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Dans cet épisode, Quentin et Samuel s’interrogent sur la tristesse, en la considérant comme une émotion désagréable mais légitime, liée à la perception d’une perte. Ils examinent les enjeux spirituels de cette émotion et soulignent comment la consolation et nos réactions façonnent notre maturité chrétienne.

❓ Samuel et Quentin répondent aux questions suivantes :

  • « Tristesse, pourquoi est-ce que c’est un enjeu en tant que chrétien ? » (01:47)
  • En quoi cette émotion est un enjeu, et doit-on la considérer comme un péché ou un problème spirituel dans notre relation à Dieu ? (02:31)
  • Quelle est la définition précise de la tristesse, et est-elle toujours liée à la perception d’une perte ? (03:18)
  • Y a-t-il de bonnes ou mauvaises raisons d’être triste, et comment évaluer la taille de notre tristesse ? (05:05)
  • Est-ce que tu as des exemples bibliques par rapport à la tristesse, la déception, le chagrin ? (05:54)
  • Pourquoi la tristesse d’Élie illustre-t-elle un mélange de raisons légitimes et de motivations égocentriques ? (06:46)
  • Quels sont les différents types de pertes cachées derrière la perte d’un travail ou d’un objet ? (08:43)
  • Quelles sont les réactions que l’on cherche à avoir face à la tristesse, notamment en matière de consolation ? (09:38)
  • Comment nos choix culturels ou personnels de consolation influencent-ils la gestion de notre souffrance ? (10:47)
  • Pourquoi la tristesse, ce n’est pas un péché ? (12:33)
  • Comment la Bible distingue-t-elle la tristesse menant à la vie (repentance) de celle menant à la mort (remords) via Pierre et Judas ? (13:50)
  • A-t-on raison d’être triste et de se lamenter lors du décès d’un proche malgré l’espérance qu’il soit auprès de Dieu ? (16:16)
  • Quelle leçon de consolation pouvons-nous tirer de l’attitude des amis de Job restant silencieux une semaine ? (20:25)

Les uns les autres, c’est le podcast qui vous aide à mieux comprendre l’Église pour persévérer dans vos relations.

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Transcription de l’échange

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Quentin
Bonjour à tous et bienvenue dans le podcast « Les uns les autres », le podcast qui vous aide à mieux comprendre l’Église pour persévérer dans vos relations. Je m’appelle Quentin, je suis pasteur dans l’est de la France et toujours accompagné de…
Samuel
De Samuel, toujours psychologue.
Quentin
Et voilà, c’est bien dit. Aujourd’hui, on continue notre série sur les émotions. Série qui a parlé de la peur, qui a parlé de la colère, qui a parlé de la joie. Et aujourd’hui, nous allons entamer une quatrième grande émotion : la tristesse, la déception, le chagrin, l’air sombre.
Samuel
Le seum.
Quentin
Le seum.
Samuel
Le désarroi.
Quentin
Le désarroi. Il y aurait quoi d’autre ? Il y en aurait plein. Bref, vous comprenez, on est tout dans le champ lexical de la tristesse et on va faire cet épisode en trois, comme d’habitude sur les émotions, en trois catégories. Première catégorie : pourquoi cette émotion, c’est un enjeu ? En quoi cette émotion est un enjeu pour nous en tant que chrétiens ? Deuxième partie : une définition de l’émotion. Et troisième partie, on va regarder plusieurs passages, on va citer plusieurs passages dans la Bible et discuter autour de plusieurs passages dans la Bible qui parlent de la tristesse. Tristesse, pourquoi est-ce que c’est un enjeu en tant que chrétien ? Tu te lances, je me lance ?
Samuel
Pourquoi c’est un enjeu ? Oui.
Quentin
Parce que c’est un péché d’être triste.
Samuel
Parce que c’est un péché d’être triste. Exactement. Et donc, pour obéir à Dieu, il ne faut pas être triste. Bonne semaine à toutes et à tous. Oui, tu sais quoi ? Tu posais la question, je me dis : « C’est vrai, pourquoi c’est un enjeu ? » Mais oui, effectivement, il y a ce problème-là où, encore une fois, on va considérer les émotions désagréables plutôt comme des péchés. C’est un petit peu l’objet de nos podcasts, d’essayer de vous encourager à réfléchir au niveau de vos émotions, non pas comme bonnes ou mauvaises, mais comme agréables ou désagréables. Voilà.
Quentin
L’enjeu, c’est vite fait, vite dit. Non, en vrai, est-ce qu’il y aurait d’autres enjeux ? La tristesse de la voir non pas comme un péché, parce que c’est un peu gros.
Samuel
Oui, c’est vrai. Honnêtement, maintenant…
Quentin
Mais au moins comme un problème.
Samuel
Exactement, au moins comme un problème.
Quentin
Au moins comme un problème spirituel.
Samuel
Oui. Et ça, ça me fait rebondir sur-
Quentin
Un problème dans notre relation à Dieu.
Samuel
Dans notre relation à Dieu, d’un manque de confiance à Dieu, etc. C’est plutôt dans le monde séculier où on me dit : « Est-ce que c’est normal que je sois triste alors que ça fait 10 ans que mon conjoint est mort et que du coup, à la date anniversaire, j’ai encore le seum, je pleure de temps en temps ? » Oui, c’est normal. Et l’émotion est super légitime à the moment-là et dans d’innombrables événements. Comme on l’a dit, la tristesse, c’est la perception à tort ou à raison. Non, on ne l’a pas dit.
Quentin
On ne l’a pas dit.
Samuel
On ne l’a pas dit.
Quentin
Suspense, c’est la deuxième partie.
Samuel
Suspense, c’est là. OK. Et lorsqu’on parle d’un deuil, lorsqu’on parle d’une démission, d’un changement de travail, d’un déménagement, de la mort de Brigitte, le chihuahua, etc., on parlera d’une perte.
Quentin
Oui. Donc, ça nous fait un lien avec notre définition : perception à tort ou à raison d’une perte. La tristesse sera toujours liée avec une perte. Tu as des idées de perte, deuil, d’un animal.
Samuel
Animal.
Quentin
Et aussi, c’est intéressant, des fois, on peut perdre ce qu’on n’a pas. Perte d’un idéal qu’on voulait atteindre. Perte d’un…
Samuel
De l’image de soi.
Quentin
Oui, c’est ça. Perte de : « Je voulais être tennisman professionnel, je ne l’ai jamais été, je suis triste. » En fait, ce n’est pas une perte, c’est la perte de la projection qu’on avait de nous-mêmes ou de la suite des événements.
Samuel
Avant d’avoir des enfants, j’avais dit principe d’éducation. Dix ans après, je n’ai plus de principe d’éducation. Oui, tout à fait. Ce sont aussi bien des choses matérielles, des choses physiques ou matérielles, que des éléments conceptuels et ou existentiels.
Quentin
Je perds mon téléphone, je perds mon mug préféré. Bref, il peut se passer plein de choses comme ça. Donc, perte. D’autres choses à dire sur la définition de l’émotion ?
Samuel
Non.
Quentin
Mais du coup, c’est super intéressant de se dire : quand je ressens de la tristesse, quelle est la perte ? Et est-ce que c’est une perte, on va parler de perte légitime ou illégitime ? Et des fois, il y a vraiment des bonnes raisons d’être triste. Et des fois, il y a des raisons qui sont remettables en question d’être triste, notamment sur la question peut-être aussi de la taille de la tristesse. Est-ce que j’ai raison de mener le deuil trois semaines pour avoir perdu mon mug préféré, par exemple ?
Samuel
C’est une vraie question, Quentin.
Quentin
Je n’ai pas perdu de mug, je vous rassure. Mais il y a aussi la question de… Ça questionne nos émotions parce que ça nous aide à comprendre un petit peu derrière ce qu’il y a quand il y a des émotions très fortes, notamment par rapport à ça. Est-ce que tu as des exemples bibliques par rapport à la tristesse, déception, chagrin ? On en parlait juste avant l’épisode. J’avais Genèse, chapitre 4. Caïn et Abel. J’avais dans la tête le : « Arbores-tu un air sombre ? »
Samuel
Oui, c’est ça.
Quentin
Mais il y a d’autres traductions. C’est la question de la déception : « Pourquoi ton visage est-il abattu ? » en 2 10. C’est la question des offrandes qui ne sont pas acceptées. La perte, c’est que l’offrande n’est pas acceptée par Dieu. Il élabore un air sombre, un visage triste, un visage abattu.
Samuel
1 Rois 19, Élie, qui a le seum intersidéral lorsque il revient avec Achab en se disant : « C’est bon, on est les cadors et ça va changer. » Et finalement, non. Jézabel veut toujours lui couper la tête ou pire. Il part dans le désert et il est abattu par les circonstances. Il se plaint à Dieu par rapport au fait d’être seul, le fait qu’il a mené tout son zèle, etc. Ce que je trouve intéressant dans ce texte-là, c’est qu’il y a beaucoup d’éléments à tirer. Il y a une raison légitime d’être triste par rapport à la déception de cette non-repentance, non-changement, etc. Mais on voit aussi que dans sa tristesse, il y a aussi des choses un peu égocentriques. Il y a aussi des choses auxquelles il s’attendait et que Dieu ne lui a pas accordées. Le fait d’être seul alors qu’il n’est pas vraiment seul, Dieu lui rappelle gentiment à la fin. Je trouve que c’est très humain et ça permet de ne pas essentialiser les individus. On voit que dans cette tristesse, par exemple, et comme dans nos tristesses, il y a souvent un mélange de bonnes choses et de mauvaises choses qu’on ne peut pas réduire. Quand on perd quelque chose, un mug ou une lettre, un animal, etc., on perd l’objet en tant que tel, mais on perd d’autres choses aussi. On perd des souvenirs, on perd des événements qu’on voulait se remémorer au travers de ça. On perd une marque d’affection. On perd plein de choses. Je trouve que c’est important aussi de complexifier un petit peu les émotions et ce qui provoque nos émotions, parce qu’on est toujours plus compliqué. Au travers d’une tristesse, il peut y avoir une perte, mais souvent, il y en a plusieurs. Il y a d’autres éléments aussi, mais on reste sur la perte. Notamment, je choisis l’exemple d’Élie, nous permet de voir l’humain et de ne pas réduire l’humain à une seule chose, mais parfois de sonder les choses plus largement. La perte d’un travail, ce n’est pas seulement un travail. Ça peut être aussi un salaire, ça peut être la pérennité de la sécurité financière. Ça peut être l’image qu’on a dans le travail, l’image qu’on a par rapport au regard des autres, l’image qu’on a par rapport de nous-mêmes vis-à-vis du fait de pouvoir apporter financièrement au foyer. On peut énumérer plein de choses à l’infini. Le but, c’est un peu de prendre le temps de réfléchir : qu’est-ce qu’on a vraiment perdu ? Et souvent, on arrive à explorer pas mal de choses différentes. C’est plus fin que ce qu’on pourrait croire.
Quentin
Oui. On peut faire aussi le lien avec les réactions qu’on va chercher à avoir quand on est dans la tristesse. J’avoue qu’on ne l’a pas fait pour la joie. D’habitude, je crois qu’on le faisait pour les autres émotions. Quand on est en colère, c’était le premier qu’on a fait, c’est ça ? Oui. Quand on était en colère, il y a une perception d’injustice et on a besoin de rétablir la justice. On avait fait ensuite-
Samuel
La question de la peur, c’est essayer de se rassurer ou alors de se protéger par rapport à la menace ou au danger perçu.
Quentin
C’est ça. Par rapport à la joie, le désir, c’est de l’exprimer.
Samuel
De l’exprimer, oui.
Quentin
Donc, on va exprimer notre joie. Et par rapport à la tristesse, déception, chagrin, ça va être la question de la consolation.
Samuel
La consolation, c’est ça. Et avec qui ou avec quoi on se console.
Quentin
Exactement. C’est là qu’aussi, c’est intéressant de dire que l’enjeu dans notre tristesse, c’est de réfléchir à la cause de ce qui cause notre tristesse. Ça, c’est ce que tu viens de dire. Mais aussi, il y a un enjeu, c’est comment on se console, avec quoi on se console et comment on réagit d’une bonne manière à notre tristesse.
Samuel
C’est un exemple qu’on répétera pour un épisode sur la dépression, mais dans les années 90, 2000, on faisait des études. On commençait un petit peu à s’intéresser à pas mal de choses différentes. Ce qu’on avait observé, c’est qu’il y avait trois fois plus de femmes dépressives que d’hommes.
Quentin
OK.
Samuel
Mais ce qui était intéressant, et alors attention, c’est une corrélation et pas une causalité, c’est qu’il y avait trois fois plus d’alcooliques chez les hommes que chez les femmes. Je trouve ça intéressant, c’est qu’effectivement, suivant l’objet de la consolation, il n’y aura pas les mêmes conséquences. Je dis une corrélation et pas une causalité parce qu’en général, en réalité, la causalité réelle, c’est qu’il y avait trois fois plus de femmes qui allaient consulter pour dépression que d’hommes. Ça s’est rétabli. Ce qu’on réalise, c’est qu’on n’est pas encore à la parité, mais ça se rétablit progressivement. Et pour l’alcoolisme également, la parité est en train de revenir gentiment. On voit effectivement que suivant notre culture, suivant notre éducation, suivant notre contexte, etc., on ne va pas chercher les mêmes moyens de consolation. Il peut y avoir des bons moyens de consolation comme de très mauvais ou en tout cas de dangereux, même à court terme d’ailleurs, à moyen terme, et de prendre en considération et de se questionner, de dire : « Quels sont les comportements que je modifie pour chercher à une consolation, à une forme de soulagement par rapport à la souffrance et par rapport à une souffrance qui peut être tout à fait légitime ? »
Quentin
Et ça me pose la question aussi. Après, on fera un épisode sur la souffrance. On fera un épisode aussi sur la dépression, plus en détail, parce que là, quand on touche à la tristesse, déception, chagrin, là, on ne parle pas d’état dépressif. On parle plus de l’émotion en tant que telle quand on est triste. Petite question : pourquoi la tristesse, ce n’est pas un péché ? Parce que notre Seigneur a été triste ?
Samuel
Oui, ça, on va dire, c’est un argument théologique fort.
Quentin
Il n’a pas péché.
Samuel
Il n’a pas péché.
Quentin
Syllogisme facile.
Samuel
Syllogisme facile. Donc tranquillou avec ça, mais aussi comme tout le registre des émotions, les émotions sont des éléments extrêmement pratiques qui nous permettent de nous informer de notre état et qui nous permettent ensuite de questionner nos croyances associées, etc. Et que du coup, tout comme notre Seigneur Jésus-Christ n’a pas péché, ce que l’on va attendre et observer, je pense, là où Dieu mesure notre intégrité, c’est la manière dont on va réagir par rapport à la tristesse. Et c’est nos réactions, nos comportements qui vont être, je pense, soupesés. Comment est-ce que je vis ma tristesse ? Je vis ma consolation ?
Quentin
Oui. Est-ce que tu as des textes de tristesse qui te viennent en tête dans la Bible ?
Samuel
Il y a deux textes. On parlait au début de 2 Corinthiens 7 par rapport à la tristesse qui mène à la mort et la tristesse qui mène à la vie.
Quentin
La repentance de la vie.
Samuel
La tristesse et la repentance de Pierre et la tristesse et les remords de Judas qui va les mener à sa mort. Et je trouve que c’est intéressant parce que ça permet aussi de montrer que, il ne faut pas être suspicieux en toutes choses, mais que pleurer, c’est juste un signe physiologique, mais n’est pas forcément un signe tangible de l’état intérieur et spirituel de la personne. On peut pleurer en étant repentant de notre péché, en voyant l’horreur de notre péché, mais on peut pleurer parce qu’on a des remords à s’être fait gauler sur quelque chose, par rapport aux conséquences en tant que telles. Et la Bible nous l’enseigne bien, ça, de dire qu’à une même réaction et à un même état émotionnel, on ne peut pas sonder le cœur des gens. Et c’est là où on verra ensuite les conséquences, repentance ou pas, si on prend Pierre et Judas, les conséquences associées à cette tristesse. Quels vont être les comportements qui vont être encouragés par notre émotion ? Et ça, je trouve ça hyper intéressant. C’est ce que je disais tout à l’heure, il ne faut pas être suspicieux en toutes choses, sinon on ne s’en sort pas. On va toujours présupposer du bien, mais de ne pas oublier que des fois, on peut être sensible par rapport à certains éléments émotionnels ou alors extérieurs, alors qu’en réalité, ça ne dit rien du cœur des gens. J’ai entendu d’innombrables fois dire : « Non, mais c’est encourageant parce que par rapport à son péché, la personne, elle pleure. Maintenant, elle lit la Bible, elle prie. » Oui, c’est bien, mais ça ne dit rien. C’est la question des affections d’Édouard. Ça ne dit pas grand-chose. Et mieux vaut attendre la question de la durée, accompagner la personne, ne pas présupposer du mal.
Quentin
Oui, bien sûr.
Samuel
Mais ne pas non plus présupposer de : « Waouh ! C’est trop bien et c’est bon, c’est fini. » Pas du tout. L’être humain est beaucoup plus compliqué et souvent, on minimise à quel point l’être humain est pécheur.
Quentin
Oui, c’est vrai. On avait d’autres passages en tête ?
Samuel
Tu parlais tout à l’heure de Jésus qui pleure à la mort de Lazare.
Quentin
Oui.
Samuel
Ah oui, ça, c’est un truc que je trouve aussi intéressant, où parfois, dans les enterrements, on entend dans le milieu chrétien : « Non, mais il faut être joyeux parce qu’il est auprès du Seigneur, etc. » Je pense que c’est un problème. Je pense que c’est un vrai problème parce qu’on doit être triste par rapport à la mort des gens. On doit être triste par rapport à la mort. La mort ne devrait pas être dans notre monde. La mort est liée au péché. Donc, on devrait être triste. On devrait avoir le seum et on a raison d’être triste et de se lamenter au décès d’une personne, en dépit même qu’on peut se réjouir intellectuellement qu’il soit auprès de Dieu.
Quentin
Bien sûr.
Samuel
Il n’empêche qu’on doit être triste de la séparation et du fait qu’on doit vivre la mort.
Quentin
Oui, parce qu’une perte.
Samuel
C’est une perte, c’est une vraie perte.
Quentin
Parce qu’on n’a pas été créé pour vivre cette perte.
Samuel
Exactement. Et je trouve que c’est important. On a parlé d’Élie. On a parlé de Pierre par rapport à l’idéal qu’il avait peut-être de lui-même, lui qui se jurait de ne jamais trahir Jésus, etc. Du coup, il se retrouve en face de lui-même. Il y a eu plusieurs tristesses. Je n’arrive plus à me remémorer. Tu es vachement meilleur que moi. Ou alors, je suis vraiment nul par rapport à ça.
Quentin
Moi, je n’en ai plus en tête.
Samuel
Lorsque l’enfant du soldat meurt. Et puis, il ne vient plus, ce n’est plus la peine par rapport à Jésus, ce n’est plus la peine de venir, il est déjà mort, etc. Il y a des histoires, des textes, je ne m’en souviens plus. Dans 2 Samuel aussi.
Quentin
On ne va pas essayer de deviner, mais si vous prenez des narratifs de la Bible, vous allez trouver…
Samuel
Le fait que… Moi, je n’ai que les histoires, c’est au début de Samuel. Anne ne veut pas avoir d’enfants.
Quentin
Bien sûr, oui.
Samuel
Et forcément, être stérile à cet âge-là. C’est plus que ne pas avoir d’enfants, c’est le statut social, il y a pas mal de choses.
Quentin
Elle est dans le temple en train de pleurer.
Samuel
Oui, en train de-
Quentin
De prier, mais on…
Samuel
Oui, mais on voit qu’elle se lamente, qu’elle est aussi triste de la manière dont-
Quentin
Son mari la traite. « Est-ce que je ne vaux pas mieux pour toi ? » Bref. Consolation, on a déjà vu mieux.
Samuel
On a déjà vu mieux. Donc oui, il y a d’innombrables éléments. Il y en a pas mal et je pense qu’il y en a beaucoup d’autres. Et ça nous montre qu’il y énormément de… Et on voit que dans ces moments-là, Dieu reprend rarement ou peut-être jamais ces gens-là de dire : « Non, mais sois pas triste. » Et il répond souvent par des actions, par des encouragements à se rappeler qui il est. Et on voit comment est-ce que Dieu console ces personnes de différentes manières, mais ne délégitime pas l’émotion pour autant.
Quentin
Oui, puis en y repensant, même dans David, pour la mort de son fils, toutes les questions humaines de deuil, pour la mort de Saül, la mort d’Absalon.
Samuel
Oui, c’est vrai ça. Même pour des morts de mecs pas ouf ou qu’il voulait tuer. Effectivement.
Quentin
Oui. Je pense qu’on a à peu près fait le tour de la question de la tristesse. Toujours la même chose. Vous voyez, je pense que c’est un peu le pattern récurrent de questionner l’émotion à partir de la définition, voir ce qui se cache derrière et puis surtout y réagir après, essayer d’y réagir de la meilleure manière et qu’une émotion désagréable comme la tristesse, on peut dire que c’est une émotion désagréable, peut être bonne et légitime dans plein de circonstances en tant que chrétien et qu’on n’a pas à culpabiliser de vivre une certaine tristesse. Au contraire, la maturité chrétienne, ce n’est pas une absence de tristesse, mais c’est de vivre une tristesse de la meilleure manière sainte, saine possible et que plus on grandit, entre guillemets, en maturité chrétienne, ce n’est pas moins on sera triste, mais plus on sera triste pour les bonnes raisons, de la bonne manière et avec la bonne réaction. Et c’est comme ça pour chacune de nos émotions.
Samuel
Et quelque chose que nous enseigne bien le livre de Job aussi par rapport à la tristesse.
Quentin
Oui, c’est vrai.
Samuel
Il y a plein de choses. On pourrait faire un truc entier sur Job, sur la manière dont les amis répondent et quelles sont les erreurs que les amis font, notamment au niveau théologique, etc. Mais force de constater quand même qu’on a une leçon à prendre des amis de Job. C’est que plutôt que de l’ouvrir immédiatement, et c’est là où ça se gâte, il reste une semaine au chevet de Job sans rien dire. Et ça, je trouve ça super intéressant pour nous en tant que conseil, c’est que pour consoler des gens, très souvent, des fois, on n’a pas besoin de l’ouvrir. On n’a pas besoin de parler, mais déjà d’être présent, de faire des trucs pratiques, etc. De conserver le lien social, parce que quand on est triste, on a tendance plutôt à se refermer sur soi-même. Je trouve que les amis de Job ont été exemplaires parce que je ne suis pas sûr que beaucoup d’entre nous ici pourraient tenir une semaine auprès de quelqu’un sans rien dire.
Quentin
Oui. Ça me fait penser, je le note, il faudrait qu’on fasse un top 10 des kits du kit top 10 des plus grosses erreurs qu’on peut faire en tant que juste membre d’Église, je ne parle pas des erreurs en tant que spécialiste de psychologue, etc., mais juste en tant que membre, en tant qu’être humain à côté d’autres êtres humains, des plus grosses erreurs qu’on peut faire, qu’on voit aussi dans la Bible, comme ce que tu hai dit dans Job. Ça peut être intéressant et utile et marrant en même temps, donc on ne va pas s’en priver.
Samuel
Oui.
Quentin
C’est tout bon pour la tristesse. On vous dit à la prochaine pour un prochain épisode. Et on verra sur quoi. Je pense qu’on va continuer encore un petit peu sur les émotions. Bonne journée. À bientôt.