Mise en garde concernant le livre « Suivre la voie de Jésus », de John Mark Comer

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Mise en garde concernant le livre « Suivre la voie de Jésus », de John Mark Comer
Benjamin Eggen
Benjamin Eggen

Après lecture de ce livre, mon avis est que John Mark Comer n’est pas un guide spirituel fiable. Suivez ses conseils, et vous vivrez un christianisme différent de celui que Jésus et ses apôtres ont enseigné.

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Je le fais rarement, et je ne le fais jamais avec plaisir : écrire un article pour mettre en garde contre un livre chrétien. Cependant, c’est parfois nécessaire, surtout lorsqu’il s’agit de dénoncer des discours qui ont « l’apparence de la piété, mais qui en renient la force » (2Tm 3.5).

Le livre Suivre la voie de Jésus de John Mark Comer (en anglais : Practicing the way) est rapidement devenu un best-seller aux États-Unis, et je ne doute pas qu’il sera accueilli avec enthousiasme par plusieurs en francophonie. Après lecture de ce livre, mon avis est que Comer n’est pas un guide spirituel fiable. Suivez ses conseils, et vous vivrez un christianisme différent de celui que Jésus et ses apôtres ont enseigné.

Bon diagnostic, mauvaise solution ?

Je ne dis pas que chaque affirmation de Comer est fausse. Au contraire, il a raison sur plusieurs points. Il écrit par exemple contre un christianisme de façade, où l’on se contente d’aller à l’église, d’écouter des prédications et de lire la Bible sans une vie transformée. Il critique une compréhension du christianisme où l’on deviendrait chrétien simplement en « levant la main », sans compréhension réelle de l’Évangile et de ses implications1.

Il n’utilise pas ces termes, mais ce qu’il critique avec raison, c’est une compréhension de la foi chrétienne qui sépare la justification de la sanctification, la foi des œuvres, le Jésus qui sauve du Jésus qui règne. Ce livre met le doigt sur de vrais problèmes qu’il nous faut prendre au sérieux.

Cependant, si Comer identifie de vrais problèmes, il y apporte les mauvaises solutions. Et ce n’est pas simplement comme si Comer donnait un Doliprane pour traiter un rhume. Le problème est plus profond : le médicament que Comer offre ne provient pas du « laboratoire de l’Écriture »!

Kevin DeYoung résume bien le souci principal du livre en écrivant :

Le problème central de Suivre la voie de Jésus est que presque chaque partie importante du projet repose sur des textes bibliques mal interprétés et sur des liens superficiels avec des (soi-disant) pratiques anciennes2.

Sans pouvoir aborder tous les problèmes, ni offrir toutes les preuves, j’aimerais présenter quelques-uns de ces problèmes dans cet article.

1. Un évangile sans conversion

La thèse principale du livre est qu’il nous faut « faire l’apprentissage de Jésus », c’est-à-dire « pratiquer sa Voie » (p. 15) en imitant Jésus. Cela est accessible à chacun : tous peuvent devenir des apprentis de Jésus en avançant sur le chemin de l’imitation. En lisant son livre, on comprend rapidement que Comer a mis de côté la conversion biblique.

Il écrit par exemple : « Jésus ne cherche pas à convertir les gens au christianisme ; il cherche des apprentis dans le royaume de Dieu » (p. 37). Selon lui, le royaume de Dieu tel qu’enseigné par Jésus « n’est pas un royaume avec des frontières et des passeports », mais plutôt un royaume dont nous faisons partie en devenant apprentis de Jésus (p. 43).

Comer critique souvent des méthodes d’évangélisation qui mettent l’accent sur une décision visible (lever la main, répéter une prière), comme si c’était cela qui faisait de quelqu’un un chrétien. En ce sens, il a raison : être chrétien n’implique pas une « décision visible », mais implique de suivre Jésus.

Cependant, cela n’ôte pas la nécessité d’une vraie conversion. L’être humain ne naît pas avec le désir d’imiter Jésus, mais avec le désir de vivre pour lui-même. Par nature, nous sommes morts dans nos péchés (Ép 2.1-3), faisant partie du royaume des ténèbres (Col 1.13), le cœur tourné contre Dieu (Rm 1.21). Seule la nouvelle naissance peut nous permettre de voir le royaume de Dieu (Jn 3). Mais Comer n’en parle à aucun moment. Il écrit son livre comme si le salut n’était pas nécessaire. La thèse de Comer implique que l’être humain pourrait simplement commencer à imiter Jésus sans une transformation radicale intérieure qui rendrait cette imitation possible : ce n’est pas le modèle biblique.

Au final, Comer transforme les réalités bibliques du salut en un faible « évangile d’imitation »3. Pourtant, le christianisme distingue bien entre ceux qui sont dedans et ceux qui sont dehors (1Co 5.12), entre les brebis et les boucs (Mt 25.32-33), entre l’ivraie et le blé (Mt 13.30), entre ceux qui sont en Christ et ceux qui sont en Adam (Rm 5.12-21), entre ceux qui sont dans le royaume des ténèbres et ceux qui sont dans le royaume du Fils bien-aimé (Col 1.13). Et il n’y a qu’un moyen de changer de camp : non pas l’imitation, mais la conversion biblique.

2. Une méthodologie douteuse

Comer affirme que la notion de disciple à l’époque impliquait beaucoup plus que ce que l’on entend aujourd’hui : il s’agissait d’une imitation totale du rabbin, cherchant à avoir un mode de vie similaire au sien. C’est de là que vient sa formule « suivre Jésus, c’est devenir son apprenti », qui structure son livre (p. 28). Le problème est que sa méthodologie est faussée à plusieurs niveaux.

Premièrement, Comer se concentre uniquement sur les évangiles, au détriment du reste du Nouveau Testament. Mais pourquoi privilégier les paroles de Jésus aux lettres de l’apôtre Paul (par exemple), qui ont aussi pour but d’enseigner la vie de disciple ? Surtout, pourquoi le reste du Nouveau Testament, qui a pour but de détailler les enseignements de Jésus, ne développe-t-il pas cette notion « d’apprentissage » comme Comer le fait ? C’est particulièrement important alors que Comer met en avant des enseignements qui contredisent le reste du Nouveau Testament…

Nous n’avons pas besoin d’écouter Comer pour comprendre ce que Jésus a vraiment voulu dire. Le Nouveau Testament nous livre la bonne manière de comprendre les paroles de Jésus.

Deuxièmement, Comer comprend mal les évangiles, car il les lit au travers d’une nouvelle terminologie qui n’a pas de fondements solides. Par exemple, il faut selon lui parler « d’apprenti » plutôt que de « disciple », et de « rabbin » plutôt que de « maître » (p. 25). Il remplace les citations bibliques avec les termes « rabbin » et « apprenti », comme si la traduction classique (disciple/maître) était fautive ou ne permettait pas de recevoir la plénitude de ce que Jésus a enseigné. Le problème est qu’il n’apporte aucune preuve convaincante de ce changement, à part dire que le mot apprenti « est un mot tellement utile » (p. 29).

Comer accorde également beaucoup d’importance au terme « la Voie », présentant cela comme la meilleure manière de désigner la communauté des chrétiens (pp. 45-47). C’est en partie sur ce terme qu’il base la thèse de son livre, selon laquelle être chrétien signifie imiter le mode de vie de Jésus. Là encore, cette affirmation est fausse : comme Kevin DeYoung l’a montré, il y a au moins quatre raisons de rejeter Comer sur ce point4.

Ce ne sont que des exemples. Il y en aurait plusieurs autres. Soyons en tout cas sur nos gardes : si quelqu’un fonde un enseignement nouveau sur la base de la traduction d’un mot ou d’une expression biblique, nous avons bien des raisons d’être sceptiques. Surtout lorsqu’il n’apporte aucune preuve convaincante qu’il faudrait le suivre.

3. Un mysticisme « évangélique »?

Un article du journal The Atlantic décrit Comer comme étant en train de « réinventer le monachisme chrétien [c’est-à-dire la vie de moine] pour la génération TikTok ». C’est un assez bon résumé de son livre ! Comer met en avant un mysticisme « repackagé » pour les évangéliques, qui paraît attirant et « spirituel ».

Dans le chapitre 2, Comer présente le premier objectif d’un apprenti : « être avec Jésus ». Le chapitre présente un mysticisme assumé, selon lequel la vraie plénitude se trouverait dans certaines techniques par lesquelles nous pourrions vraiment expérimenter la présence de Jésus5.

Par exemple, alors que Comer met en avant la prière contemplative, il écrit :

Ce n’est pas que les mots dans la prière soient mauvais ; ils ne le sont pas. C’est juste que, dans toute relation, surtout avec Dieu, il arrive un moment où les mots et même les pensées ne vous font plus avancer vers l’intimité. Ils vous mènent jusqu’à un certain point, mais pas jusqu’au bout. Ils peuvent même vous freiner.
– p. 77

Que faut-il donc, à la place des mots qui ne seraient pas suffisants, pour vivre l’intimité avec Dieu ? Sa réponse : suivre ses ressentis et la manière qui nous convient le mieux pour pouvoir vivre la plénitude spirituelle.

Comer se base sur Gary Thomas pour décrire différentes manières de rencontrer Dieu suivant nos sensibilités, incluant les bougies, l’encens, ou d’autres rituels. Le but est que chacun mette en place ce qui lui correspond le mieux selon son tempérament. Nous avons là un vrai « pluralisme évangélique », où l’on refuse d’affirmer que certaines approches seraient meilleures que d’autres : chacun peut plutôt se construire sa propre manière de vivre l’intimité avec Dieu, ignorant ainsi ce que Dieu lui-même nous a prescrit. Et comme toujours, au final, c’est la parole de Dieu qui est rabaissée.

Que cela plaise ou non à nos sensibilités modernes, nous devons nous rappeler que le moyen prescrit par Dieu pour vivre l’intimité avec lui est la méditation de sa parole. Le psaume 119 ne contient pas 176 versets qui célèbrent les bougies et l’encens, mais la parole de Dieu qui le révèle.

À ce sujet, dans ce livre, on retrouve à plusieurs reprises une opposition entre théologie et ressenti, ou entre la tête et le cœur6. Il est tout à fait biblique de dire que l’attachement à la bonne doctrine devrait impacter notre cœur et nos affections. La tradition chrétienne a bien reconnu cela. Pour les réformateurs ou les puritains, par exemple, il était clair que la « piété » impliquait les deux : la tête et le cœur ! Mais Comer dit plus que cela. Selon lui, (1) un attachement trop sérieux à la théologie freinerait la vraie expérience avec Dieu, et (2) la vraie intimité avec Dieu peut se vivre sans passer par notre entendement, mais directement dans notre cœur7.

Ces présupposés sont faux. Oui, la vraie doctrine va transformer nos cœurs et nos affections. Cependant, cela ne peut pas avoir lieu sans passer par notre entendement ou notre intelligence. En d’autres termes, avant de ressentir, nous devons comprendre et croire. Le chemin vers notre cœur passera toujours par notre cerveau8.

4. Une remise en cause de la suffisance de Christ

En lisant le livre, on a l’impression que Comer a trouvé le secret de la plénitude, de la vie abondante, la « vraie vie » (cf. p. 83). Cette vie est accessible à quiconque s’ouvre aux mêmes pratiques mystiques que lui. En ceci, le discours de Comer remet en cause la suffisance de Christ, affirmant que la plénitude se trouverait dans certaines pratiques que nous devrions respecter. Par exemple, Comer écrit :

Si nous voulons progresser dans notre voyage sur le chemin spirituel, il nous faut désirer cette dimension monastique intérieure, avec de longs moments ininterrompus de prière silencieuse, des jours de jeûne, et la pratique des disciplines de l’abstinence pour nous séparer de la recherche effrénée du plaisir, de l’hédonisme et du matérialisme de notre culture.
– p. 260

Pourtant, la parole de Dieu nous dit que le Christ que nous rencontrons dans l’Écriture est pleinement suffisant : nous avons tout pleinement en lui (Col 2.10) ! Il faut rejeter tout enseignement qui nous promettrait la plénitude ailleurs qu’en Christ, surtout dans des pratiques que l’Écriture ne commande pas et qui ne tirent pas leur source en Christ lui-même (Col 2.16-23).

Pour reprendre les mots de Colossiens 2.23, ce que Comer met en avant semble avoir « une apparence de sagesse », car cela évoque un « culte volontaire, humilité et rigueur pour le corps ». Combien c’est spirituel de faire cela pour vivre l’intimité avec Dieu, n’est-ce pas ? Mais le verset continue en disant que ces choses « ne méritent pas d’honneur et contribuent à la satisfaction de la chair ». Ne nous laissons pas avoir.

5. Une mauvaise doctrine de Christ ?

Dans son chapitre 4, Comer nous invite à « faire ce que Jésus a fait ». Selon lui, c’est cela le rôle d’un apprenti : faire comme son maître. Ainsi, « si vous êtes un apprenti de Jésus, votre objectif final est de grandir et de mûrir pour devenir le genre de personne qui peut dire et faire toutes les choses que Jésus a dites et faites » (p. 164).

Par « toutes les choses », Comer entend bien « toutes les choses », y compris les miracles. La capacité que Jésus avait de faire des miracles ne viendrait pas du fait qu’il était Dieu, mais du Saint-Esprit (p. 167). Revêtus du même Esprit, nous serions donc appelés à l’imiter et à produire les mêmes miracles.

Ce que Comer enseigne ici, c’est une version de la « christologie de l’Esprit » (Spirit Christology). Je ne vais pas ouvrir le sujet, car cela risquerait d’être trop long. Mais il suffit de dire qu’un tel enseignement comprend mal (1) le rôle de l’Esprit dans la personne du Christ, (2) l’union entre ses deux natures, (3) l’unité entre les trois personnes de la Trinité.

6. Un manque de clarté sur l’Évangile

Ce n’est pas une surprise, mais Comer n’est pas clair sur l’Évangile (voir pp. 37-45). Selon lui, la présentation classique de l’Évangile « ne ressemble en rien à l’Évangile prêché par Jésus lui-même » (p. 39). Pourtant, il ne prend pas le temps de définir clairement ce qu’était cet Évangile prêché par Jésus. Il parle du péché, sans être clair sur ce qu’est le péché ni sur sa gravité (pp. 40-41). Ce qui prend le devant, c’est la notion d’apprentissage et de transformation. C’est comme si la justification n’existait pas, et que seule la sanctification comptait.

Si nous ne pouvons pas faire confiance à Comer pour définir l’Évangile, le fondement de notre foi, pourquoi devrions-nous lui faire confiance sur le reste ?

7. Un manque de clarté sur la croix

La croix occupait la place d’honneur dans la prédication des apôtres (cf. 1Co 2.2), mais elle n’a aucune place dans l’enseignement de Comer. En particulier, Comer est allergique aux présentations classiques de la mort de Christ, et surtout à la notion de substitution pénale (comme il l’a exprimé dans d’autres contextes)9.

En plaçant tellement d’importance sur le mode de vie de Jésus, Comer a mis de côté le plus important : sa mort, qui est l’accomplissement de sa vie. Comer oublie que « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19.10), et qu’il a fait cela par sa vie parfaite et sa mort à notre place.

Jésus n’est pas venu avant tout pour nous donner un mode de vie. Il n’est pas venu comme un coach de développement personnel. Il est venu comme Sauveur, et il nous sauve en prenant sur lui la peine que nos péchés méritent. Si l’on enlève cela, il n’y a plus de bonne nouvelle. Jésus devient un coach de vie parmi d’autres.

Conclusion : qui suivre ?

Tout au long de son livre, Comer cite avec affirmation des personnes issues de différentes traditions : des évangéliques, des catholiques, des orthodoxes, des mystiques, des libéraux… sans réaliser que ces traditions ont des désaccords profonds sur le contenu de « la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes » (Jd 1.3). C’est un triste exemple du pluralisme religieux qui a infecté même nos milieux évangéliques.

Vous vous doutez donc bien que je ne recommande pas le livre Suivre la voie de Jésus. Qu’en est-il de l’autre livre de John Mark Comer, Ralentir de toute urgence? Je ne l’ai pas lu. Dans ce que j’ai lu de Comer, il cible avec justesse le problème de notre époque, d’un rythme effréné et dépendant des réseaux sociaux. C’est probablement ce qui le rend attrayant. Cependant, je serais très vigilant à recommander un livre écrit par quelqu’un qui se dit chrétien, mais qui renie les vérités les plus fondamentales de la foi chrétienne. Comer n’est pas un guide spirituel fiable, et je crois que nous éloigner de ses écrits n’affectera pas négativement notre vie spirituelle. Bien au contraire.

Tim Challies résume bien la situation face à nous, en parlant de John Mark Comer :

Si vous suivez ses conseils et adoptez son enseignement, votre vie devra changer, votre conception de la théologie devra probablement changer, votre pratique de la spiritualité devra changer, votre Église devra changer, et votre Évangile devra changer10.

Personnellement, je passe mon chemin !

Des alternatives

Plutôt que de lire le livre de John Mark Comer, je vous recommande :

  • Vivre pour Jésus, de Raphaël Charrier. Ce livre ne cherche pas à innover et explique simplement ce que signifie vivre en tant que disciple de Jésus selon la Bible.
  • Trouver sa joie en Dieu, de David Mathis. Ce livre met en avant les moyens que Dieu lui-même a prescrits pour pouvoir nourrir notre intimité avec lui.
  • Pour les lecteurs anglophones, je recommande vivement A heart aflame for God, de Matthew Bingham, qui montre à quoi ressemble une approche de la spiritualité ancrée dans la Parole de Dieu.

Notes et références :

  1. Il dénonce également avec justesse l’individualisme et l’impact néfaste des réseaux sociaux. ↩︎
  2. Source : Clearlyreformed.org. ↩︎
  3. C’est particulièrement frappant alors que Comer commente certains textes bien connus qui parlent du salut, par exemple Jean 14.6, où Jésus dit qu’il est le seul chemin. Comer critique la mauvaise interprétation selon laquelle il s’agirait d’une déclaration « concernant qui est dedans ou qui est dehors, qui va en enfer et qui est en route pour le paradis » (p. 46). Selon Comer, le chemin est plutôt une référence à la bonne manière de vivre, « à l’union entre sa vérité (son enseignement) et sa voie (son style de vie) comme le seul moyen d’accéder à la vie avec Dieu qui nous est offerte » (p. 46). En d’autres termes, il suffit d’être un apprenti de Jésus pour pouvoir accéder à la vie que Dieu offre. Pourtant, une simple lecture du contexte montre bien qu’en parlant de « chemin », Jésus ne parle pas d’un « style de vie », mais du chemin qui mène vers le Père : Jésus est le seul qui peut nous donner accès au Père. Il s’agit bel et bien de salut ici ! Voir également son interprétation de Matthieu 7 (p. 48) ou de Jean 1.39 (p. 94). ↩︎
  4. 1. Le reste du Nouveau Testament n’utilise pas cette désignation pour les chrétiens (on ne la retrouve que dans le livre des Actes). 2. Ce n’est pas la seule manière de désigner les chrétiens dans le livre des Actes. 3. « La Voie » n’avait pas pour but de désigner un style de vie, mais était probablement une référence à Ésaïe 40.3 et à la « voie du Seigneur ». 4. La prédication des apôtres dans Actes n’appelle pas les gens à devenir des « apprentis de la Voie ». (source) ↩︎
  5. En plus des exemples ci-dessous, le mysticisme de Comer se voit également lorsqu’il explique que la prière inclut non seulement le fait de parler à Dieu, mais aussi de « parler avec Dieu » et « d’écouter Dieu », affirmant que ces éléments sont essentiels à la prière (pp. 237-238). Comer affirme pourtant que « les Écritures sont le principal moyen par lequel nous sommes “transformés par le renouvellement de [notre] intelligence” » (pp. 239-240). Cependant, cette affirmation n’a aucun poids au vu du reste de son livre, qui montre que les Écritures ne sont pas suffisantes pour atteindre cette transformation. ↩︎
  6. Voir par exemple p. 77. ↩︎
  7. Par exemple, Comer écrit : « Les mystiques sont ceux qui ne se contentent pas de lire des livres ou d’entendre des sermons sur cette glorieuse réalité ; ils veulent faire l’expérience de cet amour et être transformés par lui en des personnes d’amour. » (p. 79). C’est la même chose en ce qui concerne la sanctification. Pour Comer, prendre en compte uniquement le cerveau est « insuffisant ». Ce qu’il faut pour vivre la vraie transformation, « c’est quelque chose que l’on fait avec tout son corps » (p. 122). Pourtant, la Bible est claire que la transformation va venir par notre entendement (Rm 12.1 ; Col 3.2 ; 2Co 10.5). Ressembler à Jésus commence dans notre cerveau ! ↩︎
  8. À ce sujet, je ne peux que recommander le livre A heart aflame for God, de Matthew Bingham, surtout le chapitre 2. ↩︎
  9. Cela se voit par exemple alors qu’il écrit ceci, cherchant à corriger cette position : « Pour un grand nombre de chrétiens occidentaux, il [Jésus] est le mécanisme fonctionnel d’une théorie particulière de l’expiation, comme si la seule raison de sa venue était de mourir et non de vivre » (pp. 21-22). ↩︎
  10. Source : Challies.com, « John Mark Comer and practicing the way » ↩︎