Le bien et le mal, ça frustre grave! (Ecclésiaste 7) – Florent Varak

Découvre cette prédication de Florent Varak sur Ecclésiaste 7.1-26. Elle est la septième d’une série de 11 prédications que tu pourras retrouver ici.

La plupart des blogueurs ToutPourSaGloire.com sont également pasteurs. Aujourd’hui, tu peux toi aussi bénéficier de leurs enseignements grâce à notre nouveau podcast Prédications TPSG. Ces prédications, qui se veulent résolument textuelles et christocentriques, te feront redécouvrir le sens profond des Écritures et nourriront ta foi en Christ.

[Nb: Merci de nous excuser pour la qualité audio de cette prédication, dont le fichier a été endommagé…]

Tu peux également écouter ce podcast sur Spotify, iTunes, Deezer, et Google Podcast.


Notes écrites de la prédication:

Choisir

Les choix sont innombrables pendant la vie sur terre. Et c’est parfois frustrant de savoir quoi choisir. Ces choix sont parfois d’une grande banalité:

  • La couleur des chaussettes n’a pas grande incidence sur le déroulement d’une journée. Il faut juste s’assurer, si le corps s’est réveillé tôt sans que l’esprit ait suivi, qu’on a bien pris les mêmes couleurs.
  • Le choix de prendre le métro ou le tram ou le bus a rarement, sauf en période d’attentat terroriste, de grandes conséquences sur notre éternité.
  • Manger un sandwich ou un bol de riz…

À la question d’aller au Baron; de prendre l’air et de boire un verre, certains répondent: « Non, non, non, non. » Certes, l’illustration est un peu ésotérique pour beaucoup (cf. Camélia Jordana).

D’autres choix ont bien sûr des conséquences durables:

  • Choisir de ne pas travailler à l’école limite les orientations professionnelles possibles.
  • Choisir de dire « oui » devant le maire engendre des conséquences durables.
  • Choisir de se convertir à Christ parce qu’on a la conviction qu’il nous invite à déposer nos fardeaux et nos péchés à ses pieds engendre un changement actuel et éternel.

Beaucoup de ces choix sont souvent moralement neutres. Ils font partie de la joie de vivre sous le soleil, avec toutes les options qui colorent agréablement la vie.

D’autres choix sont plus difficiles parce qu’ils génèrent une réflexion morale ou éthique.

Vous êtes artisans, vous êtes un disciple de Jésus alors vous déclarez tous vos revenus au fisc. Et comme vous n’y arrivez pas vous allez voir le Trésor Public, et l’inspecteur en personne vous dit: « Monsieur, si vous déclarez tout, vous ne pourrez pas vous en sortir. »

Que faire alors? Cette histoire est malheureusement authentique!

Il y a un mois, un frère a posé la problématique éthique de certaines questions médicales. Ce n’est pas toujours facile de prendre les bonnes décisions dans un monde tordu.

Et des situations tordues, il y en a… Un jour j’ai entendu l’histoire surprenante de cette aide sociale qui s’occupait de malades mentaux autorisés à rester à leur domicile… Après plusieurs appels téléphoniques, elle a été interpellée par l’un de ses nouveaux patients qui lui disait devoir « s’occuper de son troll ». Elle décide finalement d’aller voir ce patient chez lui, et réalise alors qu’il séquestrait un homme nain dans son placard…

Au cas où vous vous posiez la question, ce n’est pas une bonne idée.

Salomon continue de nous décrire l’exploration qu’il fait de la vie. Et le chapitre qui nous préoccupe rassemble plusieurs remarques sur ce qui est bien et ce qui est mal. Ou sur ce qui est mieux…

Je vous invite à ouvrir vos Bibles en Ecclésiaste 7. Nous avons là une sorte de catalogue d’attitudes ou de comportements qu’il faut éviter ou imiter. Je suis conscient que Salomon livre ses idées un peu en vrac, et j’espère que vous tirerez ici ou là une pensée percutante pour cette semaine…

Lecture: Ecclésiaste 7

Ce qui est meilleur sous le soleil (Ec 7.1-12)

Réputation > Parfum (Ec 7.1)

Bonne renommée vaut mieux que l’huile parfumée, et le jour de la mort que le jour de la naissance.

– Ec 7.1

J’aime beaucoup les parfums. Si j’étais riche comme Crésus, j’entrerai dans une parfumerie, j’achèterai un exemplaire de chaque, et je mettrai un parfum différent chaque jour, selon la météo. Ou bien selon l’humeur. Ou selon les goûts de mon épouse, sauf qu’elle supporte mal les parfums donc ça tombe bien que je ne sois pas riche comme Crésus!

C’est vraiment fascinant les parfums.

Les tablettes du 2e millénaire av. Jésus-Christ parlent déjà de parfum. On a retrouvé une véritable fabrique de parfum en Egypte, qui précède Salomon de 8 siècles. Souvent pour des pratiques cultuelles, parfois pour l’embaumement des corps, et souvent pour l’agrément…

Il y a une grande variété de parfums différents. Certains proviennent d’animaux. Le musc secrété par le chevrotin du Tibet se sent à 1 km à la ronde -messieurs, juste un peu. D’autres substances sont extraites de plantes: la rose, le jasmin, l’iris, la violette. On utilise certaines écorces, ou des feuilles. On utilise aussi quelques agrumes dont les odeurs sont classées sous la famille des hespéridés.

Si vous cherchez un métier: créateur de parfum, c’est intéressant, mais il faut bien sûr avoir du nez, ni comme Cléopâtre ni Cyrano, mais très fonctionnel!

À l’époque de Salomon, il n’y avait pas d’alcool distillé. Pour fixer les odeurs, on utilisait souvent de l’huile. Il y a l’exemple saisissant de la consécration des prêtres décrite en Exode. Un parfumeur devait réaliser un parfum spécial: 

Il y avait cinq kilos de myrrhe liquide, deux kilos et demi de cinnamome, deux kilos et demi de cannelle de bonne odeur, et cinq kilos de casse. Il devait aussi prendre six litres d’huile d’olive… verser cette huile sur Aaron et ses fils, et les consacreras pour qu’ils servent Dieu comme prêtres (cf. Ex 30.23-30).

Pourquoi croyez-vous que tous les commerciaux, qui veulent avoir un brin de succès, se parfument? Parce que l’odeur d’un parfum renseigne un peu sur l’individu. Et c’est ça le problème. Sentir bon, c’est une première impression bien éphémère.

Salomon souligne qu’il faut préférer au parfum une bonne réputation. Pourquoi?

Une réputation est le cumul d’une vie. C’est la somme des choix quotidiens tant il est vrai que nous agissons et parlons selon ce qui est dans notre cœur.

Et vous savez quand se révèle le mieux cette réputation? Lors des obsèques. C’est là que se cristallisent les avis des gens.

Quand on lit les livres historiques qui rapportent la vie des rois d’Israël (1 & 2 Rois; 1 & 2 Chroniques) on s’aperçoit que pour la plupart, leur vie est racontée très brièvement. Et il y a une petite phrase qui suit l’annonce de leur mort:

Il fit ce qui est droit aux yeux de l’Eternel… (Amatsia, Azaria, Yotam, Ezéchias, Josias…)

Il fit ce qui est mal aux yeux de l’Eternel… (Nadab, Baécha, Ahazia, Yoram, Achab…)

Que dira t-on aux jours de vos obsèques? Le résumé, que sera-t-il? C’est le jour de vérité, ce jour-là. C’est là où se voit la cohésion familiale, la contribution des amis…

En fait, il n’y a pas besoin de se projeter dans l’avenir. Il se crée maintenant une bonne réputation. Quelles sont les paroles qui vous caractérisent. Quelles sont les relations qui vous décrivent.

Le taciturne? La carpe? Le moulin à vent? La tempête?

Vous savez quoi? La bonne nouvelle, c’est qu’on n’a pas besoin de rester ainsi. Changer est possible. Quand on ouvre grand les yeux sur soi, quand on s’appuie sur nos amis pour nous aider, quand on prend l’habitude de changer nos habitudes… Quand on se rend vulnérable auprès de son conjoint et de ses amis en reconnaissant qu’on a cette attitude-là à changer, et qu’on demande pardon chaque fois qu’elle s’exprime…

Salomon a raison, « le jour de la mort [est mieux] que le jour de la naissance ». Cela concerne ceux qui sont sauvés, n’est-ce pas. Parce qu’à la naissance, on arrive nu, et il faut tout bâtir, et tout laisser. 

Romerowski cite cette parole du Siracide:

Avant la mort, ne proclame personne heureux, car c’est à sa mort qu’on reconnaît un homme.

– Sir. 11.28, in Romerowski, 313.

Deuil > Anniversaire (Ec 7.2)

Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d’aller dans une maison de festin, dans celle–là se trouve la fin de tout homme, et le vivant en prend conscience.

– Ec 7.2

C’est un peu morbide, mais l’impact d’un deuil est 10 fois plus fort que l’impact d’une comédie musicale.

Comprenons bien que Salomon parle à la fin de sa vie, et il a souligné déjà plusieurs fois les bonnes choses qui sont à tirer de l’existence. Il ne dit pas qu’il faut aimer la mort.

Il ne dit pas non plus qu’il ne faut pas faire la fête. Il a relevé que les bonnes choses de la vie -comme les festins- sont des cadeaux à apprécier. Mais si les choses sont élevées comme fin en soi, elles nous épuisent et nous laissent insatisfaits.

Et surtout, il déclare que l’impact d’une fête est inférieur à l’impact des obsèques. Devant un cercueil, plus personne ne triche, du moins dans son cœur. Et on apprend.

On sait qu’on y sera un jour. On entend les balivernes du prêtre ou des amis – et on connaît très bien la réalité.

On pense à la vie de cette personne. On entend ce qu’on dit d’elle.On peut tenter de contourner cet aspect de la vie, et beaucoup le fond avec humour.

Woody Allen:

La mort est un état de non-existence. Ce qui n’est pas n’existe pas. Donc la mort n’existe pas.

Jules Renard:

La mort est douce: elle nous délivre de la pensée de la mort.

Certains ont même inventé l’expression « mort de rire ». Un mélange curieux, moyen d’adoucir cette réalité?

Il y a ceux, plutôt rares, qui chantent cette mort sans trop savoir. Michel Sardou a chanté ce thème:

La vie, la mort
On entre, on sort, c’est tout,
On veille, on dort,
On aime un corps, on y prend goût,
On aime encore,
Encore plus fort, encore plus fou,
Et puis après la guerre, la paix,
C’est tout

Je n’suis pas mort, je dors
Ne m’enterrez pas encore
Je n’suis pas mort, je dors
Et n’encombrez pas ma mémoire
De vos regrets de vos histoires, je dors
Rangez-moi dans vos souvenirs
Mais j’n’ai pas fini d’en finir, je dors
Gardez vos larmes et vos cris
Que l’on m’ait aimé ou haï, je dors
Si par hasard sait-on jamais
J’avais un ami qui m’aimait, tant pis,
Qu’il m’oublie, je dors

Maître des ombres et des lumières
Combien dure une éternité
Combien de fois faudra-t-il faire
La même route pour arriver
Combien de lunes à disparaître
Combien d’hommes encore à renaître
En attendant, je dors
 
Je n’veux pas qu’on m’ensevelisse
Je n’veux pas être piétiné, je dors
J’aimerais qu’un océan rugisse
Tous ses chevaux sur des rochers, je dors
Et ne couvrez pas ma mémoire
De chrysanthèmes de femmes en noir, je dors
Si quelque part sait-on jamais
J’avais un ami qui m’aimait, tant pis
Qu’il m’oublie,
Je dors, je dors, je dors

Je crois que dans nos cités modernes, il est bon de rendre visite à un centre de gériatrie, et de parler avec des personnes âgées. De les entendre, dans leurs bons souvenirs, dans leurs regrets, dans leurs amertumes. Il y a des leçons à en tirer.

Je crois que dans nos cités modernes, il est bon parfois de s’arrêter au cimetière et de passer devant les tombes et de comprendre les drames qui s’y sont joués, et de voir l’aberration des caveaux qui coûtent des millions pour marquer le souvenir d’une vie.

Parce que c’est là qu’on rentre chez soi, et qu’on se rappelle de ce qui est important.

Il y a le fait d’aimer Dieu! Lui qui nous a tant aimé qu’il a donné son Fils, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle. Lui qui nous a tant aimé qu’il nous a dit en partant:

1 Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. 2 Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père. Sinon, je vous l’aurais dit; car je vais vous préparer une place. 3 Donc, si je m’en vais et vous prépare une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi.

– Jn 14.1-3

La vie éternelle est un cadeau complet et gratuit qui vient du fait que Dieu nous fait devenir son enfant, alors que nous exprimons notre foi et notre confiance en Jésus:

11 Et voici ce témoignage: Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est en son Fils. 12 Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. 13 Cela, je vous l’ai écrit, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu.

– 1 Jn 5.11-13

Et puis il y a le fait de laisser de côté certaines choses qui ne sont pas nettes. J’ai eu à demander pardon à un ami pour un truc. Et j’étais tellement honteux… je me suis dit que la grâce de Dieu est certainement merveilleuse, mais que le fait d’en abuser en tant que Chrétien doit engendrer, lors de notre rencontre avec Jésus, une honte bien plus violente. Il ne faut pas mettre de côté notre sanctification.

Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin qu’au moment où il sera manifesté, nous ayons de l’assurance, et qu’à son avènement, nous n’ayons pas honte devant lui.

– 1 Jn 2.28

Et puis il y a les relations humaines à maintenir en paix. Ce n’est pas toujours possible.

L’apôtre Paul nous dit:

S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes.

– Rm 12.18

Je me souviens d’un homme qui a eu un très grave accident, et qui me disait que l’un de ses enfants lui avait dit: « Ça aurait été dur de te perdre, mais j’étais heureux de constater qu’il n’y aurait pas eu de conflit à résoudre. »

Partir de cette terre avec un contentieux relationnel, c’est douloureux à long terme, pour la personne qui reste.

Tout ceci, on l’apprend dans la maison de deuil. On réalise que la vie nous échappe trop vite, que nos disputes sont vraiment trop nulles, et que nos priorités sont bien souvent décalées avec les grandes priorités de la vie.

Un film saisissant nous rapporte une pensée proche de cette préoccupation. Sans plus attendre.

À l’époque où il enseignait la philosophie, Carter Chambers invitait chaque année ses étudiants à dresser ce qu’il appelait une « bucket list » – la liste de tout ce que ces jeunes rêvaient de faire, de voir ou de tenter avant de « passer l’arme à gauche ». Oubliant d’appliquer ce sage principe à lui-même, Carter laissa passer le temps, se sentit piégé par une multitude de contraintes et d’obligations familiales et dut se contenter pendant quatre décennies d’un obscur emploi de mécanicien. Aujourd’hui, sa « bucket list » n’est plus qu’un dérisoire exercice mental, une recension d’occasions manquées et de regrets voilés.

Pendant ce temps, le multimillionnaire Edward Cole bâtissait un empire et consacrait toute son énergie à amasser encore plus d’argent, sans même s’accorder le temps de savourer ses acquis.

Un jour, Cole et Carter se retrouvent dans la même chambre d’hôpital, avec tout le temps nécessaire pour dresser le bilan de leurs vies si différentes. Ils découvrirent alors qu’ils avaient au moins deux choses en commun: un formidable appétit de vivre, et le ferme désir de réaliser d’urgence tous leurs rêves inaccomplis. Les deux hommes embarquent alors pour la plus belle des virées. Un voyage de l’amitié, émaillé d’aventures, d’éclats de rire, de découvertes…

Une partie du film s’inscrit en faux avec le message de l’Ecclésiaste et de la Bible, mais il exprime avec sensibilité qu’on doit vivre chaque jour pleinement, parce que la mort illumine la vie.

Larmes > Rires (Ec 7.3-4)

3 Mieux vaut le chagrin que le rire. Car malgré un visage triste, le cœur peut être heureux. 4 Le cœur des sages est dans la maison de deuil, et le cœur des insensés dans la maison de joie.

– Ec 7.3-4

Encore cette même idée.

J’aime rire! Mes enfants se moquent de moi souvent parce que je sors trop souvent des blagues à 2 centimes –et que ça leur coûte beaucoup chaque fois de les entendre!

Dans les réunions où on discute de choses tendues, je vais souvent sortir le petit mot rigolo qui va détendre l’atmosphère…

Parfois je vais sur Youtube juste pour regarder des gags de caméra cachée. Et puis s’il y en a des bons, on les regarde en famille. Je préfère nettement un fou rire à une crise de larmes.

Selon l’humeur, ça peut déclencher des fous-rires! Mais le rire léger ne guérit pas les relations brisées, et ne donne pas de sens à la vie. On peut partir au boulot en écoutant « rire et chansons » et revenir sur la même fréquence – ça ne fait qu’écouler le temps. À l’inverse, cette souffrance qu’il nous faut confronter est le tuteur qui révèle le type d’existence que nous menons.

C.S. Lewis a écrit:

Dieu murmure à notre oreille dans nos plaisirs, il parle à notre conscience, mais il crie au travers de nos souffrances: c’est son mégaphone pour réveiller un monde sourd.

Le pasteur Keller décrit un homme de son Église qui a perdu la vue lors d’une fusillade due à un trafic de drogue qui a mal tourné. Cet aveuglement a rendu cet homme humble et l’a conduit à une transformation spirituelle. En faisant référence à cette expérience, cet homme dit:

J’ai payé un prix très élevé, mais je dois dire que ça en valait la peine. J’ai finalement obtenu ce qui donne de la valeur à ma vie.

Apprendre la réalité de la vie se fait avec un vrai sens de solennité. Dans le livre de l’Apocalypse, on trouve deux types de larmes:

  • Celles et ceux qui pleurent la destruction de Babylone, l’empire mondial politico-religieux de la fin des temps qui était la source de leur fierté et de leur fortune. Ils pleurent la mort de leur faux dieu et ils la pleureront jusque dans le lac de feu.
  • Celles et ceux que le Père vient cueillir comme ses enfants, pour qu’il n’y ait plus, pour l’éternité, de larmes, de deuil, de souffrance… Le geste le plus tendre n’est-il pas de cueillir une larme qui coule sur la joue de ma femme?

C’est cela l’idée. La tristesse nous ramène à la réalité que la vie est difficile. Cependant, notre consolation en Christ est telle que notre joie en lui devient le plus grand des trésors: rien ni personne ne nous séparera de l’amour du Christ.

Le rire léger n’engendre rien, c’est le masque sur les yeux. Dieu veut qu’on passe à une joie profonde, celle que personne ne peut nous ôter. La tristesse est l’outil qui nous permet de faire la différence.

Notre fille partira bientôt de la maison pour de bon, à quelques 9000 km. Deux enfants en moins dans notre foyer! Dans l’ensemble, mon épouse et moi nous nous réjouissons parce qu’elle part pour de beaux projets, qui vont l’enraciner dans sa foi et dans sa vie. En même temps, il y a ce petit pincement au cœur. Et un matin, ça s’est cristallisé: une tristesse qui nous fait mesurer combien la vie est fumée, « vapeur, vanité »!

Le fruit de cette tristesse?

  • Remercier Dieu pour les bons moments!
  • Remercier Dieu pour la ferme espérance! Nous passerons l’éternité ensemble, avec tous les rachetés.
  • Agir maintenant pour cultiver ces liens, pour se souvenir de ce qui est important.

C’est dans la maison de deuil…

  • Que les couples mariés doivent apprendre à s’embrasser souvent, parce que le jour vient où ce ne sera plus.
  • Que les parents doivent dire à leurs enfants leur amour, parce que le jour vient où ce ne sera plus.
  • Que les jeunes couples doivent, si Dieu leur permet, d’avoir des enfants pour leur donner l’essentiel, l’exemple de la foi et de l’amour de Jésus.
  • Que les couples qui n’ont pas d’enfants et les célibataires doivent réaliser qu’ils auront quelque chose de meilleur que des enfants ou des conjoints:

4 Car ainsi parle l’Éternel aux eunuques qui garderont mes sabbats, qui choisiront ce qui m’est agréable et qui demeureront fermes dans mon alliance, 5 je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un monument et un renom préférables à des fils et à des filles; je leur donnerai un nom éternel qui ne sera jamais retranché.

– Es 56.4-5

C’est dans la maison de deuil que toute la vie s’éclaire et que ce qui est important se révèle.

Correction > Flatterie (Ec 7.5-7)

5 Mieux vaut écouter le reproche du sage qu’être homme à écouter la chanson des insensés 6 comme les sarments crépitent sous la marmite, ainsi est le rire des insensés. C’est encore là une vanité. 7 L’oppression affole le sage, et les cadeaux font perdre le sens.

– Ec 7.5-7

Souvenez-vous que Salomon était un roi. Tous les rois sont courtisés. Et l’une des manières d’attirer leur attention, c’est de les louer. De les aduler. De leur parler de leur sagesse, de leur acuité politique, de les remercier. Je suppose qu’à la fin de sa vie, Salomon en avait marre des paroles qui ressemblent au cliquetis des vagues, ou des jacasseries de canards…

Il est préférable, dit l’Ecclésiaste, d’entendre un reproche (notons le singulier tout de même!) que d’être entouré du bruit incessant des fausses louanges.

Ne méprise pas, mon fils, la correction de l’Éternel et ne t’effraie pas de sa réprimande.

– Pr 3.11 

Le stupide dédaigne la correction de son père, mais celui qui a égard à la réprimande agit avec prudence.

– Pr 15.5

(un verset qu’on citait parfois à la maison!)

Celui qui rejette la correction méprise son âme, mais celui qui écoute la réprimande acquiert l’intelligence.

– Pr 15.32

Le prophète Sophonie se lamente de ce que Jérusalem « n’écoute aucune voix, elle n’accepte pas la correction, elle ne se confie pas en l’Éternel, elle ne s’approche pas de son Dieu » (So 3.2)

Hébreux 12 parle longuement du Dieu qui nous aime au point de nous éduquer comme un fils…

Il y a eu deux ou trois événements marquants dans ma vie d’adulte, ou des amis m’ont adressé de vrais reproches, justifiés, bien amenés; j’ai plus appris à ces occasions là qu’à n’importe autre moment.

Acceptez-vous parfois que votre enfant ait raison? Ou qu’un subordonné dans l’entreprise ait raison? Ou qu’un frère dans l’Église ait raison? Ou que votre conjoint ait raison?

Et Salomon observe le piège du cadeau. Je me souviens très précisément avoir été roulé dans la farine un jour, par quelqu’un qui m’a fait un petit cadeau, et qui a fait vraiment une opération d’amabilité. 2 heures plus tard, il me lâchait une bombe. Et je me suis senti pris au piège, capturé par ce qu’il avait donné.

En fait, toutes les personnalités, politiques notamment, sont assaillies de demandes. Ou de louange: 

  • M. le Ministre de l’Intérieur, pouvez-vous me faire sauter cette amande.
  • M. le Président, pouvez-vous accorder la grâce présidentielle à ma petite sœur
  • M. le Maire, pouvez-vous interdire les crottes de chien devant mon trottoir!

Quand cela reste sur ce registre, c’est bon. Mais souvent c’est plus trouble. « Si vous m’accordez ce terrain pour mon usine, je verse quelques euros sur votre compte en Suisse. Ou j’embauche votre fille. Ou bien encore je vous propose un voyage sur un yacht. »

« Et les cadeaux font perdre le sens ». Méfiez-vous des gens qui vous font des cadeaux avant de vous demander quelque chose…

Achèvement > Commencement (Ec 7.8a)

Mieux vaut l’aboutissement d’une affaire que son commencement.

– Ec 7.8

Ce n’est peut-être pas la pensée la plus profonde du livre de l’Ecclésiaste! Mais c’est vrai qu’il y a une satisfaction réelle à l’achèvement des projets plutôt qu’à leur conception. Quiconque s’est lancé dans une grosse entreprise ou dans un gros projet réalise qu’il faut pas mal d’aspirine pour en voir le bout!

Au-delà de l’évidence, on peut tirer plusieurs idées:

Mieux vaut ne pas trop parler au futur en se vantant. Un peu comme Jacques nous met en garde:

13 À vous maintenant qui dites: Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons une année, nous y ferons des affaires et nous réaliserons un gain! 14 Vous qui ne savez pas ce que votre vie sera demain! Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît. 15 Vous devriez dire au contraire: Si le Seigneur le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela.

– Jc 4.13-15

Mieux vaut rester prudent sur les projets qu’on lance.

Patience > Irritabilité (Ec 7.8b-10)

8 Mieux vaut un esprit patient qu’un esprit hautain. 9 Ne te presse pas d’être mécontent dans ton esprit, car le mécontentement repose dans le sein des insensés. 10 Ne dis pas: D’où vient que les jours d’autrefois étaient meilleurs que ceux–ci? Car ta question ne proviendrait pas de la sagesse.

– Ec 7.8-10

Je sais que cela va plaire à tout le monde ici, parce que nous sommes tous parvenus à une patience qui rend la vie douce et plaisante pour tous ceux qui nous entourent.

Jamais nous ne répondons au péché des autres par des cris, des critiques, du mépris. Jamais nous ne nous énervons dans les embouteillages. Toujours nous comprenons la faiblesse des autres. Toujours nous encourageons les autres quand ils sont abattus. Jamais nous nous plaignons avec rancœur du bon vieux temps.

Savez-vous comment Paul caractérise les hommes et les femmes qui n’ont pas rencontré Jésus? 

Comme « des enfants de colère » (Ép 1.1-3). C’est une tendance innée de notre humanité. Et elle nous empêche d’être patient envers nos proches. Romerowski cite Lüthi:

Pour vivre, il faut savoir attendre. Pour mener à bien toute chose en ce monde, il faut de la patience. Tous les paysans savent que dans les champs les mauvaises herbes poussent plus vite que les bonnes. Celui qui ne veut pas laisser au bien le temps d’éclore, ne voit plus que le mal…

D’où vient ce manque de patience?

  • Le mécontentement. L’observation systématique de ce qui ne va pas.
  • J’ai passé une semaine avec un gangster… converti (il ne fréquente pas notre Église). J’ai été impressionné par le fait qu’il était toujours à l’affût des gens et des événements. Sa formation professionnelle (!!) l’avait conduit à être très attentif à son environnement.
  • De la même manière, nous devons apprendre à être vifs sur la louange, vifs sur l’action de grâce, plutôt que sur le mécontentement. 

Ne te presse pas d’être mécontent dans ton esprit.

– Ec 7.9

Sagesse > Héritage (Ec 7.11-12)

11 La sagesse vaut mieux qu’un héritage, et même davantage pour ceux qui voient le soleil. 12 Car à l’ombre de la sagesse on est comme à l’ombre de l’argent; l’avantage de la connaissance c’est que la sagesse fait vivre ceux qui la possèdent.

– Ec 7.11-12

 Si vous devez choisir entre la sagesse et de l’argent, il vaut mieux posséder la première. 

Dans le même temps, l’Ecclésiaste constate que son avantage est limité (il a déjà développé ce concept précédemment). En tout cas, avec de la sagesse on a de quoi vivre, peut-être en sous-entendant qu’on saura toujours se débrouiller. Alors que la richesse seule ne donnera pas la sagesse.

Ces 7 comparaisons terminées, Salomon passe à 4 approches de la vie qui sont franchement pénibles…

Ce qui est agaçant sous le soleil (Ec 7.13-22)

L’idéalisme (Ec 7.13)

Regarde l’œuvre de Dieu: qui pourra redresser ce qu’il a courbé?

– Ec 7.13

L’idéalisme correspond à l’idée que l’on pourra vivre parfaitement selon nos idéaux, que le monde se laisse façonner, et qu’on pourra parvenir à la société idéale, ou à la famille idéale, ou à l’Église idéale.

Cette approche de la vie est drôlement agaçante. Pourquoi? Parce qu’alors le principal ennemi que l’on rencontre, c’est Dieu. C’est lui qui a volontairement courbé la vie. Vous savez pourquoi?

Parce que l’homme s’est détourné de Dieu. Et l’homme a entraîné la malédiction sur l’ensemble de l’univers.

L’homme a introduit la mort dans la création. L’homme a introduit la honte, la peur, la colère, la violence. L’homme a récolté des chardons dans les champs, des tsunamis dans les vagues, des virus dans les veines. L’homme a récolté que les enfants ne respectent plus leurs parents; que les hommes essayent et échouent à trouver une identité dans leur travail, que les femmes essaient et échouent à trouver une identité dans un homme ou dans un enfant.

Rien ne va plus sous le soleil. Et il faut l’entendre, le recevoir. Pour qu’on ne s’effondre pas quand on est témoin de l’imperfection autour de soi, et en soi. Quand on est témoin des catastrophes et des violences du monde. C’est le fruit du péché.

Chaque coup de vent fait gémir les arbres, chaque volcan fait gronder la terre. Voilà ce que dit l’apôtre Paul:

19 Aussi la création attend-t-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. 20 Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise 21 avec une espérance: cette même création sera libérée de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu.

– Rm 8.19-21

J’ai de la peine en observant les solutions rapides que certains chrétiens mettent en œuvre devant la souffrance, la maladie, les guerres, la pauvreté. Souvent, leurs perspectives sont fort simplistes, et c’est la seconde attitude agaçante que relève Salomon.

Le simplisme (Ec 7.14-15)

14 Au jour du bonheur, jouis du bonheur, et au jour du malheur, réfléchis: Dieu a fait l’un exactement comme l’autre, de telle sorte que l’homme ne découvre rien de son avenir. 15 J’ai vu tout cela pendant ma vaine existence. Il y a tel juste qui périt dans sa justice, et tel méchant qui prolonge (son existence) dans sa méchanceté.

– Ec 7.14-15

Ce simplisme est le suivant:

  • Dieu bénit les justes, qui sont heureux, riches et en bonne santé.
  • Dieu punit les méchants, qui sont malheureux, pauvres et en mauvaise santé.

C’est terriblement réducteur. C’est terriblement erroné. Le Psaume 73 dit précisément l’inverse, voici quelques extraits, version Parole de Vie:

2 Pourtant, j’ai bien failli glisser, j’étais sur le point de tomber. 3 Car je voyais le bonheur des orgueilleux, et j’étais jaloux de ces gens mauvais. 4 Jusqu’à la mort, ils ne souffrent pas, ils sont gros et en bonne santé. 5 Ils n’ont pas les mêmes soucis que tout le monde, le malheur qui frappe les autres passe loin d’eux. 6 C’est pourquoi ils sont gonflés d’orgueil, et la violence les enveloppe comme un vêtement. 7 Leurs yeux brillent au milieu de leur graisse. Tout ce qu’ils imaginent dans leur cœur dépasse la mesure. 8 Ils se moquent des gens, leurs paroles sont dures et méprisantes. […] 13 C’est vraiment pour rien que j’ai gardé mon cœur pur, que j’ai lavé mes mains pour montrer mon innocence. […] 28 Mais mon bonheur à moi, c’est d’être auprès de toi. Seigneur DIEU, j’ai mis ma confiance en toi et je raconterai tout ce que tu as fait.

– Ps 73.1-28

Ce genre de pensée manque vraiment de profondeur. S’il m’arrive une tuile, c’est que Dieu ne m’aime pas, ou que j’ai gravement péché. S’il ne m’arrive que du bonheur, c’est que Dieu m’aime particulièrement, et que je suis quelqu’un de bien.

Salomon dit en substance que … »quand les jours sont bons, profite, chante, loue Dieu, que ton sourire soit contagieux. Quand les jours sont mauvais, tires-en profit en réalisant qu’on est juste voyageur, que ce monde ci est virtuel, que le monde à venir est la réalité, et que Dieu règne aussi sur ceci ».

Et surtout, ne juge pas dans ton cœur ceux qui sont accablés. Ne fais pas dans ta tête le chemin qui dit: « S’il lui arrive cela, c’est parce que… » Il y a peu de choses qui me mettent vraiment en colère sur un plan théologique, mais ceci déclenche en moi un profond sentiment à la limite de la violence!! Lorsque quelqu’un souffre et qu’un autre se met dans la peau de Dieu et explique pourquoi.

8 Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, oracle de l’Éternel. 9 Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées.

– És 55.8-9

Le perfectionnisme (Ec 7.16-19)

16 Ne deviens pas juste à l’excès et ne te montre pas trop sage: pourquoi te ruinerais-tu? 17 Ne sois pas méchant à l’excès, et ne deviens pas insensé: pourquoi mourrais-tu avant ton temps? 18 Il est bon que tu retiennes ceci sans laisser échapper cela; car celui qui craint Dieu trouve une issue en toutes situations. 19 La sagesse rend le sage plus fort que dix gouverneurs qui sont dans une ville.

– Ec 7.16-19

Un autre piège bien réel est celui du perfectionnisme. Plusieurs ont commenté le verset 16 en exprimant des idées à limite de l’immoralité: « Ne deviens pas juste à l’excès et ne te montre pas trop sage ». Comme s’il fallait trouver un chemin entre le bien et le mal… On trouve des pensées similaires:

Dans la pensée populaire, on a: 

Ne pas être plus royaliste que le roi.

Dans la pensée de Jésus, on a: 

Voici: je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes.

– Mt 10.16

Dans un monde tordu, le moins tordu sera parfois meilleur. Même la Loi de Dieu part de ce principe.

Prenons l’exemple du divorce. Dieu est contre le divorce (Ml 2.16, Mt 19.1ss). Mais il le régule en Deutéronome 24. À cause de la dureté du cœur, il peut être préférable de divorcer. 

Si Dieu aménage les conditions de vie d’un monde tordu, par la politique du moindre mal, il faut s’en imprégner aussi.

Prenons l’exemple de la polygamie. Dieu est contre! Mais il en régule la pratique pour qu’une femme ne soit pas lésée dans cette situation…

En réunion d’anciens on se demande parfois quelle est la meilleure solution. Et parfois, aucune n’est parfaite! On donne un conseil qui est une voie médiane…

Quand on fait des omelettes de nos vies, il n’est plus possible de séparer le blanc du jaune…

Les gens qui visent à la perfection rendent la vie impossible à eux-mêmes et à ceux qui les entourent.

L’autojustificationisme (Ec 7.20-22)

20 Certes, il n’y a sur la terre point d’homme juste qui fasse le bien et qui ne pèche pas. 21 Ne prends donc pas à cœur toutes les paroles qu’on dit, de peur que tu n’entendes ton serviteur te maudire; 22 car ton cœur reconnait que tu as toi-même bien des fois maudit les autres.

– Ec 7.20-22

Je sais ce n’est pas français, mais j’avais besoin d’un mot en « isme » pour que le plan reste homogène! Je vous explique dans un instant ce que je veux dire.

La réalité c’est que dans ce monde de fous, on est précisément tous fous. Fous du péché, aliénés au mal. Ce que Salomon souligne ici est maintes fois répété dans l’Écriture. Prenons simplement Romains 3.9-18:

9 Quoi donc! sommes–nous supérieurs? Absolument pas. Car nous avons déjà prouvé que tous, Juifs et Grecs, sont sous (l’empire) du péché, 10 selon qu’il est écrit: Il n’y a pas de juste, pas même un seul; 11 nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu. Tous se sont égarés, ensemble ils sont pervertis, 12 il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul. 13 Leur gosier est un sépulcre ouvert, ils usent de tromperie avec leurs langues, ils ont sous leurs lèvres un venin d’aspic. 14 Leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume. 15 Ils ont les pieds légers pour répandre le sang, 16 la destruction et le malheur sont sur leur chemin, 17 ils n’ont pas connu le chemin de la paix. 18 La crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux.

– Rm 3.9-18

Si nous sommes tous pécheurs, il y a quelque chose qui est très agaçant, c’est la critique constante sur des problématiques secondaires. Ou pire, d’entendre des gens être mécontents d’avoir été critiqués. Pourquoi? Parce qu’on a tous un jour critiqué quelqu’un! Cessons de prendre la paille dans l’œil du prochain quand on a une poutre dans la nôtre! 

C’est ce que souligne Salomon:

« Prends de la distance, quand tu apprends que quelqu’un a critiqué tes vêtements, ou ta voiture, ou tes enfants, ou ton travail… Relax! »

D’abord parce que puisque tu es pécheur, il n’y a aucune critique qui ne soit pas largement plus gentille que ce que tu mérites. Quand les gens me critiquent sur des choses qui me semblent secondaires, après leur avoir demandé pardon, vous savez ce que je leur dit?

« Je suis bien pire en fait! Si tu savais! Merci de prier pour moi »

Ensuite parce qu’il est probable qu’on l’a soi-même fait trois fois pire.

Les gens qui s’offensent de peu, sont souvent ceux qui ont fait bien pire, mais qui trouvent moyen de se justifier en s’insurgeant…

Salomon va crescendo dans son malaise devant cette question du bien et du mal. Voilà qu’il reste deux thèmes, les pires.

Ce qui est pire sous le soleil (Ec 7.23-29)

Transformer la sagesse en absolu (Ec 7.23-25)

23 J’ai éprouvé tout cela par la sagesse. J’ai dit: J’aurai de la sagesse. Mais elle reste loin de moi. 24 Ce qui existe est loin, profond, profond, qui peut l’atteindre? 25 J’en suis venu de tout mon cœur à connaître, à explorer et à chercher la sagesse et la raison, à connaître aussi la méchanceté, l’insanité, la folie et la démence.

– Ec 7.23-25

Voilà ce qui est pire. De faire de la sagesse une sorte d’absolu ou d’idole. On a vu au chapitre 1 & 2 à quel point Salomon s’était voué à sa recherche. À la fin de sa vie il constate: « elle reste loin de moi… »

Toute l’expérience de la folie, de la raison. Le bilan est nul. Il ne lui a pas conféré d’avantage décisif. Vous savez pourquoi? Deux raisons:

Le commencement de la sagesse, c’est la crainte de l’Éternel.

– Ps 111.10

À partir du moment où on cherche la sagesse sans Dieu, on cherche à faire des mots sans lettres!

C’est en Christ que sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance.

– Col 2.3

Tous les hommes qui ont montré leur sagesse en absolu sont devenus des tyrans. 

Robespierre a prononcé ce discours devenu célèbre le 5 février 1794:

Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable, c’est- à-dire, toutes les vertus et tous les miracles de la République, à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie.

Beau discours non? Un peu plus loin:

Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur: la vertu, sans laquelle la terreur est funeste; la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible; elle est donc une émanation de la vertu; elle est moins un principe particulier, qu’une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux plus pressants besoins de la patrie.

– Discours à la Convention nationale sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l’administration intérieure de la République le 5 février 1794.

Suite à cette déclaration, des têtes sont tombées, littéralement, et nombreuses…

Transformer l’amour en asservissement (Ec 7.26-29)

26 Or j’ai trouvé plus amère que la mort: la femme qui est un piège, dont le cœur est un filet et dont les mains sont des liens; celui qui est agréable à Dieu lui échappe, mais le pécheur deviendra sa capture. 27 Voici ce que j’ai trouvé, dit l’Ecclésiaste, (en examinant les choses) une à une pour en trouver la raison; 28 voici ce que mon âme cherche encore, et que je n’ai pas trouvé. J’ai trouvé un homme entre mille; mais une femme entre elles toutes, je ne l’ai pas trouvée.

– Ec 7.26-28

Il y a ici des propos qui paraissent les plus misogynes qui soient! Il faut tempérer cette première impression:

Salomon écrit notamment pour des hommes, dont certains deviendront des rois.

Peut-être aurait-il pu tenir un discours inverse, si son public avait été l’école des femmes à Jérusalem!

Une autre remarque c’est que nous avons là le propos d’un homme qui a laissé le faux amour pourrir sa vie. Du temps de sa jeunesse, il écrit le Cantique des Cantiques, avec un amour si fort, si tendre, si pur que cela consume toutes ses pensées et nous laisse un merveilleux poème sur l’amour et la sensualité du couple.

Comme je l’ai souligné dans les deux premiers messages, Salomon a rejeté de nombreux commandements sur le mariage. Le voilà, plusieurs dizaines d’années après. Il est entouré de 700 épouses et de 300 concubines. Vous imaginez l’ambiance?

Chaque jour des demandes incessantes, pour avoir un peu de son temps, pour avoir un privilège de plus pour avoir une sortie possible… ce n’est plus de l’amour.

Quand on enchaîne les expériences relationnelles, on devient incapable d’aimer. On ne regarde l’autre que par le prisme de son propre égoïsme…

Romerowski écrit:

La comparaison du cœur de la séductrice au filet (de chasseur, pour attraper les oiseaux, ou de pécheur) et de ses mains à des chaînes évoque une volonté tenace de séduire un homme et de se le tenir attaché. Les images du piège et du filet indiquent qu’en cédant à une telle femme, on s’expose à des retombées néfastes, parfois fatales. Qu’on pense à ce qu’ont été Dalila pour Samson, puis les nombreuses épouses de Salomon pour ce dernier. […] 

– p. 351-352

J. Ellul qui considère la femme comme « le sommet de la création », écrit:

Et voici que lorsqu’elle devient pour l’homme un piège qui le fait tomber, des liens qui l’emprisonnent, alors c’est bien pire que tout le reste… Quand ce qui représente l’amour sur terre devient un avilissement et une chiennerie, alors celle qui le transforme ainsi… est elle-même plus amère que la mort. Quand le meilleur devient mauvais, c’est pire que tout. Voilà pourquoi Qohélet est si violent

– p. 192-193

Dans une société hyper-sensualisée, il nous faut faire attention de ne pas créer ce genre de rapports séducteurs susceptibles d’engendrer la chute. Les mots, les vêtements, les regards, l’attitude doivent encourager la pureté, l’amour fraternel.

Et une remarque bien évidente, la séduction doit être maximale dans les couples! Pour qu’il y ait une telle appréciation de l’autre que personne ne puisse prendre la place.

Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de la vaine existence que Dieu t’a donnés sous le soleil, pendant tous tes jours de vanité; car c’est ta part dans la vie au milieu de la peine que tu te donnes sous le soleil.

– Ec 9.9 

Et à l’origine de tout ceci… (Ec 7.29)

Seulement, voici ce que j’ai trouvé, c’est que Dieu a fait les hommes droits; mais ils ont cherché bien des subtilités.

– Ec 7.29

C’est le moment de se réveiller de ce long message! Salomon a gardé un excellent résumé de son propos pour la fin de ce chapitre!

C’est théologiquement puissant:

Dieu a créé les hommes droits. En Eden, Adam et Eve étaient parfaits, purs, sans péché. Leur amour pour Dieu, leur amour l’un pour l’autre, leur intimité, leur joie – tout était parfait.

Mais… ils ont choisi leur indépendance, au prix de la mort.

Ils ont tordu leur sens moral. Ils ont échangé la bénédiction contre un bol de soupe…

Pensons à ceci lorsqu’on imagine d’autres manières de vivre que celles que Dieu nous donne dans la Bible.

Conclusion

Ce long discours a survolé bien des points sur lesquels l’un ou l’autre d’entre nous doit se sentir concerné… et reprendre le déroulement de sa vie, en recherchant en priorité la tendresse de Dieu, et ajuster le tir sur l’une ou l’autre de ses attitudes? 

Je termine avec ces propos de Paul à Tite:

11 En effet, la grâce de Dieu s’est révélée comme une source de salut pour tous les hommes. 12 Elle nous éduque et nous amène à nous détourner de tout mépris de Dieu et à rejeter les passions des gens de ce monde. Ainsi nous pourrons mener, dans le temps présent, une vie équilibrée, juste et pleine de respect pour Dieu, 13 en attendant que se réalise notre bienheureuse espérance: la révélation de la gloire de Jésus–Christ, notre grand Dieu et Sauveur.

– Tt 2.11-13

Prédications TPSG

La plupart des blogueurs ToutPourSaGloire.com sont également pasteurs. Aujourd’hui, tu peux toi aussi bénéficier de leurs enseignements grâce à notre nouveau podcast "Prédications TPSG". Ces prédications, qui se veulent résolument textuelles et christocentriques, te feront redécouvrir le sens profond des Écritures et nourriront ta foi en Christ.

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