Prédications TPSG

La tombée de rideau, ça frustre grave! (Ecclésiaste 11.1-12.14)

Vie chrétienneCroissance spirituellePrédication

Nous n’avons pas d’autorisation de votre part pour l’utilisation de services tiers (YouTube, Spotify, SoundCloud, ConvertKit, …) depuis toutpoursagloire.com. Cette autorisation est nécessaire pour une expérience complète sur notre site. Vous pouvez les accepter en appuyant sur le bouton ci-dessous

Accepter

Publié le

11 juin 2022

Découvre cette prédication basée sur Ecclésiaste 11.1-12.14. Elle est la dernière d’une série de 11 prédications sur le livre de l’Ecclésiaste. Clique ici pour accéder au sommaire de cette série.

La plupart des blogueurs ToutPourSaGloire.com sont également pasteurs. Aujourd’hui, tu peux toi aussi bénéficier de leurs enseignements grâce à notre nouveau podcast Prédications TPSG. Ces prédications, qui se veulent résolument textuelles et christocentriques, te feront redécouvrir le sens profond des Écritures et nourriront ta foi en Christ.


Notes écrites de la prédication:

Un peu de théâtre

Nous terminons le parcours d’un livre qui m’a finalement beaucoup impressionné par sa lucidité, et sa pertinence dans notre vie quotidienne. Aux remarques que j’ai eues, je suppose que vous avez fait le même constat.

En préparant les thèmes des prédications de cette douzaine de messages, mes souvenirs me disaient qu’on allait terminer sur le thème de la vieillesse et de la mort. Mais en fait, c’est un vif appel aux jeunes à vivre à la lumière de l’inéluctable. Je suis donc émerveillé que, dans la providence de Dieu, ce dernier message corresponde au premier dimanche de cette semaine d’évangélisation par le groupe de jeunes de notre Église. Parce que cet ultime message de Salomon s’adresse particulièrement à ceux qui commencent leur vie.

Quand j’étais ado, je prenais des cours au théâtre municipal. C’était intéressant. On passait des heures à répéter des textes, des postures, des gestes, tentant de coller au mieux aux dires du metteur en scène. Plus on s’approchait des jours de représentation, plus il fallait répéter, pour terminer parfois à minuit, une heure du matin… Et puis venait la première… Toute l’adrénaline… la concentration, la gestion du trac… et puis le rideau tombait… grand soulagement.

Venait alors le temps des critiques ou des compliments. Les moments de bilan plus ou moins faciles à gérer. Et puis un autre moment fort, celui de la dernière représentation. Il y avait dans l’ultime tombée de rideau un mélange de nostalgie de l’ambiance et de satisfaction d’en avoir terminé. Tout ceci validait l’effort consenti. Je me dis qu’il y a une certaine analogie avec la vie…

À un moment donné, le rideau tombe pour de bon, et c’est frustrant! Toutes les ambitions sont anéanties, toutes les relations sont interrompues – comment vivre dès sa jeunesse à la lumière de l’inéluctable?

Voici l’homme qui a pourri sa vie en violant tous les principes qu’il avait consignés dans les Proverbes, qui s’est détourné de l’amour qu’il avait décrit de façon si précieuse dans le Cantique des Cantiques. Le voilà, au bout du chemin, perverti par le pouvoir, le plaisir, les femmes, les excès, le travail. Il témoigne, afin de comprendre ce que sont les chemins à éviter, et ceux à emprunter. Il témoigne pour dire à ceux qui sont moins âgés, de faire gaffe à leurs pas…

Voici les derniers propos de Salomon, pour que nous sachions vivre. Sachant qu’on va vieillir… Sachant qu’on va mourir… Sachant que ce n’est pas facile sous le soleil…

Lecture: Ec 11-12

Pendant que tu es jeune…

Sois généreux (Ec 11.1-3)

1 Jette ton pain à la surface des eaux, car avec le temps tu le retrouveras; 2 donne une part à sept et même à huit, car tu ne sais pas quel malheur peut arriver sur la terre. 3 Quand les nuages sont gonflés de pluie, ils la déversent sur la terre; et si un arbre tombe, vers le sud ou vers le nord, c’est à la place où l’arbre tombera, qu’il restera.

Ec 11.1-3

En vous promenant avec des enfants au parc de la tête d’or, vous avez peut-être amené un sac de morceaux de pain sec pour les canards ou pour les cygnes… L’une des grandes leçons de la vie, c’est que le pain jeté à l’eau, il coule!! Plus vous attendez, plus il coule, se dissout, et disparaît. Ou, bien sûr, il est dévoré par les oiseaux, les poissons, les batraciens en tout genre.

C’est quoi jeter son pain? C’est un geste qui paraît stupide, ou en tout cas qui ne laisse pas prévoir le moindre retour. Mais… pour recevoir un retour sur investissement, il faut d’abord investir!

C’est l’image d’une certaine générosité. Une personne qui dispense généreusement ses biens, et notamment son pain (l’hospitalité, le soin des pauvres, etc.) retrouvera le fruit de sa générosité. Cette générosité est encore soulignée lorsque Salomon recommande de donner à 7 ou 8 personnes de quoi manger.

Pourquoi jeter son pain? Dans la perspective un peu égoïste de Salomon, c’est parce que tu le retrouveras!

Si Pierre perd son travail, et que Jean lui donne à manger, et que Pierre retrouve du travail, que fera Pierre plus tard si Jean perd son travail? C’est un sujet pour le Bac!

Si une personne est connue pour sa générosité tout le monde voudra la secourir quand elle va mal.

Je sais que les jeunes qui écoutent ici se disent: » ça tombe bien, moi, j’ai pas un sou! Mais il y a plusieurs manières d’être généreux. Certes, on peut donner son repas. Mais on peut aussi donner de son temps. Ou bien de son amitié. Ou bien de ses compétences. Ou encore de sa joie. Tu seras arrosé à la hauteur de ton arrosage!

Déjà sur terre, parce qu’on apprécie tellement plus les gens qui donnent. Dans la parabole des mines, Jésus reprend celui qui garde pour lui ce qu’il a reçu de Dieu.

Laissez moi dire un mot aux jeunes qui commencent le camp. C’est difficile une semaine d’évangélisation. C’est difficile de dormir loin de son lit. C’est difficile de s’entendre avec des gens qui sont différents. Il y aura des plombs qui vont sauter, ou des câbles. Mais une chose est sûre. Si vous vous concentrez sur votre prochain, si tous cherchent le bien des autres, ça passera! Ce ne sera pas parfait. Mais en Christ on a toujours la possibilité et l’honneur de demander pardon… de pardonner… d’ajuster le tir…

Ne sois pas avare. C’est vraiment triste les gens avares, qui ne partagent pas ce qu’ils ont, qui se préservent, qui se retiennent. Et ce que j’ai remarqué, c’est que l’entraînement à la générosité commence tôt. Quand on est jeune. Quand on est vieux – disons plus de 30 ans☺–c’est trop tard!

C’est l’idée des deux images: le nuage gonflé de pluie fait tomber de la pluie! Si tu as appris et accumulé certaines de ces qualités, tu seras prêt à les faire pleuvoir, parce qu’elles te remplissent!

C’est l’idée de l’arbre qui tombe là où il est; après, il ne bouge plus! On a dû couper un cerisier il y 2 ans. C’est fou comme ça paraît facile avant de commencer, et combien c’est extrêmement difficile de le faire tomber. Mais quand il est tombé, il ne bouge plus!

On ne se bonifie pas nécessairement en vieillissant. On renforce les traits de caractère qu’on a développés dans sa jeunesse. Les colériques le restent. Les paresseux le restent… C’est quand tu es jeune que tu prends ces résolutions. Parce que quand tu seras un arbre mort, ce sera trop tard! Tu seras empêtré dans tes habitudes.

Prends des risques (Ec 11.6-7)

4 Qui observe le vent ne sèmera point, qui fixe les regards sur les nuages ne moissonnera pas. 5 Comme tu ne connais point le mouvement du vent, ni de l’embryon dans le ventre de la femme enceinte, tu ne connais pas non plus l’œuvre de Dieu qui fait tout. 6 Dès le matin sème ta semence, et le soir ne laisse pas reposer ta main; car tu ne sais point ce qui réussira, ceci ou cela, ou si l’un et l’autre sont également bons. 7 La lumière est douce, et c’est bon pour les yeux de voir le soleil.

Si vous comparez les villages irlandais, et les villages italiens, ils ont le « i » en commun, et la météo pour différence! En Italie, le linge est constamment à sécher dehors. En Irlande, on ne laisse jamais le linge dehors… parce qu’on sait qu’il pleuvra sûrement ce jour-là. La grande question des ménages irlandais (avant l’invention du sèche-linge), c’est de discerner quand il est opportun de sortir le linge.

En milieu urbain, ou en milieu agraire mécanisé, la métaphore ne parle pas trop.

À l’époque, semer se faisait en marchant dans les champs et en jetant des graines. Un travail à pleurer, parce que des oiseaux et des rongeurs se régalaient du festin, et puis un vent violent pouvait éloigner les graines du champ… À force de se préoccuper du vent, on se disait toujours qu’il fallait reporter au lendemain…

Idem pour la moisson et la pluie. Moissonnez en temps de pluie, et votre moisson moisira dans les semaines qui suivent. Dans les deux cas, il faut avoir cette rare qualité de savoir évaluer le risque et l’intérêt.

En ce début de 21e siècle, la culture occidentale a développé une manière de vivre morne et stérile mettant en avant le principe de précaution. La sécurité, la sûreté, la protection sont devenus de maîtres mots.

Je ne vais pas……passer cet examen, des fois que je le raterais……commencer cette entreprise, des fois qu’elle ferait faillite……la demander en mariage, des fois qu’elle refuserait……passer du temps avec lui, des fois qu’il n’aimerait pas……faire un voyage avec Portes Ouvertes, des fois que j’aurais peur……faire un camp ou une colonie, si les animateurs n’étaient pas sympas……faire la cuisine dans un camp, si je tombe de fatigue…

Mais comme les mouvements de l’embryon dans le ventre d’une mère enceinte sont invisibles, ainsi en est-il de la providence de Dieu. Comme on ne sait pas les résultats de nos actions, il faut parfois mettre le pied à l’étrier, et partir même s’il y a un risque…

Dans le monde de l’entreprise, certains sont comme M. Ayek, le fondateur richissime de Swatch – pour lesquels tout a réussi. D’autres sont comme Ray Kroc, (1902-1984), un temps pianiste, puis vendeur de gobelets en carton. Il a connu pas mal de déboires. Mais à 52 ans, il est devenu milliardaire pour avoir eu l’intuition que le concept des restaurants McDonald pouvait se développer un peu…

Dans le monde des arts, bien des artistes ont poursuivi leur passion sans être reconnu à temps. Il est tristement amusant d’apprendre que Jean-Sébastien Bach était tellement pauvre qu’il est allé en prison pour ne pas avoir pu honorer des « chèques ».

Dans le monde du ministère, des hommes comme Jérémie ont œuvré sans jamais voir le fruit de leur œuvre, quand d’autres comme Jonas n’ont eu qu’à répéter une phrase pendant quelques jours dans une ville pour que le plus grand réveil spirituel du monde païen décrit par l’Ancien Testament arrive.

6 Dès le matin sème ta semence, et le soir ne laisse pas reposer ta main; car tu ne sais point ce qui réussira, ceci ou cela, ou si l’un et l’autre sont également bons. 7 La lumière est douce, et c’est bon pour les yeux de voir le soleil.

Ec 11.6-7

L’activité est une bonne chose! Ne rejette pas le soleil qui voudrait te réveiller!

Relativise les jours (Ec 11.8-10)

8 Si donc un homme vit beaucoup d’années, qu’il se réjouisse en elles toutes, et qu’il se rappelle que les jours de ténèbres seront nombreux; tout ce qui arrive est vanité. 9 Jeune homme, réjouis-toi pendant ton adolescence, que ton cœur te rende heureux pendant les jours de ta jeunesse, marche dans les voies de ton cœur et selon les regards de tes yeux; mais sache que pour tout cela Dieu te fera venir en jugement. 10 Écarte de ton cœur le tracas, et éloigne le mal de ton corps car l’adolescence et l’aurore sont vanité.

Ec 11.8-10

De tous les gens de la planète, ceux qui connaissent le Créateur devraient être les premiers à se réjouir de la vie, et notamment des bonnes choses de la vie! Vous, les parents, avez-vous récemment encouragé vos enfants par un « Profite à fond… » …des soldes? …d’un concert? …d’un kebab avec des copains?

« Profite parce qu’il y aura des jours tristes. Des jours où tu n’auras pas eu le permis de conduire, le brevet, le bac, un concours… des jours où tu auras des chagrins d’amour, des craintes, des maladies, des déceptions, des deuils. Les jours de ténèbres sont très nombreux, tu verras! Alors quand il y a quelque chose de beau, de bien, profite – mais remercie Dieu. »

Nous qui sommes parents, est-ce la routine à la maison? Jamais d’enthousiasme pour un barbecue? C’est en affirmant les joies que l’on tire de l’existence qu’on apprend aux jeunes ce que sont les joies légitimes.

J’ai souri jusqu’aux oreilles en louant Dieu à voix haute devant un beau paysage –et mes enfants regardaient furtivement autour pour vérifier que personne n’avait entendu!

Nous avons exprimé notre reconnaissance publiquement à Dieu pour tous les cadeaux… chaque fois qu’on les reconnaissait.

9 Jeune homme, réjouis-toi pendant ton adolescence, que ton cœur te rende heureux pendant les jours de ta jeunesse, marche dans les voies de ton cœur et selon les regards de tes yeux.

Ec 11.9

C’est rarement au programme du groupe de jeunes! Cours de jouissance de la vie… C’est dans la jeunesse que c’est possible. Et même là, il y a parfois des jours sombres. Des relations familiales difficiles, des amitiés manipulatrices, des échecs, des incompréhensions…

Plus jamais……tu n’auras cette liberté de prendre autant de temps avec d’autres!…tu n’auras cette joie de l’insouciance de refaire le monde, de discuter de la vie, de la mort……tu ne seras sans lien ou responsabilité forte dans le monde du travail ou dans un mariage.

C’est le moment! C’est le moment!

Mais… mais il y a une chose qu’il faut bien garder en tête: Un examen assez solennel examinera nos réjouissances… »mais sache que pour tout cela Dieu te fera venir en jugement » (v.9).

Si tu as un verre de bon vin pour le boire avec des amis, en remerciant Dieu pour ses cadeaux, tu le fais à la gloire de Dieu. Si tu as bu jusqu’à la cuite, en abîmant ton corps, tu déshonores ton Créateur…

Si tu as honorablement courtisé une jeune femme, ou si tu as honorablement passé du temps avec un jeune homme, en remerciant Dieu de t’éclairer sur la qualité de votre relation, tu marches pour la gloire de Dieu. Si tu as profité d’une personne… tu es largement en dehors de tout ce que Dieu désire. D’abord ça montre que tu ne connais pas le Seigneur, et le jugement est éternel. Ou bien tu as oublié la purification de tes péchés et une honte très intense t’attend…

Je sais que la lutte contre le péché est parfois difficile. Je sais, hélas, ce que sont les sentiments qui suivent la chute. Mais je me dis que si cette réalité est difficile aujourd’hui, qu’en sera-t-il le jour du jugement?

10 Écarte de ton cœur le tracas, et éloigne le mal de ton corps; car l’adolescence et l’aurore sont vanité.

Ec 11.10

Dans cette joie, bornée par la compréhension du jugement de Dieu, il faut prendre un peu de recul: Profiter des bons temps ne veut pas dire vivre pour ces bons temps.

En fin d’analyse, ces moments fugaces de bonheur partiront comme le reste – tout est vapeur, fumée, temporalité, vanité.

Ancre-toi en Dieu (Ec 12.1a)

1 Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse…

Ec 12.1a

Les statistiques sont extrêmement convaincantes: la vaste majorité des hommes et des femmes qui viennent à Christ le font pendant leur jeunesse. On parle de 19 personnes sur 20 qui se convertissent avant 25 ans!

Les personnes qui se convertissent après 25 ans le font souvent suite à une crise (maladie, divorce, décès, etc.)

C’est dans les années de la jeunesse qu’on se forge des convictions… Pendant ces années, on prend les grandes orientations du travail, du mariage… Pendant ces années, on prend des habitudes qui ont tendance à nous suivre la vie durant.

« Souviens-toi »

On pourrait traduire par: « Tiens compte de ton Créateur. » Prends en compte les qualités, la sainteté de ton Créateur. Sa force, sa majesté, sa puissance…

Jésus rapporte cette histoire de deux maisons, l’une bâtie sur le roc, l’autre sur le sable… Devinez ce qu’il se passe à la première tempête!

Tu poses le fondement aujourd’hui. Tes habitudes de lecture de la Bible et de prière commencent aujourd’hui. Ton éthique professionnelle se forge aujourd’hui. Ton ambition familiale se forge aujourd’hui…

C’est pendant les jours de la jeunesse qu’on s’ancre en Dieu… Timothée qui évoque la foi qu’il a reçue de sa mère et de sa grand-mère. Jésus qui met en garde ceux qui seraient une occasion de chute pour les enfants en Mt 18

Pense au vieillissement (Ec 12.1b-7)

…avant que les jours du malheur viennent et que les années soient proches, dont tu diras: Je n’y trouve aucun agrément

Ec 12.1b

Tu sais pourquoi? Profite maintenant de toutes ces opportunités parce qu’un jour, tu n’auras plus toutes tes facultés… tu n’apprécieras plus vraiment la vie… chaque jour sera trouble et malaise…

J’entends parfois les gens dire: « Quand je serai à la retraite, alors je ferai… » C’est faux! À la retraite, tu regretteras de ne jamais avoir fait ce que tu aurais pu faire quand tu en avais encore la force…

La description qui suit est très poétique pour parler du vieillissement, sans qu’on puisse toujours pleinement identifier ce dont il est question.

2 avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie.

Ec 12.2

On perd le goût des contrastes et des plaisirs de la vie. Ni le soleil, ni la lune, ni la lumière, ni les étoiles ne marquent le temps avec satisfaction. Dès que la pluie s’arrête, les nuages reviennent. Soit pour indiquer que les ennuis de santé s’accumulent, et qu’il n’y a plus d’accalmie. Soit pour souligner qu’il ne faut jamais s’éloigner des toilettes, parce que les nuages reviennent vite! Quand on fait ses courses, on pense aux pauses qu’il faudra faire pour vider ces nuages!

3 Ce jour-là les gardiens de la maison tremblent, les hommes vaillants se courbent

Ec 12.3a

Les bras qui étaient capables de se battre, de se défendre, de prendre part à la vie ne peuvent même plus tenir un crayon parce qu’ils tremblent! William Vance, créateur de la BD XIII vient de déclarer qu’il arrêtait la série mythique à cause de la maladie de Parkinson. J’aimerais bien apprendre le Krav Maga. Mais il va vite falloir que je m’y mette!

Les jambes se courbent. Elles qui étaient vaillantes et capables de courir, de porter, de me transporter, deviennent lentes, fatiguées, difficiles à mobiliser. On arrive plus à prendre le Nutella caché en haut des rayonnages, parce que les jambes restent pliées. On perd des centimètres…

Celles qui doivent moudre s’arrêtent parce qu’elles sont devenues peu nombreuses, ceux qui regardent par les fenêtres sont obscurcis

Ec 12.3b

Les dents sont en grève. Ou plutôt elles ont pris leur retraite. Elles ont disparu. Elles sont parties avant le reste! Comment manger un bon steak quand on a pas de quoi le mâcher? Ou pire, lorsqu’il n’en reste que deux, une de chaque côté, mais à droite et à gauche… Douleur! C’est terrible. On naît sans dent et on meurt sans dent!

On ne voit plus trop clairement. La vue s’assombrit. Certains d’entre nous ont entamé ce chemin, ou il faut ajuster des verres de plus en plus épais et de plus en plus complexes pour garantir la vue. C’est maintenant qu’il faut aller au musée des Beaux-Arts… après, c’est trop tard!

4 les deux battants (de la porte) se ferment sur la rue quand s’abaisse le bruit de la meule

Ec 12.4a

Un vieux pasteur racontait avec humour ce qui se passait quand il allait se coucher. Pendant que sa femme mettait des boules Quiès, lui, il enlevait tous ses appareils: dentaires, auditifs, lunettes!

l’on se lève au chant de l’oiseau, toutes les chanteuses s’affaiblissent

Ec 12.4b

D’ailleurs, c’est peut-être pour cela qu’elle met des boules Quies, pour éviter d’entendre le chant des oiseaux. Parce qu’on a beau vouloir dormir, cela devient impossible. On est debout tôt quand on vieillit! On a travaillé toute sa vie, et quand on pourrait profiter du repos, c’est impossible! On se lève, et impossible de se rendormir…

On ne profite même plus des « filles du chant » (littéralement) peut-être parce que le moindre brouhaha, même musical devient lassant. Ou peut-être parce qu’on a perdu l’ouïe. On n’apprécie plus la beauté de la musique.

C’est maintenant qu’il faut aller à Jazz à Vienne… C’est maintenant qu’il faut mettre un CD de Bach et se laisser emporter… C’est maintenant qu’on apprécie la créativité que Dieu donne aux hommes…

5 l’on craint ce qui est élevé, l’on a des terreurs en chemin

Ec 12.5a

On a peur de sortir. Si un ami téléphone pour proposer d’aller manger quelque part, on répond: « Oh non, pas à 18h, c’est dangereux… il va faire nuit… et puis s’il y a des marches, je ferai quoi? et si je tombe, je ferai quoi? et si je me perds, je ferai quoi? Alors on reste chez soi…

On a peur en chemin… Peur de se faire mal, peur des gens, peur des enfants qui courent, peur des chiens qui passent…

L’amandier fleurit, la sauterelle devient pesante

Ec 12.5

Les fleurs de l’amandier sont blanches. Une belle image pour décrire la coloration des cheveux. Je devrais dire la décoloration!

Le moindre fardeau qu’on transportait gaillardement devient difficile à porter. Certains lient la « sauterelle » à la câpre – mais, c’est un peu osé…

la câpre n’a plus d’effet

Ec 12.5

Le Talmud voit dans la câpre un aphrodisiaque. Il est dit que la libido féminine est à son apogée à 30 ans. Celle de l’homme à 20 ans… à 30 ans… à 40 ans… à 50 ans… Mais vient le jour où même la câpre n’aura plus d’effet, et tous les plaisirs légitimes de la vie que Dieu nous donne pour l’adoucir ne seront plus…

Car l’homme s’en va vers sa demeure éternelle, et les pleureurs circulent dans la rue; 6 avant que le cordon d’argent se détache, que le globe d’or se casse, que la jarre se brise sur la source, et que la roue se casse sur la citerne; 7 avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné.

Ec 12.5-7

Parce que le moment vient: le moment de rentrer dans une tombe et d’y rester à jamais sous le soleil, du moins, selon l’observation humaine… La résurrection est une assurance dont l’Ancien Testament comme le Nouveau Testament parlent, mais ce n’est pas le regard que porte Salomon: Celui d’une demeure éternelle. Celui de pleureurs dans les rues.

Comme une cruche qui explose parce que descendue trop vite et qui ne peut plus ramener d’eau, ainsi se brise le corps qui revient à la terre et qui ne retient plus le souffle…

Vous savez ce que la Bible dit. Une seconde après la mort, on est en présence de Dieu ou pas, et c’est définitif (cf Dn 12.2; Mt 25.46). Pas de réincarnation. Pas de purgatoire. Pas d’universalisme…

C’est la beauté de l’Évangile… Dieu se fait homme pour ramener des hommes à lui. Pas tous les hommes: ceux qui auront l’humilité de réaliser leur mortalité, leur éloignement de lui, leur besoin de lui…

La naissance par nos parents nous permet de venir à la vie terrestre. Il faut la naissance d’en-haut, celle que le Père donne en Jésus-Christ, son Fils unique, pour vivre à la vie spirituelle, céleste. Pour devenir enfant de Dieu.

Pendant que tu es lucide…

Prends de la distance (Ec 12.8)

8 Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, tout est vanité.

Ec 12.8

Avec le verset 8 nous nous approchons lentement de la conclusion de l’ensemble du livre. Salomon est un homme qui a tout essayé. C’est peut-être le moment de récapituler son parcours:

Il a mis en avant le rire et le plaisir: vanité. On est aussi triste le lendemain. Il s’est habitué aux substances à plaisir: vanité. Il faut se lever le lendemain. Il s’est immergé dans le travail et les projets, 185 000 ouvriers travaillant pendant 13 ans sur le temple, et 7 ans pour sa maison: vanité. Ça ne satisfait pas, et de toute façon, le temps l’emportera.

Les femmes, un harem constitué de 700 femmes et de 300 concubines. Des femmes pour le statut social, et des concubines pour le plaisir. C’est un homme perverti qui écrit ce livre de la Bible: vanité. Sa grande découverte à propos de la vie, c’est que la part de l’homme, le vrai plaisir stable de sa vie, ce sont trois actions: manger, boire, travailler et un lien, celui de la famille… Parce que le temps passe et détruit tout. Tous les éléments positifs sont annulés par d’autres qui sont négatifs. Il n’y a aucune échappatoire.

Salomon observe que même l’esprit religieux est pétri de fausseté, et que le refuge des grenouilles de bénitiers est le pire, ou le meilleur pour mourir loin de Dieu, sans espérance.

La vie en société est frustrante, la mort est frustrante… Et la conclusion qu’il tire de l’existence est la suivante:

Ce mot hébreu « hevel » est omniprésent (38 fois) en Ecclésiaste, alors qu’on ne le retrouve que 35 fois dans le reste de l’Ancien Testament.

Il a un sens très concret de vapeur, de buée, de vent. Il est parfois utilisé ainsi. Il a un sens figuré, imagé, qui s’appuie sur le sens concret. Et il a un sens vital, lié à la vie: déception, dérisoire, illusoire. Parfois même lamentable…

Le mot vanité a un côté vieillot. On peut utiliser d’autres expressions:

Tout part en fumée, rien ne sert à rien, rien ne mène à rien.

Traduction Parole De Vie

De la fumée, tout n’est que fumée, tout part en fumée.

Traduction Bible en Français Courant

Futilité complète, futilité complète, tout n’est que futilité!

Traduction Nouvelle Bible Segond

Alors il faut parfois apprendre à ne pas foncer tête baissée dans la vie. Il faut relever la tête, voir où on va, intégrer l’éternité, ne pas s’attendre à ce qu’elle donne tout ce qu’on attend d’elle… Tu n’es pas la vie que tu mènes. Tu mènes une vie, mais ton identité n’est pas seulement dans ce que tu vis. Elle tient à ta nature, créée à l’image de Dieu, et rachetée si tu t’es converti à Jésus. Tu ne peux t’attendre à ce que la vie te donne la plénitude.

Celle-ci viendra de Dieu. Il te rappelle qu’il est le pain de vie, lui-même:

  • Il baptise d’Esprit saint

  • Il est le pain de vie.« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (Jn 6.35) « Moi, je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement, et le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » (Jn 6.51)

  • C’est de lui que vient la lumière.« Jésus leur parla de nouveau et dit: Moi, je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jn 8.12)

  • C’est lui qui fait entrer dans une relation avec Dieu.« Moi, je suis la porte; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira et trouvera des pâturages. » (Jn 10.9)

  • C’est lui qui donne l’abondance.« Le voleur ne vient que pour voler et tuer et détruire; moi, je suis venu, afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance. » (Jn 10.10)

  • C’est lui qui donne un sens à la vie au-delà de la mort.« Jésus lui dit: Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort » (Jn 11.25)

  • C’est lui qui donne accès à la VIE.« Jésus lui dit: Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jn 14.6)

  • C’est lui qui donne la sève qui nous fait porter du fruit.« Moi, je suis le cep; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruit, car sans moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15.5)

Ce qui donne un sens complet, une valeur ultime et éternelle à cette vie, c’est l’intégration de la personne de Jésus?

C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas que Moi je suis, vous mourrez dans vos péchés.

Jn 8.24

Profiter de la vie pendant qu’on est jeune, en fondant toute sa vie en Christ… garder ces choix…

Lis de bons livres (Ec 12.9-12)

9 Outre que l’Ecclésiaste fut un sage, il a encore enseigné la connaissance au peuple; il a écouté, sondé, mis en ordre un grand nombre de proverbes. 10 L’Ecclésiaste a tâché de trouver des paroles agréables; transcrites exactement, ce sont des paroles véridiques. 11 Les paroles des sages sont comme des aiguillons; les auteurs de recueils sont comme des clous plantés. C’est le don d’un seul pasteur. 12 Du reste, mon fils, tires-en instruction; on ne finirait point de faire un grand nombre de livres, et beaucoup d’études est une fatigue pour le corps.

Ec 12.9-12

1 Rois 4 évoque en partie la carrière de Salomon:

12 Il a prononcé trois mille proverbes, et ses chants sont (au nombre de) mille cinq. 13 Il a parlé sur les arbres, depuis le cèdre du Liban jusqu’à l’hysope qui sort du mur; il a aussi parlé sur les bêtes, sur les oiseaux, sur les reptiles et sur les poissons. 14 On venait de tous les peuples pour entendre la sagesse de Salomon, de la part de tous les rois de la terre qui avaient entendu (parler de) sa sagesse. »

1R 4.29-34

Les propos que nous lisons ont deux fonctions:

  • Comme des pics qui forcent le chemin des brebis
  • Comme des piquets qui forment une barrière empêchant les brebis de s’éloigner.

Il y a quelques années, j’ai eu la joie de passer le brevet d’ULM. J’avoue que c’est assez sympa de voler, de s’approcher des nuages, de regarder de haut des paysages magnifiques. Ce que l’on apprend par contre, c’est qu’on ne peut pas voyager spontanément comme on le ferait en vélo. En vélo, on peut partir et décider de l’itinéraire en cours de route. En avion, l’absence de signalisation dans les airs oblige le pilote à préparer un plan de vol extrêmement précis et à suivre ce parcours avec exactitude.

En cas d’erreur, les petits hommes en bleus viendront vous rejoindre à bord de leurs beaux hélicoptères, ou pire, des hommes en marrons à bord de Mirages viendront vous montrer qu’ils pilotent mieux que vous. En sorte qu’à chaque voyage, vous devez observer tous les dangers, les centrales nucléaires et les villes qu’il ne faut surtout pas survoler, les zones contrôlées et les fréquences radios à utiliser, les jours et les heures d’utilisation des couloirs aériens militaires, les aérodromes de secours en cas de panne… bref, l’improvisation est dangereuse. On part préparé, avec cartes et GPS, boussole et crayon!

C’est un peu comme ça la vie. Elle se prépare. Non pas dans le quotidien, quelle horrible tristesse de vivre un parcours linéaire entièrement prévu d’avance! Elle se prépare dans les grands principes que l’on veut suivre.

Ce cadeau vient d’un seul Pasteur, bien entendu, la personne même de Dieu. Dieu nous a laissé une Parole inspirée, c’est-à-dire mot pour mot soufflée par Dieu (2Tm 3.16).

Dieu a conduit des auteurs humains afin qu’ils transcrivent exactement ce que nous avons besoin de connaître (2P 1.20-21). Mais si le verset 12 est le verset favori des étudiants qui tentent de convaincre leurs parents d’arrêter leurs études, c’est une bonne idée de s’entourer de bons livres.

Tous les parents d’ados et tous les ados devraient lire Génération Challenge. Tous les ados devraient lire Ne gâche pas ta vie de John Piper, ou encore Si tu veux aller loin de Ralph Shallis.

Finalement… (Ec 12.13-14)

13 Écoutons la conclusion de tout le discours: crains Dieu et observe ses commandements. C’est là tout l’homme. 14 Car Dieu fera passer toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.

Ec 12.13-14

Finalement, l’anti-frustration de la vie, c’est la crainte de Dieu. Le respect pour Dieu (Jb 28.28; Ps 111.10; Pr 1.7; 9.10) qui pousse l’homme à l’obéissance. Parce que « Dieu fera passer toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal ».

Il n’y a aucune créature, qui soit invisible devant lui: tout est mis à nu et terrassé aux yeux de Celui à qui nous devons rendre compte.

Hé 4.13

Je vous le dis: au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine, qu’ils auront proférée.

Mt 12.36

Dieu bénit ceux qui le craignent (Ps 34.11; Jr 2.19). Dans le Nouveau Testament (en particulier les évangiles synoptiques et les Actes), la crainte s’applique aux disciples et premiers chrétiens qui marchaient « dans la crainte du Seigneur » (Ac 10.2). La crainte de Dieu stimule la sanctification et l’amour fraternel (2Co 7.1; Ép 5.21).

Le Nouveau Dictionnaire Biblique écrit sur le thème de la crainte de Dieu:

L’homme moderne a perdu la crainte de Dieu. Il ne laisse plus de place au Dieu transcendant et il a peur du néant. Il doit réapprendre la crainte et l’amour pour Dieu (Dt 10.12,20; Mt 10.28; Rm 11.20-21). Dans le Nouveau Testament, les commandements doivent être observés de bonne volonté et dans la joie, dans une crainte enfantine (Jn 14.15). La crainte doit être le soutien et l’espérance du chrétien (Jb 4.6). Plus l’amour pour Dieu croît, plus la crainte servile s’affaiblit: l’amour parfait bannit la crainte.

1Jn 4.18

Je dois dire que certaines tentations ont été ou sont pour moi difficiles à contenir. Et ce qui m’est utile, lorsque je vois mon cœur avancer dans le compromis, c’est de me projeter dans ce temps où Jésus me regardera comme lorsqu’il a regardé Pierre. Ou bien comme lorsqu’il a regardé Jean, en Apocalypse, avec ces yeux comme une flamme de feu, le faisant tomber à terre. Ces yeux qui regardent non seulement aux actes ou à l’absence d’actes, mais aussi à la motivation.

La vie a bien des pièges. Salomon est tombé dans à peu près tous! Et il écrit pour baliser un chemin qui nous évite d’exploser nos vies…

Le propre de l’homme, c’est cette conscience, certes souillée et dévoyée par le péché et la société, mais néanmoins bien présente. Cette conscience est avivée par l’Esprit saint quand il régénère celui qui se convertit.

Bien-aimés, « écoutons la conclusion de tout le discours: crains Dieu et observe ses commandements. C’est là tout l’homme. Car Dieu fera passer toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal » (Ec 12.13-14).

C’est la manière de l’Ancien Testament de parler de conversion. Dans l’Ancien Testament les expressions sont particulières. Par exemple, vous devez circoncire vos cœurs! Ou vous repentir. Le Nouveau Testament dit la même chose, mais différemment:

Car il n’y a pas de distinction: tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu… … et ils sont déclarés justes par sa grâce; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance.

Rm 3.23-24


Dans la même série: