Quand mon enfant souffre

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Quand mon enfant souffre
Sarah Walton
Sarah Walton

« Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché, mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient révélées en lui. » – Jean 9.3

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La grâce en quelques mots

Dieu peut utiliser les difficultés de mes enfants pour les rapprocher de lui. Il n’y a rien de meilleur pour eux.

La seule chose qui est pire que de souffrir, c’est de voir son enfant souffrir. Souvent, nous nous sentons terriblement impuissants alors que nous nous efforçons de l’aider à affronter les questions et les défis que soulève la souffrance… des questions auxquelles nous n’avons peut-être nous-mêmes pas encore réussi à répondre.

Je me souviendrai toujours de ce moment où, roulée en boule sur le canapé, le corps tordu de douleur et le visage noyé de larmes, ma fille m’a posé cette question : « Maman, je ne veux pas te faire de peine, mais si tu étais déjà malade avant d’avoir des enfants, pourquoi tu as eu des enfants alors que tu savais qu’on serait malades aussi ? Et si tu ne le savais pas, pourquoi est-ce que Dieu l’a permis ?»

Quand j’ai eu mes enfants, je ne savais pas que je risquais de leur transmettre ma maladie. Ce jour-là, j’étais bien consciente que ma fille ne cherchait pas à me faire du mal. Elle était réellement aux prises avec des questionnements complexes et douloureux.

Mais que pouvais-je bien lui répondre ? Tout cela paraissait tellement injuste. Pourquoi ma fille ne pouvait-elle pas profiter d’une enfance insouciante au lieu d’avaler des médicaments, de se rendre à des rendez-vous médicaux et de se tortiller sur sa chaise pour ne pas montrer au reste de la classe qu’elle avait mal aux articulations ? Je me posais la même question qu’elle. Plus encore, j’avais besoin d’une réponse et je désirais plus que tout la soulager de la souffrance qui suscitait ces questionnements.

Connaissez-vous ce type de situation ? Si c’est le cas, je suis sincèrement désolée. Nous désirons toutes protéger nos enfants de la souffrance, et nous souffrons profondément à leurs côtés quand des épreuves surviennent dans leur vie. Je ne peux pas soulager votre souffrance. Mais j’espère pouvoir vous encourager en vous partageant comment le Seigneur m’a encouragée et m’a fortifiée moi-même lorsque mes enfants étaient dans la souffrance.

Notre vision de la souffrance façonne celle de nos enfants

Dans Jean 9, nous lisons que Jésus et ses disciples rencontrent un homme aveugle de naissance. Les disciples demandent alors à Jésus : « Maître, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ?» (verset 2). Comme nous, ils désiraient connaître la cause de la souffrance. En connaître la cause nous permet parfois de la soulager ou de l’éviter. Ou au moins, nous arrêtons de nous torturer en nous demandant : « Pourquoi ?» Dans ce récit, les disciples partent du principe qu’il y a forcément un responsable : soit c’est l’aveugle lui-même, soit ce sont ses parents.

J’aime la façon dont Jésus chamboule leur vision de la souffrance :

Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché, mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient révélées en lui.
– Jean 9.3

Tandis que les disciples se creusent la tête à la recherche d’une réponse humaine, Dieu leur rappelle que ses desseins sont bien trop élevés pour que notre esprit fini puisse les appréhender. Nous cherchons à connaître la cause de la souffrance endurée par nos enfants afin de pouvoir les en délivrer, ou au moins répondre à leurs questions. Mais Dieu désire que nous regardions la souffrance de nos enfants à la lumière de qui il est, et de sa vérité, afin qu’il puisse se révéler et révéler sa gloire à nos enfants et à travers eux.

Vos enfants traversent-ils des épreuves actuellement ? Quelles qu’elles soient, je peux vous assurer que Dieu ne permet pas de telles souffrances parce qu’il est insensible ou incapable de les leur épargner. Il ne vous donnera peut-être pas de réponse humaine, mais il vous garantit que ces épreuves ne sont ni dépourvues de sens, ni le fruit du hasard. Peut-être permet-il cette souffrance parce que, dans son amour omniscient pour votre enfant, il sait que c’est par cette peine passagère que celui-ci trouvera le chemin du salut et de l’éternité. Dieu ne permettra pas davantage que ce qui est nécessaire pour attirer votre enfant à sa grâce qui sauve, afin que ses œuvres se manifestent pleinement (Lm 3.33).

Adoptons-nous cette juste perspective lorsque nous voyons nos enfants souffrir ? Non, ce n’est pas dans notre nature (du moins pas dans la mienne). J’ai plutôt tendance à réagir à la souffrance de mes enfants exactement comme je réagis à la mienne : je cherche la facilité, le confort, le succès. Je veux des réponses. Je veux le paradis sur terre.

Mais si l’on me disait qu’un bonheur parfait et une excellente santé pendant les soixante-dix prochaines années empêcheraient justement mes enfants de connaître Christ et de recevoir la guérison éternelle qu’il promet, est-ce que je désirerais toujours pour eux une vie sans souffrance ?

Je ne pose pas cette question à la légère : je sais ce que c’est que de voir son enfant souffrir. Pourtant, au fond de nous, en tant que mamans chrétiennes, nous savons que le salut éternel de nos enfants est bien plus important qu’un confort temporaire sur cette terre. Mais soyons honnêtes : vivons-nous vraiment comme si nous en étions convaincues ? Ou vivons-nous comme si chaque déception, chaque blessure et chaque problème de santé constituaient la pire menace pour leur vie ?

Croyons-nous que Dieu sait ce qui est le meilleur pour nos enfants – même quand, selon notre perspective limitée, nous n’avons pas l’impression que ce qui leur arrive est positif ? Croyons-nous qu’il peut racheter ce qui nous paraît désespéré ? Croyons-nous qu’il est fidèle et bon ? Croyons-nous que Jésus est capable de pourvoir aux besoins de notre enfant, même quand nous ne savons justement pas de quoi il a besoin ? Croyons-nous que Dieu peut utiliser la souffrance de notre enfant pour l’attirer à lui, former son caractère et manifester sa gloire ?

Ces questions sont vitales : notre réponse déterminera ce qui, à nos yeux, est le plus important pour nos enfants. Elle déterminera nos priorités, nos décisions et notre réaction face aux circonstances douloureuses qui jalonneront leur vie.

Si vous n’êtes pas sûre de pouvoir répondre un oui sincère à toutes ces questions, confiez-le à Dieu. Il connaît déjà les peurs qui assaillent votre cœur. Et n’oubliez pas : Dieu utilise la souffrance de votre enfant pour œuvrer en lui, mais aussi en vous. Venez à lui sans rien lui cacher et demandez-lui d’affermir votre foi à mesure que vous aidez votre enfant à affermir la sienne.

Des trésors se cachent dans les lieux les plus sombres

Voir nos enfants traverser des épreuves sera toujours douloureux. Mais dans sa grâce, Dieu transforme ces épreuves pour manifester sa bonté, sa fidélité et sa puissance. Leurs larmes nous feront souffrir, mais elles leur montreront qu’ils ne sont pas destinés à ce monde et que Jésus est venu sur terre non seulement pour mourir pour leurs péchés, mais aussi pour porter leurs peines. Nous ne pourrons pas répondre à toutes leurs questions, mais les épreuves leur feront expérimenter des vérités spirituelles profondes que beaucoup d’adultes n’ont pas encore comprises.

Nous n’aurons aucun contrôle sur les conséquences de leurs épreuves, mais nous pouvons apprendre à surmonter notre peur de l’inconnu, et à croire que la vie de nos enfants est entre les mains d’un Dieu fidèle et bon. Nous pouvons continuer à prier pour que Dieu les soulage, les guérisse et les protège, mais aussi pour que leur souffrance ne soit pas vaine et qu’il ne permette pas plus que ce qui est nécessaire pour le bien de leur âme.

Parce que nous sommes humaines, quand nos enfants souffrent, il est possible que nous nous laissions à nouveau envahir par la peur, par le désir de tout contrôler, par le désespoir face aux circonstances et par le découragement dans le combat. Mais là aussi, la grâce de Dieu abonde.

En conclusion, si vous arpentez un chemin difficile avec votre enfant, sachez que vous n’êtes pas seule. Je vous le dis et je sais de quoi je parle : c’est loin d’être une promenade de santé. Vous risquez d’apprendre ces douloureuses vérités en même temps que votre enfant. Mais vous pouvez déposer vos peurs, vos inquiétudes et vos angoisses aux pieds de Jésus, car il voit ce que vous vivez, il vous connaît parfaitement et il vous aime, vous et votre enfant. Vous ne contrôlez peut-être pas tout ce qui lui arrive, ou vous ne vous sentez pas capable de gérer la situation, mais vous pouvez faire entièrement confiance à celui qui vient à vous en disant :

N’aie pas peur, car je suis moi-même avec toi. Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu. Je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens par ma main droite, la main de la justice.
– Ésaïe 41.10

Vous pouvez prier avec foi et courage pour que Dieu utilise chacune des difficultés rencontrées par vos enfants pour faire grandir en eux la compassion, l’empathie, l’humilité, la maîtrise de soi, la persévérance, la reconnaissance et, surtout, la conscience de leur besoin d’un Sauveur. Y a-t-il une joie plus grande pour des parents que de voir leurs enfants apprendre à connaître Christ et à manifester la gloire de Dieu dans leur vie… quel qu’en soit le prix ?


Un moment pour réfléchir

  • Avez-vous peur que la souffrance et les difficultés se présentent dans la vie de votre enfant ? Que craignez-vous le plus ?
  • Croyez-vous que Dieu est souverain sur tout ce qui arrive à vos enfants ? Pouvez-vous penser à une difficulté dans la vie d’un de vos enfants (ou dans la vôtre) qui l’a fait (ou vous a fait) grandir ?

Cet article est extrait du livre Il t’offre sa grâce : 30 méditations pour les défis de la vie de maman, de Linda Green et Sarah Walton, BLF Éditions, 2025, pp. 115-121.



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