Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant

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Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant
Jon Bloom
Jon Bloom

« Jésus lui répondit : Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt. » – Jean 13.7

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Pierre et la sanctification

Jean 13.1-11

Alors que Jésus lavait les pieds de chaque disciple, Pierre l’observait se rapprocher petit à petit de lui.

Ils venaient déjà de vivre une Pâque pour le moins étrange. Jésus avait paru accablé, toute la journée, comme s’il était constamment au bord des larmes. L’ambiance du repas avait été chargée d’un sentiment de menace imminente.

Pierre avait pris l’habitude de voir Jésus dire ou faire des choses imprévisibles. Mais ce qu’il faisait ce soir-là, ce n’était pas bien. Il était la dernière personne dans cette pièce qui aurait dû s’abaisser pour laver les pieds des autres.

Toute sa vie, Pierre avait appris que les pieds étaient une partie peu honorable du corps. Ils étaient généralement sales, ils sentaient souvent mauvais et ils étaient les plus susceptibles d’entrer en contact avec des choses que la loi déclarait impures.

En dehors de la famille proche, les pieds étaient lavés par les esclaves ou les serviteurs, idéalement des non-Juifs, pour ne pas soumettre qui que ce soit du peuple de Dieu à une telle humiliation.

Et on n’insultait jamais une personne honorable en pointant le pied vers elle.

Mais voilà que le Messie, le Juif le plus honorable qui ait jamais foulé la surface de cette terre, se retrouve à moitié nu, comme un vulgaire esclave, avec une simple serviette autour de sa taille. Et il touche volontairement les pieds sales de ses disciples ! C’était le monde à l’envers. C’était plutôt le rôle de Pierre d’être à genoux en train de laver les pieds de Jésus.

Quand Jésus arrive devant Pierre, il lui sourit et tend la main vers ses pieds. Pierre recule ses pieds :

— Toi, Seigneur, tu me laves les pieds ! (Jn 13.6)

Jésus aimait profondément Pierre. Celui que Jésus a appelé « le rocher » ne faisait jamais rien, en bien ou en mal, sans y sauter à pieds joints. Aujourd’hui il reculait ses pieds joints… Alors Jésus lui répondit :

— Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt (v. 7).

Pierre ne pouvait pas se résoudre à voir Jésus se soumettre à un tel déshonneur :

— Non, jamais tu ne me laveras les pieds (v. 8).

Le ton de Jésus se fit profondément sérieux :

— Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi (v. 8).

Le choc d’une telle affirmation laissa Pierre stupéfait quelques instants. Il avait voulu préserver l’honneur de son Maître. Mais la réponse que Jésus lui donnait c’était : si tu ne me laisses pas porter ton déshonneur, ton impureté, tu ne peux pas être mon disciple.

Il ne comprenait pas ce que tout cela voulait dire, mais Pierre ne voulait laisser planer aucun doute quant à son amour et sa confiance en Jésus :

— Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête ! (v. 9).

Le sourire et le regard de Jésus irradiaient de joie. Et en lavant les pieds de Pierre, il lui expliqua :

— Celui qui s’est baigné n’a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur (v. 10).

Puis, il se tut un instant et leva les yeux vers ceux de Pierre. Cet homme qu’il aimait était sans le savoir sur le point de vivre les trois jours les plus difficiles, les plus douloureux, et les plus glorieux de toute sa vie. Il aurait besoin d’être rassuré. Il ajouta :

— Et vous êtes purs. Puis ses yeux revinrent sur les pieds de Pierre et il continua de les laver : « Mais pas vous tous » (v. 10).


Deux choses à retenir dans cette histoire :

Premièrement, la plus grande partie de notre vie de chrétien consiste à faire confiance à Jésus aujourd’hui, et à le comprendre plus tard. Jésus, le plus souvent, ne juge pas utile d’expliquer par avance pourquoi il fait les choses comme il les fait. Et comme Pierre, quand cela nous paraît anormal, nous avons tendance à discuter la volonté du Seigneur.

Dieu comprend, et il se montre patient face à notre confusion et même parfois à nos profondes luttes et nos peines. Mais il veut que nous lui fassions confiance et que nous cessions de nous plaindre et de contester à cause de notre incrédulité (Ph 2.14). Les voies de Dieu ne sont pas les nôtres (És 55.8). Ses projets, lorsqu’il permet ou ne permet pas à certaines choses de se produire, s’étendent bien au-delà de nous-mêmes. Parfois même au-delà de plusieurs générations.

Alors dans ces circonstances, essayons de nous souvenir des paroles de Jésus à Pierre : « Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt. »

Deuxièmement, ce que Jésus accomplit à travers le travail qu’il réalise dans nos vies, c’est notre sanctification. C’est une œuvre parfois difficile à comprendre, parfois très douloureuse à endurer. Mais il nous lave les pieds. Non seulement il nous baigne, nous débarrassant entièrement de la culpabilité de nos péchés par son œuvre purificatrice à la croix, mais il continue, dans son immense amour, à nous pardonner (1Jn 1.9) et à nous corriger pour que nous partagions sa sainteté (Hé 12.10-11).

Le plus important pour Dieu ce n’est pas que nous comprenions ses objectifs dans chacun de ses choix, mais plutôt que nous fassions confiance à qui il est. Alors, tous ensemble, continuons à nous confier en l’Éternel de tout notre cœur et à ne pas nous appuyer sur notre intelligence (Proverbes 3.5). Parce qu’un jour, bientôt , nous comprendrons, et nous proclamerons, le cœur débordant de joie :

L’Éternel est juste dans toutes ses voies et bon dans toutes ses œuvres.

Psaumes 145.17

Cet article est extrait du livre Où est ta foi ?, de Jon Bloom, BLF Éditions, 2016, chapitre 27, pp. 173-176. Publié avec l’autorisation de l’éditeur. Tous droits réservés.