Les frères de Jésus et l’évangélisation
Lisez Jean 7.1-6.
Avez-vous des membres de votre famille qui ne croient pas en Jésus ? Si c’est le cas, vous n’êtes pas seul. Jésus a connu cela aussi. Et je crois que ça s’est passé ainsi afin de nous donner de l’espoir. Selon l’apôtre Jean, « ses frères non plus ne croyaient pas en lui ». C’est incroyable ! Ceux qui avaient passé trente ans à côtoyer Jésus ne le connaissaient vraiment pas. Pas un seul des frères de Jésus n’est mentionné comme disciple pendant la période de son ministère qui précède sa crucifixion. Mais après sa résurrection et son ascension, ils sont présents dans la chambre haute, l’adorant comme Dieu (Ac 1.14).
Pourquoi n’ont-ils pas cru ? Et qu’est-ce qui les a amenés à changer d’avis ?
La Bible ne répond pas à la première question. Mais je devine que cela n’a peut-être pas toujours été facile d’avoir Jésus pour frère.
Premièrement, Jésus n’avait pas d’égal en ce qui concerne l’intelligence et la sagesse. Il stupéfiait les rabbins du temple alors qu’il n’avait que douze ans (Lc 2.42, 47). C’est déjà compliqué d’être le petit frère de quelqu’un de très doué et pécheur, alors… imaginez un instant être le petit frère de quelqu’un de très doué et parfait !
Deuxièmement, le caractère constant et la perfection morale de Jésus devaient rendre ceux qui vivaient à ses côtés mal à l’aise, déroutés. Ses frères se sentaient probablement de plus en plus complexés en grandissant à ses côtés, de plus en plus conscients que leurs motivations et leurs comportements étaient dirigés par le péché et l’égocentrisme, alors que rien de ce que faisait Jésus n’allait jamais dans ce sens. Pour des pécheurs, cela pouvait être compliqué à vivre.
Troisièmement, Marie et Joseph aimaient Jésus d’un amour profond et unique. Comment auraient-ils pu ne pas le traiter différemment des autres ? Ils savaient qu’il était Dieu. Imaginez leur extraordinaire confiance et leur déférence envers lui alors qu’il grandissait. Il est certain que les frères de Jésus devaient percevoir dans la relation de leurs parents avec leur frère aîné une dimension qui était différente de la leur.
Et lorsqu’ils se racontaient toutes les petites anecdotes de la famille, il aurait été difficile de trouver mieux que l’histoire de l’apparition de l’étoile lors de la naissance de leur grand frère.
Jésus les surpassait dans tous les domaines. Comment quiconque aurait-il pu, avec sa nature de pécheur, ne pas être en colère de devoir systématiquement vivre dans l’ombre d’un tel phénomène de frère ?
La familiarité engendre le mépris lorsque l’orgueil dirige les cœurs.
Les paroles de Jésus devaient cacher bien plus de douleur que ce qu’on pourrait imaginer :
Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa famille.
– Matthieu 13.57
Alors, lorsque nous évaluons notre faible et vacillant rôle de témoin auprès des membres de nos familles qui ne croient pas en Dieu, souvenons-nous de Jésus… Même un témoignage parfait ne garantit pas que nos proches s’émerveillent et accueillent le message de l’Évangile. Nous devons certes nous humilier et nous repentir lorsque nous péchons. Mais rappelons-nous : ce qui aveugle l’esprit des non-croyants, c’est le prince de ce monde et le péché qui habite l’être humain (2Co 4.4).
L’histoire des frères de Jésus peut nous apporter un espoir pour ceux que nous aimons. Pendant des années, ils affirmaient que Jésus avait « perdu la raison » (Mc 3.21). Il semblait alors très peu probable qu’ils deviennent un jour des disciples. Mais finalement, c’est arrivé ! Ils ne sont pas seulement devenus des disciples, mais ils sont devenus des leaders et des martyrs au sein de la première Église. Le Dieu qui a ordonné que « la lumière brille du sein des ténèbres » a aussi fait briller sa lumière dans leur cœur « pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu dans la personne de [leur frère] Jésus-Christ » (2Co 4.6).
Alors prenez courage ! Ne cessez pas de prier pour ceux de votre famille qui ne croient pas. Ne prenez pas leur résistance pour leur dernier mot. Ils peuvent encore croire un jour et être grandement utilisés pour le royaume.
Et pendant qu’ils résistent, ou s’ils sont morts apparemment sans avoir cru, nous pouvons avoir confiance au Juge de toute la terre. Il demeure parfaitement juste (Gn 18.25). Jésus ne promet pas que tous nos proches, nos frères et sœurs ou nos enfants croiront en lui. Mais il promet, avec tristesse, que des familles se déchireront à cause de lui (Mt 10.34-39). Et quand cela se passe, nous pouvons nous confier en lui.
C’est touchant d’entendre Jacques parler de son frère comme de « notre glorieux Seigneur Jésus-Christ » (Jc 2.1). Imaginez ce que cette expression signifiait pour lui. Le glorieux Seigneur avait un jour dormi à ses côtés, mangé à la même table que lui, joué avec ses amis, parlé avec lui comme à un frère, supporté son incrédulité, payé pour ses péchés et puis, un jour, l’avait amené à la foi.
Il avait fallu au Fils de Dieu vingt à trente années de témoignage et de prières fidèles, mais le miracle s’était enfin produit : ses frères avaient cru. Que notre glorieux Seigneur accorde la même grâce à tous nos bien-aimés qui ne croient pas encore en lui.
Cet article est extrait du livre Où est ta foi ?, de Jon Bloom, BLF Éditions, 2016, chapitre 22, pp. 144-147. Publié avec l’autorisation de l’éditeur. Tous droits réservés.








