Craindre d’attribuer une cruauté excessive à Dieu en disant que les méchants seront punis d’un tourment éternel, est une folie que voient même les aveugles ! Comme si le Seigneur faisait une grande injustice, en privant de son royaume, ceux qui, par leur ingratitude, s’en sont rendus indignes ! Les péchés, disent-ils, sont temporaires. Je le leur accorde ; mais la majesté de Dieu qu’ils ont offensée, est éternelle. Il est donc juste que le souvenir de leur iniquité ne périsse pas. Mais s’il en est ainsi, disent-ils, l’importance de la correction dépassera celle du péché. Je réponds que c’est un sacrilège insupportable de considérer si peu la majesté de Dieu qu’on estime moins le mépris dont elle est l’objet que la perdition d’une âme.
– Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, en français moderne, Excelsis, 2009, p. 929
Article publié pour la première fois le 24 juin 2012. Remis en avant par la rédaction pour atteindre une nouvelle génération de lecteurs.








