Prenons par exemple la question très moderne (et fréquente) : « Si je suis sauvé par grâce, pourquoi devrais-je obéir à Dieu ?» En seulement 74 mots, le catéchisme de Heidelberg (1563) arrive à donner 3 raisons explicites et j’y décèle même une quatrième raison. Regardons-les.
Tout d’abord, voici ce que dit le catéchisme :
Question 86: Puisque nous sommes délivrés de notre misère par la grâce du Christ, sans aucun mérite de notre part, pourquoi devons-nous faire des œuvres bonnes ?
Réponse: Parce que le Christ, après nous avoir rachetés par son sang, nous renouvelle aussi par son Saint-Esprit à son image, afin que nous montrions à Dieu, par toute notre vie, notre reconnaissance pour ses bienfaits et qu’ainsi nous le glorifiions ; ensuite, afin que nous puissions aussi être nous-mêmes assurés de notre foi par les fruits qu’elle porte et que par la sainteté de notre vie, nos prochains soient gagnés à Jésus-Christ.
Après la réponse, les auteurs du catéchisme citent les passages bibliques sur lesquels ils se sont basés (Rm 12.1-2 ; 1P 2.5 ; 1P 2.9-11 ; 1Co 6.19-20 ; Mt 5.16 ; 1P 2.12 ; Mt 7.17 ; Ga 5.5 ; Ga 5.22-25).
Maintenant, faisons ressortir les trois raisons. On obéit (c’est à dire, on fait des œuvres bonnes) :
- Par reconnaissance à Dieu (« afin que nous montrions à Dieu, par toute notre vie, notre reconnaissance pour ses bienfaits ») ;
- Pour se rassurer qu’on est vraiment nés de nouveau (« afin que nous puissions aussi être nous-mêmes assurés de notre foi par les fruits qu’elle porte ») ;
- Pour servir de témoignage à nos proches qui ne sont pas-encore-chrétiens (« que par la sainteté de notre vie, nos prochains soient gagnés à Jésus-Christ »).
Une quatrième raison peut être relevée dans la première phrase de la réponse. Si nous sommes conscients et participants dans les trois premières raisons, Jésus est le seul acteur de la quatrième : Jésus, « après nous avoir rachetés par son sang », nous transforme et produit cette obéissance en nous. Il « nous renouvelle aussi par son Saint-Esprit à son image ». Comme un pommier va naturellement produire des pommes (et pas des bananes), le chrétien va naturellement vouloir produire des œuvres bonnes.









