Quand la vie d’une mère ne correspond pas à ses attentes

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Quand la vie d’une mère ne correspond pas à ses attentes
Nicole Whitacre
Nicole Whitacre

Nous connaissons toutes des moments où la vie bouleverse nos attentes concernant la maternité. Mon « moment » est survenu très tôt, mais tôt ou tard, cela nous arrive à toutes. C’est pourquoi, si je pouvais donner un conseil à chaque future mère, ce serait de lire le livre de l’Ecclésiaste.

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Je sais que cela peut paraître étrange, mais lire ce petit livre de la Bible est l’une des meilleures façons de se préparer à devenir mère.

L’Ecclésiaste nous enseigne à toutes, jeunes mamans, mères d’adolescents ou femmes dont les enfants ont quitté le nid, comment être des mères réalistes, joyeuses et qui aiment Dieu.

Les tout premiers jours de la vie d’une jeune maman sont aussi excitants qu’épuisants. 48 heures après être devenue mère, et 3 heures après être rentrée de l’hôpital avec mon nouveau-né, je me suis levée du canapé et j’ai senti une douleur vive, mais brève, au côté droit. Cette douleur est devenue atroce et, le lendemain matin, je ne pouvais plus porter ni nourrir mon enfant.

Après plusieurs jours à prendre de simples médicaments, mon médecin m’a envoyée à l’hôpital. Un seul regard à mes résultats, et l’on me préparait pour une opération en urgence. J’ai passé deux semaines à l’hôpital pendant que ma petite sœur s’occupait de mon enfant. Ce n’est qu’après une multitude de médicaments, puis une seconde opération trois mois plus tard, que j’ai finalement été suffisamment en forme pour prendre soin de mon fils. Autant dire que je ne m’attendais vraiment pas à cela en devenant mère1.

L’Ecclésiaste m’a appris à être une mère réaliste

Si nous avons des attentes utopiques concernant la maternité, Salomon nous ramène vite à la réalité dans l’Ecclésiaste :

Vanité des vanités […] Vanité des vanités ! Tout est vanité.
– Ecclésiaste 1.2

Par « tout », bien sûr, on comprend la vie entière. Mais peut-être faut-il aussi penser, d’une manière particulière, à la maternité, puisque les mères donnent la vie. Être mère est une vanité des vanités. Ici, le mot « vanité » signifie : « un simple souffle ». Comme un souffle, la maternité est brève et hors de notre contrôle. Un jour, tu mets au monde un enfant ; le lendemain, tu l’envoies dans le monde. Inspire, expire, et c’est fini. C’est aussi simple que cela.

Finalement, du début jusqu’à la fin de cette courte course, de la grossesse à la puberté, du berceau à l’université, nous ne sommes pas aux commandes. Nous ne pouvons pas choisir quand nos enfants naissent ni ce qu’ils deviendront. Nous ne pouvons pas écrire leurs succès et leurs échecs, choisir leur conjoint ou décider s’ils suivront Christ ou non. La maternité passe, et tout nous échappe.

Pourtant, la maternité ne semble pas toujours éphémère, n’est-ce pas ? Après de longues nuits avec un bébé qui fait ses dents, ou face à un adolescent en pleine crise, nous sommes d’accord avec Salomon pour dire que « tout est en mouvement, plus qu’on ne peut le dire » (Ec 1.8).

Les années de fatigue liées à la maternité sont souvent remplies de questions inquiètes : « Pourquoi mon enfant a-t-il des difficultés ? Comment puis-je l’aider à se faire des amis ? Réussira-t-elle un jour à l’école ? Comment puis-je améliorer notre relation ?» Aucune avancée technologique ni aucun conseil trouvé sur les réseaux sociaux ne peut mieux nous éclairer que les mères qui nous ont précédées, car, comme le dit Salomon :

Une génération passe et une autre arrive […] Ce qui a existé, c’est ce qui existera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera.
– Ecclésiaste 1.4, 9

Pour parler franchement, comme le fait Salomon : être mère est douloureux. « C’est dans la douleur que vous enfanterez » : voilà la malédiction prononcée dans le jardin, et elle est toujours d’actualité (Gn 3.16).

La douleur de l’accouchement n’est qu’un début, car elle s’estompe souvent en comparaison de la peine que l’on ressent en élevant ses enfants. La grossesse peut laisser des vergetures sur le corps d’une femme, et les adolescents peuvent faire apparaître des rides d’inquiétude sur son visage.

La maternité est une activité brève, épuisante et brutale, à laquelle on ne peut échapper. Ou, pour reprendre l’expression de Salomon : « C’est une occupation pénible que Dieu réserve aux humains » (Ec 1.13). Et ce n’est qu’une courte inspiration ! Vanité des vanités ! Toute la maternité est vanité.

Pourquoi brosser un tableau aussi sombre de la maternité ? Est-ce que j’essaie de dissuader les femmes de devenir mères ? Bien au contraire. Je souhaite voir davantage de chrétiennes élever leurs enfants dans la discipline et les commandements de Dieu, avec une assiduité et un courage nourris par la joie.

Mais l’Ecclésiaste m’a appris que le chemin de la joie passe par la vie réelle ; elle ne l’évite pas. Voilà pourquoi les mères devraient lire l’Ecclésiaste : dans ce petit livre, Salomon nous oblige à faire face à la réalité. Il insiste pour que nous considérions la vie et la maternité telles qu’elles sont réellement, et non telles que nous voudrions qu’elles soient.

Il nous enlève toutes nos conceptions utopiques et idolâtres de la maternité, et les remplace par la vérité biblique. Ce n’est qu’en faisant face aux réalités de la maternité que nous pouvons apprendre à apprécier le fait d’être mère.

L’Ecclésiaste m’a appris à être une mère joyeuse

Après nous avoir dit que toute la vie, et donc toute la maternité, est vanité — brève, brutale et épuisante — Salomon nous dit, paradoxalement, que nous devrions en profiter :

J’ai reconnu que leur seul bonheur consiste à se réjouir et à bien agir pendant leur vie.
– Ecclésiaste 3.12

En d’autres termes, le meilleur conseil pour les mères est le suivant : soyez joyeuses avec vos enfants, et faites-leur du bien aussi longtemps que vous vivrez.

Le hic, c’est que nous ne pouvons pas produire cette joie dans la maternité ; nous ne pouvons que la recevoir de Dieu :

Cela aussi, je l’ai bien vu moi-même, dépend de Dieu. En effet, qui peut manger et jouir de quelque chose, en dehors de moi ?
– Ecclésiaste 2.24-25

Chaque joie de la maternité est un don de Dieu. La joie ne se trouve pas au bout d’une bourse d’études ni dans l’amitié d’un enfant devenu adulte. Aucun effort maternel, aucune réussite d’un enfant, ne peut procurer la joie. Nous n’élevons pas des enfants qui réussissent pour nous créer de la joie ; nous les élevons avec joie, quoi qu’il arrive.

En fait, nous ne parvenons pas toujours à trouver de la joie dans la maternité parce que nous essayons de tirer de la joie de nos enfants, au lieu de les recevoir comme un don de Dieu dont nous pouvons profiter. Lorsque nous essayons d’obtenir de nos enfants plus que ce que Dieu nous a donné, nous transformons la bénédiction de la maternité en fardeau.

Par exemple, il se peut que nous fondions notre identité sur le fait d’être mère, ou que nous en tirions un sentiment d’importance. Être mère revient alors à faire en sorte que nos enfants réussissent, afin que nous soyons bien vues par les autres ou satisfaites de nous-mêmes.

Peut-être voulons-nous que nos enfants nous respectent et soient reconnaissants. Peut-être voulons-nous simplement ressentir le sentiment de réussite que nous pensons obtenir en étant mères, ou en étant proches de nos enfants. Si notre joie d’être mère dépend de notre relation avec nos enfants ou de leur réussite, alors nous ne serons jamais heureuses.

Au contraire, être joyeuse signifie accueillir avec gratitude les enfants que Dieu choisit de nous donner, et recevoir les dons qu’il choisit d’attribuer — ou de ne pas attribuer — à nos enfants.

Mais lorsque la maternité est difficile et l’issue incertaine, comment être joyeuse ? En profitant des cadeaux quotidiens que Dieu offre aux mères. Comme le répète Salomon :

Si un homme mange, boit et prend du plaisir dans tout son travail, c’est un cadeau de Dieu.
– Ecclésiaste 3.13

Notre tâche de « nous réjouir » dans la maternité est en fait assez simple. Il nous suffit de rechercher les petits bonheurs ordinaires de Dieu et d’en profiter chaque jour, au fur et à mesure qu’ils viennent.

Chaque bisou poisseux d’un bambin, chaque douce conversation avec un adolescent, chaque devoir terminé, chaque nuit complète de sommeil, chaque tasse de café et chaque dîner en famille est un cadeau de Dieu. Peu importe à quel point votre vie de mère est difficile, Dieu vous offre aujourd’hui des cadeaux à apprécier.

Regarde, reçois et apprécie. La joie est le travail d’une mère. C’est la tâche précieuse que nous sommes appelées à accomplir aujourd’hui, demain et chaque jour, pour le reste de notre vie.

L’Ecclésiaste m’a appris à être une mère pieuse

La sagesse de Salomon enlève tout doute quant à ce que signifie être une mère pieuse. Il nous dit que nous devons être joyeuses et faire le bien avec joie. Nous devrions prendre du plaisir dans tout notre travail : c’est un cadeau de Dieu (Ec 3.12).

Soyons honnêtes. Nous n’abordons pas souvent nos tâches quotidiennes de mère comme une occasion de joie donnée par Dieu. En fait, nous considérons trop souvent l’organisation des repas, l’apprentissage de la propreté, les trajets en voiture et l’éducation des enfants comme certains des aspects les plus désagréables de notre vie.

Mais Salomon dit exactement le contraire : nous devrions prendre plaisir à tout notre labeur de mère. Non seulement Dieu remplit nos vies de bonnes choses à faire pour nos familles aujourd’hui, mais il accompagne notre travail de plaisir. Il nous donne le sentiment d’accomplir un travail utile pour nos enfants, puis il nous donne la joie d’accomplir ce travail.

Paul fait écho à Salomon lorsqu’il écrit :

En réalité, c’est lui qui nous a faits ; nous avons été créés en Jésus-Christ pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions.
– Éphésiens 2.10

En tant que mamans, nous pouvons savoir quelles bonnes œuvres nous devons accomplir aujourd’hui. Dieu nous l’a clairement indiqué dans sa Parole. En tant que mères, nous devons enseigner avec diligence à nos enfants à aimer Dieu et à aimer les autres (Dt 6.4-9). Nous devons leur donner nourriture et vêtements, bonté et sagesse (Pr 31). Nous devons instruire et discipliner nos enfants, leur apprendre à nous obéir en toutes choses afin qu’ils soient bénis (Ép 6.1-4). Nous devons aimer nos enfants et nous occuper du foyer (Tt 2.3-5). Plus important encore, nous sommes appelées à partager l’Évangile avec nos enfants.

Ces œuvres bonnes sont juste devant nous, prêtes à être mises en pratique.

Il est vrai qu’elles peuvent sembler ordinaires, voire ingrates, et c’est pourquoi nous les évitons parfois. Ce n’est certainement pas le bien que Dieu m’a appelée à faire ? N’a-t-il pas un travail plus important à accomplir pour moi ?

Beaucoup de femmes pensent à tort que les vraies œuvres se trouvent à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur du foyer. Mais si nous avons des enfants à la maison, alors être occupée dans ce foyer est le travail le plus important que nous puissions faire. Ce travail, et le plaisir que nous pouvons y trouver, sont un don de Dieu.

Faire du bien à nos enfants n’est généralement pas prestigieux, mais c’est toujours glorieux. Les tâches ingrates prennent tout leur sens lorsque Dieu en fait des tâches porteuses d’un but particulier et d’une vraie joie.

Le mois dernier, je me suis réjouie avec de nouvelles mamans — y compris ma belle-sœur, qui a donné naissance à une merveilleuse petite fille — et j’ai pleuré et prié pour des mamans d’enfants rebelles. La sagesse de l’Ecclésiaste s’adresse à nous toutes. Salomon a vu la vanité de la vie et de la maternité, mais il a aussi vu la meilleure façon d’avancer :

J’ai donc fait l’éloge de la joie […] voilà ce qui l’accompagne dans sa peine, durant la vie que Dieu lui donne sous le soleil.
– Ecclésiaste 8.15

C’est pourquoi je recommande l’Ecclésiaste aux mères du monde entier.


  1. Ndlr : Nous avons pris la liberté d’inverser les deux premiers paragraphes de l’article original. ↩︎

Article traduit de l’anglais avec autorisation. Publié par Crossway. Titre original : « What Ecclesiastes taught me about being a mom » (« Ce que l’Ecclésiaste m’a appris sur la maternité »). Merci à Léa-Ly Lagache pour la traduction et à Amalia Naas pour son travail de relecture. Publié pour la première fois le 22 janvier 2024, remis en avant pour atteindre de nouvelles lectrices.


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