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Dans cet épisode, Florent est questionné sur le partage des biens dont il est question dans le livre des Actes (chapitre 2, verset 45). Est-on appelé à imiter ce comportement en tant que chrétien ? Il y répondra en analysant le contexte textuel, la vision des richesses dans le Nouveau Testament et les implications éthiques, tout en rappelant que cette pratique a eu lieu lors d’un besoin missionnaire ponctuel.

Un pasteur vous répond: le podcast de Florent Varak qui t’aide à mieux comprendre la Bible, une question à la fois.

Tu veux poser une question ?

Si tu as une question adressée à Florent Varak, commence par consulter la liste des épisodes existants ici et si le sujet n’a pas encore été traité, tu peux poser ta question à l’adresse : contact@toutpoursagloire.com.


Transcription :

ℹ️ Cette transcription a été générée automatiquement, n’hésitez pas à nous signaler toute erreur ou incohérence qui nous aurait échappé.

Vous écoutez Un Pasteur Vous Répond, le podcast de Florent Varak, qui vous aide à mieux comprendre la Bible, une question à la fois.

La question est posée : « Bonjour Florent, aurais-tu un éclairage biblique ou des éléments de contexte à m’apporter pour bien comprendre le verset 45 en Actes 2 : “Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun.” Merci d’avance. »

Alors voilà une question courte et précise, et c’est une bonne question parce qu’on se demande souvent si on doit imiter une telle pratique.

Est-ce qu’il faut que l’on vende nos biens pour tout donner à l’Église, tout donner à la mission ?

Qu’est-ce que signifie ce texte ?

Et j’aime bien que tu te demandes ce que le contexte nous enseigne parce qu’effectivement, le contexte est déterminant.

Alors, nous allons, pour cet épisode, commencer par lire le texte et son contexte.

Ensuite, nous allons considérer l’offrande dans le reste du Nouveau Testament.

Et ensuite, on va regarder les implications éthiques probables avant de conclure.

Le texte et son contexte

Alors, le texte dans ce contexte se trouve en Actes, chapitre 2, à partir du verset 44 :

Tous ceux qui avaient cru étaient ensemble et avaient tout en commun. Ils vendaient leurs biens, leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. Chaque jour, avec persévérance, ils étaient au temple d’un commun accord. Ils rompaient le pain dans les maisons et prenaient leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. Ils louaient Dieu et obtenaient la faveur de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés.
– Actes 2.44-47

Fin de la citation.

Moment extraordinaire qui montre une unité de cœur, d’esprit et de portefeuille.

Qu’est-ce qui se passe juste avant cela ?

Eh bien, Pierre vient tout juste de prêcher.

C’est le tout premier message d’évangélisation.

Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres, sur les 120 personnes.

Pierre se met à prêcher.

Tu te souviendras qu’il y a eu une manifestation vraiment spectaculaire de la présence de l’Esprit avec le parler en langues, avec des bruits, la foule accourt.

Et il conclut sa prédication, l’apôtre Pierre, en appelant à la repentance et au baptême.

Trois mille personnes se tournent vers Christ et se font baptiser.

Voilà donc la toute première Église.

Elle se compose de 3 000 personnes, Église massive.

Qui étaient ces gens ?

Eh bien, Actes, chapitre 2, verset 5, nous donne la réponse :

Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs pieux venus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
– Actes 2.5

Tu as entendu ?

En fait, ce que nous avons ici, c’est que nous avons des Juifs qui sont en pèlerinage pour la fête de la Pentecôte.

Et je crois que c’est une des premières clés qui nous permettent de comprendre ce qui se passe.

Les gens sont en voyage, en pèlerinage.

Ils avaient prévu de venir pour célébrer la Pentecôte, mais voilà qu’ils deviennent disciples de Jésus et ils ont probablement besoin d’en savoir plus, de rester plus longtemps, mais ils n’avaient pas prévu cette dépense supplémentaire dans cette extraordinaire saison de ville.

J’imagine qu’ils voulaient, avant de rentrer pour parler à leur famille, à leur synagogue, à leurs amis de la vie de Jésus, ils voulaient en apprendre le plus sur la Torah, sur le Tanakh, sur ce que la Bible enseignait.

La seule Bible qu’ils avaient, c’était l’Ancien Testament, la Bible juive, pour voir comment cette Bible parlait de Jésus avant qu’il n’arrive, afin qu’ils puissent en parler.

Et donc, j’imagine qu’ils n’avaient pas envie de repartir trop tôt et qu’il y avait un besoin missionnaire hors norme.

Et c’est probablement la première clé qu’il faut saisir de cette situation inhabituelle que nous avons et que nous ne trouvons pas dans d’autres contextes du livre des Actes.

La seconde clé est implicite.

Toutes les sociétés ont dans leur sein des pauvres et la solidarité des chrétiens s’est imposée comme une évidence.

On ne peut pas se considérer comme frère ou sœur dans une Église si notre frère et notre sœur a faim.

Et on imagine des veuves esseulées, on imagine des orphelins.

Et là, il y avait un besoin soudain de solidarité, surtout que vraisemblablement, en quittant la communauté juive pour rejoindre la communauté des Juifs messianiques, de ceux qui croyaient en Jésus, peut-être ils étaient mis à l’écart de la synagogue, mis au ban de la synagogue et que ça devait être compliqué.

Et donc, le texte nous montre que des gens, certains, pas tout le monde, vendaient leurs biens et que c’était une pratique régulière de la communauté.

Ce n’est pas un seul moment, mais le texte grec a cette notion qu’il y avait, c’est quelque chose qui se faisait.

Et peut-être qu’en cela, certains se souvenaient de ce que Jésus avait dit.

Luc en rapporte les propos au chapitre 12, les versets 33 à 34, et je lis :

Vendez ce que vous possédez, donnez-le en aumône, faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux où il n’y a pas de voleurs qui approchent ni de mites qui détruisent, car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.
– Luc 12.33-34

Maintenant, il y a un autre événement autour de cet acte qui nous permet de comprendre ce qui se passait.

En Actes, chapitre 5, nous lisons la triste histoire d’Ananias et Saphira.

Et je vais lire le texte parce qu’il nous éclaire sur ce qui se passait dans l’Église :

Un homme du nom d’Ananias, avec Saphira, sa femme, vendit une propriété et retint avec le consentement de sa femme une partie du prix. Puis, il apporta l’autre partie et la déposa au pied des apôtres. Pierre lui dit : « Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur au point de mentir à l’Esprit Saint et de retenir une partie du prix du champ ? Lorsque tu l’avais, ne demeurait-il pas à toi ? Et après la vente, le prix n’était-il pas à ta disposition ? Comment as-tu mis en ton cœur une pareille action ? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. » Ananias entendit ces paroles, tomba et expira. Une grande crainte saisit tous les auditeurs.
– Actes 5.1-5

Fin de la citation.

La suite du récit nous montre que Saphira était dans le coup et elle tombe sous le joug de la même condamnation.

Alors, leur péché n’était pas de ne pas avoir tout donné, mais d’avoir voulu obtenir l’émerveillement des gens en mentant sur la réalité.

Le problème de ce passage, c’est l’hypocrisie qui les emporte.

Ils auraient pu garder leur champ et ils auraient pu en donner qu’une partie en disant : « On n’en donne qu’une partie », c’était leur choix.

Parce qu’il faut bien réaliser que ce n’était pas une obligation.

Regarde de nouveau le verset 4 :

Lorsque tu l’avais, dit l’apôtre Pierre, ne demeurait-il pas à toi ? Et après la vente, le prix n’était-il pas à ta disposition ?
– Actes 5.4

Et on voit que certains le faisaient et d’autres ne le faisaient pas, et que certains pouvaient vendre leurs biens ou donner un bien sans aucun problème, ou certains pouvaient donner une partie de leurs biens sans aucun problème.

On n’a pas tous les détails de ce qui se passait.

Et donc, il faut vraiment le souligner, chacun était libre de donner, libre de faire ce qu’il voulait.

Et c’est exactement ce que l’on retrouve dans le reste du Nouveau Testament.

Je reviendrai là-dessus dans un instant.

Alors juste petite parenthèse, c’est le deuxième grand point de cet épisode.

Quand on considère l’interprétation des livres historiques, il faut faire attention à ne pas se tromper, parce que les livres historiques, c’est une succession de scènes, de personnages, d’événements.

Parfois, Dieu agit, parfois les hommes agissent.

C’est une sorte de reportage, mais sans toujours que l’on ait une évaluation de la situation immédiate.

Je te donne un exemple.

Lorsque David fait le recensement de la population, il tombe sous un jugement.

On se dit : « Mais pourquoi ? Est-ce que c’est une question d’orgueil ? Il voulait se sentir fort ?»

Il y a peut-être une partie de cela, mais il y a aussi une partie du fait qu’il fallait faire une offrande proportionnelle au nombre de gens recensés.

Ça, c’est ce que la Torah nous enseigne.

Or, il ne l’a pas fait.

Et donc, ce sont les autres livres qui expliquent peut-être ce qui se passe.

Et c’est parfois un travail d’interprétation qui nous le donne.

C’est la fonction des livres historiques, c’est de nous rapporter ces situations.

Et il faut comprendre dans un contexte immédiat, mais aussi plus large de l’enseignement pédagogique qui nous est laissé par les lettres, les prophètes ou les autres textes dogmatiques.

Et donc c’est important de — on ne peut pas prendre Actes chapitre 2 que tu as cité comme un modèle et un exemple, de la même manière qu’on ne peut pas prendre le tirage au sort du douzième apôtre que Pierre propose comme étant le moyen de nommer les pasteurs de l’Église.

Quoique parfois, on se demande.

D’ailleurs, j’ai appris que certaines églises le faisaient, les Amish, par exemple.

Alors, ils n’appellent pas ça un pasteur, ils appellent ça un bishop, un évêque.

Lorsqu’un évêque meurt ou qu’il ne peut plus être en mesure d’assurer sa tâche, il y a une sorte de tirage au sort et c’est vécu comme une tristesse parce que c’est une charge maintenant qu’il va avoir et qui va être constamment sollicitée.

Donc ce n’est pas un honneur, c’est au contraire une charge.

C’est intéressant de le voir ainsi, mais à cause de ce texte-là.

Les offrandes dans le Nouveau Testament

Alors brièvement, regardons aussi qu’est-ce que la Bible nous dit, justement, pour éclairer ce qui se passe quant aux offrandes du Nouveau Testament.

Alors premièrement, je ferai quelques points rapides à ce sujet, on donne à Dieu.

Lorsque tu donnes à l’Église ou à la mission, tu donnes pas à une association parce qu’elle en a besoin, tu offres à Dieu et l’organisation gère comme elle croit avoir le mandat de le faire, du mieux qu’elle peut pour pouvoir servir les intérêts du royaume de Dieu.

Et on le voit d’ailleurs dans la manière dont Paul exprime sa reconnaissance à l’Église de Philippe, qui lui a donné un don, et il en parle comme un sacrifice que Dieu accepte et qui lui est agréable.

Philippiens 4.18.

Donc, quand tu fais une offrande, tu donnes à Dieu, après, tu t’en occupes pas.

C’est pas toi qui contrôles la manière dont c’est géré.

Sauf si tu fais partie du conseil d’administration, évidemment.

Mais l’offrande, tu lâches, n’est-ce pas ?

N’oubliez pas la bienfaisance et la libéralité, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir.
– Hébreux 13.16

Alors, j’ai dit : « Tu donnes à Dieu », mais je devrais dire : « Tu rends à Dieu », parce que c’est une question de proportionnalité en fonction de ce que Dieu nous a donné.

Dans la providence de Dieu, on a un travail, on a la capacité de financer nos vies et on rend une partie de ce que l’on a reçu.

Deuxième grande remarque, on donne avec joie.

Notre attitude est aussi importante que notre don.

Les offrandes ne sont pas des obsèques.

Si vous donnez par obligation ou par devoir seulement, vous vous privez d’une appréciation toute spéciale de Dieu.

Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie.
– 2 Corinthiens 9.7

À ma connaissance, c’est le seul passage de la Bible où un amour spécial de Dieu est promis en résultat d’une action particulière.

Donc, donner avec joie, je pense que c’est important que ce soit un lâcher complet, joyeux.

« Seigneur, tu m’as donné ça, je suis heureux de te rendre une partie. Bénis l’utilisation de cet argent » et ça doit être festif.

D’ailleurs, je suis souvent impressionné, là, je rentre tout juste d’Afrique, mes frères africains, dans les offrandes, c’est souvent accompagné de danses.

Chez nous, c’est pas tout à fait pareil.

Troisième remarque, on donne discrètement.

Et là encore, c’est le problème que nous voyons avec Ananias et Saphira.

Nos offrandes ne doivent jamais être l’occasion de se vanter.

Il n’y a aucune gloire particulière, aucun mérite.

C’est un geste normal de la vie chrétienne.

Certainement pas une devanture publicitaire pour nous ou pour notre spiritualité.

Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes pour en être vu, sinon vous n’aurez point de récompense. Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi comme le font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifié des hommes.
– Matthieu 6.1-2

Alors, comme tu le vois, ça doit être discret.

Dieu le voit et il le rendra, en quelque sorte.

Quatrièmement, on donne de manière proportionnelle.

La libéralité est un test concret de notre amour pour Dieu et on rend en fonction de ce qu’il nous a donné.

Jésus remarque le sacrifice relatif d’une offrande et non son montant absolu.

Un milliardaire qui donne 5 000 euros par mois impressionne beaucoup moins qu’un héréministe qui donne 50 euros, ce qu’il peut, par mois.

Et vous connaissez l’histoire de la veuve qui donne deux petites pièces.

Et Jésus dit :

En vérité, je vous le dis, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres.
– Luc 21.3

Ce n’est pas le montant, c’est ce que nous donnons en fonction de ce que nous avons.

Et il y aura peut-être quelques surprises parmi les riches de ce siècle qui se trouveront bien mal à l’aise, finalement, d’avoir été si peu généreux à l’égard de l’œuvre de Dieu.

Et puis, dans cette notion de proportionnalité, c’est la première dépense qui devrait sortir.

Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu’il pourra selon ses moyens.
– 1 Corinthiens 16.2

Là, il s’agissait d’une offrande de solidarité au sein des églises et notamment des églises de Judée qui étaient dans la pauvreté.

Et je pense que c’est important de le réfléchir posément.

C’est la première dépense qui part avant les autres, sinon, il n’y aura plus rien à la fin du mois.

Et puis c’est proportionnel, c’est réfléchi.

Et ça me mène à mon cinquième point, on donne jamais avec excès.

La Bible interdit d’offrir à Dieu ce qui serait nécessaire à nos familles.

Je voudrais vraiment insister là-dessus parce qu’il y a des marchands de malheur qui promettent monts et merveilles à ceux qui offriraient plus que de raison.

C’est une mauvaise manière.

Jésus le reprend très sévèrement :

Vous vous dites : Celui qui dira à son père ou à sa mère : Ce dont j’aurais pu t’assister est une offrande à Dieu.
– Matthieu 15.5

Sous-entendu, je ne vais donc pas t’aider.

Vous annulez, dit Jésus, la parole de Dieu au profit de votre tradition hypocrite.
– Matthieu 15.6

Paul dit en substance la même chose :

Si quelqu’un n’a pas soin des siens et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi et il est pire qu’un infidèle.
– 1 Timothée 5.8

Et 2 Corinthiens 8.13 :

Il s’agit non de vous exposer à la détresse pour le soulagement des autres, mais de suivre une règle d’égalité. Dans la circonstance présente, votre superflu pourvoira à leurs besoins.
– 2 Corinthiens 8.13-14

Donc, vous voyez que c’est vraiment cadré par toute une série de réflexions.

Il ne faut pas que ce soit un sentimentalisme qui porte à une offrande exagérée.

Méfiez-vous des prédicateurs de prospérité qui, plutôt que de parler d’offrande, parlent d’investissement.

Ce sont des loups qui veulent simplement vous vider le compte en banque.

Et il y a un corollaire à ça, et je crois qu’il faut le noter aussi, c’est le sixième élément que je voudrais souligner.

On n’a pas le droit de profiter de la générosité de l’Église si on ne répond pas à certains critères.

2 Thessaloniciens 3.10 nous dit :

Car lorsque nous étions chez vous, nous vous recommandions ceci : Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus.
– 2 Thessaloniciens 3.10

Donc, même les veuves, pour pouvoir bénéficier de la générosité de l’Église et des offrandes de l’Église, devaient répondre à des critères assez précis.

Donc, hors de question de donner ensuite des offrandes à des gens qui sont simplement des profiteurs de l’aumône, sans vouloir contribuer à la vie financière de leur foyer.

Implications éthiques probables

Alors, qu’est-ce que l’on doit tirer comme implication éthique probable par rapport à notre situation que tu as évoquée dans ta question ?

Et ce sera le troisième et dernier grand point.

Il y a, dans l’histoire de l’Église, des moments où, je pense, il est vraiment important d’être solidaire financièrement de cette manière.

Et je crois qu’ici, ça faisait partie de ces grands moments de la naissance de la vie de l’Église.

Comme je l’ai signalé, il y avait des Juifs de tout le bassin méditerranéen qui étaient là.

Ils rencontrent Jésus, leur vie est changée.

Ils doivent se préparer.

J’imagine qu’ils commencent à prier pour leurs familles, pour leurs amis, pour leurs synagogues, pour tout cet espace de vie, tout ce réseau relationnel pour lequel ils ne sont absolument pas préparés à expliquer la raison de leur foi.

Je pense que c’était fondamental de pouvoir permettre l’accueil et donc l’acquisition de nourriture, d’hébergement peut-être, et puis aussi d’accueillir tous ceux qui peut-être avaient été exclus de la synagogue et qui soudainement se trouvaient dans une pauvreté parce que ce que la synagogue pouvait peut-être leur donner, ils ne la trouvent plus.

Il fallait que l’Église puisse être solidaire.

Donc ici, la naissance de l’Église a probablement été ce grand moment qui nécessitait des gestes peut-être plus généreux.

Mais je pense qu’il y a d’autres moments de l’histoire où il est important d’être solidaire.

Je pense à des grandes crises dont nous avons parfois connaissance.

Je me souviens de tout l’élan qui a eu lieu au moment de la guerre en Ukraine, avec les Russes, où les églises se sont mobilisées pour porter secours.

Il y a eu dans notre union d’églises aussi une mobilisation pour le Népal.

Et il y a ces moments où ça peut être utile de donner généreusement parce que c’est un moment unique, c’est un kairos, c’est un moment opportun pour que le nom du Christ soit proclamé.

Je reviens du Tchad où on m’apprend que dans un autre pays qui n’est pas le Tchad, Boko Haram a tué tellement de monde qu’il y a une prolifération d’orphelins qui rejoignent les villes parce qu’ils se sentent plus en sécurité.

Il y a des filles de 14, 15 ans qui commencent à se prostituer et un des frères sur place me dit : « Florent, il faut qu’on fasse quelque chose. J’ai tellement à cœur de venir au secours de ces enfants et nous, on va faire quelque chose. On va se mobiliser pour pouvoir contribuer, encore une fois, selon nos moyens, sans excès, et venir au secours de ces enfants pour qu’ils ne tombent pas dans la violence, mais surtout qu’ils découvrent déjà l’amour de Christ dans son réconfort au milieu de la tragédie sans nom qu’ils viennent de vivre et que peut-être eux-mêmes puissent devenir des agents de bienveillance dans un monde qui en a tellement besoin. »

J’ai appris, alors ça m’a fait rire, mais j’ai appris récemment que d’autres unions d’Église, qui est née en Allemagne en 1708, elle avait pendant un temps, à ses débuts, décidé de vendre tous ses biens et de vivre une forme proche d’Actes 2.

Mais après quelque temps, alors, je ne sais pas combien de temps, peut-être un an ou deux, ils ont réalisé que certaines personnes travaillaient dur et d’autres travaillaient à la paresse et que ce n’était pas vivable comme système.

Donc, ils sont revenus à une pratique de générosité mesurée et cadrée.

On vit dans un monde déchu et toutes les formes d’aide peuvent faire l’objet d’un détournement.

Et c’est bien sûr tellement triste de le réaliser.

C’est aussi le cas parfois chez les chrétiens.

Mais il peut y avoir des beaux moments de solidarité.

Voilà.

Écoutez, je termine.

J’espère avoir répondu à ta question.

En tout cas, si quelqu’un te cite Actes 2 comme exemple, je crois qu’il faut que tu cites tous les autres passages pour modifier et être un petit peu plus prudent sur la manière dont les textes sont utilisés.

Il y aurait bien des autres choses uniques dans le livre des Actes.

Le livre des Actes des Apôtres est un livre de transition entre le ministère apostolique et le ministère de l’Église.

Et donc, il faut être prudent.

Je termine sur une chose.

2 Corinthiens 8.9 nous dit :

Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté, vous soyez enrichis.
– 2 Corinthiens 8.9

C’est un texte vraiment magnifique et c’est vrai que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ dont nous bénéficions, elle est immense.

Lui qui était riche et combien il l’était, le Fils éternel de Dieu, vivant dans une gloire d’amour, de bonté, de bienveillance éternelle, s’incarne.

Il s’incarne dans un homme, rien n’attirait le regard, dans une famille pauvre, et il vient non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon.

Il s’est fait pauvre.

Il s’est fait pauvre afin de nous enrichir.

Il s’est fait pauvre au point de mourir à la croix pour nos péchés et de nous donner à nous qui lui faisons confiance cette grâce et cette bienveillance, cette tendresse, ce pardon des péchés qui est accessible par sa mort et sa résurrection pour nous.

Et il devient, l’apôtre Paul cite ce texte dans le contexte des offrandes pour les frères pauvres de Judée, alors qu’il rassemblait de l’argent au sein des églises de Macédoine.

Et il cite cet exemple de Christ, lui qui était riche, il s’est fait pauvre pour le bien des autres.

Nous aussi, on peut se faire pauvre.

Alors déjà, j’espère que tu bénéficies de la grâce de Dieu, c’est-à-dire que tu bénéficies de l’appauvrissement de Jésus, que cette grâce de Dieu a touché ton cœur et que si ce n’est pas le cas, que tu vas considérer le fait d’examiner qui est Jésus et la repentance et la foi qu’il propose en lui.

Et puis, si tu as été béni de toute bénédiction spirituelle en le connaissant, je prie que tu sois généreux.

Il n’y a pas que cette forme de générosité qui est importante dans l’Église.

La forme financière en est une, mais il y a aussi la générosité du temps, la générosité de notre engagement, la générosité de notre amour.

Et tout ceci vient en résultante, en résultat d’un cœur transformé qui a envie de donner un peu de ce qu’il a reçu.

Christ a tout donné et il ne s’agit pas de devenir pauvre nous-mêmes, mais de donner avec joie pour contribuer à ce que d’autres personnes puissent également connaître la bonne nouvelle de Jésus-Christ.

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