Dans un article exceptionnel sur la théologie biblique de la prière, Henri Blocher a écrit :
Comment donc la prière agit-elle ? La réponse est d’une enfantine simplicité. C’est une parole adressée à Dieu : elle agit sur Dieu, elle le touche. L’analogie appropriée est celle de ce petit bambin charmeur dont la demande fait « fondre » ses parents. Et si l’on juge l’anthropomorphisme (ou pathisme) trop audacieux, qu’on relise Jérémie 31.20, où Dieu s’étonne lui-même d’être à ce point ému de compassion, pour Ephraïm, son enfant chéri ! (p. 94)
Dans la même ligne, Blocher évoque ensuite
la promesse spéciale faite à la prière de plusieurs qui s’accordent pour lui demander : il en va comme du cœur des parents (où il a formé une image du sien), qui sont doublement touchés quand ils voient leurs enfants unir leurs vœux, les présenter ensemble. Le rôle de la persévérance, que Jésus a souligné (Lc 18.1), s’éclaire semblablement : Dieu veut voir que nous voulons vraiment ce que nous lui demandons – car c’est par amour pour nous qu’il exauce, parce que nous y tenons ! Telle est aussi la fonction de l’intensité dans la prière (…) : Dieu n’aurait aucun plaisir à nous donner quelque chose que nous demanderions du bout des lèvres, sans nous engager (Jc 5.17 dit, littéralement, d’Élie qu’il « pria en prière », tournure qui imite probablement celle de l’infinitif absolu en hébreu ; combien de fois prions nous en rêve, rêvasserie ou distraction, plutôt qu’en prière ?). (p. 95-96)
Faisons fondre le cœur de Dieu, individuellement et avec nos frères et sœurs, en le priant avec ferveur.








