De plus, lors de mon premier cours de prédication à la faculté de théologie, notre professeur avait interdit l’usage de toute référence croisée, quelle qu’elle soit ! Bien que de telles mesures puissent ne pas être nécessaires en dehors du cadre d’un cours d’introduction à la communication biblique, je crois qu’il convient de limiter l’utilisation des références croisées pour les raisons suivantes.
1. Elle peut conduire à une prédication superficielle
Nous pouvons être tentés d’étayer l’argument de l’auteur biblique par une série d’autres textes similaires. Lors de notre préparation, nous pourrions avoir intérêt à vérifier notre interprétation du texte principal en nous appuyant sur d’autres textes qui enseignent la même doctrine. Ces textes renforceront vraisemblablement notre compréhension de la vérité que nous explorons, mais ils ne doivent pas être au centre de notre message.
Nous devrions plutôt creuser plus profondément dans le texte que nous avons choisi. Après tout, la plupart d’entre nous disposent de 20 à 45 minutes pour enseigner un passage. Chaque minute passée en dehors de notre péricope affecte la profondeur avec laquelle nous pouvons l’explorer. Chaque texte de l’Écriture nous offre tant de joyaux à déterrer ! Mais cela demande du temps et des efforts. Il nous faut utiliser tous les outils à notre disposition pour identifier le genre littéraire du texte, sa structure, son contexte et son lien avec l’Évangile. En revanche, trop de références croisées peuvent facilement produire des messages « profonds comme un pouce et larges comme un mile ». Ou, comme mon mari l’a judicieusement exprimé, notre enseignement risque de ressembler à un kaléidoscope plutôt qu’à un microscope.
2. Elle peut conduire à l’emploi des « textes preuves »
Pour bien comprendre un verset, nous devons l’étudier dans son contexte. Or, lorsque nous nous éloignons du texte qui nous a été assigné pour aller vers d’autres parties de l’Écriture, nous n’avons pas le temps d’étudier et d’expliquer le contexte littéraire de chacune de ces références croisées. Au mieux, nous les lirons et reconnaîtrons leur lien avec notre passage. Au pire, nous leur imposerons un sens qui n’a pas été envisagé par l’auteur original. Nous ne commettons peut-être pas d’erreur intentionnelle, mais nous risquons de mal interpréter la Parole de Dieu si nous dispersons notre attention au lieu d’enraciner notre étude dans notre passage.
3. Cela peut nous faire perdre nos auditeurs
Lorsque nous ancrons notre message dans notre texte, nos auditeurs n’ont pas à se demander où nous allons ensuite. Ils sauront qu’après avoir expliqué le sens du verset 5, nous passerons au verset 6. Limiter les références croisées permet à nos interlocuteurs de nous suivre dans l’exploration des mots et des phrases répétés, des changements de temps, des locuteurs et des scènes, ainsi que des autres caractéristiques littéraires de notre passage, en fonction de son genre littéraire. Cela les aidera à découvrir les richesses du texte par eux-mêmes.
Lorsque nous enseignons, nous voulons que notre public garde les yeux sur nous ou sur les pages de l’Écriture autant que possible. Il est beaucoup plus difficile d’y parvenir si nous passons d’une référence croisée à l’autre. Nous devrions plutôt enseigner notre passage verset par verset, en bâtissant un pont entre le texte ancien et l’auditoire moderne.
Conclusion
Que nous enseignions la Bible depuis des années ou que nous développions ce don spirituel depuis peu, que ces réflexions nous incitent à montrer à ceux que nous enseignons comment étudier et appliquer un texte de l’Écriture afin d’en extraire le trésor caché.







