Dans sa forme contemporaine, surtout observable aux États-Unis, mais présente ailleurs sous différentes formes, il ne s’agit pas simplement de reconnaître l’héritage chrétien d’un pays, mais de fusionner fortement identité nationale et identité religieuse. La nation est alors perçue comme ayant une mission providentielle particulière, et le christianisme devient parfois un marqueur d’appartenance culturelle plus qu’une foi confessée et vécue.
Le phénomène contemporain se caractérise souvent par :
- une volonté de restaurer une influence chrétienne perdue dans l’espace public ;
- une opposition aux transformations culturelles modernes (sécularisation, individualisme moral, pluralisme religieux) ;
- une tendance à associer fidélité à la nation et fidélité au christianisme ;
- parfois une instrumentalisation politique du christianisme au service d’un projet identitaire ou civilisationnel.
La chrétienté d’antan, quant à elle, renvoie plutôt au modèle historique dans lequel les sociétés occidentales étaient officiellement chrétiennes et où l’Église et l’État entretenaient des liens institutionnels étroits. Dans la chrétienté médiévale ou post-Réforme, le christianisme structurait l’ensemble de la vie sociale : lois, calendrier, morale publique, éducation, institutions. Le pouvoir politique se concevait généralement comme soumis à Dieu et responsable de favoriser la vraie religion.
Cependant, il existe une différence importante entre la chrétienté classique et le nationalisme chrétien moderne :
- la chrétienté était avant tout un ordre civilisationnel et religieux relativement universel, souvent supranational (pensons à la chrétienté médiévale unie autour de l’Église) ;
- le nationalisme chrétien moderne est davantage centré sur l’identité nationale, ethnique ou culturelle particulière d’un peuple.
Autrement dit, la chrétienté mettait l’accent sur une civilisation chrétienne commune, alors que le nationalisme chrétien met souvent l’accent sur la préservation d’une identité nationale définie comme chrétienne.
Enfin, plusieurs critiques soulignent qu’un danger du nationalisme chrétien est de confondre le Royaume de Dieu avec un projet politique terrestre, ou encore de réduire la foi chrétienne à une identité culturelle plutôt qu’à l’Évangile lui-même.
Impérialisme chrétien
Mon invité d’aujourd’hui, quant à lui, défend l’idée d’un impérialisme chrétien. Le pasteur Olivier Imbernon, de l’Église réformée St-Jean-Baptiste à Drummondville, est un partisan du nationalisme chrétien et en défend le bien-fondé dans cet épisode de Coram Deo. Voici les questions que je lui ai soumises pour la discussion d’aujourd’hui :
- Qu’est-ce que le CREC ?
- Qui est Doug Wilson ?
- Qu’est-ce que le nationalisme chrétien ? De quel nationalisme et de quel christianisme parle-t-on ?
- Comment défendez-vous le nationalisme chrétien bibliquement ?
- Le nationalisme chrétien nécessite-t-il la théonomie ? Le postmillénarisme ? Le multitudinisme ?
- Comment voyez-vous la laïcité ? Le pluralisme religieux ? Le pluralisme chrétien ?
- Quelle est la période idéale du christianisme historique selon vous ?








