Comme nous, nos enfants sont des êtres complexes et imparfaits

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Comme nous, nos enfants sont des êtres complexes et imparfaits
Sarah Walton
Sarah Walton

« Tu sais quand je marche et quand je me couche, et toutes mes voies te sont familières. » – Psaumes 139.3

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La grâce en quelques mots

Dieu nous connaît, mes enfants et moi, et il nous traite comme les personnes complexes et imparfaites que nous sommes.

Chaque émotion, chaque choix et chaque action dépendent de multiples facteurs. Il m’arrive d’avoir le sourire aux lèvres quand je regarde mes enfants savourer les plaisirs simples de l’enfance, rire et crier de joie. Mais si, ce jour-là, je ne me sens pas bien, si je suis dépassée par le désordre dans la maison ou préoccupée par une dispute avec mon mari, cette même situation peut tout aussi bien provoquer en moi du stress et de l’exaspération. Mon corps perçoit une seule et même chose, mais mon esprit et mon âme peuvent y réagir de plusieurs façons différentes.

Tout comme nous, nos enfants sont des êtres complexes.

Trois en un

Indépendamment de la Bible, c’est la description de Mike Emlet qui m’a le plus aidée à comprendre mes enfants, et les autres en général. Selon lui, tout chrétien est un saint (ou une « âme », si l’on parle d’une personne non croyante) qui souffre et qui pèche. Ces trois réalités sont étroitement liées, comme nous le constatons dans les Écritures :

Nous sommes saints:

À ceux qui ont été conduits à la sainteté par Jésus-Christ, appelés à être saints, et à tous ceux qui, partout, font appel au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre.
– 1 Corinthiens 1.2

Nous souffrons:

Le Dieu de toute grâce vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle. Après que vous aurez souffert un peu de temps, il vous rétablira lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables.
– 1 Pierre 5.10

Nous péchons:

Il n’y a pas de différence : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.
– Romains 3.22-23

Je crois que cette description peut nous aider dans trois domaines.

1. La façon dont nous nous voyons nous-mêmes

Nos pensées, nos sentiments et nos réactions de chaque instant dépendent d’un très grand nombre de facteurs. La souffrance en fait partie. Si nous avons passé une journée difficile, si nous faisons le deuil d’un proche ou si nous sommes malades, toute notre personne en subira les effets. Or, notre souffrance nous rend plus vulnérables à la tentation. Nous restons responsables de notre péché, mais nous ne devons pas oublier que nous sommes aussi des créatures limitées, soumises à nos faiblesses et vivant dans un monde déchu. Cela ne doit toutefois pas servir d’excuse à nos péchés, mais il est sage de reconnaître quand nous avons besoin de nous reposer, de parler avec une sœur en Christ ou de faire un peu de sport. Jésus lui-même acceptait les limites que lui imposait son humanité en disant parfois non, afin de passer du temps avec son Père ou de prendre le repos dont il avait besoin (Mc 6.31).

Cependant, nos désirs et nos comportements pécheurs se mêlent à nos faiblesses et à notre souffrance : c’est une réalité. Nous ne pouvons pas ignorer ou excuser notre péché sous prétexte que nous sommes fatiguées ou malades. Dans les moments où nous sommes le plus vulnérables à la tentation (comme Jésus dans le désert), nous avons tout de même le devoir d’appeler le péché par son nom et de nous en repentir devant le Seigneur et devant ceux que nous avons offensés. Nous souffrons, mais nous péchons aussi.

Pourtant, plus important encore, si nous nous confions en Jésus, nous sommes saintes. Aux yeux du Seigneur, vous n’êtes pas la femme qui aboie sans cesse sur ses enfants ou celle qui est tellement fatiguée qu’elle n’arrive pas à boucler le programme de la journée. Non, vous êtes sa fille bien-aimée, pour laquelle il se réjouit à grands cris (So 3.17). Il ne cherche pas à vous supporter ; il prend plaisir en vous. Voilà ce qu’est la grâce.

2. La façon dont nous voyons nos enfants

Chaque enfant est unique. Certains ont les pieds sur terre, d’autres se laissent guider par leurs émotions. Certains ont du mal à exprimer leurs sentiments, d’autres sont un livre ouvert. Tous subissent l’influence de nombreux facteurs, tels que les circonstances, le comportement ou l’humeur des autres, leurs besoins physiques, leurs désirs pécheurs ou encore leur façon de voir le monde.

Par exemple, quand l’un de mes fils était plus jeune, son cerveau était très excitable, et la moindre source de stress (le contact avec la foule, par exemple) pouvait parfois lui faire perdre le contrôle. Il explosait soudain et personne ne pouvait le raisonner. Or, mon fils n’était pas seulement un enfant en colère qui devait apprendre à se maîtriser. C’était aussi une âme en souffrance à cause de sa maladie et une âme en guerre contre son péché. Être trop sévère et laisser libre cours à ma frustration ne l’aurait pas aidé à gérer ses émotions. Et chercher à régler uniquement le problème de son péché n’aurait pas amélioré les choses, ni pour lui ni pour moi. Voir mon fils comme un être complexe impliquait de l’aider d’abord à calmer son esprit et son corps qui échappaient à son contrôle. Après l’avoir apaisé, je pouvais alors mettre le doigt sur son péché avec douceur, lui fournir des outils pour mieux se contrôler et lui rappeler qu’il pouvait se tourner vers Jésus pour recevoir son aide et son pardon, car c’est ce que font les saints.

Heureusement, Dieu ne nous laisse pas seules avec nos ressources limitées ; il nous promet sa sagesse si nous la lui demandons. Lorsque vous vous heurtez à vos limites en cherchant à comprendre votre enfant et à gérer ces réalités complexes, le mieux que vous puissiez faire pour lui, c’est de lui transmettre l’espérance que vous avez en Jésus. Jésus est le seul à le comprendre parfaitement et à pouvoir lui apporter la consolation, la guérison et le pardon dont il a besoin (És 53.5).

3. La façon dont nos enfants voient les autres

Nous voulons apprendre le discernement à nos enfants, tout en nous rappelant que nous ne devons pas juger « d’après l’apparence », mais porter « un jugement juste » (Jn 7.24). Puisque nous avons naturellement tendance à porter un jugement hâtif, nous devons apprendre à nos enfants à porter un jugement juste sur les autres, à la lumière de la grâce, en évitant de les réduire à leur comportement ou à leur apparence. En effet, ils sont, eux aussi, des êtres humains : des âmes qui souffrent et qui pèchent.

Un enfant qui harcèle ses camarades, un adolescent qui consomme de la drogue ou un jeune de l’Église qui se vante de coucher à droite et à gauche est pécheur. Comme tout le monde, à moins qu’il ne place sa foi en Jésus, il sera tenu pour responsable de ses actes devant Dieu, car il est pécheur par nature et par choix. Et nous ne valons pas mieux que lui. Oui, il méprise la volonté bienveillante de Dieu en lui désobéissant. Mais il est essentiel de faire comprendre à nos enfants que, sans la grâce commune de Dieu, nous sommes tous capables de n’importe quel péché. Au jour du jugement, Dieu jugera, selon sa parfaite justice, tous les péchés dont nous ne nous serons pas repentis.

Nous pouvons également leur rappeler que les autres sont aussi des êtres en souffrance qui vivent dans un monde déchu et dont l’esprit et le corps subissent les conséquences de la chute. Ils ont peut-être de nombreuses raisons d’agir comme ils le font (un contexte familial malsain, des traumatismes, un manque de confiance en eux, des troubles mentaux, etc.). Et nous aurions sans doute plus de compassion à leur égard si nous savions ce qui se cache derrière leur comportement.

Mais ce que nous ne devons surtout pas oublier, c’est qu’ils sont des âmes : ils portent en eux l’image de Dieu, mais ils sont aveuglés par l’Ennemi et par le péché de ce monde. Tout comme nous, avant que la grâce de Dieu nous ouvre les yeux, ils cherchent leur place dans ce monde, afin de combler le vide de leur cœur et de donner un sens à leur existence. Ils ont besoin d’un Sauveur et d’une espérance, tout autant que nous. Nous avons le privilège de leur témoigner la compassion, la grâce et l’amour de Christ, sans renier la vérité de l’Évangile.

Cela ne signifie pas pour autant que nous devons trouver une excuse au péché des autres. En revanche, en encourageant nos enfants à regarder les choix des autres à la lumière des réalités complexes qui les ont provoqués, nous pouvons les aider à faire preuve de compassion. Cette compassion les poussera à considérer chaque personne comme une image de Dieu, comme une âme qui aspire à être aimée et reconnue, comme un être en souffrance qui essaie d’affronter ce monde sans l’espérance offerte par le Christ et comme un pécheur qui a besoin d’un Sauveur.

Mes sœurs, nous sommes toutes dans le même bateau : nous sommes des saintes qui souffrent, qui pèchent et qui vivent parmi d’autres saints (ou d’autres âmes) qui souffrent et qui pèchent aussi. Cette réalité a un impact sur notre vie de maman. Dieu connaît notre fragilité et il en a compassion. En adoptant cette perspective, nous serons à même de traiter chacun de nos enfants comme un pécheur qui a besoin d’un Sauveur, un être en souffrance qui a besoin de compassion et de patience, et une âme qui a besoin de l’espérance et de la restauration de Christ – les trois à la fois.

Quelle merveilleuse manifestation de la grâce de Dieu envers nous, envers nos enfants et envers tout notre entourage !


Un moment pour réfléchir

  • Pensez à une situation que vous vivez actuellement. Quel impact physique, émotionnel et/ou spirituel ces trois réalités (votre sainteté, votre souffrance et votre péché) ont-elles sur vous ?
  • Pensez à une situation que vous avez rencontrée avec votre enfant : pouvez-vous identifier l’impact que ces trois réalités ont eu sur ses émotions, ses réactions et sa vision des choses ? Que pourriez-vous faire pour traiter votre enfant comme un être complexe, au lieu de ne réagir qu’aux apparences ?

Cet article est extrait du livre Il t’offre sa grâce : 30 méditations pour les défis de la vie de maman, de Linda Green et Sarah Walton, BLF Éditions, 2025, pp. 143-148.



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