La grâce en quelques mots
Parce que Dieu est plein de grâce envers moi quand je pèche, je peux être pleine de grâce envers mes enfants aujourd’hui.
J’ai raccroché, l’estomac noué. Je venais d’avoir l’école au téléphone. « Mon fils a fait quoi ? C’est impossible, ai-je pensé. On l’a quand même bien éduqué !» Évidemment, cela s’est confirmé et nous avons dû admettre que notre fils avait bel et bien fait ce qui me paraissait impossible. Et le pire… c’est qu’il l’avait nié.
Toutes les émotions possibles – de la douleur et de la colère à la gêne et à la tristesse, en passant par le choc et la déception – se bousculaient en moi. Je me suis mise à imaginer l’avenir de mon fils à la lumière de ce qui s’était passé. Le temps que je reprenne le contrôle de mes pensées, j’avais visualisé tous les avenirs possibles si mon fils persistait dans cette voie, et je m’étais moi-même blâmée et accusée un million de fois d’être une mauvaise mère.
Mais qu’est-ce que je croyais ?
Bien trop souvent, j’ai réagi de la sorte face au péché de mes enfants. Oui, en théorie, je sais qu’ils sont pécheurs. Mais en pratique, leur péché continue de me choquer et ses conséquences pour leur vie me terrorisent.
Pendant que je me représentais le terrible chemin de perdition sur lequel j’étais sûre qu’il allait s’engager, mon fils, lui, était accablé par la culpabilité, la honte et les conséquences de ses choix de pécheur. Heureusement, en le voyant avouer en pleurant ce qu’il avait fait, plein d’angoisse et de souffrance, j’ai senti le Saint-Esprit me reprendre : « Sarah, souviens-toi de ce que tu as ressenti face à la souffrance engendrée par ton péché et tes mauvaises décisions. Souviens-toi de ce que tu ressens encore aujourd’hui. Souviens-toi de la grâce qui t’a été accordée. Tu as appris et grandi tout au long de ta vie. Crois-tu vraiment que ce sera différent pour ton fils ?»
Les souvenirs de mes choix passés se bousculaient dans mon esprit ; souvenirs que j’aurais préféré oublier. Pourtant, ces choix que j’avais faits à cinq, douze ou dix-huit ans ne définissaient pas la personne que j’étais et ne déterminaient pas mon avenir. Ils faisaient partie de l’enfant qui avait grandi pour devenir la femme que j’étais maintenant. Ma réaction face au péché de mes enfants contribuerait maintenant à façonner leur perception de leur propre péché… ainsi que du cadeau de l’Évangile.
Cette mise en perspective m’a peu à peu aidée à apaiser mes émotions. J’étais devant un choix : soit je pouvais me joindre à Satan et accabler mon fils de honte, comme si son acte le définissait pour le reste de sa vie ; je pouvais prendre les choses personnellement et me répéter que mon fils m’avait déçue, qu’il m’avait profondément embarrassée et qu’à cause de lui, j’avais l’impression d’être une mauvaise mère. Soit je pouvais me mettre à son niveau, comme le Christ le ferait. Je pouvais reconnaître son péché et les conséquences qui en découleraient. Ensuite, je pouvais rappeler à mon fils que notre Dieu de grâce lui offre toujours le pardon, un pardon dont j’ai autant besoin que lui.
La grâce de Dieu n’a pas effacé les conséquences de son péché, mais elle a permis que le péché n’ait pas le dernier mot. Elle lui a permis de prendre conscience de l’ampleur de l’impact de son péché à la lumière de l’ampleur du pardon immérité de Dieu. Le mal que l’Ennemi avait prévu, Dieu l’a utilisé pour ses plans de salut dans la vie de mon fils, même si cela impliquait des conséquences douloureuses.
Dieu dit très clairement que « la folie est attachée au cœur de l’enfant » (Pr 22.15). Nous le constatons quotidiennement, même dans leurs meilleurs jours. Nos enfants vont pécher, faire des choix irréfléchis et ils vont nous attrister par leur comportement. Mais en tant que disciples de Jésus, « ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse » (2Tm 1.7). Dans nos réactions, nous n’imiterons pas toujours le Christ – c’est pourquoi nous avons nous aussi besoin de grâce et de pardon. Mais quand nos enfants agissent comme les pécheurs qu’ils sont, nous avons le privilège de les conduire à l’espérance de l’Évangile et au Dieu de toute grâce. Attendre qu’ils se comportent différemment de ce qu’ils sont réellement – des pécheurs –, c’est placer la barre à un niveau que nous-mêmes, nous sommes incapables d’atteindre. C’est oublier que ce dont nos enfants ont avant tout besoin, ce n’est pas d’être des enfants sages, mais de saisir la grâce et le pardon de Dieu.
Concentrez-vous sur l’instant présent
Voici ce que j’apprends en recevant la grâce de Dieu pour mes propres échecs de maman : notre manière de voir le péché de nos enfants influence non seulement notre façon d’y réagir, mais aussi la vision que nos enfants ont de leur péché. Au lieu de nous comporter comme si leur péché déterminait toute leur vie ou définissait notre valeur en tant que parents, demandons-nous : « Comment Christ réagit-il face à mon péché ? Est-ce qu’il exige de moi la perfection et m’accable de sa colère et de sa déception quand j’échoue ?» Non, Dieu savait dès le début que nous étions incapables de vaincre nous-mêmes notre péché. Par sa vie, sa mort et sa résurrection, il a donc rempli à notre place les critères qu’exigeait sa sainteté (Rm 8.32). Au lieu de laisser éclater sur nous sa colère, comme nous le méritions, il nous traite comme ses enfants bien-aimés. En tant que Père, il nous discipline parfois en nous laissant subir les conséquences douloureuses de notre péché. Mais le fait d’être ses enfants nous permet de venir à lui quand nous avons honte, quand nous souffrons ou nous sentons coupables. Alors, nous pouvons recevoir sa grâce et son pardon. Nous pouvons lui présenter nos faiblesses, notre vulnérabilité et nos peurs, et recevoir sa force et son réconfort.
Notre péché ne définit plus notre identité. Notre identité se trouve en Jésus.
Nous avons le privilège d’accorder à notre tour la grâce à notre enfant. S’il a menti, au lieu de lui dire : « Je n’arrive pas à croire que tu m’aies menti !», nous pouvons lui expliquer que les mensonges détruisent les relations en brisant la confiance. Nous pouvons lui raconter un récit biblique, par exemple celui de Pierre lorsqu’il a renié Jésus – trois fois ! Quand Pierre a confessé son péché, Jésus lui a pardonné et leur relation a été restaurée (Mt 26.69-75 ; Jn 21.15-19). Jésus a utilisé ce moment difficile pour montrer à Pierre sa grâce, et cela lui a permis de présenter la vérité de l’Évangile à beaucoup d’autres personnes. Rappelons à notre enfant que Dieu lui offre cette même grâce. Confions-lui que nous avons nous aussi besoin du pardon et de la grâce de Jésus encore et encore, et que Dieu utilise cela pour nous façonner à l’image de son Fils.
Ce qui est à la fois beau et complexe dans la vie de maman, c’est que nous continuons d’apprendre aux côtés de nos enfants. Avec l’aide du Saint-Esprit, nous reflétons la grâce et la compassion du Christ, même imparfaitement. Dieu n’est pas un père qui nous regarde de haut, rempli de honte et de déception. Au contraire, « pareil à un berger, il s’occupera de son troupeau, il prendra les agneaux dans ses bras et les portera contre sa poitrine ; il conduira les brebis qui allaitent » (És 40.11).
Chère maman, si vous péchez encore après toutes ces années, ne vous attendez pas à ce que vos enfants, à leur âge, se conduisent avec la maturité spirituelle d’un adulte. Vous avez encore besoin de la grâce de Dieu chaque jour, et vos enfants aussi. Laissez-vous émerveiller par le pardon que Dieu ne cesse de vous accorder ! Votre cœur en sera transformé et vous ne réagirez plus de la même façon quand vos enfants vous décevront.
Un moment pour réfléchir
- Comment réagissez-vous quand vos enfants pèchent et désobéissent ?
- La prochaine fois que leurs actes vous décevront ou vous inquiéteront, comment pourriez-vous exercer la discipline et guider vos enfants avec la grâce que vous avez reçue en Christ ?
Cet article est extrait du livre Il t’offre sa grâce : 30 méditations pour les défis de la vie de maman, de Linda Green et Sarah Walton, BLF Éditions, 2025, pp. 87-91.










