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Galates 2.20 entre autres, nous révèle les richesses de la rédemption : nous œuvrons par Christ. Face à ça, Raphaël nous rappelle une erreur que nous commettons facilement : remplacer l’Évangile par notre simple comportement. Pour combattre ce légalisme, il propose cette prière redoutable : « Seigneur, montre-moi l’état de mon cœur et  montre-moi la croix ». Oserez-vous vivre littéralement et constamment à ses pieds ?

Version écrite de la prédication :

Introduction

Bonjour à tous. […] je suis très content d’être là ce matin. Et je pense qu’on est vraiment tous heureux de pouvoir librement comme ça nous approcher du Seigneur, nous approcher de la croix. Pour qu’encore une fois, on se présente devant lui, on lui amène nos cœurs, et que lui aussi nous ouvre son cœur.

Cinq ans de nouvelle vie

Cette semaine a été une grande semaine pour moi. Il y a eu un jour très important. Le 23 mars… j’ai fêté mes 5 ans de nouvelle vie, 5 ans de vie chrétienne. Super, et j’ai réalisé que j’étais comme Kirikou. Vous connaissez le dessin animé ? Spirituellement, je suis un petit Kirikou, ce petit gamin noir en Afrique dont il y a un dessin animé très connu. Donc je suis un petit Kirikou et alors j’ai envoyé un texto à Seb. Et lui il m’a répondu, il m’a dit : « Super, moi ça va faire 21 ans au mois de mai. » Donc Seb, c’est un Kirikou ado. Il a mué, lui, déjà. Et je me suis dit, quand je regarde ces cinq dernières années et les 23 autres années qu’il y a eu avant, je me dis : « Mais Seigneur, quelle grâce. »

Il y a cinq ans, j’ai reconnu que tu étais mon Seigneur, mon Sauveur. Que tu étais mort pour mes péchés, selon les Écritures, et que tu étais ressuscité. Et je t’ai donné ma vie. Et depuis, c’est la grande aventure. Cinq années magnifiques. Et au bout de cinq ans, Dieu a voulu me confronter. Vous savez, j’ai réalisé que c’est très facile, extrêmement facile, de faire du christianisme d’apparence, de façade. Et combien de fois je me suis fait piéger par ça. Moi-même devant les autres, j’ai voulu montrer comment j’étais quelqu’un de fort, un chrétien costaud, qui a plein de bonnes choses en lui.

Le pire des pécheurs

Et Dieu m’a confronté il y a quelque temps. Il m’a révélé un secret. J’ai réalisé qu’en moi, il n’y a rien de bon. Rien, absolument rien. Et que je ne mérite rien. Je suis devant vous, je vous le dis, le pire des pécheurs. Vraiment. Et si quelqu’un pense que, parce que je suis là ce matin, et que j’apporte un message, vous me connaissez, je suis dans l’Église, on me voit faire des trucs, on peut se dire : « Lui c’est un jeune engagé, il est bien », et peut-être qu’on se dise : « Lui c’est un mec bien, il est costaud, c’est un mec qui est fort. » Et si moi je laisse croire ça devant vous, je suis un menteur. Un hypocrite. Et ce serait terrible. Parce que c’est faux. Je suis le pire des pécheurs.

Paul a dit la même chose. Et pourtant je pense que Paul à la fin de sa vie, par rapport au début de sa vie, il a progressé avec Dieu. Mais il avait une telle conscience de la personne de Dieu, de l’œuvre de la croix, que devant la croix il ne pouvait que dire : « Je suis le pire des pécheurs. » Et je vais vous expliquer comment Dieu m’a repris. Il y a quelque temps, j’étais à une réunion avec des frères, et il y en a un qui a ouvert la Bible, et qui a lu un texte. Chaque mot de ce texte était pour moi un coup de poing. J’ai eu l’impression que Dieu me parlait à moi, et qu’il me disait : « On a des comptes à régler tous les deux. »

Le test des fruits

Et je vais vous lire ce texte. Et je vous propose, si vous voulez bien, quand je lis ce texte, que nous puissions nous mettre vraiment à l’écoute de Dieu et laisser Dieu pointer les choses, s’il y a des choses qui sont à pointer dans notre vie. Demandons à Dieu qu’il sonde notre cœur vraiment pour faire ça. Et pendant que je lis le texte, je vais lire une série de qualifications, de mots. Je ne suis pas un pro en français, donc je ne sais pas si c’est un adverbe ou un complément ou autre chose. Je vais lire ces mots. Ce sont des qualités, en réalité, je crois. Je vais lire ces mots et je vous demande de vous noter de 1 à 10. Là-dessus, dans ce domaine-là, à 10, je suis au top. C’est le maximum. Et à 0, je suis 0, nul. D’accord ? Je vais lire ça et puis ensuite nous pourrons continuer.

Les œuvres de la chair sont évidentes : la débauche, l’impureté, le dérèglement, l’idolâtrie, la magie, les rivalités, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables.
– Galates 5.19-21

Maintenant, je vais dire une autre suite et faisons pareil. Notons-nous.

L’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi.
– Galates 5.22-23

Personnellement, je suis sorti de ce test K.O. J’ai réalisé que les fruits que je devais porter, je ne les portais quasiment pas. En apparence engagé dans l’Église dans plein de trucs, mais ces fruits je ne les portais quasiment pas. Et là ça pique, comme on dit nous les jeunes, ça pique les yeux.

Et je voudrais vous montrer un autre test, pour compléter, si on devait développer juste un point. La Bible regorge de tests. Souvent il y a des listes comme ça que Paul met en opposition, et je trouve que c’est vraiment des outils qu’il faut qu’on utilise. S’il te plaît, si tu peux me passer… C’est le test Chan. C’est pas asiatique, c’est biblique. C’est Francis Chan qui fait ça dans son bouquin qui s’appelle Crazy Love. Et il a dit : « Et si on essayait de remplacer l’amour par notre prénom ?» Alors je vous laisse lire et mentalement dites votre prénom. Et regardez ce que ça donne.

L’état de mon cœur

Merci Timothée, tu peux passer la diapo. Quelle note je donne à ma vie ? C’est la question que je me suis posée. Et Dieu m’a vraiment confronté. Et en fait, j’ai réalisé, j’ai été brisé en fait, quand j’ai lu ces choses-là, que je me suis posé vraiment ces questions. Et j’ai réalisé l’ampleur du chantier qui restait toujours dans ma vie. Et j’ai fait une prière à Dieu qui a été redoutable. Et je vous propose, si vous voulez, de la faire aussi, ce matin, dans votre cœur.

Dans cette prière, j’ai demandé à ce que Dieu me montre deux choses. Je lui ai dit : « Seigneur, montre-moi l’état de mon cœur, véritablement. Montre-moi l’état de mon cœur et montre-moi la croix. » Parce que la grosse erreur de ma vie chrétienne, c’est que petit à petit, j’ai voulu remplacer l’Évangile. Par mon comportement, par mes œuvres, par tout ce que je pouvais être capable de faire. Et j’ai cru que je pouvais me passer de la croix, que je pouvais passer une journée sans la croix. Ça, c’était ma grosse erreur. Donc j’ai demandé à Dieu de me remontrer la croix. Est-ce que vous voulez que je vous partage ce que j’ai réalisé, ce que le Seigneur m’a montré ? Oui, non ? De toute façon, c’est le menu du jour, vous n’avez pas le choix. En plus, vous vous êtes levés plus tôt, ce n’est pas facile.

J’ai dit au Seigneur : « Montre-moi l’état de mon cœur. » Et quand je dis ça, j’ai réalisé que ça voulait dire que je voulais passer des ténèbres à la lumière. Le péché, c’est ce qu’il y a dans les ténèbres, c’est ce qu’on cache. Et en demandant à Dieu de me montrer mon cœur, j’ai voulu mettre ce qu’il y avait dans les ténèbres à la lumière. Et ça veut dire que j’étais prêt à accepter et reconnaître ce que Dieu allait pointer du doigt. Et la différence, c’est une image que j’ai eue, c’est que, par exemple, Satan, lui, il peut pointer du doigt le péché dans ma vie, et m’accabler avec. Mais Dieu, il pointe du doigt le péché, et de l’autre côté, il pointe le doigt vers la croix. Il me dit : « Ton péché, tu le vois là, et tu vois la croix. Il va falloir que ça se rejoigne. »

L’image de la coupe

À ma conversion, j’avais mon cœur qui était rempli de tout plein de choses mauvaises. Et à la croix, le Seigneur m’a pardonné, a pris ce cœur-là, il a dit : « Moi, je le cloue à la croix. C’est fini, on l’efface et je te donne le mien. » Et donc, vouloir mettre ce cœur sous le projecteur, que le Seigneur me montre ce qu’il y avait dedans, le mettre à la lumière. Très important, retenez l’image de la coupe. Où sont les dérèglements, les idoles, les péchés ? Qu’est-ce qui est le centre de ma vie ? Il y a un trône dans ma vie. Il y a qui dessus ? Qu’est-ce qui est caché ? Qu’est-ce qu’il y a de non confessé ? Et j’ai réalisé en faisant ça que mon péché n’était qu’un symptôme, un symptôme d’un mal profond, le mal de moi. C’est mon cœur qui est mauvais et de mon cœur jaillit le péché. Et que Christ n’était pas mort à cause de mon péché, comme simplement un acte que j’aurais commis, mais à cause de moi, de ce que je suis. Je ne peux rien… Non, excusez-moi.

Car je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ce que je suis par nature. Vouloir le bien est à ma portée, mais non l’accomplir.
– Romains 7.18

Dieu m’a montré, et ça c’est quelque chose de très important, que la seule chose en moi qui était bonne, c’était Jésus. Si on enlève Jésus de mon cœur, il n’y a plus que le vieux Raphaël. Et lui, il est tout pourri. Et que dans ma vie, les progrès, souvent, je voulais me les attribuer à moi. Alors qu’en fait, c’est l’œuvre de Christ dans ma vie. Ça, c’est mon orgueil. Je voulais tirer la couverture. La seule chose dont je peux me glorifier, c’est d’avoir Jésus-Christ en moi. Il y a ce magnifique verset où Paul dit :

J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.
– Galates 2.20

Quand le Seigneur me montre l’état de mon cœur, il me démontre que j’ai besoin impérativement de revenir à la croix. Et si dans ma vie, je ne sens pas le besoin de repentance, j’ai réalisé que c’est soit que je viens de le faire, que je vis au pied de la croix, et que c’est un réflexe pour moi, dans ma communion avec le Seigneur, de ne rien laisser entraver. Soit, ça veut dire que je suis pur et je suis juste. Et que je n’ai pas besoin de la croix. Dans ce cas-là, je me fais menteur. Et je fais Dieu menteur.

Si nous prétendons n’être coupables d’aucun péché, nous vivons dans l’illusion et la vérité n’habite pas en nous.
– 1 Jean 1.8

Innocence et justice

Et j’ai réalisé une chose très importante. Et ça, c’est un piège. C’était que je me disais : « En moi, il y a aussi un innocent. Je suis innocent de tout plein de choses. Je n’ai jamais tué, par exemple. Donc, je suis innocent de ça. » Et en fait, je confondais l’innocence et la justice. Je suis juste de rien. Je suis juste de rien. Parce que Dieu voit mes pensées. Et à ses yeux, mes pensées sont aussi graves que mes actes.

Quand je pense, qui de nous, quand on pense par exemple à un DSK dont on a tant parlé, on le juge. Ça ne vaut rien, on est prêt à lui jeter la première pierre. Mais aux yeux de Dieu, ne suis-je pas coupable d’adultère aussi ? Ce jeune, cette semaine, qui a commis ces atrocités horribles. Moi-même, aux yeux de Dieu, je suis un meurtrier. Excusez-moi, je me mélange un petit peu dans mes notes, mais… quand je me mets devant la croix, j’ai réalisé tout ça. Vraiment, j’ai commencé à parler au Seigneur, à lui confesser mes péchés. Et petit à petit, c’était un peu comme la boîte de Pandore, on ouvre et ça sort, ça sort, ça sort. Et je réalise que j’ai énormément besoin de lui quotidiennement.

Le prix de la croix

Et donc je lui ai demandé à ce qu’il me montre la croix. Et la croix, c’est quelque chose qui brise parce qu’elle me rappelle que Jésus a pris ma place. J’aurais dû être à la croix. Et me repentir, me briser, ce n’est pas seulement me répéter machinalement « pardon », parce qu’il faut le faire. Vous savez, ça me fait penser à… quand j’étais petit, je faisais une bêtise. Mes parents m’attrapaient par le bras. « Ça, c’est pas bien. Demande pardon. » « Pardon. » Et puis je continuais. Franchement, je disais pardon parce qu’on me demandait de dire pardon. Mais au fond de moi, si je voulais encore piquer un bonbon, j’allais le piquer. Donc je disais pardon avec ma bouche, mais dans mon cœur, je m’en moquais, je voulais faire ce que je voulais. Et la repentance, ce n’est pas ça. Ce n’est pas simplement dire une formule.

Vous vous êtes reconnus dans cet exemple-là, mais je suis sûr aussi que vous vous reconnaîtrez quand des fois vos parents vous ont dit que ce que vous avez fait ça les a blessés, que vous les avez trahis, que vous les avez fait souffrir. Ça, quand j’ai réalisé la souffrance que j’avais faite à mon père et à ma mère par ma faute, ça, ça me brisait et là c’était moi qui revenais demander pardon en larmes parce que c’est horrible de faire du mal à ceux qu’on aime. Se repentir, c’est voir la croix. C’est voir ce que Jésus a payé pour moi sur la croix.

Par amour pour moi, il a quitté sa gloire de toute éternité. Et il s’est mis dans la condition d’un esclave. Un doulos, littéralement. Un esclave. Je ne sais pas si on réalise vraiment, l’homme qui à la base, lui, était fait pour être l’esclave de Dieu… un serviteur en pleine communion, mais avec un maître parfait, qui considère cet esclave comme son ami, mais qui devait lui être complètement dévoué. Cet homme qui était esclave a voulu se mettre à la place de Dieu. Et Dieu le Père et Dieu le Fils, ensemble, ont décidé que le Fils irait sur terre pour lui prendre la place d’un esclave. L’esclave que nous aurions dû être. Et payer à notre place, souffrir à notre place. Pour qu’ils puissent nous rétablir dans notre position d’esclave envers ce maître.

Il n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu. Mais il s’est dépouillé lui-même en prenant la forme d’un serviteur. En devenant semblable aux hommes. Et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.
– Philippiens 2.6-8

La coupe de Gethsémané

Et vous vous souvenez de la coupe qui est là ? Souvenez-vous quand Jésus est dans le jardin de Gethsémané, qu’il agonise, parce que l’heure de la croix est proche. Il sait ce qui va se passer pour lui. Et la souffrance est déjà là. Il a fait cette prière au Père.

Il s’éloigna une seconde fois et pria ainsi : « Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite. »
– Matthieu 26.42

Imaginez tout le mal que vous avez fait dans une coupe. Tous les meurtres, les adultères, les vols, toute la souillure. Vous savez, toutes ces mauvaises notes, on les met là-dedans. Et Jésus, sur la croix, il l’a bue ça. Lui qui n’avait rien fait, qui ne méritait rien, qui était parfait, qui aurait dû être notre juge, il s’est mis comme notre serviteur et il a payé à notre place. Est-ce que nous pouvons seulement imaginer cette souffrance ?

Sur la croix, il a porté toute ma souillure, toutes les charges de ma culpabilité, toute la honte de mon péché. Il a souffert tout le poids de la colère de Dieu à ma place. Il a vidé la coupe, il l’a bue jusqu’à la dernière goutte pour me laver, me purifier. Et quand je réalise ça, ça me brise. Quelle humilité, quel amour pour moi. C’est terrible. Et ça, c’est à cause de moi, à cause de mon péché. Oui, je suis le pire des pécheurs, parce qu’à cause de mon péché, Christ est mort sur la croix. Et c’est ça que je dois me rappeler chaque jour, que je suis sous la grâce aujourd’hui. Le Christ était sans péché, mais Dieu l’a chargé de notre péché. Alors maintenant, par le Christ, il nous a rendus justes.

L’agneau de Dieu

Sur la croix, il a versé son sang pour moi. Sur la croix, il a été un agneau. L’agneau de Dieu. Dieu a donné son agneau. Il a donné son sacrifice pour se satisfaire pleinement. Et sur la croix, il a pris ma place. Il a calmé la colère de Dieu. Il a payé ma dette. Il m’a réconcilié avec le Père. Il a porté le péché à ma place, mon péché à ma place. À la croix se sont rencontrés mon orgueil et son humilité. Le mal qui est en moi et lui sa pureté, sa sainteté. Et grâce à la croix, le Père m’a adopté, il m’a rendu juste et il m’a purifié. C’est magnifique ! Jésus, il a pris la coupe, il l’a vidée et il a dit au Père : « Tout est accompli. »

Et vous comprendrez que la repentance c’est vraiment quand on demande au Seigneur de nous révéler notre cœur et que quand il le fait, on met ça à la lumière de la croix, qu’on se repent, qu’on lui demande pardon profondément. Qu’on réalise que ça lui a coûté. Alors si Dieu sonde mon cœur, s’il sonde ton cœur, que là ensemble on s’est mis des notes, personne ne connaît ta note, seul Dieu et toi, on peut lui apporter ça, au pied de la croix. Et à l’instant même, parce que le sacrifice de Jésus est parfait, on est justifié. On est rendu juste. Dieu regarde ma coupe et il dit : « C’est parfait, il n’y a rien dedans. C’est pur. Tu es pur. Je te déclare pur. » Parce que Christ t’a lavé de ton péché. Tu es pur.

La porte étroite

Et j’aime beaucoup cette citation de Roy Hession où il dit qu’au pied de la croix, il y a comme une porte. Jésus a dit qu’il était la porte, n’est-ce pas ? La porte étroite. Il dit, c’est comme si au pied de la croix, il y avait une toute petite porte, et sur les linteaux de cette porte, il y a le sang de Jésus qui coule de la croix. Mais cette porte, elle est petite. Et pour la franchir, il faut se briser, il faut se mettre à genoux. Vous savez dans l’image biblique, on représente beaucoup ceux qui sont rebelles à Dieu, le peuple israélite qui était rebelle à Dieu avec le cou roide. Eh bien là, ce n’est pas être raide, mais c’est se briser, accepter de baisser la tête et passer sous la croix. Et demander à ce qu’il nous purifie et à l’instant on l’est. On est justifié, on est purifié, on est en paix avec Dieu. La coupe est pure, elle est parfaite.

La Sainte Cène

Nous allons prendre la Sainte Cène en plein milieu du message. Mais comment, dans quel état on va la prendre ? Vous savez, de nombreuses fois j’ai pris la Sainte Cène, alors que je n’aurais pas dû. Parce que j’arrivais là avec plein de choses dans mon cœur qui n’étaient pas réglées avec Dieu, avec des frères. Et par orgueil, pour ne pas que celui qui est à côté de moi dise : « Tiens, un Raphaël responsable du groupe de jeunes, il prêche et tout, il ne prend pas la Sainte Cène. » Je la prenais. Ou je croyais m’être repenti, simplement en balançant à la mitraillette : « Seigneur, pardonne pour ça, attention, qu’est-ce qu’il y a encore ? Vite, vite, je vous l’ai affiché dans ma tête, il y a ça, il y a ça. Ok, allez, pardon », comme quand ma mère me demandait de dire pardon. Et je disais pardon, hop, c’est bon. Mais je n’avais aucune considération pour ce que faisait le Seigneur.

Alors que prendre la Sainte Cène, c’est se rappeler, c’est véritablement retourner au pied de la croix et se rappeler ce que ça a coûté à Christ. Et se rappeler qu’aujourd’hui on est purifiés. Alors je vais appeler les frères qui ont été sollicités pour distribuer la Sainte Cène. Si vous voulez venir. Et vraiment, qu’on puisse chacun individuellement se remettre devant la croix. Peut-être qu’il y a beaucoup de choses. Et s’il y a beaucoup de choses qui sont là, qui ne sont pas réglées. Je vous invite à faire cette prière dans votre cœur : « Seigneur, montre-moi mon cœur et montre-moi la croix, que les deux se rencontrent, ta croix et mon cœur. » Et on va prier pour ça, on va commencer à distribuer, et pendant la distribution, je lirai un texte. Et puis après, si quelques-uns veulent prier pendant ce temps de Sainte Cène, et puis je reprendrai la conclusion du message.

Christ en nous l’espérance de la gloire.
– Colossiens 1.27

Et quand je viens au pied de la croix, que je passe sous la porte, je suis en paix avec Dieu. Au clair avec moi-même parce que je réalise pleinement que je n’ai qu’une chose dont je peux me glorifier dans ma vie : c’est Christ en moi et je suis fier d’être au Seigneur. Il est ma valeur ajoutée, il est ma seule valeur.

Marcher dans la lumière

Et après qu’est-ce qui se passe ? Je me remets au clair avec Dieu. Une fois encore, chaque jour je suis au clair avec Dieu, je marche en paix avec lui. Qu’est-ce qui se passe ? Je veux marcher sur le chemin de la lumière et je peux me dire, comme Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. » Et ça, c’est la vie que Jésus veut nous donner en abondance. Pas nous, mais lui en nous. Lui en abondance en nous. Et quand Jésus nous remplit, mais quelle joie, quelle paix ! Et la Parole nous donne plusieurs conséquences. La première, la principale, c’est que nous sommes remplis du Saint-Esprit.

Ne vous enivrez pas de vin, cela vous conduirait à une vie de désordre. Mais laissez-vous constamment remplir par l’Esprit. Ainsi, vous vous encouragerez mutuellement par le chant de psaumes, d’hymnes et de cantiques inspirés par l’Esprit. Vous louerez le Seigneur de tout votre cœur par vos chants et par vos psaumes.
– Éphésiens 5.18-19

Là, on a un indice. Est-ce que des fois, quand on arrive et qu’on veut chanter le Seigneur, on a l’impression qu’on ne l’honore que des lèvres ? Qu’au fond, c’est tout sec ? C’est peut-être que notre coupe, elle n’est pas remplie du Saint-Esprit, mais elle est remplie de plein d’autres choses. Et qu’est-ce qu’il faut faire, du coup ? Il faut retourner à la croix. Et demander au Seigneur, encore et encore : « Seigneur, lave-moi, purifie-moi. Je reconnais que tu es mort pour ça, ce que ça t’a coûté. » Et là, je suis pardonné, et là le Seigneur peut me renouveler, me remplir de son Esprit.

Ce n’est pas un mythe, le Saint-Esprit en nous. Ce n’est pas juste une philosophie, une thèse théologique. C’est une réalité. C’est concret spirituellement, très concret. Ma coupe est purifiée, de nouveau il la remplit. Et quand on est rempli du Saint-Esprit, c’est là qu’on porte du fruit. Le fruit spirituel, le danger, c’est de croire qu’on doit le produire. Ça c’est du légalisme. On veut produire du fruit. Mais un arbre, il ne fait pas d’efforts. Le fruit se porte tout seul. Et on porte du fruit. Un arbre en mauvaise santé ne peut pas porter de bons fruits.

Le piège du légalisme

Le piège, le danger… c’est le piège du légalisme. C’est que, ok Seigneur, là ce matin, je me remets devant toi, je te demande pardon, je suis brisé, j’ai réalisé telle et telle chose, et je te demande pardon. Et maintenant je marche sur ce chemin de lumière avec toi, je suis en paix avec toi. Mais, comme on est faibles… comme on est encore sur terre, on a toujours aussi en nous cette nature de pécheur qui nous demande de revenir toujours à la croix. Des fois on s’écarte de ce chemin de lumière et donc on retourne dans les ténèbres et on pèche de nouveau.

Et là on se dit : « Mince, pourtant il m’avait purifié, il m’avait pardonné. Donc qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? Vraiment il y a un truc qui ne va pas. Il faut que je lise ma Bible. Il faut que je prie. Il faut que je serve plus, il faut que je passe plus de temps à faire telle ou telle chose pour le Seigneur. Moins de temps à faire telle ou telle chose. Qu’est-ce qui ne va pas ? Qu’est-ce qu’il faut que j’enlève ?» Et on voit des croûtes dans notre coupe, des choses qui ne vont pas et on essaie de gratter. On gratte, on gratte, on gratte. La seule ressource que nous ayons pour notre salut, pour notre sanctification, c’est Jésus lui-même. C’est pas ce que nous on est capable de faire. Donc à chaque fois, on doit s’humilier et dire : « Seigneur, encore une fois, je suis un homme présenté devant toi. Purifie-moi. Pardonne-moi. »

Je ne peux pas me sanctifier moi-même. Je ne peux pas me rendre saint. Seul celui qui est saint rend quelque chose de saint. Dieu est saint, il touche, il rend saint. Moi-même, je ne peux pas me rendre saint. C’est pour ça que Pierre disait : « Sanctifiez Christ, le Seigneur, dans vos cœurs. » David, déjà, bien avant, disait : « Seigneur, crée en moi un cœur pur. » Toi, sanctifie. Et c’est à moi de ne pas vouloir me sanctifier, mais lui laisser toute la place à lui. « Seigneur, prends toute la place dans ma vie. Va dans les ténèbres, siège dans les ténèbres et apporte ta lumière. Et que je vive dans cette lumière-là. » Et au pied de la croix, toujours, encore et toujours.

Être rempli de l’Esprit

Être rempli du Saint-Esprit, c’est un commandement. Et moi j’ai réalisé que dans ma vie, je tolérais de ne pas être rempli du Saint-Esprit. Et que je pouvais vivre avec ça. Et c’est là que Dieu m’a rattrapé. Et ce qui est terrible, c’est que quand on est comme ça, et moi-même, j’ai fait l’erreur, le Seigneur m’a montré ça, quand je rencontrais des jeunes, dans certaines discussions, notre réponse c’est : « Mais il faut que tu lises la Bible, il faut que tu pries », comme si c’était une finalité. Ça c’est du légalisme. La finalité, c’est que dans ma vie, je cherche toujours la face de Dieu. Et le moyen pour apprendre à mieux connaître Dieu, ce sont les Écritures. Dieu se révèle par elles.

Pour apprendre à mieux le connaître, aussi je prie. Au début, moi j’avais un stéréotype où je disais : « Quand je prie, je parle à Dieu, et quand je lis la Bible, c’est lui qui me parle. » Mais en fait, petit à petit, quand on développe et qu’on nourrit notre vie de prière, on se rend compte que quand on prie, Dieu nous parle aussi. Véritablement, on dialogue avec lui. Et c’est ce que Dieu cherche. Il ne veut pas juste qu’on fasse une formule de prière comme on fait une formule d’un pardon, ou qu’on lise pour lire. Mais vraiment, il veut qu’on passe ce temps pour apprendre à le connaître. Toujours. Et ça, ça va nous aider.

Alors pour garder cette vie d’abondance, on est rempli du Saint-Esprit. On doit retourner à la croix parce que Jésus, quand il regarde notre coupe, s’il voit qu’il y a des choses sales dedans, il dit : « Non non, moi je ne remplis pas ça. D’abord on repasse par la croix. » Il pointe le péché du doigt et il pointe la croix. Il dit : « Allez hop, on y retourne. » Et après on peut être rempli et conduit vraiment par le Seigneur.

Les tests de la paix et de la communion

Et la Parole, comme je vous le disais, donne des tests. Il y a des révélateurs. Il y en a un qui est très important, c’est la paix.

Que la paix instaurée par le Christ gouverne vos décisions. Car c’est à cette paix que Dieu vous a appelé pour former un seul corps. Soyez reconnaissants.
– Colossiens 3.15

La seule chose qui m’enlève ma paix dans ma relation avec Dieu, c’est mon péché. Ce ne sont pas les soucis, ce ne sont pas les épreuves, c’est mon péché. Si je ne suis pas en paix avec Dieu, c’est qu’il y a un péché qui n’est pas confessé, quelque chose qui n’est pas porté au pied de la croix. Et vouloir compenser ce manque de paix par plus de lecture, on recherche quelque chose, on prie, on prie, on prie, on essaie de compenser par tout plein de choses, on essaie de compenser le mal par le bien, on se fait tous piéger par ça, je sais. Ça ne sert à rien. Parce qu’un péché ne se compense pas. Le seul qui l’a compensé, c’est Christ. Et donc c’est retourner encore une fois à la croix. Encore et toujours.

Et puis, il y a un autre test, c’est le progrès spirituel, mais je ne vais pas le développer. Paul aux Thessaloniciens, vraiment, il leur souhaite du progrès spirituel, de porter du fruit. Et puis, il y en a un autre qui est important, c’est la communion fraternelle avec les frères. Les versets les plus frappants sont dans la première épître de Jean, où il dit que… je vais le lire très rapidement. On en a déjà parlé récemment avec Raphaël Anzenberger, donc je ne vais pas m’attarder du tout.

Si nous marchons dans la lumière comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion et le sang de Jésus, son fils, nous purifie de tout péché.
– 1 Jean 1.7

Je ne peux pas dire que je suis dans la communion avec Dieu si je ne suis pas en communion avec un frère. Parce que tout ce qui se met entre moi et mon frère se met entre moi et Dieu. Et je suis dans les ténèbres. Et si j’ai quelque chose contre un frère, une critique, un ressentiment. Je ne peux pas me présenter devant Dieu en étant en paix. Là, je mens. Je suis dans les ténèbres. Et donc le Seigneur, lui, me demande de retourner à la croix, encore une fois. Parce qu’il me purifiera de ça.

Le péché par réaction

Attention au péché par réaction. Souvent, les chrétiens ont une bonne conscience morale, ils savent ce qui est bien, ce qui n’est pas bien, et du coup, on essaie de ne pas pécher. Mais par contre, quand l’autre pèche, nous, on pèche par réaction. « Tu m’as fait du mal, je te maudis. Tu m’as critiqué, je te critique. Tu fais ça n’importe comment, je juge, je condamne. » Et là, on n’est plus en communion avec le Père. Instantanément. Parce qu’il veut qu’on soit unis. Parce qu’il a payé le même prix pour tous.

Dans tout ce que j’ai dit, et je ne parle absolument pas comme certains courants théologiques, enfin chrétiens, ont pu le dire, que le chrétien a besoin d’une autre expérience en plus de la conversion. Je dis l’inverse. Je dis que nous devons retourner et vivre comme au premier jour de notre vie chrétienne. C’est ce que le Seigneur attend de nous. Ne pas présumer de nos forces. Il y a un homme qui a dit : « Ne présumez jamais que vous êtes une bonne terre. » Vous savez la parabole des quatre terrains. Ne présumez jamais ça. Toujours revenir au Seigneur. Toujours, toujours, toujours.

Conclusion

Roy Hession, je l’ai déjà cité mais je l’aime beaucoup cette citation donc je la rabâche, disait que le réveil spirituel, ce n’est pas le plafond qui s’envole, des émotions, de la joie, on va chercher quelque chose en plus. Non, le réveil spirituel, c’est le plancher qui s’effondre. On réalise que tout ce sur quoi notre vie était fondée ne tient pas devant Dieu. Et on se retrouve à genoux, au pied d’une croix.

Un autre homme a dit : « La vraie formation spirituelle commence lorsque ce que Dieu pense de moi est plus important que ce que les autres pensent de moi. » Le mot d’ordre pour ma vie que le Seigneur m’a montré et que je veux cultiver toujours par sa grâce c’est : vivre au pied de la croix, littéralement, constamment. Je vous encourage à faire cette prière si vous ne l’avez pas fait : « Seigneur, montre-moi l’état de mon cœur et montre-moi la croix. » Que le Seigneur nous encourage chacun, lui qui n’accable pas et qui pardonne. Amen.