Joseph et la persévérance
Quelque part en Genèse 39.20-23
Les chapitres 37 à 41 de la Genèse ne nous rapportent que les hauts et les bas de l’esclavage de Joseph en Égypte et de son emprisonnement. En réalité, il a passé plus de douze ans dans ces situations difficiles avant de brusquement devenir Premier ministre d’Égypte. Et au cours de cette période terriblement solitaire et aride, les choses n’ont fait qu’empirer pour Joseph. Imaginez ce que Joseph a pu ressentir après avoir passé neuf années en Égypte.
Les ténèbres venaient d’engloutir à nouveau la lumière. Joseph redoutait toujours la nuit dans ce taudis nauséabond où il était enfermé. Il lui était de plus en plus difficile de lutter contre l’implacable sentiment de désespoir qui l’envahissait jusqu’à ce que le sommeil ne l’en délivre.
Jour après jour, sans fin, le temps passait sans le moindre signe de changement. Le sentiment d’abattement bien connu lui serrait la poitrine. Il voyait sa jeunesse s’enfuir inexorablement au travers des barreaux de sa cage. Il tournait en rond tout au fond de son âme. Joseph avait envie de hurler.
Les poings contre son front, il se mit à supplier Dieu, dans le noir. Il l’implorait, encore et encore, de le délivrer.
Et puis, il se souvenait. C’était ses souvenirs qui ranimaient la flamme de l’espoir et gardaient l’amertume à distance.
Il passait en revue toutes les histoires au sujet de Dieu qui, enfant, l’avaient toujours rempli d’une crainte respectueuse. Dieu avait promis à son arrière-grand-père, Abraham, un enfant de sa femme stérile. Mais il les avait fait attendre pendant vingt-cinq terribles années avant de leur donner son grand-père Isaac. Et Dieu avait promis à grand-mère Rébecca que l’aîné de ses jumeaux, oncle Esaü, serait asservi à son petit frère, son père Jacob. Mais Dieu avait mystérieusement intégré la tromperie et l’immoralité des hommes à son projet afin de permettre à tout cela d’arriver.
Le sourire de Jacob emplit l’esprit de Joseph. Oh, père ! Il se couvrit la bouche pour étouffer les sanglots qui montaient. Cela faisait neuf ans qu’il n’avait plus vu ce cher visage. Le reverrait-il un jour ? Son père était-il seulement encore en vie ?
Il sentit quelque chose grimper le long de sa jambe. Il sursauta et se brossa énergiquement de la main. Il secoua son paillasson. Un frisson parcourut tout son corps. Il détestait les araignées.
De nouveau allongé sur le dos, il se rappelait comment son père Jacob s’était retrouvé prisonnier des griffes manipulatrices de son oncle Laban pendant vingt longues années. Pourtant, Dieu avait gardé sa promesse et finalement délivré Jacob pour le ramener en homme riche vers la terre promise.
Et puis il y avait tous ses rêves étranges. Ils l’avaient tout particulièrement marqué, bien plus que tout autre rêve au cours de sa vie. Mais il ne savait plus trop bien ce qu’il devait en penser. En réalité, c’était probablement à cause de ces rêves qu’il se trouvait aujourd’hui au fond d’une geôle égyptienne. La jalousie de ses frères, à cause des faveurs de son père envers lui, s’était transformée en une haine meurtrière lorsqu’il avait sous-entendu avoir aussi gagné les faveurs de Dieu.
Le bruit de cris étouffés signala à Joseph qu’une nouvelle bagarre avait éclaté dans la prison. Encore une fois, il fut reconnaissant d’avoir été déplacé dans une cellule individuelle, une faveur accordée par le chef de la prison lorsqu’il l’avait nommé responsable des prisonniers.
Il sourit en pensant à l’ironie d’une telle « faveur ». Une faveur au sein d’une prison. Si seulement ses frères savaient… Ils auraient été ravis d’apprendre ça ! Joseph avait l’impression de se trouver à des années-lumière de tout ce que ses rêves avaient prédit.
Pourtant, aussi fou que cela puisse paraître, Joseph n’arrivait pas à se débarrasser de la conviction profonde que Dieu allait faire en sorte que ces rêves puissent un jour devenir réalité. Et il ne pouvait pas nier la réalité de ces étranges schémas qu’il voyait se répéter, encore et encore, dans la manière d’agir de Dieu avec ses ancêtres.
Dieu faisait des promesses extraordinaires, puis il arrangeait temps et circonstances de manière à ce qu’elles semblent impossibles à réaliser. Ensuite, Dieu entrait en action.
Le point commun que Joseph arrivait à dégager de toutes ces histoires, ce que Dieu semblait honorer et bénir plus que toute autre chose, c’était la foi. Son arrière-grand-père Abraham avait cru à la parole de Dieu. Grand-père Isaac avait cru à la parole de Dieu. Grand-mère Rébecca avait cru à la parole de Dieu. Son père Jacob avait cru à la parole de Dieu. Ils avaient tous continué à croire même lorsque tout semblait indiquer que la promesse de Dieu ne se réaliserait jamais. Et ils avaient tous fini par voir la fidélité de Dieu à ses promesses, malgré les circonstances, malgré leurs propres manquements.
Sa confiance en Dieu fit jaillir une paix profonde qui apaisa l’angoisse qui brûlait dans son corps. « Je te fais confiance, Seigneur, murmura-t-il. Comme mes ancêtres, je m’attendrai à toi. Je ne comprends pas de quelle manière ma présence dans une prison égyptienne pourrait servir tes projets. Mais je veux continuer de t’honorer là où tu m’as placé. Accomplis ta parole comme tu le désires. Je suis à toi. Utilise-moi ! »
Sa confiance en Dieu fit jaillir une paix profonde qui apaisa l’angoisse qui brûlait dans son corps. « Je te fais confiance, Seigneur, murmura-t-il. Comme mes ancêtres, je m’attendrai à toi. Je ne comprends pas de quelle manière ma présence dans une prison égyptienne pourrait servir tes projets. Mais je veux continuer de t’honorer là où tu m’as placé. Accomplis ta parole comme tu le désires. Je suis à toi. Utilise-moi ! »
Sa confiance en Dieu fit jaillir une paix profonde qui apaisa l’angoisse qui brûlait dans son corps. « Je te fais confiance, Seigneur, murmura-t-il. Comme mes ancêtres, je m’attendrai à toi. Je ne comprends pas de quelle manière ma présence dans une prison égyptienne pourrait servir tes projets. Mais je veux continuer de t’honorer là où tu m’as placé. Accomplis ta parole comme tu le désires. Je suis à toi. Utilise-moi ! »
En lisant le récit biblique, nous avons tendance à ne percevoir que le côté héroïque du caractère et de la vie de Joseph. Mais Dieu ne veut pas que nous fassions l’impasse sur les longues années de silence et de désespoir qu’a endurées Joseph.
Imaginez la douleur infligée par la trahison de ses frères, la séparation d’avec son père, l’horreur de l’esclavage, le harcèlement et les fausses accusations de la femme de Potiphar, et le profond désespoir de voir sa jeunesse s’envoler à travers les barreaux de sa prison.
Il arrive parfois, que la fidélité à Dieu et à ses paroles nous place sur un chemin où tout semble aller de pire en pire, pas de mieux en mieux. C’est alors qu’il est essentiel de connaître les promesses et les manières d’agir de Dieu. Notre foi dans la grâce de Dieu à venir, voilà ce qui nous soutient dans ces temps de désespoir.
Nous aimons tous le dénouement de l’histoire de Joseph qui se termine un peu comme un beau conte de fées. Et c’est normal que nous l’aimions car l’histoire de Joseph préfigure une réalité céleste.
Dieu a envoyé son Fils mourir et vaincre la mort pour que ses enfants soient « réellement libres » (Jean 8 : 36). Un jour vient où ceux qui auront été fidèles même jusqu’à la mort (Apocalypse 2 : 10) entendront : « C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25 : 21).
Nos circonstances actuelles, aussi sombres ou agréables soient-elles, ne sont pas le fin mot de notre histoire. Ce ne sont que des chapitres d’une histoire bien plus vaste qui, elle, a réellement une fin dans laquelle… ils vécurent heureux à tout jamais.
Cet article est extrait du livre Où est ta foi ?, de Jon Bloom, BLF Éditions, 2016, chapitre 28, pp. 179-182. Publié avec l’autorisation de l’éditeur. Tous droits réservés.






