La grâce en quelques mots
Mon Église est un don de Dieu ; il est bon de rechercher aide et encouragement auprès du peuple de Dieu.
J’étais toute jeune mariée lorsque nous avons déménagé dans un autre État des États-Unis, loin de ma famille et de mes amis. Je suis devenue maman dans l’année qui a suivi. La grossesse a été compliquée et j’ai mis beaucoup de temps à me remettre.
J’ai vécu une année difficile pendant laquelle je me suis sentie très seule. Mais quand mon fils a eu un an, j’ai décidé de rejoindre un groupe de femmes de notre Église locale. Après l’étude biblique, alors que je m’apprêtais à m’en aller, une autre maman est venue vers moi et s’est présentée. Je devais sans doute transpirer la solitude, car elle m’a invitée sur-le-champ à venir manger chez elle. Après avoir débarrassé la table de la cuisine, elle a préparé en vitesse des sandwiches au thon qu’elle a servis sur des assiettes en carton. Ensuite, elle a prié avec moi pendant que nos enfants jouaient. Ses paroles de grâce fondées sur l’Évangile, son hospitalité simple et son attention sincère ont eu raison de la solitude désespérée que je ressentais.
Voilà le parfait exemple de ce qu’est l’Église locale : une communauté de croyants appelés à vivre ensemble et à être les uns pour les autres des instruments de la grâce de Dieu.
L’Église est un don de Dieu sur le chemin difficile vers notre demeure éternelle. Dans l’Église, nous pouvons, semaine après semaine, marcher en compagnie d’autres mamans qui vivent les mêmes moments de difficulté que nous. Nous pouvons nous appuyer sur les conseils de mamans qui ont déjà traversé cette étape. Nous pouvons également être encouragées par des mamans plus âgées qui ont pu prendre du recul.
Ça a l’air génial, non ? Pourtant, quand nous sommes mamans, nous n’avons pas toujours l’impression que l’Église est un cadeau.
Les enfants changent notre vie d’Église
Aller à l’église est nettement plus difficile avec des enfants. Avant, nous partions tranquillement de chez nous, faisions le trajet dans le calme et pouvions louer Dieu et vivre la communion fraternelle sans être interrompus. Mais quand les enfants arrivent, tout cela change !
Je me souviens parfaitement de certains dimanches matin où l’odeur désagréable d’une couche pleine ou les débuts d’un caprice nous ont mis en retard. J’avais un fils qui souffrait d’anxiété de séparation : pendant des mois, j’ai passé plus de temps à la garderie qu’au culte. L’épuisement, la dépression post-partum et les enfants qui ne tiennent pas en place sont le lot quotidien de nombreuses mamans d’enfants en bas âge. Cette période nous demande de la patience et de ne pas oublier que « tout a une fin ».
Quand les enfants grandissent, avec un emploi du temps chargé, des sorties tard le soir ou des engagements sportifs, on peut être tenté de ne pas aller à l’église. Cette période est l’occasion de confirmer les priorités de notre famille.
Quand nos enfants deviennent adolescents, ils peuvent manquer de confiance en eux et peiner à trouver leur place parmi les autres jeunes. Il arrive qu’ils refusent de nous accompagner à l’église. Cette étape doit nous pousser à la prière et à la persévérance.
Il est important d’être conscient des tentations qui nous guettent :
- Suivre le culte en ligne : de nombreuses Églises diffusent aujourd’hui leur culte en direct. Il est tentant de rester à la maison pour le suivre en pyjama avec un bon café, plutôt que de se rendre à l’église chaque dimanche. Mais l’auteur de la lettre aux Hébreux nous rappelle que la vie chrétienne n’est pas une course en solitaire. Ne renonçons pas à nous réunir quand cela est possible. Nous avons besoin de l’Église, et l’Église a besoin de nous.
- S’isoler : quand on souffre du blues hivernal ou d’une maladie chronique, que l’on doit s’occuper d’un enfant handicapé ou qui a des problèmes de santé, on peut être tenté de se couper du monde. Pourtant, c’est généralement quand on n’a pas envie d’aller vers les autres qu’on en a le plus besoin. Dans sa bonté, Dieu nous donne son peuple pour nous témoigner amour, grâce et vérité (même imparfaitement).
- Ne faire que passer : même si cela peut arriver de temps en temps, faisons attention à ne pas prendre l’habitude d’arriver à l’église à la dernière minute et de repartir dès la fin du culte. Bien sûr, c’est mieux que de ne pas y aller du tout. Mais il est difficile d’expérimenter les bénédictions et les encouragements de Dieu par l’intermédiaire de son peuple si l’Église est une activité parmi d’autres et non la priorité absolue de notre emploi du temps.
Lorsque les enfants arrivent, vivre l’Église devient donc plus difficile et nous faisons face à de nouvelles tentations. C’est pourquoi nous avons tous besoin qu’on nous rappelle de temps en temps pourquoi cela en vaut tellement la peine.
Le corps du Christ est une bénédiction
Par son Église, Dieu donne aux autres l’occasion de vous servir et de vous prêcher l’Évangile. Avouer nos souffrances et nos luttes demande du courage et de l’humilité, c’est vrai, mais Dieu appelle ses enfants à aimer et à servir leurs frères et sœurs. Et parfois, cette sœur, c’est nous.
Des frères et sœurs qui louent Dieu dans les larmes et la souffrance vous encouragent dans votre foi et votre persévérance, n’est-ce pas ? Comme eux, vous pouvez être, par votre simple présence, un encouragement pour les autres. Ils savent probablement ce qu’il vous en coûte de franchir le pas de la porte avec des enfants en bas âge pour venir à l’église. Et au fur et à mesure que vous laisserez des croyants plus avancés dans la foi vous aimer et vous encourager, votre amitié et votre foi seront pour eux également un encouragement. Quand chaque génération cherche à aimer les autres par la grâce de Dieu, l’Église devient plus forte.
Que vous soyez rayonnante ou dans l’épreuve, vous apportez quelque chose à l’Église, même si vous avez besoin de vous appuyer sur elle. Vous pouvez à la fois donner et recevoir cet amour mutuel que Dieu demande à son peuple :
- « Accueillez-vous donc les uns les autres comme Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu » (Rm 15.7). Comme Dieu nous a accueillis quand nous étions encore pécheurs, nous avons le privilège de manifester l’amour du Christ à ceux qui en ont le plus besoin. À qui pourriez-vous faire un sourire ou servir des sandwiches au thon sur une assiette en carton ?
- Dans sa grâce, Dieu équipe « les saints aux tâches du service en vue de l’édification du corps de Christ » (Ép 4.12). Quelles capacités, quels dons et quelles opportunités Dieu vous a-t-il donnés pour servir son peuple ?
- En priant les uns pour les autres, nous avons le privilège de confier les fardeaux de nos frères et sœurs au Seigneur, qui peut faire bien plus que ce que nous demandons ou imaginons (Ép 3.20).
Dieu ne nous sauve pas pour que nous poursuivions notre route toutes seules, et j’en suis tellement reconnaissante ! Le monde n’offre rien de comparable à l’Église. Dieu rassemble des hommes et des femmes de toutes générations et de tous milieux, qui possèdent des dons, des capacités et des expériences variés. Et il nous unit par notre amour pour Christ et pour les autres. Oui, l’Église est imparfaite et nous ne serons pas toujours à la hauteur de notre appel en tant que disciples. Oui, il est parfois plus facile de rester chez soi le dimanche matin quand nous avons des enfants. Oui, certaines circonstances (la maladie, le handicap, etc.) peuvent également nous empêcher d’assister physiquement aux rencontres. Mais dans notre monde de division, de haine, de colère et de désirs inassouvis, le peuple de Dieu est une lumière dans les ténèbres.
De plus, en tant que mamans, nous avons aussi le joyeux privilège d’exposer nos enfants à cette lumière reflétée par la communauté des croyants. Alors, la prochaine fois que vous aurez du mal à faire monter vos enfants dans la voiture, à les faire tenir en place pendant le culte ou à gérer leurs caprices, priez ! Priez pour qu’ils soient à leur tour conduits vers la lumière et deviennent un jour des messagers du Christ dans le monde.
Jésus aime tellement votre Église qu’il a donné sa vie pour elle. Elle est le précieux don qu’il vous a fait. Quel privilège et quelle joie d’être des instruments de sa grâce dans la vie de son peuple, comme dans celle de nos enfants ! L’Église a besoin des mamans, et les mamans ont besoin de l’Église locale dans toute sa beauté, comme dans toute son imperfection.
Un moment pour réfléchir
- Qu’est-ce qui, dans cette période de votre vie, vous pousse à ne pas toujours faire du culte une priorité ?
- L’Église est un don de Dieu pour vous et pour vos enfants : en quoi cette vérité vous motive-t-elle à assister aux rencontres de l’Église (chaque fois que c’est possible) afin d’être une bénédiction pour les autres et de vous laisser encourager par eux ?
Cet article est extrait du livre Il t’offre sa grâce : 30 méditations pour les défis de la vie de maman, de Linda Green et Sarah Walton, BLF Éditions, 2025, pp. 181-186.


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