de limitation de vitesse ?» Oui, je dois assumer les conséquences naturelles de ces erreurs (un objet cassé que je ne pourrai pas remplacer, un enfant déçu ou une contravention à payer). Mais si le Seigneur m’accusait, s’il était déçu ou dur avec moi, je ne ressentirais pas l’amour du Père, toujours bienveillant et rempli de grâce. J’aurais sans cesse peur de le mécontenter ou de le mettre en colère.
Mais Dieu n’est pas ainsi. Il sait que nous sommes humaines et il a compassion de nous quand nous faisons des erreurs. De même, nous, les mamans, nous avons de nombreuses occasions d’avoir compassion de nos enfants quand ils font des erreurs. Ainsi, nous leur montrons qu’ils sont plus importants pour nous que les dégâts qu’ils ont causés ou que l’image qu’ils renvoient de nous.
Pour cela, il nous faut apprendre à discerner quand les actes de nos enfants résultent de leur jeune âge – et quand ce n’est pas le cas. Me poser les questions suivantes m’a aidée :
- Mon enfant a-t-il désobéi à un ordre que je lui avais donné ?
- A-t-il péché d’une autre façon ?
- M’a-t-il contrariée ? Suis-je tentée de confondre un comportement qui m’a causé un désagrément avec un comportement pécheur ?
Si nous répondons oui à l’une des deux premières questions, alors nous devrions exercer une discipline bienveillante. En revanche, si nous répondons non à ces deux questions, il est fort probable qu’il ne s’agisse que d’une bêtise d’enfant. Dans ce cas, au lieu d’exercer la discipline, il nous faut prendre le temps de comprendre avec lui ce qui lui est passé par la tête, de lui expliquer pourquoi c’était une mauvaise idée et comment il peut prendre une meilleure décision la prochaine fois. Bien souvent, c’est en réfléchissant à ce qui s’est passé et en aidant à réparer les dégâts que nos enfants apprennent de leurs erreurs.
N’oubliez pas que, vous aussi, vous avez besoin de grâce
En lisant ce chapitre, vous vous dites peut-être : « J’ai si souvent réagi avec impulsivité et dureté quand mes enfants ont fait des bêtises !» Mon amie, je voudrais vous encourager avec les paroles de Jacques 4.6: « La grâce qu’il accorde est plus grande encore. » Dieu vous pardonne et il peut vous aider à progresser dans ce domaine. De plus, chaque jour apporte son lot de grâces et d’occasions nouvelles. Avec l’aide de Dieu, vous pouvez grandir tout comme vos enfants apprennent et grandissent avec votre aide. Et quand vous réagissez de la mauvaise manière (ce qui arrivera forcément), vous pouvez demander pardon à vos enfants et à Dieu. Ainsi, vous leur montrerez que vous avez, vous aussi, besoin de pardon et de grâce.
Demandez donc au Seigneur de vous accorder la sagesse, le discernement et la patience pour faire la différence entre la désobéissance et les comportements d’enfant, et pour réagir de façon appropriée. Cela représentera pour vos enfants une terre fertile, propice à la croissance et à l’épanouissement de leur sagesse et de leur maturité. Quelle grâce de la part de notre Seigneur !
Un moment pour réfléchir
- Comment expliqueriez-vous la différence entre la désobéissance et les comportements enfantins ?
Faites une liste des deux types de comportements possibles. Cela vous aidera à réagir de la façon la mieux adaptée aux situations variées que vous rencontrerez.
Cet article est extrait du livre Il t’offre sa grâce : 30 méditations pour les défis de la vie de maman, de Linda Green et Sarah Walton, BLF Éditions, 2025, pp. 221-226.


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