Le 12 mai 2026, le Sénat a rejeté pour la deuxième fois la proposition de loi sur « l’aide à mourir ». Le texte retourne à l’Assemblée nationale pour une lecture décisive1. Alors que ses défenseurs espèrent encore une adoption avant l’été, nous sommes entrés dans une période critique.
En ce mois de mai-juin 2026, il est plus urgent que jamais de se mobiliser et de prier pour que cette loi soit définitivement rejetée.
Que prévoit cette proposition de loi ?
À ce stade, la proposition de loi sur « l’aide à mourir » s’articule ainsi.
Définition
« L’aide à mourir », telle que définie par la proposition de loi, instaure un droit pour une personne de recourir à une substance létale pour mettre fin à ses jours.
Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un suicide assisté : la personne prend elle-même le produit mortel. Seule exception : si elle est physiquement incapable de le faire, un médecin ou un infirmier peut alors le lui administrer.
Ce texte crée donc un mélange inédit en France entre suicide assisté et euthanasie.
Conditions
Pour bénéficier de « l’aide à mourir », la proposition de loi exige cinq conditions cumulatives.
Il faut être majeur, être français ou résider de manière stable en France, être atteint d’une maladie grave et incurable en phase avancée ou terminale engageant le pronostic vital, pouvoir exprimer une volonté libre et éclairée, et présenter une souffrance physique ou psychologique liée à cette maladie, qui soit réfractaire aux traitements ou jugée insupportable par la personne.
Ces critères, bien qu’encadrés sur le papier, ouvrent la porte à une pratique nouvelle et préoccupante en France (voir ci-dessous).
Procédure
La procédure prévue par la proposition de loi est encadrée par plusieurs étapes : une demande écrite (ou orale si impossible), confirmée après un délai de réflexion, un double avis médical (médecin traitant et médecin expert indépendant), la possibilité de se rétracter à tout moment, des contrôles pour éviter les pressions extérieures, et l’obligation d’informer le patient sur les alternatives comme les soins palliatifs.
Bien qu’elle paraisse bien encadrée, cette procédure dépend beaucoup de la bonne volonté des acteurs concernés (médecins, équipes soignantes, etc.).
Pourquoi ce texte suscite-t-il de fortes inquiétudes ?
Même si, en l’état, ce texte pose déjà un problème majeur pour les chrétiens – qui considèrent que seul Dieu a le droit de donner et de reprendre la vie (Ex 20.13 ; Dt 32.39) –, les inquiétudes vont bien au-delà.
Il s’agit en réalité d’ouvrir une porte qu’il sera extrêmement difficile de refermer. En acceptant le principe selon lequel la médecine peut, sous certaines conditions, provoquer la mort, la France franchirait une ligne rouge historique. Pour la première fois, la médecine ne serait plus uniquement au service de la vie et de la guérison, mais également autorisée à donner la mort.
Ce texte n’est donc pas une petite évolution législative. C’est un bouleversement moral qui envoie un signal glaçant aux personnes vulnérables, et dont les conséquences, une fois engagées, pourraient s’étendre bien au-delà des cas initialement prévus.
Un signal glaçant aux personnes vulnérables
En légalisant « l’aide à mourir », la société détermine qui a le « droit » de mourir et qui ne l’a pas. En fin de compte, cela revient à tracer une ligne entre les vies considérées comme dignes d’être vécues et celles qui ne le seraient plus.
Le message envoyé aux personnes vulnérables est alors terrible : « Votre situation est assez grave, nous pensons que mourir est une option raisonnable pour vous. » On classe ainsi certaines personnes comme moins dignes de vivre, sous prétexte qu’elles coûtent cher, qu’elles sont dépendantes ou qu’elles constituent un fardeau.
Cette logique exerce une pression immense sur les plus fragiles. Au lieu de les entourer et de les accompagner, on leur fait sentir qu’il serait préférable qu’elles disparaissent.
Combien se sentiront coupables d’exister ?
C’est déjà une réalité ailleurs. Dans l’État de Washington (États-Unis), où le suicide assisté est légal depuis 2008, 61 % des personnes qui ont eu recours à cette pratique ont expliqué leur choix en déclarant qu’elles avaient le sentiment d’être un fardeau pour leur famille et pour la société2.
Et ce n’est que le début du problème. Car une fois cette logique acceptée, un autre danger apparaît.
Un risque de dérive préoccupant
Dès lors qu’on accepte l’idée que certaines vies ne vaudraient plus la peine d’être vécues, il devient très difficile d’en fixer les limites.
Pourquoi limiter l’aide à mourir à la souffrance physique ? Pourquoi ne pas l’étendre à la détresse psychologique ou au simple « ras-le-bol de vivre » ? Et si l’on considère qu’une personne âgée dépendante est un fardeau, pourquoi refuser cette solution aux personnes handicapées, aux malades mentaux ou à toute personne en perte d’autonomie, quel que soit son âge ?
L’exemple de la Belgique est particulièrement éclairant. Adoptée en 2002 pour les cas de souffrances insupportables en phase terminale, la loi n’a cessé de s’élargir. Aujourd’hui, les troubles mentaux représentent près de 19 % des euthanasies, et il est possible depuis 2014 d’euthanasier des mineurs.
Comme le regrette Carine Brochier, de l’Institut européen de bioéthique :
« La loi est devenue incontrôlable. On a commencé par les patients en phase terminale, puis on l’a élargie aux personnes âgées, à la démence, et enfin à la détresse psychologique. On ne s’est pas rendu compte de ce qu’on faisait3. »
La France risque de suivre le même chemin. Ce qui est présenté comme une exception très encadrée pourrait rapidement devenir une pratique courante et étendue à de nombreuses catégories de personnes.
Comment réagir face à cette situation ?
Mais il est encore temps d’empêcher que la France suive cette voie.
Vous pouvez d’abord faire entendre votre voix à votre député !
Il vous suffit de cliquer sur ce lien pour lui envoyer un e-mail personnalisé.
En moins de trois minutes, votre message est envoyé et votre position clairement exprimée. Plus nous serons nombreux à nous mobiliser, plus ce signal sera difficile à ignorer pour nos représentants. Alors n’attendez pas pour agir.
Vous pouvez aussi faire entendre votre voix à Dieu !
Par-dessus tout, la prière demeure notre premier recours.
La Bible nous rappelle que « le cœur du roi est un courant d’eau dans la main de l’Éternel : il l’incline partout où il veut » (Pr 21.1). Rien n’échappe à sa souveraineté, pas même les décisions des responsables politiques les plus influents.
Sachant cela, vous pouvez prier pour que Dieu touche les consciences de nos députés, qu’il éclaire les débats et oriente leurs décisions.
- À ce stade, une commission mixte paritaire (réunissant 7 députés et 7 sénateurs) peut être convoquée par le Premier ministre. Elle aurait pour objectif de parvenir à un accord sur une version finale de la proposition de loi. Toutefois, ses chances de succès apparaissent limitées, en raison de la forte opposition du Sénat. De nombreux observateurs estiment ainsi que cette commission pourrait surtout constater l’absence de compromis, avant une ultime lecture à l’Assemblée nationale, qui aurait alors le dernier mot. ↩︎
- Ce chiffre est cité à partir des rapports officiels de l’État de Washington sur la loi dite « Death with Dignity Act », disponible sur doh.wa.gov [consulté le 27 mai 2026]. ↩︎
- « Belgique, l’euthanasie en procès », publié le 31 janvier 2020, disponible sur alliancevita.org [consulté le 16 juin 2020]. ↩︎








