La religiosité, ça frustre grave (Ecclésiaste 4.17-5.19) – Florent Varak

Découvre cette prédication de Florent Varak sur Ecclésiaste 4.17-5.19. Elle est la cinquième d’une série de 11 prédications que tu pourras retrouver ici.

La plupart des blogueurs ToutPourSaGloire.com sont également pasteurs. Aujourd’hui, tu peux toi aussi bénéficier de leurs enseignements grâce à notre nouveau podcast Prédications TPSG. Ces prédications, qui se veulent résolument textuelles et christocentriques, te feront redécouvrir le sens profond des Écritures et nourriront ta foi en Christ.

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Notes écrites de la prédication:

Grenouille de bénitier

Nous continuons notre survol rapide de l’Ecclésiaste. Cet homme a tout essayé dans la vie. L’exploration de la science, de la sagesse, la réalisation des projets les plus ambitieux, l’accoutumance aux substances telles que l’alcool, le sexe à gogo… et qui, à la fin de sa vie, fait le constat: tout est vapeur, fumée, rien n’a vraiment de durée ni d’importance tout est vanité.

Cette réalité écrasante de lucidité nous conduit à nous demander quel peut être le sens de la vie? Jusqu’ici, Salomon nous a donné quelques pistes pour vivre, et pour bien vivre.

Accueillir et accepter l’idée que la vie terrestre sera décevante dans certains aspects. Le savoir limite les déceptions.

Se réjouir consciemment des joies quotidiennes, que sont l’activité du jour, le manger, et le boire. Le bonheur de vivre se cueille chaque jour dans les instants agréables que l’on choisit de repérer et dont on profite.

Mesurer le sens d’une vie à la 2ème personne du singulier ou du pluriel. Dans sa longue liste de tentatives de recherche de sens, Salomon dit: « Moi je … moi je »; et à la fin il remarque que c’était nul. Par extension, ce qui va porter, c’est « quand je te donne, quand tu comptes ou bien quand je vous donne, quand vous comptez…  » la satisfaction s’épelle AUTRUI.

Accepter les cycles de vie, et qu’il y a des temps pour tout, des saisons opportunes et attacher son action à ces saisons. C’est cela qui construit la stabilité d’une vie et qui donne du sens à l’ensemble. Observer et vivre pleinement les cycles de la vie…

La contribution du chapitre 4 souligne l’importance de l’amitié. Vivre sur cette terre invite à développer des relations amicales fortes et aimantes. La solidarité humaine de deux ou trois compagnons est l’un des plaisirs qui aide à faire passer la pilule de la vie. Parce que la vie est difficile.

Parce que cette vie est difficile, l’une des mauvaises pistes pour tenter de bien la vivre, c’est de devenir une grenouille de bénitier.

Cette expression vient du fait que les grenouilles vivent toujours près d’une mare. Le bénitier étant la vasque dans laquelle se trouve l’eau bénite, on compare les personnes passant leur temps à l’église à des grenouilles ayant un besoin presque vital de cette eau. – Wiktionnaire

Les définitions soulignent que cela concerne surtout les femmes! C’est une expression péjorative qui désigne « une femme très attachée à la religion et ses pratiques » (L’internaute). Se dit d’une personne, généralement de sexe féminin, fervente adepte des pratiques religieuses chrétiennes et plus particulièrement de la messe dominicale » (Wiktionnaire.)

J’ai rencontré une grenouille de bénitier. C’était un homme. Il ne loupait pas sa visite quotidienne à l’église. Il allumait tous les cierges dont il avait besoin pour prolonger sa prière. Il était terrifié de la mort et ne savait pas vivre. Il vivait reclu des siens et notamment de sa famille…

Et vous savez quoi? Les bénitiers sont incapables de donner du sens à cette vie. Parce que Dieu cherche des adorateurs et non des grenouilles. Des hommes et des femmes qui adorent Dieu « en esprit et en vérité » pour reprendre l’expression de Jésus.

L’adoration plutôt que d’accomplir des rites (Ec 4.17-5.6)

Devant les difficultés de la vie, certains se tournent vers la religion. Ou plutôt vers la superstition.

Je me souviens au détour d’un virage m’être retrouvé face à face avec une voiture, dans une trajectoire de collision. La voiture d’en face était sur la gauche et j’avais devant moi le passager. Il a tout de suite fait le signe de croix, espérant ainsi éviter le crash!

Un artisan qui travaillait sur notre maison m’a dit, alors que sa famille passait par un temps difficile:

Comment se fait-il qu’on se tourne vers Dieu quand on a mal?

Beaucoup d’hommes et de femmes rigolent à la prière immonde de Jacques Prévert: « Notre Père qui êtes au cieux, restez-y, et nous nous resterons sur la terre. » Et soudainement ils s’insurgent quand Dieu n’agit pas pour leur rendre la santé, ou leur trouver un travail ou leur ramener un enfant.

Combien de cierges sont brûlés, combien de moulins à prière sont mis en marche, combien de promesses sont faites, lorsque la vie ne se déroule pas comme on veut?

– « Dieu, si tu me donnes ce contrat, je te promets que j’irais à l’église tous les dimanches! »
– « Dieu, si ma copine n’est pas tombée enceinte, je promets que je ne ferai plus jamais ça! »
« Dieu, si mon voisin déménage, je donnerai 11% de mes revenus à l’Armée du Salut! »
« Dieu, si tu me guéris, je deviendrai missionnaire au Pôle Nord! J’évangéliserai les blocs de glace, c’est promis! »
« Dieu, je te promets que je me ferai baptiser 15 fois, que je réciterai 10 Notre Père, que je mémoriserai le Psaume 117 » (j’ai dit 117 et pas 119)…

J’en ai d’autres, mais je suppose que vous voyez comment ça marche!

C’est ce que dénonce Salomon. Dieu n’est pas manipulable. Dieu ne veut pas cette religiosité superstitieuse…

Prends garde à ton pied quand tu vas à la maison de Dieu. – Ec 4.17

S’approcher de Dieu nous semble si facile. Pourtant cela n’a pas toujours été ainsi:

  • Lorsque Adam et Eve ont péché, ils ont été expulsés du jardin d’Eden. Après avoir chassé l’homme, il mit à demeure à l’est du jardin d’Éden, les chérubins et la flamme de l’épée qui tournoie, pour garder le chemin de l’arbre de vie. (Gn 3.24)
  • L’homme est seul, isolé de Dieu. Dieu se révèle, il établit son alliance, avec Noé, puis avec Abraham, puis avec Moïse, puis avec David, père de Salomon. Et ce qui ressort de ces révélations, c’est que Dieu donne les conditions qui nous permettent d’aller à lui.
  • Jacob s’exclame, au milieu de la nuit, convaincu que Dieu lui rend visite: Que cet endroit est redoutable! Ce n’est rien moins que la maison de Dieu, c’est la porte des cieux!  (Gn 28.17)
  • Lorsque Dieu se révèle à Moïse, il lui interdit de s’approcher davantage, et lui demande d’ôter ses sandales (Ex 3.5). Et lorsqu’il révèle sa Loi, il écrit: « Tu fixeras au peuple des limites tout à l’entour en disant: Gardez–vous de monter sur la montagne, ou d’en toucher le bord. Quiconque touchera la montagne sera puni de mort. » (Ex 19.12)
  • Lorsque les fils d’Aaron, peut-être à cause de l’alcool, firent une erreur pour allumer l’offrande parfumée, ils moururent (Lv 10.1).
  • Lorsque le roi Saül voulut offrir des sacrifices alors qu’il n’était pas Lévite, il perdit la royauté, et commença un lent déclin vers la folie… Lorsqu’Ozias voulu faire de même il devint lépreux, d’un coup (2 Ch 26.19)

On comprend mieux pourquoi Salomon dit: « Prends garde à ton pied quand tu vas à la maison de Dieu ». À quoi faut-il faire attention? Il me vient 4 remarques.

1. L’importance de l’instruction

et approche-toi pour écouter.

Lorsque le peuple de Dieu se rassemble, il vient notamment pour écouter. L’instruction est une démarche clé dans le rassemblement du peuple de Dieu.

Les Psaumes, qui sont des prières chantées, souvent dans le cadre du culte du temple mais pas exclusivement, ont été rassemblées sous la bannière d’un premier psaume qui dit.1

1 Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, Qui ne s’arrête pas sur le chemin des pécheurs, Et qui ne s’assied pas sur le banc des moqueurs, 2 Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, Et qui médite sa loi jour et nuit! 3 Il est comme un arbre planté près d’un cours d’eau, Qui donne son fruit en son temps, Et dont le feuillage ne se flétrit pas: Tout ce qu’il fait réussit… 

Les deux grands réveils spirituels qu’Israël a connus ont eu lieu alors que la société juive était pétrie d’injustice, et que soudainement on retrouvait le livre de la Loi.

1 … tout le peuple s’assembla comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des Eaux. Ils dirent à Esdras, le scribe, d’apporter le livre de la loi de Moïse, prescrite par l’Éternel à Israël. 2 Le sacrificateur Esdras apporta la loi devant l’assemblée, composée d’hommes et de femmes et de tous ceux qui comprenaient ce qu’ils entendaient. C’était le premier jour du septième mois. 3 Il lut dans le livre depuis le matin jusqu’au milieu du jour, devant la place qui est en face de la porte des Eaux, en présence des hommes, des femmes et de ceux qui comprenaient. Tout le peuple était attentif à la lecture du livre de la loi. […] 5 Esdras ouvrit le livre à la vue de tout le peuple, car il se trouvait plus haut que tout le peuple; et lorsqu’il l’eut ouvert, tout le peuple se tint debout. 6 Esdras bénit l’Éternel, le grand Dieu, et tout le peuple répondit, en levant les mains: Amen! amen! Ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant l’Éternel, la face contre terre. … 7 [Les lévites et les scribes] faisaient comprendre la loi au peuple, et le peuple restait debout. 8 Ils lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu’ils avaient lu. 

9 Néhémie, le gouverneur, Esdras, le sacrificateur–scribe, et les Lévites qui enseignaient le peuple dirent à tout le peuple: Ce jour est consacré à l’Éternel, votre Dieu; ne soyez pas dans le deuil et dans les pleurs! Car tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la loi. 10 (Esdras) leur dit: Allez, mangez des viandes grasses, buvez des liqueurs douces et envoyez des parts à ceux qui n’ont rien de prêt, car ce jour est consacré à notre Seigneur; ne vous affligez pas, car la joie de l’Éternel est votre force. 11 Les Lévites calmaient tout le peuple en disant: Taisez–vous, car ce jour est saint, ne vous affligez pas! 12 Tout le peuple s’en alla pour manger et boire, pour envoyer des parts et pour se livrer à de grandes réjouissances. Car ils avaient compris les paroles qu’on leur avait expliquées. – Né 8.1-12

Je ne cite pas le 2e mais il a lieu sous le règne du roi Josias (2 Ch 34.14ss). Avec ce même phénomène. Une remise en question de toute une population qui regarde sa vie au travers du prisme de l’Écriture.

Et c’est le cas dans le Nouveau Testament. Observez l’enchaînement des paroles.1

16 Que la parole du Christ habite en vous avec sa richesse, instruisez–vous et avertissez–vous réciproquement, en toute sagesse, par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels; sous (l’inspiration de) la grâce, chantez à Dieu de tout votre cœur. – Col 3.16

  • La Parole doit habiter en nous
  • On doit s’instruire et s’avertir, notamment par les chants.
  • Pour qu’elle touche tout notre être, la musique doit toucher notre fibre intérieure, et c’est pourquoi les chants doivent être contemporains à la culture…

Quand on relit les épîtres pastorales, on voit combien Paul fait peser sur ses collaborateurs le devoir de lire et d’enseigner droitement l’Écriture.

L’une des fonctions du culte c’est qu’on s’instruise et qu’on s’encourage dans une marche qui plaise à Dieu.

2. Le danger des offrandes idiotes

Plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés; car ils ne reconnaissent pas qu’ils font le mal

Le sacrifice des insensés, c’est le sacrifice de gens qui se concentrent sur l’accomplissement d’un devoir au mépris de ce qu’il représente. Par exemple:

Le prophète Ésaïe s’offense des rites inutiles de ses contemporains.1

10 Écoutez la parole de l’Éternel, chefs de Sodome! Prête l’oreille à la loi de notre Dieu, peuple de Gomorrhe! 11 Qu’ai–je à faire de la multitude de vos sacrifices? dit l’Éternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; je ne prends pas plaisir au sang des taureaux, des agneaux et des boucs. 12 Quand vous venez vous présenter devant moi, qui vous demande de fouler mes parvis? 13 Cessez d’apporter de vaines offrandes: l’encens me fait horreur; quant aux nouvelles lunes, aux sabbats et aux assemblées, je ne puis (voir) le crime avec les solennités. 14 Je hais vos nouvelles lunes et vos fêtes; elles me sont à charge; Je suis las de les supporter. 15 Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux; quand bien même vous multipliez les prières, je n’écoute pas: vos mains sont pleines de sang. 16 Lavez–vous, purifiez–vous, ôtez de ma vue la méchanceté de vos actions, cessez (de faire) le mal. 17 Apprenez à faire le bien, recherchez le droit, ramenez l’oppresseur dans le bon chemin, faites droit à l’orphelin, défendez la veuve. 18 Venez donc et plaidons dit l’Éternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, Ils deviendront blancs comme la neige; s’ils sont rouges comme l’écarlate, Ils deviendront comme de la laine. – Es 1.10-18

Mais c’est aussi le cas lorsque nous offrons des prières qui ne sont que des répétitions vaines de phrases. Le groupe théâtral Sketchup s’est fait une belle réputation en créant le scénario de cette personne qui prie le « Notre Père », et qui soudainement se fait interrompre à chaque phrase par Dieu qui répond sérieusement à sa prière. La personne est toute surprise! Jésus précède son enseignement du « Notre Père » avec ces mots:

 5 Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour se montrer aux hommes. En vérité, je vous le dis, ils ont reçu leur récompense. 6 Mais toi quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est dans le (lieu) secret, et ton Père qui voit dans le secret te le rendra. 7 En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. 8 Ne leur ressemblez pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. – Mt 6.5-8

Le sacrifice des insensés, c’est quand on est spirituel pour se faire voir.

Le sacrifice des insensés, c’est quand on croit en la prière comme une sorte de bras de fer avec Dieu où la quantité compte. Quand Jésus dit: « Ne multipliez pas les vaines paroles », c’est un seul verbe qui littéralement veut dire: « bata » Comme s’il prenait pour exemple les prières païennes qui ressemblaient à une sorte de mantra… arrête de dire « bata bata bata bata bata »

Un de mes collègues a reçu un homme qui a demandé comment il pouvait obtenir le pardon de Dieu parce qu’il allait commettre un meurtre. Mon ami l’a fait patienter un instant avant d’appeler le 17 pour le faire emprisonner. À juste titre!

3. La prudence dans les engagements

1 Ne te presse pas d’ouvrir la bouche, et que ton cœur ne se hâte pas d’exprimer une parole devant Dieu; car Dieu est au ciel et toi sur la terre: que tes paroles soient donc peu nombreuses. 2 En effet, le rêve vient de la foule des soucis et la voix de l’insensé (se fait entendre) par une foule de paroles. 3 Lorsque tu as fait un vœu à Dieu, ne tarde pas à l’accomplir, car il n’y a point de faveur pour les insensés: accomplis le vœu que tu as fait. 4 Mieux vaut pour toi ne pas faire de vœu, que d’en faire un sans l’accomplir. 5 Ne permets pas à ta bouche de faire pécher (tout) ton corps, et ne dis pas en présence de l’envoyé que c’est une inadvertance. Pourquoi Dieu devrait–il s’irriter de tes paroles, et ruiner l’œuvre de tes mains? 6 Car dans la foule des rêves il y a des vanités; de même quand il y a beaucoup de paroles … – Ec 5.1-6

Parfois les activités spirituelles qui constituent un culte, ou un camp, donnent l’opportunité de s’engager, de prendre des décisions fortes. Salomon dit: OK, mais avec sérieux, avec mesure.

Il illustre son propos avec des rêves: quand on est hyperactif on rêve même à son activité, et on ne distingue plus trop ce qui s’est réellement passé de ce qui n’a été que rêvé. Il en va de même des vœux trop nombreux. On ne sait plus distinguer entre paroles en l’air et promesses solennelles.

Lors d’un congrès important il nous était demandé de nous engager à témoigner à 5 personnes. J’étais jeune converti et dans l’émotion du moment j’ai pris cet engagement pour des personnes avec qui je n’avais aucune relation, ce que je considérais comme un défi. Mais je n’ai pas tenu cet engagement. Et cela m’ennuie. Je le regrette.

En même temps, certaines décisions sont utiles dans notre marche spirituelle. J’ai pris des engagements qui sont parfois difficiles à tenir. Mais je veux réussir et je m’astreins à la discipline qui découle de cette décision prise, pour aligner mes paroles et mes actions à cet engagement.

L’engagement à la pureté dans les camps de Parole de Vie, c’est sérieux…

Ce qui serait le pire c’est d’être ensuite confronté à un envoyé (verset 4), vraisemblablement un serviteur de Dieu, un scribe ou un juge, chargé de veiller à l’accomplissement du vœu et de lui répondre: « Non, j’plaisantais… »

Les engagements que nous prenons sont toujours prononcés sous le regard de Dieu. Il faut les prendre sérieusement.

Ce n’est pas une bonne idée de dire « je t’aime » à une femme dès la première sortie romantique. C’est déjà un engagement. Prendre le temps de se découvrir pour savoir si on peut dire « oui » pour la vie.

Ce n’est pas une bonne idée de dire oui lors d’une négociation pour dire « non » après. C’est l’une des raisons qui me rend très réservé sur la notion d’appels dans l’Église. C’est si facile d’avoir une réponse émotionnelle, à la limite de la manipulation.

Quand je vois quelqu’un de tout enthousiaste tout de suite pour Jésus je me pose une question: est-ce qu’il sera là la semaine prochaine?! C’est moins ambitieux, non? C’est parce qu’il y a une grande différence entre les mots, les rêves –et la marche avec Jésus.

Marcher avec Jésus c’est écouter Dieu, c’est prier, c’est … du temps… de la maturation…

4. La crainte aimante de Dieu

Finalement ce que Salomon constate c’est que la religion, la superstition sont absolument inutiles. Ce sont de fausses béquilles.

C’est pourquoi, crains Dieu. – Ec 12.13

Et là, on est au centre. « Crains Dieu. » Craindre dans un sens réel de craindre.

À la fin des temps, voici la voix qui sort du trône de Dieu:

Une voix sortit du trône: Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands! – Ap 19.5

Dieu est aussi un juste juge. Ses commandements ne sont pas une suggestion. Elles sont une exigence. Et la conséquence pour en avoir brisé un seul d’entre eux, c’est la mort. Jacques nous rappelle:

Car quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable envers tous. – Jc 2.10

Jésus lui-même dit:

Je vous montrerai qui vous devez craindre. Craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne, oui, vous dis–je, c’est lui que vous devez craindre. – Lc 12.5

Je le dis solennellement: faites la paix avec Dieu. Avant qu’il ne soit trop tard.

Mais craindre Dieu, c’est aussi le tendre respect. C’est en fait une notion qui est quasiment perdue aujourd’hui. Avant, il y avait un tendre respect des professeurs, du maire, des policiers, des parents, des grands-parents. Aujourd’hui, c’est copain copain à tout niveau. La tendresse, sans le respect.

Dans la Bible, cette crainte aimante, a plusieurs caractéristiques:

Le commencement de la sagesse, c’est la crainte de l’Éternel; ils ont du bon sens, tous ceux qui s’en inspirent. Sa louange subsiste à jamais. – Ps 111.10

En sorte que le prophète Jérémie souligne:

Reconnais et vois que c’est une chose mauvaise et amère D’abandonner l’Éternel, ton Dieu, Et de n’avoir de moi aucune crainte. – Jr 2.19

C’est une motivation aussi pour vivre droitement:

Puisque nous avons de telles promesses, bien–aimés, purifions–nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, en développant jusqu’à son terme la sainteté dans la crainte de Dieu. – 2 Co 7.1

Je dois dire qu’il y a dans mon être des pressions de pensées qui me conduisent loin de Dieu. Une juste crainte de Dieu est saine. Ce n’est pas une bonne idée de mépriser Dieu…

En même temps, « l’amour parfait bannit la crainte » (1 Jn 4.18) nous dit l’apôtre Jean. La crainte de Dieu nous rend conscient de nos péchés et nous rend conscient qu’une grâce majestueuse nous est donnée… Et petit à petit nous grandissons avec comme appui occasionnel la crainte de Dieu, et comme appui supérieur, l’amour de Dieu.

Parce que lorsque nous aimons Dieu de tout notre cœur, de toute notre pensée, nous sommes amenés à lui plaire. À lui ressembler. De quel commandement avons-nous alors besoin?

Oh! Célébrons Dieu. Si tout est vanité, fumée, lui est stabilité, constance, éternité, sagesse, immuabilité… Fixons les regards sur lui pour trouver la satisfaction en lui pour toutes les tâches de notre vie jusqu’à son retour!

Buvons un verre de bon vin à sa gloire, chaque dimanche!

Mangeons un bon plat entre amis, sous son regard, à sa gloire!

Prenons la voiture chaque matin, avec reconnaissance pour l’activité même difficile du jour!

Parlons aux hommes et aux femmes qui nous entourent sans les engager dans le péché, sans nous piéger dans le péché, en craignant Dieu!

Vivons en craignant Dieu!

L’adoration plutôt que suivre des idoles (Ec 5.7-8)

7 Si tu vois dans une province qu’on opprime le pauvre et qu’on viole le droit et la justice, ne t’étonne pas de la chose; car un grand protège un autre grand, et il en est encore de plus grands au-dessus d’eux. 8 Les produits de la terre sont pour tous; même un roi est tributaire de la campagne. 9 Celui qui aime l’argent n’est pas rassasié par l’argent; celui qui aime le faste n’a pas de revenus. C’est encore là une vanité. – Ec 5.7-9

Le contraste ne peut être davantage marqué entre l’adoration du Dieu qui ne déçoit pas, et des dieux vides qui oppressent ceux qui les servent. Salomon touche du doigt deux idoles terriblement oppressantes.

La première est celle du pouvoir (Ec 5.7-8).

Parlant d’un autre passage de l’Ecclésiaste sur le pouvoir, Jacques Ellul dit: « Les trois cartes sont jouées: vanité, oppression, sottise. Voilà ce qui qualifie tout le pouvoir humain ». Jacques Ellul, La raison d’être, Méditation sur l’Ecclésiaste, p.100.

Montesquieu a noté que les puissants désirent naturellement avoir plus de puissance et abusent de leur pouvoir. « Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument » a déclaré le britannique Lord Acton.

Tout pouvoir peut devenir oppression de l’autre. Même dans une église. D’où la nécessité de bien choisir les responsables, et d’assurer une marche collégiale.

L’observation toute bête que fait Salomon, c’est que le roi est davantage tributaire des paysans qu’il ne le réalise. Sa grandeur est de circonstance. L’homme naît sans couronne et meurt sans couronne.

La seconde idole est celle de l’argent (Ec 5.9).

Nous avons vu précédemment ce que Paul écrit très directement:

Car l’amour de l’argent est la racine de tous les maux, et quelques–uns, pour s’y être adonnés, se sont égarés loin de la foi et se sont infligé à eux– mêmes bien des tourments. – 1 Tm 6.10

Le toujours plus tue à chaque fois. Voici quelques histoires de la crise de 2008.

– Un homme d’affaires coréen a cessé de manger après avoir perdu 370 millions de $. Il se mit à boire et lorsque les marchés boursiers se sont effondrés, il s’est tué.

– Le responsable financier de Freddie Mac, une banque d’investissement, s’est pendu dans sa cave.

– Un manager français s’est suicidé dans son bureau New Yorkais lorsqu’il a réalisé s’être fait piéger par Madoff.

– Un homme d’affaires danois s’est tué dans son hôtel à 600€ la nuit lorsque sa boîte a coulé.

Ils sont très rares ceux qui ont de l’argent et qui s’en contentent. J’écoutais le message d’un collègue sur ce passage et il racontait qu’un membre de son église était venu lui parler de l’anniversaire d’un de ses amis. Vous me suivez?! Son ami célébrait ses 60 ans, et il est resté cloîtré dans son bureau, d’humeur rageuse. Vous savez pourquoi? Parce qu’il s’était donné pour ambition de devenir milliardaire à 60 ans. Et qu’il lui restait quelques dizaines de millions à gagner pour y arriver…

On a demandé à Rockefeller quel était le million de dollars qu’il a trouvé le plus chouette à gagner. Il a répondu: « Le prochain. »

Thomas d’Aquin écrit:

… plus un individu est faible, plus il a besoin du secours des choses extérieures, et c’est pour cela qu’il est plus porté à l’avarice, comme nous pouvons l’observer chez les vieillards…Ce qui rend aussi ce vice dangereux, c’est qu’on se fait illusion facilement à son sujet. On trouve tant de prétextes pour l’excuser qu’on peut en être atteint sans le savoir. (source)

Jacques Ellul constate:

On ne peut cesser de conquérir toujours plus, soit. Mais cet argent, à quoi va-t-il servir? Indirectement, Qohéleth nous dit: l’opulence, le luxe, l’abondance, et puis la « clientèle » (V, 9-10)! C’était pour cette époque tout ce à quoi pouvait servir l’argent: la vaisselle d’or, les bijoux, les palais… Seulement, dit aussitôt le sage, à ce moment, il ne reste plus beaucoup de « revenus » (et la course après l’argent reprend!), c’est assez amusant! Aujourd’hui, nous en sommes de nouveau là. Il faut gagner toujours plus pour consommer toujours plus. Et sur le plan collectif, encore pire, il faut accroître indéfiniment la richesse collective pour dépenser en armements, en équipements, en routes et aéroports. Et l’on se retrouve finalement endetté, on ne sait comment combler les déficits de la sécurité, et la dette globale d’innombrables États du monde. Tout ceci correspond à « l’opulence » de nos jours et a remplacé les bijoux et les palais, mais le fond du problème n’a pas changé. La question reste bien cela: aimer l’argent. Jésus reprendra pour l’argent la mise en question de l’amour. « Là où est ton trésor, là sera ton cœur » et « Vous ne pouvez pas aimer en même temps Dieu et l’argent » ni les servir. Qohelet, lui , s’en tient à l’absurdité de cette conduite. Inutile d’insister! – Jacques Ellul, La raison d’être: Méditation sur l’Ecclésiaste, p.105

Mais ne croyez pas qu’il faut être milliardaire pour sombrer dans ce péché. J’ai lu cette semaine l’histoire étrangement similaire d’un garçon de 13 ans qui a tué pour l’équivalent de 9 euros. C’est l’attitude qui est condamnée, par le chiffre!

L’attitude du toujours plus qui fait qu’une femme va râler auprès de son mari pour qu’il travaille plus et qu’il gagne plus et qu’ils aient une maison dans les quartiers plus chics et des robes plus élégantes…

L’attitude du toujours plus qui fait qu’un homme sacrifie tout pour entretenir une carrière qui l’élève au mépris de ses relations avec son épouse et ses enfants.

L’attitude du toujours plus qui fait que toute économie est là pour acheter un truc en plus, juste un en plus… Juste cette caravane… juste cette voiture… juste ce voyage…

C’est encore là une vanité! Dieu veut que nos cœurs et nos pensées soient épris de lui! Cela nous mène tout naturellement au dernier thème de ce message.

L’adoration plutôt que de ronchonner (Ec 5.10-19)

10 Quand les biens se multiplient, ceux qui en mangent se multiplient aussi; quel bénéfice en ont les propriétaires, sinon qu’ils le voient de leurs yeux? 11 Le sommeil du travailleur est doux, qu’il ait peu ou beaucoup à manger; mais la satiété du riche ne le laisse pas dormir. 12 Il est un malheur funeste que j’ai vu sous le soleil; la richesse que son propriétaire garde pour son malheur. 13 Cette richesse se perd par une mauvaise affaire. Le fils qu’il avait engendré n’a plus rien en main. 14 Comme il est sorti du sein maternel, il s’en retourne nu comme il était venu, il n’emportera de sa peine rien qu’il puisse emmener dans sa main. 15 C’est encore là un malheur funeste. Il s’en ira exactement comme il était venu; et que lui restera–t–il après avoir peiné pour du vent? 16 Il consume ainsi toutes ses journées dans les ténèbres, beaucoup de tracas, de souffrances et d’irritation. – Ec 5.10-16

Il y a deux parties à cette section: d’un côté la liste habituelle des frustrations de l’existence, et un rappel encore et encore et encore de ce qui est l’essentiel du bonheur humain…

Que se passe-t-il lorsque l’idole de l’argent est au centre des cœurs?

On a des amis pour ce que l’on a: « Ceux qui en mangent se multiplient aussi! » Une cour, une véritable basse cour naît autour de la richesse.

On a des soucis. Est-ce que le yacht a coulé avec la tempête? Est-ce que mon investissement boursier va tenir le choc? « La satiété du riche ne le laisse pas dormir. »

On est incapable de garder cette richesse.

L’héritier idiot qui dilapide tout! « Le fils… n’a plus rien en main ». Toute une vie de plus, gâchée par un fils qui perd tout!

Pire la mort! Tu reprends ton costume de naissance avant de plonger en terre. « Comme il est sorti du sein maternel, il s’en retourne nu comme il était venu »

On a des « tracas, des souffrances et de l’irritation. »

Quelle vie! Il faut vivre avec un détachement et une lucidité sur cette vie.

L’image qui se dégage c’est celle de l’homme ou de la femme insatisfaits. Qui regarde à ce qu’il n’a pas ou ce qu’il ne peut garder. Et qui râle.

Râler est si… commun. Si … français! C’est notre signature partout dans le monde! Des râleurs!

En Nombre 11, les Israélites râlent de ce qu’ils n’ont pas. Ils ont quitté l’esclavagisme de l’Egypte. Ils sont en route vers la terre promise. Dieu prend soin d’eux. Ils mangent une manne miraculeuse chaque jour. Mais voilà ce que certains disent:

4 Le ramassis de gens qui se trouvait au milieu d’Israël fut rempli de convoitise et même les Israélites recommencèrent à pleurer et dirent: Qui nous donnera de la viande à manger? 5 Nous nous souvenons des poissons que nous mangions gratuitement en Égypte, des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et de l’ail. 6 Maintenant, notre gosier est desséché: plus rien! Nos yeux ne voient que de la manne. 7 La manne ressemblait à de la graine de coriandre et avait l’apparence du bdellium. […] Elle avait le goût d’un biscuit à l’huile. 9 Quand la rosée descendait la nuit sur le camp, la manne y descendait aussi. 10 Moïse entendit le peuple qui pleurait, chacun dans son clan à l’entrée de sa tente. La colère de l’Éternel s’enflamma fortement, et cela déplut à Moïse. […]

31 L’Éternel fit souffler un vent, qui de la mer amena des cailles et les rabattit sur le camp, jusqu’à environ une journée de chemin d’un côté et environ une journée de chemin de l’autre côté, autour du camp. Il y en avait environ 1 mètre au-dessus de la surface de la terre. 32 Pendant tout ce jour et toute la nuit, et pendant toute la journée du lendemain, le peuple se leva et ramassa les cailles; on en ramassa au moins 10 homers [mesure équivalente à 22 litres]. Ils les étendirent pour eux autour du camp. 33 Comme la viande était encore entre leurs dents, sans être mâchée, la colère de l’Éternel s’enflamma contre le peuple, et l’Éternel frappa le peuple d’une très grande plaie. 34 On donna à cet endroit le nom de Qibroth – Hattaava, parce qu’on y ensevelit le peuple rempli de désir. – Nb 11.4-34

Apprenons à prendre de Dieu ce que nous avons. À rendre grâce. À prendre de Dieu tous ces bons cadeaux qu’il nous donne. C’est vraiment un apprentissage de la vie. L’attitude. L’attitude qui se réjouit d’une vie imparfaite.

17 Voici ce que j’ai vu: c’est déjà bien beau pour l’homme de manger, de boire et de voir le bonheur au milieu de toute la peine qu’il se donne sous le soleil, pendant le nombre des jours de vie que Dieu lui a donnés; car c’est là sa part. 18 D’ailleurs pour tout homme à qui Dieu a donné richesse et ressources et qu’il laisse maître de s’en nourrir, d’en prendre sa part et de se réjouir au milieu de sa peine, c’est là un don de Dieu. 19 En effet, quand il n’aura plus grand chose, il se souviendra des jours de sa vie, où Dieu lui répondait par la joie du cœur. – Ec 4.17-5.19

Dans ce monde maudit par le péché, Dieu nous a laissé une part. Celle de trouver beau de manger, de boire, et de cueillir chaque jour quelques bonheurs.

Chercheurs de trésors de bonheur. Êtes-vous plutôt à compter ce qui ne va pas? Vous loupez toute la part que Dieu nous donne sur le soleil. Il n’y a qu’une seule manière de changer. Apprendre à remarquer les choses bonnes et à s’en réjouir. Chacune l’une après l’autre.

Faites le plein de bons souvenirs, de joies justes maintenant. Pour qu’à la vieillesse, il y ait des souvenirs de ceci. Et qu’il n’y remontent pas des relents de « j’aime pas », « c’est pas bien », « si seulement ».

Ce jour distant dont Salomon parle: « En effet, quand il n’aura plus grand chose, il se souviendra des jours de sa vie, où Dieu lui répondait par la joie du cœur » se prépare maintenant. Maintenant.

Conclusion

1. Venir pour s’instruire & instruire

Êtes-vous celui qui arrête sa voiture pour prier pour sa famille, pour adorer Dieu?

Le culte, et la vie qui a lieu dans les locaux de l’église n’est pas l’essentiel de la foi et de la vie avec Dieu, seulement l’entraînement, la motivation, l’encouragement…

2. Marcher avec Dieu.

Le sacrifice des insensés est la religion ponctuelle qui soutire en vain des faveurs à Dieu. L’adoration est une marche quotidienne avec Dieu à qui l’on confie chaque aspect de notre existence. Du lever du matin au coucher. Dans mes relations. Dans mes luttes. Dans mes projets.

3. Apprendre la reconnaissance

Que la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs. Soyez reconnaissants. – Col 3.15

Prédications TPSG

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