La Coupe du monde de la FIFA s’achèvera le 19 juillet 2026. Pour certains, ce championnat du monde de football organisé tous les quatre ans n’a que peu d’importance. C’est particulièrement vrai au Canada et aux États-Unis, où de nombreux amateurs de sport sont bien plus passionnés par le hockey, le football américain, le basket-ball, le baseball ou même le curling ! Pour d’autres, cependant, ce tournoi, qui dure un peu plus d’un mois, représente bien plus qu’un simple prétexte pour se retrouver entre amis et déguster des fritures. Alors que nous voyons « le beau jeu » unir le monde, nous sommes nombreux à être émus aux larmes, tant par la joie que par la déception1.
Après avoir regardé de nombreux matchs de la Coupe du monde, diffusés à des horaires pratiques pour mon pays, j’ai relevé quelques leçons que nous, croyants, pouvons tirer de cet événement sportif épique.
1. Les outsiders peuvent nous surprendre
Quatre nations se sont qualifiées pour la Coupe du monde pour la première fois cette année : le Cap-Vert, Curaçao, la Jordanie et l’Ouzbékistan. Imaginez donc le niveau de talent requis pour représenter son pays sur la scène mondiale. Peu d’experts attendaient grand-chose de ces nouveaux venus. C’est particulièrement vrai pour le Cap-Vert. Après tout, cet archipel au large des côtes de l’Afrique de l’Ouest ne compte que 330 000 habitants, soit une population à peu près équivalente à celle de Toulouse.
Puis, la sélection de ce minuscule pays a osé rêver de détrôner un géant. Après être devenue le plus petit pays à se qualifier pour la phase à élimination, elle a affronté les champions du monde en titre, l’Argentine de Lionel Messi. Ses chances de victoire étaient estimées à 0,6 %. Mais ses joueurs n’en avaient pas pris note. Leur gardien de but de 40 ans, Vozinha, a stupéfié le monde entier en repoussant cinq tirs de Messi à lui seul. Et des joueurs peu connus, Deroy Duarte et Sidny Lopes Cabral, ont marqué les buts égalisateurs qui ont stupéfié le public pro-argentin de Miami. Contrainte de disputer les prolongations, l’Argentine a finalement assuré sa place en huitième de finale en marquant à la 111e minute, pour un score final de 3-2. J’ai entendu dire qu’elle n’avait pas battu le Cap-Vert. Elle lui avait survécu.
Leçon pour l’Église
Alors que, de tout cœur, j’encourageais cet outsider intrépide, j’ai pensé à quel point nous, croyants, ressemblons à cette équipe insignifiante qui a mis Messi à genoux.
Dans 1 Corinthiens 1.26, Paul rappelle aux saints de Corinthe :
Considérez, frères et sœurs, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles.
– 1 Corinthiens 1.26
Dieu ne nous a pas choisis parce que nous étions talentueux ou impressionnants. Nous n’avions guère d’atouts à faire valoir aux yeux du monde. Rares sont ceux d’entre nous qui peuvent prétendre au titre de « GOAT » (« greatest of all time », qui signifie « le plus grand de tous les temps »). De même, nous devons veiller à ne pas privilégier le charisme au détriment du caractère, ni à honorer les riches et les personnalités en vue au détriment des pauvres parmi nous (Jc 2.1-7). Car Dieu a choisi d’honorer les plus petits et les derniers (Mt 25.31-46). Parfois, ce sont des sources les plus inattendues que vient l’impact le plus grand. C’est exactement ce qu’ont montré au monde entier les Blue Sharks du Cap-Vert.
2. L’immigration est une bénédiction
Si vous regardiez les portraits de la plupart des équipes représentant l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord, vous remarqueriez une chose : la diversité de leurs joueurs. Près de 25 % des 1 248 joueurs participant à la Coupe du monde de la FIFA 2026 sont nés en dehors du pays qu’ils représentent. Le Canada a constitué son équipe en grande partie à partir d’immigrés, de réfugiés et d’enfants d’immigrés. Il en va de même pour les États-Unis, où un quart des joueurs sont nés en dehors du pays et la moitié possèdent la double nationalité. Quant à la France, 81 % de son effectif est composé d’immigrés ou d’enfants d’immigrés. Et la liste est encore longue. Il va sans dire que l’immigration a renforcé ces équipes sur la scène mondiale.
Leçon pour l’Église
Le mouvement de « dechurching » en Amérique du Nord est un sujet de grave préoccupation. Les confessions traditionnelles blanches et les Églises anciennes d’origine européenne connaissent un déclin. Dans le même temps, les Églises ethniques sont en pleine expansion, en partie grâce à l’immigration. Et si Dieu venait à « rechristianiser » l’Occident sécularisé par l’intermédiaire des étrangers qui vivent parmi nous ? Face à l’assaut du sécularisme, notre meilleure stratégie pourrait bien consister à accueillir et à mobiliser nos sœurs et frères venus de contrées lointaines, afin qu’ils œuvrent à nos côtés à la moisson. Les immigrés sont une bénédiction pour l’Église, tout comme ils le sont pour le football en Occident.
3. L’endurance porte ses fruits
Je ne connais aucun autre sport d’équipe qui exige plus d’endurance que le football. Les joueurs parcourent régulièrement entre 10 et 13 kilomètres en 90 minutes, avec peu de remplacements. Et le tournoi de cette année s’annonce comme le plus chaud des 96 ans d’histoire de la compétition. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles une équipe qui commence bien ne termine pas toujours bien. J’en ai été témoin en encourageant le Sénégal lors de son match contre la Belgique. Alors qu’ils menaient 2-0, les Sénégalais ont concédé deux buts dans les cinq dernières minutes. Ils ont finalement perdu 2-3 en prolongation. En tant qu’observatrice profane, je ne peux pas me prononcer sur les erreurs tactiques qui ont coûté la victoire aux Lions de la Teranga. Mon simple constat est qu’ils se sont trop reposés sur leur avance et n’ont pas lutté jusqu’au bout.
Leçon pour l’Église
En tant que croyants, nous courons également le risque de nous installer trop confortablement dans une vie chrétienne à première vue sans heurts. Nous ne subissons que peu de persécutions, comparé à nos sœurs et frères du Sud. Et une croyance sans nuance dans la sécurité éternelle peut conduire certains chrétiens à tenir pour acquis qu’ils ont la responsabilité de lutter pour leur foi. Pourtant, les Écritures témoignent que ce ne sont pas ceux qui commencent bien, mais ceux qui persévèrent jusqu’à la fin, qui hériteront de la vie éternelle (Mt 13.1-23 ; 24.13 ; Hb 3.14 ; 2Tm 2.12). La ténacité des joueurs qui se battent jusqu’au coup de sifflet final nous rappelle de persévérer jusqu’à ce que retentisse la dernière trompette (1Co 15.52).
4. Quelque chose de grand peut unir le monde
Tout au long du tournoi, la FIFA a diffusé un spot publicitaire mettant en scène certaines de ses stars. Dans différentes langues et différents contextes, elles s’unissent pour déclarer :
Si le football était une nation, ce serait la plus grande du monde. Si le football était une langue, il serait parlé partout dans le monde. Peu importe d’où tu viens, peu importe qui tu es, quand tu aimes le football, tu appartiens au plus grand club de la planète. Le football unit le monde.
Je trouve qu’il y a beaucoup de vérité dans cette affirmation ! Au cours des dernières semaines, j’ai noué des liens avec mes voisins et mes connaissances comme je ne l’avais presque jamais fait auparavant. J’ai par exemple récemment appris que mon voisin iranien avait un cousin qui joue en équipe nationale ! Une passion commune pour ce sport a rapproché les gens d’une manière nouvelle et passionnante. Appelez-le foot, soccer, football, fútbol, futebol, fußball, calcio ou comme vous voulez. Il reste le sport le plus populaire au monde, avec plus de 3,5 milliards de supporters. Et il unit véritablement le monde.
Leçon pour l’Église
En tant qu’ambassadeurs de la réconciliation, nous avons un message bien plus important à partager que l’amour du football. Soyons donc un, comme Jésus et le Père sont un, afin que le monde croie au message de la croix (Jn 17.21). Les questions théologiques et culturelles qui nous divisent ne doivent pas nous empêcher de vivre en famille avec nos sœurs et nos frères à travers le monde. Que ces leçons tirées du « beau jeu » renforcent notre détermination à mettre Jésus au premier plan, car il existe quelque chose de grand capable d’unir le monde : la Bonne Nouvelle d’un Sauveur mort et ressuscité pour faire de nous les siens. Si le football peut rassembler des femmes et des hommes, des filles et des garçons issus de milieux et d’horizons si divers, combien plus glorieux est le lien qui nous unit en Christ :
Après cela, je regardai, et voici, il y avait une grande foule que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l’Agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains. Et ils criaient d’une voix forte : « Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l’Agneau. »
– Apocalypse 7.9-10
- Je tiens à préciser que je ne regarde le football que pendant la Coupe du monde de la FIFA. Je n’ai jamais joué au foot et je n’ai que peu de connaissances sur ce sport, si ce n’est celles d’une spectatrice passionnée qui le suit tous les quatre ans. ↩︎









