Le culte collectif et l’accompagnement
Qu’a promis de faire Dieu quand il rassemble son peuple ? Si tu n’arrives pas à déterminer ça, tes attentes seront mauvaises […] parce que ton cœur est pécheur. Dans cet épisode, Quentin est accompagné de Matthieu pour s’intéresser au rôle du culte collectif et de l’ecclésiologie : ne serait-il pas quelque chose pendant lequel Dieu agit pour nous, plutôt que quelque chose que l’on fait pour Dieu ?
📚 Mentions :
- The Holiness of God, de R. C. Sproul, mentionné par Matt, dans lequel il parle de l’omniprésence de Dieu.
🔍Pour aller plus loin :
- La série d’enseignements correspondante sur le site du Ministère Ligonier de Sproul.
- Deux articles de Matt sur le sujet :
❓ Matthieu répond aux questions suivantes :
- Qu’entend-on par « culte collectif » ? (02:48)
- Quel est le but du rassemblement dominical ? (04:00)
- L’ordre entre l’adoration, l’édification et le témoignage a-t-il une importance ? (04:28)
- Qu’implique le culte pour la préparation personnelle du chrétien ? (06:06)
- Sans tomber dans la superstition : comment la présence de Dieu se manifeste-t-elle au culte ? (10:02)
- Pourquoi le culte collectif est-il si important et que manquerait-il à une vie chrétienne sans lui ? (14:08)
- À quoi devrions-nous nous attendre lors du culte ? (18:17)
- Comment se déroule concrètement le dialogue liturgique entre Dieu et Son peuple durant la réunion ? (19:21)
- Pourquoi est-il bon pour une église de suivre une liturgie ou un ordre du culte précis ? (28:12)
- Quels exemples bibliques montrent que l’homme ne doit pas aborder Dieu selon sa propre créativité ? (29:00)
- Comment le culte collectif contribue-t-il à prendre soin les uns des autres ? (35:03)
Les uns les autres, c’est le podcast qui vous aide à mieux comprendre l’Église pour persévérer dans vos relations.

Par le biais de leur association La Boussole, ils proposent également des formations à l’accompagnement biblique, afin de permettre aux Églises locales d’être autonomes dans l’accompagnement de leurs membres.
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Transcription de l’échange :
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| Quentin Bonjour à tous et bienvenue dans le podcast « Les uns les autres », le podcast qui vous aide à mieux comprendre l’Église pour persévérer dans vos relations en prenant la fin comme point de départ. Je suis avec Matthieu Giralt. Déjà, je vais commencer par là. Je m’appelle Quentin Polinari, je suis pasteur dans l’est de la France et accompagné de… | |
| Matthieu Matthieu Giralt, pasteur aussi dans l’est de la France. | |
| Quentin Pas exactement dans le même est, mais vraiment pas loin. Aujourd’hui, on se retrouve avec Matthieu. On a laissé Sam un petit peu tranquille de côté. Il reviendra dans les prochains podcasts. Parce qu’aujourd’hui, vous le savez, dans les épisodes, on alterne toujours entre 3 thèmes. Le premier thème, c’est le thème de l’ecclésiologie. L’ecclésiologie, c’est : qu’est-ce que la Bible dit sur l’Église ? Comment comprendre l’Église ? L’accompagnement, donc le soin vraiment des uns et des autres. Et l’aspect aussi, le 3 angle d’attaque que l’on a dans ce podcast, c’est la psychologie. Et c’est pour ça qu’on a Sam qui est là et qui reviendra les prochains podcasts. Mais du coup, avec Matthieu, on va parler pendant plusieurs séries de podcasts, particulièrement d’ecclésiologie, de doctrine de l’Église et de l’ecclésiologie en lien avec l’accompagnement, avec le fait de prendre soin les uns des autres. Donc, on va avoir plusieurs thèmes. Je peux déjà un peu, comme on dit, mettre l’eau à la bouche, un petit avant-goût. On parlera du culte collectif, on parlera de la prédication, on parlera de l’autorité dans l’Église, on parlera ensuite de nos vocations. On se sépare un petit peu plus de l’ecclésium, mais quand même. Et ensuite, on parlera aussi de la conscience, Dieu voulant, et de l’accompagnement. Donc aujourd’hui, on se retrouve avec Matthieu pour parler du culte collectif et de l’accompagnement. Matthieu, on a discuté d’une petite liste de questions, mais vous nous connaissez, on y va aussi un petit peu en discussion franchouillarde, comme on dit. J’aimerais qu’on parle du culte collectif avec toi. Qu’est-ce qu’on entend par culte collectif ? C’est une des premières questions qu’on s’est posées. Déjà, on va un peu définir les termes du culte collectif. | |
| Matthieu Le culte collectif, c’est le moment où l’Église se rassemble. Donc, c’est un rassemblement de l’Église. C’est le rassemblement du peuple de la Nouvelle Alliance qui répond à la convocation de Dieu pour le louer, louer la gloire de sa grâce manifestée en Jésus-Christ, pour s’édifier dans la vérité de l’Évangile, pour témoigner au monde à la fois de qui Dieu est, de qui l’Église est, et pour proclamer l’Évangile. C’est ce moment particulier où finalement, l’Église se rassemble. Et on pourrait dire même que l’Église n’est jamais plus l’Église que quand elle se rassemble, parce que l’Église, c’est l’assemblée du peuple. Donc, c’est ce moment particulier, souvent le dimanche matin, en tout cas le premier jour de la semaine. Chez vous, c’est dimanche après-midi. En tout cas, ce moment que le peuple de l’Évangile met à part pour se retrouver autour de l’Évangile. | |
| Quentin Et du coup, c’est quoi le but de ce rassemblement du dimanche matin ou du dimanche après-midi dans d’autres églises, selon toi ? Tu l’as déjà un peu esquissé, je crois, ces 3 aspects-là. | |
| Matthieu Oui, c’est ça. Je l’ai un peu dit dans la définition, mais souvent, on parle de trois buts. Adorer Dieu. La première chose qu’on fait, et presque la chose principale, c’est l’adoration de Dieu. Ensuite, l’édification de l’Église et ensuite le témoignage au monde. | |
| Quentin Dans cet ordre-là, est-ce que ça a une importance, tu penses ? | |
| Matthieu Oui, parce que la gloire de Dieu est toujours le but premier que l’on vise. Et finalement, le reste, c’est presque des ricochets. Ça vient en ricochet. Quand on adore Dieu, on s’édifie les uns les autres et on témoigne au monde. Ou on s’édifie les uns les autres en adorant Dieu et en témoignant au monde en adorant Dieu. Les trois se répondent, mais l’adoration est toujours première. Et donc, il y a une dimension verticale du peuple envers Dieu et de Dieu envers le peuple. Il y a une dimension intracommunautaire. Dans l’Église, on s’édifie par la vérité de l’Évangile. Et extracommunautaire. L’Église, par ce qu’elle est, par ce qu’elle fait ensemble, témoigne de l’Évangile au monde, annonce donc le message de jugement et de grâce. | |
| Quentin Trop bien. Donc, vertical, horizontal interne et horizontal externe, un peu ces trois aspects-là. | |
| Matthieu Exact. Et je crois dans cet ordre. | |
| Quentin Déjà, rien que ça, on a d’autres questions, mais ça m’aurait donné envie déjà de pousser la question de la préparation de chaque chrétien individuel lorsqu’il va au culte. On ne l’a pas anticipé, cette question, mais est-ce que toi, tu as des réflexions qui te viennent en tête ? Parce que des fois, on va à l’église, on va se dire : « Cool, je vais voir des amis. » Des fois, on va à l’église en mode : « Cool, je peux inviter des gens. » Ça peut ressembler un peu à une réunion d’évangélisation, etc. D’après ce que tu as dit et ce qu’on a dit là, qu’est-ce que ça impliquerait, tu penses, pour notre préparation aussi personnelle ? | |
| Matthieu C’est une bonne question. Dans la Bible, quand on parle du culte communautaire, on parle de convocation, on parle de saintes assemblées. Il y a quelque chose qu’on voit dans l’histoire biblique, c’est que quand Dieu convoque son peuple, il lui demande de se préparer à sa rencontre. Et en fait, c’est ça, aller au culte, c’est se préparer à rencontrer Dieu. On le rencontre dans sa parole, ensemble. Et tu regardes, par exemple, Exode 19, peut-être la convocation la plus illustre dans la Bible. On est à la sortie de l’Égypte. Que demande Dieu au peuple ? Il demande de se préparer à le rencontrer, parce qu’on ne s’approche pas de Dieu de n’importe quelle manière. Il y a une liberté avec laquelle on s’approche de Dieu en Christ. On s’approche de Dieu sans le craindre, mais il y a une révérence aussi. Et cette révérence, je crois, elle devrait nous appeler, elle devrait nous pousser à nous préparer à rencontrer Dieu. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire que le culte du dimanche matin, je ne vais pas le vivre de la même manière si je rentre à 2 heures du mat que si je me couche à l’heure à laquelle je me couche normalement. Et en fait, de dire : « Le culte du dimanche matin se prépare presque la veille. » Et même sur le chemin, c’est que nous, on a une habitude en voiture, on prie avant d’arriver au culte. On prie pour nous, pour les autres, pour le culte, pour ce moment, etc. Parce que je veux aussi qu’en famille, on comprenne qu’on veut être prêts et que ce n’est pas : « On rush, on rush. » Des fois, on rush. J’ai 2 garçons qui sont encore jeunes, donc des fois, on rush. D’ailleurs, ce n’est pas souvent leur faute, c’est parfois la mienne. Pourquoi on rush ? Mais en gros, ce n’est pas : « On rush, on rush, on arrive à l’église et hop ! » Non. On veut se préparer, on veut être prêts à venir justement à la rencontre de Dieu et de venir aussi de se rassembler les uns les autres. Donc, on va être disposés non seulement à écouter Dieu, mais aussi à servir les autres. | |
| Quentin Trop bien. Moi, j’avais lu dans un livre, je ne sais plus où, un homme qui disait que dans toute son enfance, quand il allait à l’église avec ses parents en voiture, il faisait exprès de s’arrêter en voiture à un moment donné dans le trajet pour prier, justement, et qu’à chaque fois, il y avait ce temps d’arrêt. Quand on va au culte, on s’arrête pour prier avant parce qu’on s’apprête à faire quelque chose de différent de ce qu’on fait dans tout le reste de la semaine. | |
| Matthieu Nous, maintenant, depuis plusieurs mois, on a le temps d’annonce qui est au début du culte. Et après, on a un moment de silence avant vraiment le début du culte. | |
| Quentin Nous aussi, on fait ça. | |
| Matthieu Il y a vraiment cette idée de justement maintenant se concentrer. On peut être éparpillés, mais maintenant, on veut se concentrer et on veut avoir une espèce de mini-préparation pour dire : « OK, on est devant Dieu, on est ensemble et on veut être prêts à vivre ce qu’on va vivre. » | |
| Quentin Oui, trop bien. Et comment on peut garder tout ce qu’on vient de dire là ? Comment tu articules ça autour de la question de la présence de Dieu, d’une certaine manière ? Comment on vit le culte en se disant : « C’est un moment de rencontre particulier de Dieu avec son peuple », et en même temps qu’on n’en fasse pas un moment où, j’allais dire peut-être un terme un peu superstitieux, où il y a la question de la présence de Dieu. Comment se manifeste la présence de Dieu dans le culte, peut-être différemment d’à d’autres moments de notre vie, mais comment ne pas en faire la question du genre : « La présence de Dieu, elle n’est que au culte, que quand l’Église se rassemble et à côté de ça, ça ne compte pas vraiment ? » Etc. Si on met l’emphase sur le culte, comment on le fait pour pas que ce soit au détriment d’autres moments dans notre vie ? Je ne sais pas si tu as déjà réfléchi à ça. | |
| Matthieu Oui. Il y avait un auteur que j’ai lu qui avait écrit un très bon livre sur le culte qui disait : « Dieu est présent partout, mais il rencontre son peuple à certains endroits. » | |
| Quentin Oui, déjà dans l’ancienne Alliance. | |
| Matthieu Déjà dans l’ancienne, depuis toujours. Dieu est omniprésent, on le confesse, mais Dieu rencontre son peuple à certains endroits et manifeste sa présence de manière particulière. Et dans la Bible, Dieu manifeste sa présence souvent par des théophanies. Et c’est ça, c’est une manifestation de la présence de Dieu, une théophanie. Mais en fait, toutes les théophanies, on voit, elles sont là pour manifester que Dieu est présent, mais elles ne sont jamais seules. Ce que Dieu veut faire, c’est qu’il veut se révéler. Et comment Dieu se révèle ? Il se révèle par sa parole. Et donc, Dieu parle à son peuple. Et quand il le rassemble, c’est pour lui parler. Et comment Dieu est présent pour son peuple ? Il est présent dans et par sa parole. Et donc, venir à la rencontre de Dieu, c’est venir à son écoute. On ne vient pas à la rencontre de Dieu pour le voir, on vient à la rencontre de Dieu pour l’écouter. Et quand Dieu se manifeste d’ailleurs, quand Dieu manifeste sa présence, c’est pour parler à son peuple. | |
| Quentin Oui, c’est vrai. | |
| Matthieu Ce n’est pas juste pour faire un effet de dire : « Je suis là. » Comment Dieu se fait connaître ? Il se fait connaître par sa parole. Et donc, si on parle de la présence de Dieu au culte- Moi, je n’ai pas de problème, mais ça demande quelques précisions. Ce n’est pas une présence atmosphérique. Tu dois te demander quels sens sont sollicités et comment Dieu veut se rendre présent à son peuple. Et je pense qu’on n’est pas un peuple de la vue, on est un peuple de l’ouïe, depuis toujours, et qu’on devrait s’attendre à la présence de Dieu, mais on devrait s’y attendre dans la parole. Et si on s’y attend autrement, je pense qu’on tombe dans des choses que d’autres peuples recherchent. Et c’était d’ailleurs depuis le début la tentation du peuple d’Israël de rendre Dieu tangible. | |
| Quentin C’est de faire un truc visible. | |
| Matthieu Exactement, de pouvoir toucher Dieu, de pouvoir l’embrasser, etc. Et je crois qu’il y a une dimension justement pédagogique à ce qu’on ne peut pas… Et d’ailleurs, toutes les théophanies, tu le vois, ça fait flipper. Parce que Dieu, il est indomptable. Dieu ne va pas se laisser représenter par quelque chose qui est à notre portée ou qu’on peut faire. À chaque fois, Dieu, quand il se manifeste, quand il manifeste sa présence par une théophanie, il montre qu’il est… D’ailleurs, il fait flipper. Quand Exode 19, le peuple se présente, Exode 20, que dit le peuple à Moïse ? Il dit : « Nous, on flippe trop. Vas-y toi. Va lui parler et qu’il te parle à toi. » | |
| Quentin On devrait être content de ne que l’entendre pour l’instant. | |
| Matthieu On devrait être content de ne que l’entendre, exactement. À chaque fois que quelqu’un a vu Dieu, il aurait préféré ne pas le voir. Parce qu’il est tellement glorieux, il nous dépasse tellement que le voir nous terrasserait. | |
| Quentin Oui, trop bien. Autre question pour avancer sur le sujet : pourquoi le culte collectif est si important ? Tourné autrement, la vie chrétienne est un culte rendu à Dieu. Mais qu’est-ce qui manquerait à une vie chrétienne sans culte collectif ? Et pourquoi le culte collectif est si important ? Toi, c’est un peu les 2 faces de la même pièce. Pourquoi c’est important ? De l’autre côté, qu’est-ce qui manquerait, à ton avis, à quelqu’un qui vit une vie chrétienne sans culte collectif ? | |
| Matthieu Ça, c’est marrant de poser la question comme ça, parce que tu pars du principe que presque le culte est utile. Et du coup, on se poserait la question : « Qu’est-ce que je perds si je ne vais pas au culte ? » Et la question, c’est plutôt : est-ce que le culte est obligatoire ? Est-ce que c’est un commandement ? Ce n’est pas est-ce que j’en ai besoin, mais plutôt est-ce que je désobéis à Dieu si je n’y vais pas ? Et moi, je pense que oui. | |
| Quentin Moi aussi. | |
| Matthieu Hébreux 10:24-25 : « N’abandonnez pas vos assemblées comme certains le font. » Et puis, c’est aussi considérer que notre vie chrétienne se vit d’abord de manière individuelle. Or, la Bible présente le peuple de l’Alliance et l’Église, c’est le peuple de la Nouvelle Alliance. Et même quand notre salut est individuel, il est personnel, mais il n’est jamais individuel dans le sens où je ne peux jamais penser mon salut sans penser mon incorporation au peuple de l’Alliance. On est sauvé parce qu’on est intégré, on est uni à Christ, intégré à son corps. | |
| Quentin Éphésiens 2 est fort pour ça. | |
| Matthieu Éphésiens 1, Éphésiens 2, oui. | |
| Quentin Notre union à Christ dans notre salut, être en Christ dans les dieux célestes. Et en Christ, Éphésiens 2 aussi, dans la 2 partie, ça fait qu’on est un seul corps. | |
| Matthieu Exactement. « Il vous a ressuscité fait asseoir ensemble dans les dieux célestes en Jésus-Christ. » La vie chrétienne, c’est une vie dans le peuple de Dieu. Et donc, quand on pense au culte, le culte est toujours communautaire dans la Bible, que ce soit une petite ou une grande communauté, mais c’est toujours l’adoration du peuple de Dieu. La cellule la plus petite, c’est le culte de famille. C’est en famille qu’on adore Dieu, etc. La question, ce n’est pas : « Alors oui, qu’est-ce qu’on perd ? » On perd tout ce que Dieu a promis de faire quand on s’semble. Mais surtout, on est en train de négliger ce pourquoi on a été sauvés. Ce pourquoi on a été sauvés, ce n’est pas juste pour l’adorer dans notre vie personnelle, mais c’est pour l’adorer en tant que peuple. | |
| Quentin Et si on devait faire, par exemple, qu’est-ce qu’on devrait faire pour être le plus fidèle à Dieu dans nos motivations et dans nos intentions pendant le culte ? J’allais te poser la question, mais je ne sais pas si elle est bonne, mais peut-être que ça peut nous aider. Par exemple, faire le contraste entre les pires motivations possibles pour aller au culte et comment ne pas profiter du culte, et donc rendre un culte de la bonne manière, et comment rendre un culte de la bonne manière. Parce qu’extérieurement, ça ne se voit pas. Les gens rentrent, ils s’assoient, ils partent, ils chantent, etc. Mais intérieurement… Il peut y avoir des choses bien différentes qui se passent, même si extérieurement, il se passe la même chose. C’est quoi un peu les enjeux par rapport à ça ? Ce qui fait qu’on y va de la bonne manière ou de la mauvaise manière ? Peut-être que la question comme ça, elle est un peu plus simple. | |
| Matthieu C’est une bonne question. Je pense qu’il y a deux pistes de réflexion. C’est un, réfléchir à ce qu’est le culte et 2, réfléchir à ce que Dieu nous promet. Quand tu réfléchis à nos motivations et à nos attentes, la question, c’est : qu’est-ce que Dieu a promis ? Et si tu n’arrives pas à déterminer ça, tes attentes seront mauvaises. Peut-être qu’elles seront bonnes, peut-être que certaines seront bonnes, mais c’est sûr que certaines seront mauvaises parce qu’elles vont venir de ton cœur et de ton cœur pécheur. La question, c’est : qu’est-ce que Dieu a promis de faire quand il rassemble son peuple ? Et l’autre question, c’est : qu’est-ce que le culte ? Et donc, pourquoi j’y vais ? | |
| Quentin Et sur les attentes, tu dirais qu’on devrait s’attendre à quoi ? | |
| Matthieu Le culte, il est dialogique. C’est un dialogue. C’est comme ça qu’on devrait le comprendre. Et même notre manière de faire le culte est un dialogue. La question après, c’est : qui parle le plus et qui parle en premier ? Dans ce dialogue, c’est Dieu qui parle en 1. Je te parle de comment nous, on fait le culte et vous faites probablement de manière très similaire, mais ça commence par Dieu qui convoque son peuple. On ne vient pas au culte par une impulsion personnelle. On ne vient pas au culte non plus par une obligation, mais c’est presque une convocation, c’est une invitation, c’est un appel. On répond à l’appel de Dieu. Et si on vient, on répond à l’appel de Dieu. Et souvent, nous, notre culte, il s’ouvre par un appel, une portion de l’Écriture qui appelle le peuple à adorer Dieu. Et le peuple répond. Comment il répond ? Par le chant ou par la prière. Et ensuite, une fois qu’on est devant Dieu, on entend sa volonté pour notre vie et on se rend compte de nous, notre péché. On se rend compte qu’on ne peut pas se tenir normalement devant Dieu, sinon par sa grâce. Et justement, c’est ce qui vient juste après, c’est l’assurance du pardon, le rappel de la grâce de Dieu. Dieu nous dit ce qu’il attend et Dieu nous dit après qu’il a pourvu. Là, on reçoit quelque chose, surtout. On reçoit la grâce de Dieu et on se rappelle dimanche après dimanche qu’on a besoin du pardon, on a besoin de sa grâce, on est le peuple de l’Évangile et que si on se tient devant lui, c’est par sa grâce seule. Et ça, ça nous rappelle quelque chose aussi. Ça nous rappelle peut-être des mauvaises attentes qu’on ne vient pas faire quelque chose pour Dieu au culte. On vient se rappeler que Dieu a tout fait pour nous. C’est ce truc de semaine après semaine, on se rappelle qu’on est le peuple de l’Alliance et on brise toutes les racines de légalisme qui peuvent exister en nous. Parce que si on s’approche de Dieu et qu’on est devant lui, ça vient éclater toute pensée de mérite. Et ça vient aussi nous préserver de se sentir écrasés par notre péché, parce que Christ a tout accompli. Ensuite, on a le temps de prédication où Dieu nous révèle sa personne et sa volonté. Et on y répond également par le chant ou par la prière. Ensuite, on a le temps de communion où Dieu nous invite à sa table et c’est presque le moment le plus sensible. Tout à l’heure, tu parlais de la présence, etc. Là, c’est Dieu qui, dans sa pédagogie divine, a choisi un moyen sensoriel de nous rappeler de notre besoin de grâce. C’est-à-dire, on a besoin de se nourrir de lui pour vivre. Il est notre pain, il est notre vie. C’est par son sang qu’on peut vivre. C’est parce qu’il a donné sa vie que nous, on peut se tenir devant lui. | |
| Quentin Il y a des baptêmes aussi, potentiellement, à ce moment-là. | |
| Matthieu Exactement. | |
| Quentin Qui jouent le même rôle. | |
| Matthieu Exactement. Et qui aussi sont des réponses à la prédication. La scène est une réponse à la prédication, parce que non seulement on rappelle ce que Dieu a fait pour nous, mais c’est aussi un engagement. Le baptême est aussi un serment. On prête serment, on prête allégeance. La scène, c’est le renouvellement de notre allégeance. Et ensuite, on a la bénédiction et l’envoi. Le peuple est rassemblé, il est équipé et il est envoyé dans le monde pour faire des disciples. Il est envoyé parmi les nations pour proclamer l’Évangile. On voit que peut-être la chose principale à souligner, c’est que le culte, ce n’est pas quelque chose qu’on fait, c’est quelque chose pendant lequel Dieu nous fait. Ce n’est pas nous qui venons faire quelque chose. On vient avec des attentes. Et ces attentes, c’est quoi ? C’est que Dieu nous parle, que Dieu nous transforme par sa parole, que Dieu nous édifie, que Dieu nous équipe, que Dieu nous émonde, que Dieu nous encourage, que Dieu nous exhorte, que Dieu nous reprenne. C’est la parole qui fait ça. Et nous, on vient répondre à Dieu, on vient lui dire notre reconnaissance, on vient lui dire merci, on vient lui dire pardon, on vient lui dire s’il te plaît. On prie et on vient semaine après semaine dire notre joie et notre dépendance. On vient se redire l’Évangile semaine après semaine. | |
| Quentin On n’y va pas en attendant un spectacle, en attendant la claque de notre vie, en attendant quelque chose de nouveau à chaque fois. Ça peut être une claque, ça peut être la claque de notre vie. On peut être… Même émotionnellement bouger pendant les cultes, etc. Mais ce que tu dirais avant tout, c’est la question du renouvellement constant de se prêcher l’Évangile ensemble et de vivre l’Évangile. | |
| Matthieu C’est le moyen par lequel Dieu transforme nos pensées et les renouvelle. Et effectivement, certains voudraient vivre quelque chose de fort. Et par quelque chose de fort, ils entendent être émotionnellement bousculés. Et on en parlera quand on parlera de la prédication, par exemple, mais le culte, c’est une habitude. Et la liturgie, c’est une habitude. Dieu nous façonne parce que semaine après semaine, on se redit les mêmes choses. Il faut plutôt voir ça comme le pouvoir de l’habitude. Et d’ailleurs, on le voit, il y a des choses qui ont un impact très fort, mais l’impact est momentané. Ce qui te forme, c’est ce que tu répètes. | |
| Quentin Ça, on pourrait en parler même avec Sam, avec la psycho et la TCC. | |
| Matthieu Mais c’est sûr. C’est la liturgie. Et le culte est aussi une contre-liturgie, dans le sens où on est formé, ou plutôt, on est déformé par le monde jour après jour dans la semaine, par ce qu’on entend, etc., par ce dont on se nourrit. Et le culte, c’est un recalibrage. On se réforme semaine après semaine pour se laisser le moins déformé la semaine. Le culte vient agir. Moi, souvent, je parle de la prédication et je parle de comment la parole agit avec des métaphores. Pour moi, le culte, c’est un goutte à goutte. C’est-à-dire petit à petit, comme dans les grottes avec les stalactites, ça met énormément de temps et tu ne le vois pas. | |
| Quentin À l’œil nu comme ça. | |
| Matthieu Exactement, tu ne le vois pas à l’œil nu, tu ne le vois pas sur le moment, mais ça fait son effet. Et petit à petit, ça te forme. Dans d’autres contextes, la parole agit peut-être plus vite, plus fort, mais le culte, semaine après semaine, est en train de te façonner. | |
| Quentin Oui, il y a une partie dont on n’a même peut-être pas conscience d’une certaine manière, mais où ça agit parce que c’est ce que Dieu veut aussi pour nous construire. | |
| Matthieu On n’en a jamais conscience. C’est comme tu vas à la salle, tu cours, n’importe quel sport que tu fais. À la fin de ta séance, alors peut-être que tu as craqué un record ou un machin comme ça et tu es content, mais la plupart des séances, ce n’est pas ça. La plupart des séances, c’est un entraînement. Et les effets, tu ne les vois pas pendant la séance ou même le lendemain, à part tes courbatures. Mais je veux dire, ce que tu cherches à faire, c’est développer ta force, développer ton endurance, développer ce que tu veux. Ça, ça se voit- | |
| Quentin Rien que se maintenir. | |
| Matthieu Exactement. Et ça, ça se voit sur la durée. Et c’est pareil, si tu ne vas pas au culte une fois, tu ne vas pas voir les effets. Mais ça a des effets délétères. Et si tu persévères dans le fait de ne pas aller au culte, ta santé spirituelle va se détériorer. | |
| Quentin Et du coup, là, on a parlé plusieurs fois de liturgie. La liturgie, quand on en parlait, c’est ce qu’on a dit juste avant, c’est la question de l’ordre du culte, c’est-à-dire la manière, ce que tu as décrit, les éléments dont on s’approche de Dieu et tous les éléments qu’il y a dans le culte. Peut-être, on peut faire un mini détour par ça de quelques minutes. Pourquoi tu penses que c’est un ordre du culte ou une liturgie, pour moi, les mots sont interchangeables, qui est bonne pour une église à suivre ? Oui, vas-y. Là, on a parlé un peu de ses effets. Rien qu’avec ses effets, on voit que c’est profitable. Mais pourquoi il y a d’autres raisons, tu penses, de suivre cet ordre du culte et cette liturgie ? On ne va pas faire une étude détaillée sur le sujet, mais juste esquisser quand même quelques mots là-dessus. | |
| Matthieu Oui. La question, c’est : est-ce que c’est à nous d’inventer le culte ? Et les deux questions, c’est : un, est-ce que c’est à nous d’inventer le contenu du culte, c’est-à-dire les éléments ? Est-ce qu’on est libre de faire ce qu’on veut ? Et je crois que l’Écriture dit non. Dieu a toujours révélé la manière dont il veut qu’on l’adore. Et donc, ce n’est pas à nous d’inventer, mais c’est plutôt de découvrir ce que Dieu veut. | |
| Quentin Et ça s’est plutôt mal passé quand les hommes essayent d’aller vers Dieu selon leur créativité. | |
| Matthieu Ça s’est toujours mal passé. | |
| Quentin Ça s’est toujours mal passé. [rire] | |
| Matthieu Ça s’est toujours mal passé. On a un des exemples, c’est Nadab et Abihu, les fils d’Aaron, qui apportent un feu étranger et qui se font tuer sur l’instant. C’est Uzza qui porte l’arche parce qu’il pense qu’elle va tomber et qui meurt sur le coup. Et là, on a des rappels qu’on ne peut pas faire ce qu’on veut, que notre Dieu est un Dieu saint et que Dieu n’a pas changé. On s’approche de lui librement en Christ, mais c’est le même Dieu qu’on adore. Et donc, on doit découvrir dans l’Écriture la manière dont il veut qu’on l’adore et qu’est-ce que Dieu demande. Et pas juste qu’est-ce qu’on peut faire. Nous, souvent, la première question, c’est : qu’est-ce que je peux faire ? Parce qu’on veut exprimer notre liberté, notre spontanéité, etc. Mais quand on s’approche de Dieu, on devrait dire : « Comment je peux m’approcher de Dieu ? » Parce qu’on ne s’approche pas du roi. Donc, il y a à la fois une liberté des enfants de Dieu, mais à la fois une révérence et une sainte crainte qui nous pousse à réfléchir à ça. | |
| Quentin Et qui va de soi quand on commence à réfléchir à la nature de Dieu, à la nature de l’être humain. On devrait présupposer, quand on réfléchit à la nature de Dieu, à la nature de l’être humain, à la nature humaine, qu’on ne peut s’approcher de lui que comme lui le veut. Il y a un écart tel que ce n’est pas à nous de combler cet écart. | |
| Matthieu Exactement. Parce que un, si Dieu ne nous dit pas comment on peut s’approcher de lui, on ne peut pas le savoir et on ne peut pas le deviner. | |
| Quentin On ne peut pas le faire. | |
| Matthieu Et 2, on est pécheurs. Donc, c’est quand même très présomptueux de penser qu’un humain pécheur peut trouver la bonne manière de s’approcher du Dieu saint. | |
| Quentin Oui, complètement. | |
| Matthieu Et sur l’ordre, c’est pareil. On doit se demander : « Est-ce qu’il y a des principes dans l’Écriture qui doivent nous guider ? » Et là, je crois qu’il faut faire attention, il n’y a pas de prescription. Il y a quand même une certaine liberté, et on le voit même dans l’histoire de l’Église, qu’il y a une certaine liberté que certains groupes ont fait différemment, etc. Mais il y a quand même toujours la même idée, c’est qu’il y a quelque chose de base, c’est que c’est Dieu qui prend l’initiative, qu’il y a d’abord une révélation de Dieu. Dieu se fait connaître et appelle l’être humain à l’entendre, à l’écouter. Il lui révèle sa volonté. L’être humain répond par la foi et l’obéissance. Et ensuite, il y a un repas d’alliance. Ça, c’est la structure de base. | |
| Quentin Qui traverse- | |
| Matthieu Qui traverse depuis le jardin d’Éden. Et d’ailleurs, quand tu vois la chute, c’est une anti-liturgie. C’est-à-dire que c’est le serpent qui parle et l’humain qui répond, le serpent qui remet en question la parole de Dieu et qui donne sa parole et l’humain qui obéit. Et après, il y a un repas avec le fruit défendu. Donc, c’est une anti-liturgie, c’est un anti-culte. Bref, et quand tu vois, par exemple, après Exode 20, après, on a Exode 24, la ratification de l’alliance, qu’est-ce qui se passe ? Exode 19, Dieu convoque son peuple au pied de la montagne. Exode 20, Dieu parle au peuple, le peuple répond et ensuite, un repas de l’alliance et ratification de l’alliance. Après, il y a des choses un peu plus détaillées, mais souvent, on parle des Esaïstes aussi. Les Esaïstes, Dieu qui convoque Esaïe, Esaïe qui le voit dans le temple, qui reconnaît son impureté, Dieu qui le purifie. Ensuite, Dieu qui lui donne sa parole et qui l’envoie. Donc, on a quand même dans l’Écriture plusieurs motifs qui reviennent, plus ou moins élaborés. On a parfois des motifs primaires comme en Éden ou en Exode, et parfois plus élaborés comme en Esaïstes, et qui ont toujours servi à l’Église pour réfléchir à comment Dieu structure sa relation avec son peuple et comment ça, ça peut nous aider à revivre le message de l’Évangile et l’histoire de la rédemption. C’est ça qui est beau, je trouve, quand on réfléchit de cette manière, c’est que dimanche après dimanche, on se rappelle qu’on a été créés par Dieu et pour Dieu, qu’on lui a désobéi, mais que Dieu, dans sa grâce, a pourvu en son fils, qu’on a besoin de sa parole pour vivre et que c’est lui qui norme notre vie et qu’on a été créés pour vivre en communion avec lui. On partage ce repas et qu’il nous envoie dans les nations pour le représenter. Et donc, dimanche après dimanche, on se redit non seulement l’Évangile, mais aussi l’histoire de l’Évangile. C’est comme si on se faisait un fil rouge, presque, dimanche après dimanche. Et ça, on ne se le dit pas ou on ne le réalise pas, mais ça nous façonne. Ça nous rappelle qui on est, ça nous rappelle qui Dieu est, ça nous rappelle comment Dieu a décidé d’interagir avec son peuple. | |
| Quentin Trop bien. Et du coup, dernière question, on l’a déjà un petit peu abordée quand on a parlé de l’habitude, mais comment le culte collectif contribue à prendre soin les uns des autres ? | |
| Matthieu Je pense que le culte collectif est une expérience partagée. Alors, on prend soin déjà les uns les autres dans le culte. C’est-à-dire que Paul, notamment, Colossiens ou Éphésiens, nous engage à nous chanter, à nous dire la vérité dans l’amour, à nous exhorter, à nous édifier par des chants, des hymnes et des cantiques. Et donc, quand on chante, parfois, on oublie qu’on est ensemble et certains vivent le culte, malheureusement, un petit peu comme un culte personnel amélioré. C’est moi et Dieu et à côté des autres. Mais ce n’est pas moi et Dieu, c’est nous et Dieu, c’est ensemble. Et donc, quand on chante, il y a une dimension verticale. Bien sûr, on chante à Dieu, mais on se chante aussi les uns les autres la vérité de l’Évangile. Quand on prie, j’ai repris ça d’un ami, il dit : « Il faut faire des prières ABC : audible, brève et communautaire. » Et donc, audible, pourquoi ? Parce qu’on veut être édifiés les uns les autres. Bref, pourquoi ? Parce qu’on veut quand même qu’on puisse prier à plusieurs. Et communautaire parce qu’on veut prier en nous. Ce n’est pas « Seigneur, je », c’est « Seigneur, nous, tu nous, nous ». Pourquoi ? Parce qu’on confesse qu’ensemble, nous vivons justement la même réalité, que nous sommes le peuple de l’Évangile et que ce n’est pas « Seigneur, tu m’as sauvé », c’est « tu nous as sauvés ». Ce n’est pas « Seigneur, je te loue », c’est « nous te louons ». On exprime notre solidarité les uns avec les autres par notre présence, déjà, par nos chants, par nos prières, et on se crée une expérience partagée. On est devant Dieu ensemble, on entend sa parole ensemble, on est édifiés par le même Évangile, on entend la même vérité. Et donc, pendant le culte, il se passe quelque chose et après le culte, il se passe quelque chose. On a été édifiés les uns les autres par la même parole. Et donc, on peut se dire : « Mais rappelle-toi ce qui a été dit la semaine dernière ou tu te rappelles ce qui a été dit il y a 2 semaines. » On peut s’encourager les uns les autres par la vérité qu’on a entendue ensemble. C’est quelque chose qu’on reçoit ensemble et c’est quelque chose qu’on cultive ensemble. C’est quelque chose qui nous forme ensemble. | |
| Quentin Trop bien. Le côté qu’on vit les mêmes habitudes. C’est trop bien. Est-ce que tu as d’autres choses à rajouter sur la question du culte et de l’accompagnement ? On a un peu explosé le temps, mais ce n’est pas grave. Nous sommes bavards, mais il y a tellement de choses à faire entre parler de l’extérieur du culte, de ce qu’est le culte et parler du contenu du culte et de l’effet du culte. Ça fait un bon plan de prédication. | |
| Matthieu Je pense, un dernier truc peut-être, sur lequel je suis sensible de plus en plus. C’est que le culte, peut-être mieux et plus que le reste, nous rappelle ensemble qu’on est des mendiants de la grâce, qu’on est des pécheurs sauvés par grâce. Le temps de confession, par exemple, dans le culte, nous rappelle qu’on a tous besoin de la grâce de Dieu et on veut se pardonner les uns les autres. Là, je fais une série de prédiques sur le Notre Père. « Pardonne-nous nos offenses comme nous aussi, nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » Dimanche après dimanche, on se rappelle que si on se tient devant Dieu, ce n’est pas uniquement par grâce. Et prendre soin les uns des autres dans l’Église, c’est se pardonner les uns les autres. Il y a énormément qui tient sur ça. La qualité de nos relations tient à la qualité de notre pardon. Et donc, dimanche après dimanche, on vient se rappeler qu’on est au bénéfice du pardon de Dieu et qu’on doit étendre ce pardon aux autres. Et donc, on se redit qu’on est pécheurs. Quand quelqu’un m’offense, quand quelqu’un pèche contre moi, je ne suis pas étonné. Parce que moi-même, je suis pécheur. Et mon réflexe, c’est de le traiter comme Dieu m’a traité. Et c’est de me rappeler que j’ai été sauvé, pardonné par Christ. Et je veux étendre ce pardon à l’autre. Je pense que ça, en particulier, ça nous aide dans notre manière de prendre soin des autres et de vivre ensemble dans l’Église. | |
| Quentin Oui, trop bien. Nous, on a eu aussi l’écho de ça il n’y a pas longtemps, dans une discussion avec des chrétiens dans l’Église qui nous disaient : « C’est quand même super intéressant que tous les dimanches, on se rappelle qu’on vient en tant que pécheurs pardonnés, en tant que pécheurs graciés et pas en tant que victorieux, vainqueurs sur tout, tout le temps, etc. » Et ils nous ont dit que la chose qui les ont le plus interpellés en venant dans l’Église, c’était la simplicité de l’Évangile, que juste, on vient en tant que tous pécheurs pardonnés dimanche après dimanche. Et on a besoin de confesser nos péchés à Dieu tous les jours. À combien plus forte raison en église, on a raison de le faire, parce que c’est la manière de s’approcher de Dieu en Christ. Merci Matt pour toutes tes réflexions. On espère que ça amorce chez vous aussi des réflexions concernant votre vie ecclésiale et votre rapport au culte et que ça vous encourage à en retirer encore davantage, non seulement pour vous, mais surtout pour la gloire de Dieu, parce que c’est aussi une manière d’obéir à Dieu. Et ce que Dieu veut pour nous est bon pour nous. Les deux vont ensemble, on ne doit pas les séparer. N’hésitez pas, si vous avez des questions, à mettre en commentaire. Et puis, peut-être qu’un jour, on fera une série questions-réponses avec Matthieu sur de l’ecclésiologie pour aller davantage dans le détail. On espère que ça vous a encouragé et on vous dit à bientôt pour un prochain épisode. Merci Mat. | |
| Matthieu Merci. [musique] |







