Connaissez-vous l’histoire tragique du perroquet d’Alice ?
Lundi, Alice acheta un perroquet. Comme il ne parlait pas, elle retourna à l’animalerie le lendemain. « Il lui faut une échelle », lui dit-on. Elle acheta une échelle, mais un autre jour passa sans que l’oiseau souffle mot. « Et si vous achetiez une balançoire ?» suggéra le vendeur. Alice acheta donc une balançoire puis, le jeudi, un miroir, le vendredi, un arbre miniature en plastique, et le samedi, un jouet brillant pour perroquets.
Le [lundi matin suivant], à l’ouverture du magasin, Alice était postée devant la porte, sa cage à la main, les larmes aux yeux. Son perroquet était mort. « N’a-t-il pas dit un seul mot ?» s’enquit le gérant du magasin ? « Oh si !» baltutia Alice en sanglotant. « Juste avant de mourir, il m’a regardée et il a demandé : ‘Ils ne vendaient donc pas de nourriture pour animaux dans ce magasin ?’“
L’auteur rapportant cette triste histoire de conclure :
Beaucoup de bonnes causes et d’activités louables peuvent accaparer le temps et l’attention des chrétiens. Néanmoins, de même qu’aucun gadget ne pouvait pallier l’absence de nourriture dans la cage du perroquet, rien ne peut remplacer l’Évangile dans la vie d’un chrétien. Sans [lui], nos âmes deviendront semblables à l’animal de compagnie d’Alice : elles seront dénutries, malgré tous nos gadgets1.
À la Faculté de Théologie Évangélique où j’enseigne, plusieurs de mes étudiants sont étonnés quand, pour la première fois, ils m’entendent affirmer que la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ n’est pas seulement destinée aux non-chrétiens, mais également aux chrétiens. Ces derniers ont besoin de l’entendre et de la réentendre régulièrement, non pas comme un “mantra” reprenant mécaniquement les mêmes mots, mais plutôt, avec des termes et expressions qui reprennent toute la richesse de sa présentation dans l’Écriture – dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament.
Il en va de notre survie ! Et également, de notre progression dans la marche chrétienne.
Après tout, c’est bien envers les chrétiens de Rome que Paul éprouve un “vif désir de vous annoncer l’Évangile, à vous aussi qui êtes à Rome” (Romains 1.15).
Mais qu’est-ce que cela peut bien impliquer concrètement ? Comment se nourrir de la Bonne Nouvelle – alors qu’on la connaît déjà ?
J’ai tenté de répondre à cette question de mon article : ”Une “vie centrée sur la croix”, c’est quoi ?»
1. C. J. Mahaney, Une vie centrée sur la croix, Éditions Ministères Multilingues, 2007, p. 21-22.








