Leur vocation peut parfois être ingrate et éprouvante, et un mot d’encouragement, un cadeau généreux ou un geste de service peut grandement les aider à persévérer dans leur ministère. Non seulement pour leur joie, mais aussi pour la nôtre.
Si un pasteur n’a pas le moindre soupçon de joie dans le cœur quand il accomplit sa tâche ou le moindre élan d’enthousiasme dans sa marche, il ne persévérera jamais jusqu’au bout. Et c’est nous qui en pâtirons.
C’est pourquoi j’étais impatiente de lire et d’écrire une recension sur Comment encourager votre pasteur, Le livre qu’il voudrait secrètement que vous lisiez.
L’auteur
Depuis que j’ai découvert le commentaire de Christopher Ash, Job : The wisdom of the cross (Job : la sagesse de la croix), je suis une grande admiratrice de ce dernier. Ayant également entendu des interviews de lui, j’ai développé un profond respect pour cet homme, non seulement en tant qu’érudit, mais aussi en tant qu’humble serviteur de l’Évangile.
C’est pourquoi un ouvrage sur la manière de prendre soin de nos pasteurs, écrit par un homme aussi pieux, a éveillé ma curiosité. Son amour pour Jésus et pour son Épouse transparaît dans ses écrits et ses discours, et constitue à lui seul une raison suffisante pour lire son livre.
Conseil d’ouverture
Dans son premier chapitre, intitulé « Les pasteurs sont des gens comme vous et moi », Ash nous présente dix types différents de pasteurs. Ce faisant, il nous familiarise avec la diversité des personnalités qu’ils incarnent. Tous ne sont pas des extravertis. Ils ne débordent pas non plus constamment d’enthousiasme à l’aube d’une nouvelle journée de travail. Comme l’affirme Ash,
La plupart du temps, nous voyons notre pasteur sous son meilleur jour. Or j’aimerais que nous le voyions, ou au moins que nous l’imaginions, tel qu’il est vraiment.
Tout comme nous, notre pasteur a hérité de traits de caractère et d’une éducation qui façonnent sa perception de la vie et sa relation avec le monde qui l’entoure. L’objectif d’Ash dans ce premier chapitre est de nous ouvrir les yeux sur cette réalité, afin que nous puissions développer plus d’empathie et de compréhension envers ceux qui sont appelés à paître nos âmes. J’ai trouvé ce travail préparatoire d’une immense valeur.
Sept manières d’encourager votre pasteur
Dans les chapitres qui suivent, Ash expose sept vertus des membres de l’Église qui ont un impact sur nos pasteurs. Il soutient que leur plus grande joie viendra lorsque nous grandirons à l’image de Christ. Il fait ainsi écho aux paroles de l’apôtre bien-aimé dans 3 Jean 4 : « Je n’ai pas de plus grande joie que d’entendre que mes enfants marchent dans la vérité. »
La joie d’un pasteur sera alimentée d’une manière toute particulière par une Église locale qui, ensemble avec tous ses membres, cherche à vivre selon la vérité. À l’opposé, l’un des vices les plus répandus et les plus nuisibles est notre manie, à nous les Occidentaux, de n’assister qu’occasionnellement aux cultes.
Avoir des attentes élevées
Dans son chapitre intitulé « Avoir des attentes élevées », Ash appelle les assemblées à fixer la barre haute quant aux normes morales qu’elles attendent de leurs pasteurs. Ash va même jusqu’à faire une déclaration que beaucoup trouveraient surprenante :
Je me souviens avoir choqué l’Église dont j’étais le pasteur, lorsque j’ai déclaré lors d’une prédication : « Si j’ai une liaison un jour, j’espère que vous m’aimerez assez pour m’exclure de la communion fraternelle jusqu’à ce que je me repente et pour me démettre de mon poste. » Mais c’était vrai, je l’espérais vraiment. J’aurais eu horreur d’exercer mon ministère dans une Église qui ne se serait pas préoccupée de ma marche avec Dieu. Le fait de savoir que mon Église s’en préoccupait m’a aidé à veiller sur ma vie et mon enseignement. C’est peut-être étrange et paradoxal, mais j’ai servi cette Église d’autant mieux que je savais qu’elle avait de grandes attentes.
Deux éléments ressortent de cette exhortation adressée à son troupeau. Premièrement, le fait qu’il admette qu’un tel scénario soit envisageable. Il est sans doute hautement improbable. Pourtant, tout ministre de l’Évangile qui connaît les ténèbres de son propre cœur peut confesser à ses semblables pécheurs : « C’est moi qui serais là, si ce n’était la grâce de Dieu. » Deuxièmement, le fait qu’Ash invite sa paroisse à le corriger et à le réprimander témoigne de son humilité et de son désir de mener une vie irréprochable. Nous avons tous besoin de pasteurs prêts à admettre leur vulnérabilité et à accueillir nos observations bienveillantes lorsque nous détectons des signaux d’alerte dans leur vie.
Se soumettre avec zèle
Je dois avouer que ma première réaction au titre du chapitre « Soumission zélée » n’a pas été des plus positives. Les récits de souffrances infligées au sein de l’Église en raison d’abus de pouvoir ne manquent pas. Mon esprit s’est donc peut-être précipité trop vite dans cette direction. Pourtant, la confiance que j’avais en l’auteur m’a poussé à mettre de côté mes hésitations, tout à fait compréhensibles, d’autant plus que je poursuivais ma lecture :
Maintenant, imaginez une Église qui adhérerait à une vision commune, dirigée par un pasteur fidèle à Dieu. Tous seraient déterminés à avancer dans la même direction, avec tout le zèle et l’énergie que leur donnerait le Seigneur. Quel bonheur ce serait de servir une telle Église ! Le pasteur ne serait pas tenté de rejoindre une Église plus unie et plus fervente. Efforçons-nous d’être des membres d’Église qui incitent les autres à se soumettre joyeusement et avec zèle à notre pasteur.
Il est peut-être plus facile pour certains de jouer les opposants et de contester leurs leaders spirituels. Mais au final, cela se retourne contre nous tous. Un berger dont les brebis sapent ses décisions à chaque occasion cherchera un autre troupeau. Puissions-nous plutôt être ceux qui apportent de la joie à notre pasteur en lui donnant toutes les raisons de rester à son poste, au service d’une Église dont l’amour et le dévouement à son égard sont à la hauteur de ceux qu’il leur porte.
Conclusion
La plupart des pasteurs n’achèteront pas ce merveilleux petit ouvrage captivant en lot. Comme l’indique son sous-titre, ils seraient bien trop gênés de vous demander de lire un livre dont le seul but est de mieux prendre soin d’eux.
Et si, à la place, nous achetions un carton à distribuer aux responsables laïcs de toute l’Église ?
Ils pourraient alors transmettre ces vérités à ceux qu’ils aident à guider et multiplier ce message. Que ce mois d’octobre nous inspire à bénir nos bergers d’une manière particulière, et à nous engager à continuer de le faire tout au long de l’année à venir. Trouvez-le ici en Europe et ici au Québec.








