La période des fiançailles, telle que s’en souvient une personne mariée, illustre parfaitement l’attente collective des croyants avant qu’ils ne goûtent à la gloire. C’est pourquoi nous concluons cette série par une étude de l’Apocalypse. Car, comme je l’ai écrit dans mon article sur Éphésiens, le mariage est une métaphore de l’amour et de l’engagement de Christ pour son Épouse. Dans cette étude, nous verrons que l’espoir de l’Évangile nous donne la perspective éternelle nécessaire pour persévérer même lorsque nos mariages traversent des moments difficiles. Le message intemporel de notre texte est le suivant :
Puisque nos mariages renvoient aux noces de l’Agneau, vivons avec espoir et persévérance.
Le contexte de l’Apocalypse de Jean
Jean rédige l’Apocalypse alors qu’il est en exil sur l’île de Patmos. Bien qu’il soit désormais un vieillard, l’empire le considère comme une menace pour avoir prêché l’Évangile. Rome l’exile donc sur cette petite île rocheuse et isolée de la mer Égée, au relief escarpé et aux ressources limitées.
Là, il reçoit une série de visions glorieuses qui contrastent avec son environnement hostile. Dieu lui ordonne de les mettre par écrit et de les envoyer aux sept Églises situées en Asie Mineure, l’actuelle Turquie. Le but de Dieu est de révéler la victoire ultime de Christ sur le mal, en offrant espoir, encouragement et appel à la fidélité aux chrétiens persécutés. Ces visions emploient des images hautement symboliques pour montrer le jugement de Dieu sur les puissances oppressives de ce monde (comme Rome) et la promesse d’un monde nouveau et racheté. Dans cette optique, nous nous tournons vers la première invitation de notre passage.
1. Prépare-toi pour le banquet (Apocalypse 19.6-9)
Plus tôt dans ce chapitre, Dieu juge Babylone. Cette ancienne ville représente le système mondial pervers de tous les temps. Dans les versets suivants, une multitude innombrable éclate en un chant de louange. Cette joie s’intensifie lorsque Dieu réalise le festin des noces de l’Agneau tant attendu. Ils ont hâte que la fête commence !
Réjouissons-nous, exultons et rendons-lui gloire, car les noces de l’Agneau sont venues.
– Apocalypse 19.7
Imagine la joie de cette grande foule. Certains attendent depuis des millénaires ! Le mariage ne pouvait commencer tant que tous les élus de chaque génération, de chaque nation, peuple et langue n’avaient pas été réunis auprès de l’Époux. Mais l’attente est enfin terminée, et l’Église fiancée va maintenant devenir l’Église épouse.
Se préparer pour l’Époux
Dans les versets 7-8, Jean nous dit que l’Épouse s’est revêtue de fin lin, pur et éclatant. Et il ne nous laisse pas deviner ce que représente la robe de mariée : « … car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints. » L’Épouse s’est préparée en vivant pour son Époux. L’Église se prépare à rencontrer Christ face à face en marchant, en pensant et en parlant d’une manière qui lui rend gloire.
Certains lecteurs se demandent peut-être si leurs œuvres sont suffisamment justes. Les miennes ne le sont certainement pas. Le but de l’Apocalypse n’est pas de nous enseigner que seuls ceux qui sont assez saints seront sélectionnés. L’Épouse est plutôt composée de ceux qui ont été lavés dans le sang de l’Agneau.
Notre propre justice ne peut découler que de la sienne. Les bonnes œuvres que nous accomplissons sont rendues possibles par l’Époux. Et lorsque nous échouons, nous nous repentons, il nous pardonne et nous lave à nouveau. Lors de ce mariage, nous serons vêtus de robes blanches sans taches, non pas parce que nous les méritons, mais parce que Christ nous les aura données par sa seule grâce.
Une heureuse invitation
Au verset 9, le guide céleste de Jean lui dit :
Écris : Heureux ceux qui sont appelés au festin des noces de l’Agneau ! Puis il me dit : Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu.
– Apocalypse 19.9
Le terme « heureux » signifie béni, privilégié, bénéficiaire de la faveur divine. Cette bénédiction apportait du réconfort à son auditoire d’origine. Ils subissaient une persécution croissante à cause de Christ. La plupart des apôtres avaient déjà été martyrisés à cette époque. Et presque tous ceux qui entendaient les visions de Jean connaissaient probablement quelqu’un qui avait donné sa vie pour l’Évangile.
De plus, « heureux » est un mot clé dans l’Apocalypse, servant de refrain aux sept bénédictions qui encadrent le livre. Chacune souligne la faveur de Dieu envers ceux qui l’écoutent et lui obéissent, et son jugement envers ceux qui refusent de le faire. Et la bénédiction du verset 9 met en évidence la joie et la faveur qui découlent du fait de recevoir une invitation toute spéciale au festin des noces de l’Agneau.
Tu dois répondre à l’invitation
Toi, lecteur, tu as reçu cette invitation, mais il y a un hic : tu dois y répondre. Tu peux le faire en te repentant et en croyant en Christ. Lorsque Jésus entre dans ta vie, il te transforme de l’intérieur. Le péché perd son emprise, et la nouvelle vie de l’Esprit te donne un amour pour ton conjoint qui serait autrement impossible.
La prochaine partie de la vision prophétique de Jean sur laquelle nous allons nous concentrer est l’achèvement de toutes choses. Nous y trouvons la deuxième invitation de notre étude :
2. Vis avec espoir (Apocalypse 21.1-4 ; 9-14)
Apocalypse 21.1 parle d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre, l’accomplissement de la promesse de Dieu de restaurer ce qui a été perdu lors de la chute dans Genèse 3. De plus, le texte ajoute que la mer n’était plus. Cela peut sembler étrange au lecteur moderne qui rêve de vacances au bord de la mer. Mais pour les anciens, la mer était le royaume du chaos. Et pour Jean, c’était le mur de sa prison.
Dans l’Apocalypse, l’absence de mer n’est pas tant un commentaire sur la géologie de la nouvelle terre. Lorsque Jean voit un monde sans mer, il imagine la fin de toutes les barrières qui nous séparent de notre Créateur et de toutes les distances qui nous séparent les uns des autres. La nature turbulente et mauvaise de ce monde actuel n’existera plus. Nous serons libérés du danger et de la peur. L’échec, la maladie, les difficultés financières, la douleur, la honte et les abus seront remplacés par une paix parfaite et une communion ininterrompue avec Dieu.
La demeure de Dieu
Dans Apocalypse 21.3-4, Dieu promet qu’il vivra avec son peuple pour toujours. Depuis l’Éden, Dieu a désiré demeurer avec l’humanité. La rébellion de nos premiers parents a brisé cette communion, et ils ont été exilés de sa présence. Mais depuis la chute, Dieu a rétabli notre communion avec lui. Nous la voyons dans le tabernacle, dans le temple et, finalement, dans l’incarnation.
Au verset 4, Dieu promet d’éliminer les larmes, la mort, le deuil, les pleurs et la douleur. Tout ce qui nous prive d’une vie épanouie, joyeuse et dynamique sera absent dans la nouvelle création. Et la plus grande récompense ne sera pas seulement l’absence de toutes ces choses, mais la plénitude de Christ !
Et jusqu’à ce que ce jour arrive, nous nous engageons à marcher main dans la main, en tant que mari et femme, à travers ce voile de larmes. Le même Dieu qui essuiera nos larmes ce jour-là peut nous apporter réconfort et paix aujourd’hui. Quelle que soit la douleur que tu traverses, encourage ton conjoint en lui demandant : « Comment nous souviendrons-nous de cette épreuve particulière lorsque nous serons assis au festin des noces de l’Agneau ?» Laisse la certitude de ta gloire future apaiser la douleur d’aujourd’hui.
La Nouvelle Jérusalem
Dans Apocalypse 21.10, l’ange emmène Jean en vol, sans avion, vers une grande montagne élevée. De ce point de vue, Jean peut voir la Nouvelle Jérusalem, un cube colossal de 2200 km de long, de haut et de large, descendant du ciel. Pour mettre cela en perspective, c’est une ville si vaste qu’elle s’étend d’Ottawa à Winnipeg, ou de Paris à Casablanca.
La Nouvelle Jérusalem n’est autre que l’Épouse de l’Agneau. Et si, dans Éphésiens, Paul explique comment Christ sanctifie et prépare son Épouse par son amour sacrificiel, ces versets révèlent la fin de l’histoire. L’Épouse a été rendue irréprochable et est prête à demeurer avec Dieu pour toute l’éternité.
Les rachetés de toutes les nations et de tous les âges
Ce passage est rempli de symbolisme. Le plus remarquable est peut-être que les douze portes portent les noms des douze tribus des fils d’Israël et les fondations, ceux des apôtres. Cela représente la glorieuse réalité selon laquelle les rachetés de tous les âges, Juifs et Gentils, seront tous un en Christ.
Dans notre culture occidentale individualiste, nous risquons de passer à côté de l’importance de cette réalité. L’appartenance au corps de Christ n’est pas une affaire individuelle. Elle s’accompagne de privilèges et de responsabilités collectifs. Pour l’éternité, nous ne ferons qu’un avec tous les saints de tous les temps. Cela devrait changer notre façon de vivre aujourd’hui. Si nous ne faisons pas partie d’une Église locale, cela devrait nous inciter à nous y joindre. Enfin, cela devrait nous inciter à investir notre temps, nos talents et nos trésors pour édifier le corps de Christ. Nous allons passer l’éternité ensemble. Autant apprendre à nous aimer dès maintenant !
De plus, nous vivrons un jour pour toujours en union avec des rachetés de tous les âges de l’histoire de la rédemption et de toutes les nations, peuples et langues. C’est une diversité que Dieu a prévue depuis la fondation du monde ! Nous avons tant à apprendre de ces frères et sœurs. Et si, en 2026, tu t’engageais à lire un livre d’un auteur d’une autre époque de l’histoire de l’Église et un second écrit par un croyant d’un autre pays ou d’une autre culture que la tienne ? Après tout, la diversité n’est pas une notion séculière. Elle vient de Dieu !
Alors que j’arrive à la fin de cet article, passons à Apocalypse 22.17 et à la dernière invitation de notre texte :
3. Viens à Jésus (Apocalypse 22.17)
À travers ses visions glorieuses, Jean nous a donné un aperçu de ce qui nous attend en tant qu’Épouse à la fin des temps. Dans ses remarques finales, nous semblons revenir au présent, où nous nous joignons à l’Esprit et crions ensemble : « Viens !» Ce faisant, nous exprimons notre impatience de voir l’avenir que Dieu nous réserve.
Apocalypse 22.17 souligne que l’Épouse est tellement éprise de son Époux qu’elle ne veut pas que quiconque passe à côté ! Nous souhaitons que tous soient unis à Christ comme nous le sommes, en répondant à l’invitation au festin qui ne finira jamais ! Et l’expression « sans prix » nous rappelle que l’entrée est gratuite. Personne ne peut acheter sa place dans la Nouvelle Jérusalem. Nous ne pouvons y entrer que par la foi en Christ.
Prie pour la venue de Christ
Ce verset final nous met au défi de prier activement pour le retour de Christ et son règne éternel. Pour cela, nous devons regarder au-delà de la tyrannie du présent, mettre nos vies frénétiques en pause et réfléchir à des moyens de cultiver notre aspiration à la Nouvelle Jérusalem. Que nos mariages soient un instrument de Christ pour nous préparer à ce jour. Ils ne sont qu’une ombre. Nous attendons que le véritable mariage commence.







