La seigneurie de Christ doit-elle m’effacer ? (Épisode 516)
Dans cet épisode, Florent répond à la question selon laquelle considérer la seigneurie de Christ serait synonyme de s’effacer, d’éviter de se mettre en avant, voire de se mentionner. Pour répondre à cette idée Florent observe la manière dont Dieu opère à travers la création, la rédaction des Écritures, les vocations, la morale et l’initiative personnelle. Il montre que cette seigneurie s’exerce sur l’éthique plutôt que sur la personnalité.
❓ Pour aller plus loin :
- Doit-on aimer Christ et haïr sa famille ? (Épisode 405) (mentionné)
- L’article Stéphane Kapitaniuk : C’est quoi l’humilité ?
- Quelques citations sur l’humilité par Andrew Murray
- L’humilité le livre de ce même auteur.
Un pasteur vous répond: le podcast de Florent Varak qui t’aide à mieux comprendre la Bible, une question à la fois.
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Transcription
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La question est posée :
Bonjour Florent, merci de nous permettre de poser des questions qui peuvent même sembler saugrenues ou inadéquates. Voici la mienne : la seigneurie de Christ doit-elle conduire à l’effacement le plus complet de ses disciples dans l’expression, par exemple, de ce qu’ils vivent ? Dire « je » dans un témoignage ou dans un chant, serait-il déshonorer notre Dieu ?»
Alors écoute, merci pour ta question. Je ne pense pas qu’elle soit saugrenue. Au contraire, elle évoque de manière touchante l’interaction que Dieu veut avec chacun d’entre nous. Et dans cet épisode, j’aimerais observer comment Dieu opère ou veut opérer avec nous.
1. Dieu honore la diversité de la création
Alors, je me lève souvent le matin avant que le soleil ne se lève. Bon, ça dépend de la saison aussi. Et si le ciel est dégagé, je marche dans la campagne pendant mon temps de prière et je vois le soleil se lever, les ombres changer de forme. Et pas un matin ne ressemble au précédent.
Dieu est un artiste compétent, prolifique, souvent ignoré comme tous les grands artistes. Et ce que je remarque, c’est que cette diversité reflète donc la personne même de Dieu. Le livre de la Genèse nous dit combien ce que Dieu a créé était bon. Et c’est un contexte de vie prolifique où cette parole est prononcée. Dieu remarque la prolifération de la vie dans sa diversité. Il dit : « Mais c’était beau. »
Le matin de mes préparatifs pour cet épisode, je lisais le psaume 104, qui est une ode à la création dans sa grande diversité et dans de multiples expressions de vie.
Et le Psaume 148 dit pareillement ceci :
Louez l’Éternel depuis la terre, monstres marins, et vous tous, abîmes, feu et grêle, neige et brouillard, vent de tempête, exécuteur de sa parole, montagnes et toutes les collines, arbres fruitiers et tous les cèdres, animaux et tout le bétail, reptiles et oiseaux ailés, rois de la terre et tous les peuples, princes et tous les juges de la terre, jeunes hommes et jeunes filles, vieillards et enfants, qu’ils louent le nom de l’Éternel, car son nom seul est élevé. Sa majesté domine la terre et les cieux. Il a relevé la force de son peuple, sujet de louange pour tous ses fidèles, pour les Israélites, le peuple qui lui est proche. Louez l’Éternel.
– Psaumes 148.7-14
Pourquoi je cite ces textes ? Parce que la seigneurie de Dieu dans la nature ne correspond pas à une robotique ordonnée, mais à une forme d’exultation personnalisée.
Ce sont les cieux, les montagnes, les monstres marins qui sont appelés à reconnaître leur place, leur rôle devant leur créateur et à attribuer grandeur, louange, honneur et gloire à ce Dieu.
Alors, c’est poétique, bien sûr, c’est symbolique, bien entendu, mais cela montre qu’un Dieu souverain ne fonctionne pas ou ne veut pas fonctionner avec des sortes de marionnettes et de robots qu’il doit contrôler et dans lequel les diversités propres à la création devraient s’effacer.
2. Dieu a parlé par des hommes qui ont gardé leur personnalité
Hébreux 1.1-2 nous le dit ainsi :
Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu nous a parlé par le Fils en ces jours qui sont les derniers.
– Hébreux 1.1-2
Alors, nous qui sommes des chrétiens, nous savons que c’est Dieu qui a inspiré l’Écriture (2Tm 3.16). Et ce qui est fascinant, c’est qu’il a utilisé des procédés très différents pour cela.
- Dieu a lui-même écrit les dix commandements sur des tables de pierre qu’il a données à Moïse. Waouh ! J’aurais bien voulu voir l’écriture directe de Dieu.
- Dieu a parfois ordonné à Moïse d’écrire ce qu’il avait entendu. Dans Exode 34.27 : « Écris ces paroles. C’est conformément à elles que je conclus une alliance. »
- Dieu a parfois dicté sa parole. Je pense à Jérémie 30.2 ou Ézéchiel 37.16, où Dieu dit : « Écris… »
- Dieu a parfois donné une vision que l’auteur a rapportée. Je pense à Ésaïe 6 ou Apocalypse 1.
- Dieu parfois a conduit la recherche historique d’un auteur. Tu peux relire Luc 1.1-4, où on voit que Luc s’est intéressé à la vie de Jésus et il a voulu en donner un écrit fiable, historique, mais qui vient de tierce source. Il n’est pas lui-même celui qui a vu ce dont il parle.
- Dieu a, semble-t-il, mandaté des anges pour conduire des auteurs à expliquer certaines choses. C’est très nettement le cas, par exemple, dans Daniel 8.17 ou Daniel 9.21.
- Dieu a parfois mis dans le cœur d’un auteur de parler d’une émotion ou d’un sentiment religieux associé à des vérités théologiques. Je pense aux Psaumes. D’ailleurs, les Psaumes utilisent beaucoup le terme « je ». Et tu t’interroges à ce sujet.
- Dieu a parfois réorienté la rédaction d’un auteur, Jude, qui s’est senti poussé à défendre la foi transmise aux saints une fois pour toutes, alors qu’il avait probablement à l’esprit un autre type de livre qu’il voulait écrire.
- Et puis, Dieu a parfois orienté les circonstances pour qu’un auteur ait à cœur de rédiger quelque chose. Je pense par exemple aux deux lettres de Pierre ou Esther.
Et donc la souveraineté de Dieu, qui a vraiment pesé sur la rédaction de l’Écriture, de la Bible, elle s’est manifestée de différentes manières pour que nous ayons la Bible. Mais cette Bible est un composé de 66 livres.
Et quand on la lit, on réalise l’immense différence dans les personnalités, en sorte que ces gens-là n’ont pas été écrasés.
Jérémie, c’était un déprimé chronique. Enfin, on le comprend quand on voit son parcours et son chemin.
Ézéchiel était un mystique bizarre qui a passé des mois et des mois allongé, certes, sous l’ordre de Dieu.
Jonas était un homme dur qui ne veut surtout pas que les Assyriens connaissent le Dieu d’Israël et la grâce du Dieu d’Israël.
Jacques, c’est un militaire exigeant de la vie chrétienne qui bombarde des commandements, un homme extrêmement intègre, dévoué à son Seigneur.
Jean était un homme d’une douceur et d’un amour qui ne l’empêche pas d’être catégorique sur les erreurs doctrinales et sur le péché, mais beaucoup de tendresse. On a l’impression d’un vieil homme avec des yeux pleins d’amour qui regarde ses disciples.
Luc est un homme plein de compassion. Il était médecin et peut-être que ça colore aussi sa personnalité.
Matthieu exalte la messianité de Jésus et sa royauté, et notamment pour lui qui était un exclu. Il met en avant tous les exclus qui deviennent des privilégiés auprès de Jésus.
Marc, secrétaire de Pierre, écrit son Évangile un peu comme une série Netflix. Beaucoup de rythme, beaucoup de mouvement. Pierre était un homme très actif.
Paul était un bourreau du travail qui a été assez exigeant sur ses équipiers et plusieurs l’ont abandonné.
Pourquoi je souligne ces choses-là ? C’est pour remarquer que cette seigneurie de Dieu n’a jamais brisé leur humanité. Elle les a plutôt restaurés, elle les a plutôt magnifiés, honorés, parce qu’ils demeurent des êtres humains que Dieu utilise. Et en cela, cette restauration est absolument magnifique.
3. Dieu honore la diversité des vocations
Tu cites cette seigneurie, comment elle s’inscrit dans nos vies.
Mais on regarde dans le Nouveau Testament et on voit qu’il y a quatre passages liés à des dons spirituels que Dieu donne aux êtres humains. On a 1 Corinthiens 12 à 14, Romains 12, Éphésiens 4, 1 Pierre 4. Et on voit qu’il y a une grande diversité de vocations et de ministères, des dons multiples qui invitent à s’exprimer avec des personnalités différentes.
Et moi qui travaille dans un domaine missionnaire, j’ai été pasteur pendant 25 ans, puis maintenant, je travaille avec des équipes missionnaires, je remarque combien les profils sont différents.
Les purs évangélistes, ils sont rares, mais c’est extraordinaire de les voir à l’œuvre. Par contre, ils sont un peu imbuvables en Église parce qu’ils se plaignent constamment de la tiédeur des chrétiens pour partager l’Évangile et des pasteurs qui se préoccupent trop des brebis alors que le monde part bientôt en enfer.
Les prophètes, alors je ne crois pas à des prophètes qui donnent de nouvelles paroles de Dieu, mais qui exhortent avec une insistance de vie, de repentance et d’encouragement à rester en Christ, sont très, très, très cadrants et pas toujours faciles à vivre.
Et puis les pasteurs se font critiquer par tout le monde parce qu’ils tentent d’orienter l’Église dans sa globalité en donnant un enseignement pour tous.
Et je trouve que c’est beau cette diversité. C’est aussi ça qui nous apprend à vivre dans la maturité. On va tous contribuer différemment à l’œuvre de Dieu. Il faut maintenir cette distinction en la prenant comme un cadeau de Dieu.
Et donc la souveraineté de Dieu ne conduit pas à l’effacement des personnalités et à une sorte d’homogénéisation des expressions et des processus où il y aurait un Dieu qui se cacherait, mais qui devrait devenir visible de la même manière chez tous les individus.
4. Dieu exerce sa seigneurie surtout sur l’éthique et la morale
On va lire un texte que j’ai de la peine à lire parce que je measure combien moi-même, j’ai le besoin de revenir dessus régulièrement. Luc 14.26-27 nous dit la chose suivante :
Si quelqu’un vient à moi et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix et ne me suit pas, ne peut pas être mon disciple.
– Luc 14.26-27
Alors bien sûr, c’est une manière de parler. Le centre éthique de toute la Bible, c’est d’aimer Dieu et d’aimer son prochain. Et donc la haine n’a pas de place dans le cœur d’un chrétien.
Mais il faut le comprendre dans son contexte. Dans le verset précédent, de grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourne et il leur dit ce que l’on vient de lire.
En fait, beaucoup de gens veulent suivre Jésus jusqu’à ce que cela coûte quelque شيء. Et Jésus dit ici une parole radicale : « Si tu veux suivre Jésus, mais que ton père, ta mère, ta femme, tes enfants, tes frères et tes sœurs, ou même les préférences de confort que tu as pour toi-même t’empêchent de le faire, t’empêchent de confesser Jésus, de suivre sa seigneurie, tu ne peux pas être un disciple de Christ. »
En sorte qu’un disciple de Jésus se mesure à sa volonté de tout laisser à la croix. Et c’est pour cela que je dois dire que c’est une activité quotidienne pour moi. Et parfois, je ne suis pas à la hauteur de ce choix constant et je dois m’en repentir.
Il y a une exigence dans la seigneurie de Christ qui me conduit à la repentance. Mais mourir à soi-même, c’est mourir à soi-même par rapport au désir charnel de péché qui est dans mon cœur. Ce n’est pas une robotisation et un aplatissement de ma personnalité. C’est un assujettissement de tout ce qui est contraire à Dieu en moi pour suivre ce que Dieu veut.
Sa seigneurie me contraint à sa loi. Son autorité s’impose à ma chair qui parfois réclame ce qui est contraire à la sainteté de Dieu. C’est là qu’a lieu le combat.
La seigneurie de Jésus m’invite à abandonner une vaine manière de vivre pour absorber ou entrer dans une manière de vivre qui soit à la gloire de Dieu. C’est dans le domaine moral que cela s’exerce, pas dans le domaine des personnalités.
Certains dans l’Église sont timides, d’autres sont exubérants, certains sont rigolos, d’autres sont réfléchis et c’est magnifique, c’est beau, tant que cela ne s’oppose pas à la loi de Dieu.
Et il y a pour chacun d’entre nous des faiblesses liées à nos forces et il faut les travailler à la lumière de la parole de Dieu, avec la puissance et l’aide du Saint-Esprit, dans le contexte de l’Église qui sert souvent d’élément abrasif pour nous faire prendre conscience de ce que nous avons besoin d’abandonner à la croix.
Une personne aimante qui refuse le conflit peut sombrer dans la crainte des hommes et cela devient un péché. Une personne plus austère peut sombrer dans le jugement des autres et cela devient un péché. Donc, la seigneurie de Christ s’exerce sur des domaines moraux, pas sur des domaines forcément liés à la personnalité.
5. Dieu valorise l’initiative personnelle et l’expression de ce que nous sommes
Tout au long des lettres, notamment celle de Paul, nous voyons deux choses. Nous voyons que Paul parle de ses propres initiatives, parfois des initiatives qu’il n’a pas pu terminer. Et parfois, Paul encourage à de telles initiatives.
Je pense à ce texte de Galates 5.9-10 qui nous dit :
Un peu de levain fait lever toute la pâte. Pour moi, j’ai cette confiance en vous dans le Seigneur, que vous ne penserez pas autrement. Mais celui qui vous trouble, quel qu’il soit, en supportera la condamnation.
– Galates 5.9-10
Et tu vois, il a cette confiance que les gens vont réfléchir aux influences qui sont mauvaises. Et on est placé sur cette terre pour porter du fruit, un fruit de ressemblance à Jésus et un fruit d’influence là où il nous a placés.
Dans la parabole des talents, nous lisons que Dieu nous a confié un talent, c’est-à-dire un certain montant d’or. C’est une manière de parler que Dieu nous a donné, à chacun d’entre nous, des compétences particulières. Et ce qu’il attend de nous, c’est que nous les fassions fructifier.
Et on ne les fera pas fructifier de la même manière. Certains d’entre nous avons des contraintes, parfois ce sont des contraintes physiques ou matérielles ou de circumstances.
Et puis parfois, on a des opportunités tellement extraordinaires, soit parce que Dieu a donné des dons spécifiques qui sont utilisables dans le contexte que Dieu nous a donné, alors que dans d’autres pays, par exemple, je pense en Corée du Nord, où il est quasiment impossible de vivre sa foi au grand jour, et c’est extrêmement difficile de porter du fruit à la gloire de Dieu. Tout cela est porté plutôt vers la persévérance. Dieu regarde tout ça.
Bref, ce qui compte, c’est d’investir ce que Dieu nous a donné pour que ça influence d’autres autour de nous, pour que ça influence et que ça nous influence à ressembler davantage à Jésus.
Donc non, c’est vrai qu’on peut parfois ressentir un malaise entre nos vies et la souveraineté de Christ.
Et ce que j’ai appris à faire, c’est de remercier Dieu pour chaque compliment que je reçois et de me repentir pour chaque critique légitime que je reçois. Elles sont importantes pour ma propre sanctification.
Mon humanité est imparfaite. Dieu continue de travailler mon cœur et Dieu continue de travailler ton cœur. Mais il ne s’agit pas de ne jamais dire « je », ni de s’effacer faussement derrière cette souveraineté de Dieu, parce que Dieu se glorifie dans qui tu es, dans ton humanité.
D’ailleurs, il ne faut pas se tromper et réaliser que Dieu honore l’humanité que nous sommes dans le fait qu’il ait lui-même fait la démarche de devenir homme pour nous sauver. Je réalise à quel point c’est absolument magnifique cette humanité. Nous sommes créés à l’image de Dieu. Donc, il y a une gloire intrinsèque d’être à cette image, d’être un être humain.
Et nous pouvons, en cela, entreprendre des choses avec parfois les excès de nos personnalités, avec parfois aussi les retenues de nos personnalités. Nous devons apprendre à les dépasser pour, selon la parabole des talents, mettre à contribution ce que Dieu nous a donné pour sa gloire, pour être en bénédiction dans le monde qui nous entoure et faire en sorte que ce monde puisse voir Jésus, voir l’Évangile et le connaître tel qu’il est.
Alors, la seigneurie de Christ ne doit pas m’effacer. Elle doit me conduire, au contraire, à la repentance dans les domaines où j’ai besoin de le suivre. J’espère que c’est ton cas.
J’espère que tu réalises que quelle que soit ta croyance initiale, là, je parle au-delà de cette personne qui m’a posé la question, quelle que soit la croyance initiale, tu réalises qu’il y a un Dieu, un Dieu qui nous invite à la repentance, à placer notre confiance en lui, à le suivre de façon toute simple, toute personnelle.
Moi, ce que j’ai compris de l’expérience de la vie chrétienne, c’est que plus je m’abandonne à lui, plus je me retrouve moi-même. Je n’ai jamais rien perdu, si ce n’est le plaisir du péché, mais ça, c’est un plaisir contestable. Je n’ai jamais rien perdu en cherchant la souveraineté de Dieu dans ma vie.
Et plus je me soumets à lui, plus je vois en moi émerger quelque chose qui est davantage jouissif et plaisant que ma propre personnalité qui est teintée d’égoïsme et d’impureté, de tout ce qui peut traîner dans un cœur éloigné de Dieu.
Plus je m’approche de cette seigneurie, plus il y a un fruit paisible, non seulement que j’observe du Saint-Esprit en moi, mais aussi que je peux donner autour de moi avec tout le fruit de l’Esprit qui s’accompagne de cela : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la douceur, la fidélité, la maîtrise de soi, tout ce qui reflète la personne de Christ et qui est bien.
Mais ce n’est pas une question de personnalité, c’est une question de vie en Christ qui s’exprime pour pouvoir porter du fruit dans ce monde. J’espère avoir répondu à ta question.









