Quand tu ne sais pas dans quelle direction avancer

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Quand tu ne sais pas dans quelle direction avancer
Jon Bloom
Jon Bloom

« Simon Pierre leur dit :  »Je vais pêcher. » Ils lui dirent :  »Nous allons aussi avec toi. » Ils sortirent et montèrent aussitôt dans une barque, mais cette nuit-là ils ne prirent rien. » – Jean 21.3

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Pierre et la patience

Lire : Jean 21.1-14

« Je vais pêcher. »

Pierre ne savait pas que faire d’autre. Les dernières semaines avaient été incroyablement intenses avec le cauchemar de la crucifixion de Jésus et l’extraordinaire miracle de sa résurrection.

Il était maintenant assis avec Thomas, Nathanaël, Jacques, Jean et deux autres disciples. Ils attendaient. Désorientés. Jésus n’était pas là et il ne leur avait pas dit dans quelle direction ils devaient maintenant avancer.

Dans le passé, Pierre savait toujours ce qu’il avait à faire : préparer les filets et la barque, aller pêcher, ramener du poisson et le vendre au marché. La pêche était un travail difficile, parfois même dangereux. Mais il savait ce qu’on attendait de lui. Cela lui faisait du bien de penser à ces années pendant lesquelles il maîtrisait tout ce qu’il faisait.

Alors, puisqu’il ne savait pas que faire d’autre, il s’était dit qu’il pouvait au moins faire quelque chose d’utile. Et les autres avaient répondu : « Nous allons aussi avec toi. » Pierre n’était pas le seul à avoir besoin de bouger.

Et ils ont ainsi pêché toute la nuit. Lancé et ramené les filets. Rien. Déplacé la barque. Rien. Un peu plus profond. Rien. Un peu plus loin. Rien. Où sont les poissons ? Nulle part ! Qui avait eu cette idée ? Il y a peut-être eu quelques paroles vives échangées vers la fin de cette nuit épuisante.

Alors que le jour se levait, ils ont entendu une voix venant de la rive :

— Les enfants, n’avez-vous rien à manger ?

Jacques répondit avec une certaine exaspération :

— Non !

— Jetez le filet du côté droit de la barque et vous trouverez.

En temps normal, cela aurait été plutôt agaçant. Il n’avait pas reconnu celui qui parlait, mais ses instructions leur semblaient familières. Cela était déjà arrivé dans le passé (Lc 5.1-11). Pierre et Jean se regardèrent l’un l’autre et lancèrent le filet. Le poids soudain faillit les faire passer par-dessus bord. Impossible ! Et pourtant ! Des poissons ! Et ils étaient énormes. Ils n’arrivaient même pas à ramener le filet dans la barque.

Les yeux de Jean étaient aussi grands que les poissons dans le filet quand il jeta un regard vers Pierre et s’écria :

— C’est le Seigneur !

Pierre tendit le filet à Nathanaël, se rhabilla et plongea dans l’eau, laissant les autres remonter le filet débordant de poissons.

Lorsqu’ils arrivèrent sur la rive, ils trouvèrent Jésus en train de leur préparer le petit-déjeuner. Il avait déjà du poisson ! Avec grâce, et peut-être une pointe d’humour affectueux, il leur dit :

— Apportez quelques-uns des poissons que vous venez de prendre.

Puis il leur servit à manger.

Et ensuite Jésus donna à Pierre des directives pour la suite des événements.


C’est tellement typique de Jésus, toujours en train de conduire et de servir, avec grâce, des disciples complètement ébahis, confus. Et puisque nous, ses disciples du XXIe siècle, sommes tout aussi facilement confus, c’est une bonne chose de nous rappeler quelques-uns des principes qui ressortent de cette histoire.

Premièrement, attendre Jésus est une expérience habituelle chez les disciples. Parfois, nous attendons une direction. Parfois, nous sommes prisonniers d’une situation difficile et nous attendons sa délivrance. Parfois, nous attendons de comprendre ce qu’il est en train de faire dans nos vies. Parfois, nous attendons qu’il pourvoie à nos besoins. Le timing de Jésus et ses objectifs ne sont pas toujours clairs pour nous, mais ils sont toujours ce qu’il y a de meilleur pour nous. Il désire donc que notre foi repose sur le roc de sa Parole et non pas sur le sable de nos circonstances.

Deuxièmement, lorsque vous ne savez pas dans quelle direction avancer, « faites le pas suivant1 », comme dit Elisabeth Elliot. Les disciples ont certainement dû prier et demander à Dieu de leur indiquer ce qu’ils devaient faire après la résurrection de Jésus. Mais ils n’avaient pas reçu de réponse claire pour l’instant. Aller à la pêche semblait être une bonne idée. En fait, c’était exactement ce que le Seigneur voulait qu’ils fassent. Jésus était bien en train de les guider, mais d’une manière différente. Alors qu’ils faisaient le pas suivant, Jésus est venu à leur rencontre pour les diriger.

Troisièmement, Jésus est parfaitement au contrôle de tout. Pierre et ses amis étaient des pêcheurs expérimentés. Ils ont travaillé dur et pourtant ils n’ont rien attrapé. Mais au matin, ils ont découvert, une fois de plus, que Jésus règne en maître sur leurs décisions, sur le bateau, la mer, les poissons et sur le temps.

Quatrièmement, Jésus est constamment en train de nous servir, même quand nous ne le voyons pas. Il nous sert de toutes sortes de manières : il paie pour nos péchés (Hé 2.17), il fait de nous ses disciples (Jn 15.16), il attire vers nous les poissons que nous pêchons (Mt 4.19), il nous sert le petit-déjeuner sur la plage (Ph 4.19), il nous conduit vers notre demeure éternelle (2Tm 4.18). Jésus aime être au service de ceux qui comptent sur lui (És 64.3).

Quand on suit Jésus, on traverse parfois des périodes d’activités intenses qui sont source de confusion. Mais aussi parfois des périodes de longue attente, tout autant source de confusion. Il ne veut pas que nous paniquions, dans une situation comme dans l’autre. Il reste au contrôle de l’une et de l’autre. Quand vous ne comprenez pas sa manière d’agir, faites confiance à sa Parole.

Et quand vous ne savez pas dans quelle direction avancer, faites juste le pas suivant.


  1. Elisabeth Elliot a parlé et écrit sur ce sujet à de nombreuses reprises. Un résumé intéressant de ses pensées sur le sujet se trouve sur le site Back to the Bible : « Do the next thing » [Faites le pas suivant] (consulté le 03/05/2016). ↩︎

Cet article est extrait du livre Où est ta foi ?, de Jon Bloom, BLF Éditions, 2016, chapitre 17, pp. 126-130. Publié avec l’autorisation de l’éditeur. Tous droits réservés.