Au cours de sa prière dans Jean 17, Jésus évoque beaucoup l’unité des croyants et leur rapport au monde. Dans l’extrait qui suit, il aborde plus spécifiquement le rapport des croyants au monde.
Quand Jésus prie en faveur de ses disciples, il dit:
Je leur ai donné ta parole et le monde les a détestés parce qu’ils ne sont pas du monde, tout comme moi, je ne suis pas du monde. Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les préserver du mal. Ils ne sont pas du monde, tout comme moi, je ne suis pas du monde. Consacre-les par ta vérité! Ta parole est la vérité. Tout comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai moi aussi envoyés dans le monde, et je me consacre moi-même pour eux afin qu’eux aussi soient consacrés par la vérité.
Jean 17.14-19
Jésus enseigne ici deux vérités essentielles sur les relations entre les croyants et le monde: premièrement, les croyants ne sont pas du monde et deuxièmement, ils sont envoyés dans le monde. On peut résumer ces deux notions en disant simplement que nous sommes dans le monde mais pas du monde.
En tant que chrétiens, nous n’appartenons plus à la chair, mais à l’Esprit. Au moment de notre conversion, notre ADN a changé, de telle sorte que nous ne sommes plus du monde. En tant que nouvelles créatures, Jésus nous envoie pour faire des disciples, les baptiser et leur enseigner tout ce qu’il a prescrit.
Voici deux tentations à éviter: l’isolationnisme et le conformisme.
Lorsque Jésus nous envoie dans le monde sans être du monde, il nous sépare du monde, puis, immédiatement après, il nous y envoie. Cette double mission, si elle est mal comprise, peut amener les chrétiens à tomber dans l’un ou l’autre écueil.
L’isolationnisme est le réflexe du chrétien qui met l’accent sur la séparation d’avec le monde. Ce chrétien peut vivre une vie chrétienne épanouie dans plusieurs domaines. Il lutte pour sa sainteté, il cherche la vérité et il entretient sa piété. Mais en s’isolant du monde, il oublie sa vocation de messager. Le chrétien est fondamentalement un envoyé, un missionnaire.
Le conformisme est le réflexe du chrétien qui met l’accent sur la vie dans le monde. Ce chrétien cherche à être assimilé au monde à tout point de vue. Il adopte le mode de vie et la culture ambiante. Il obéit avec zèle à l’ordre de mission de Jésus, mais celle-ci finit par être vidée de sa substance, étant donné qu’il ne parvient plus à montrer au monde ce qu’est être disciple de Jésus, tant son assimilation est importante.
Comment éviter ces deux pièges? Nous devons être dans le monde mais pas du monde. Qu’est-ce que cela signifie concrètement?
[Prenons] l’image de l’apatride1. Imaginez que vous ayez acquis la nationalité du nouveau pays qui vous a accueilli. Quelques années ont passé. Vous êtes bien intégré. Un beau jour, un employé du gouvernement vous appelle et vous demande de devenir ambassadeur de votre nouveau pays dans celui d’où vous venez, le pays où vous viviez avant de recevoir cette proposition de naturalisation. Vous acceptez. Quelques semaines plus tard, vous quittez votre nouveau pays et retournez vivre dans l’ancien. À quoi ressemblera votre vie dans ce pays, désormais? Comment le verrez-vous, après l’avoir quitté?
Avant, vous viviez clandestinement dans l’ancien pays. Vous n’aviez ni statut ni avantages. Désormais, vous revenez, mais tout est différent. Vous êtes citoyen d’un pays. Vous êtes même ambassadeur. Vous ne vous évaluez plus en fonction des critères en vogue dans cette nation, mais en fonction de votre état d’ambassadeur du nouveau pays. En tant que chrétiens, nous vivons quelque chose de similaire. Nous vivons dans le monde, mais notre identité n’est pas réellement liée à ce monde. Notre situation professionnelle, notre catégorie sociale, nos accomplissements, notre influence et notre pouvoir n’ont plus réellement d’importance. Au lieu de cela, ce qui compte vraiment est notre amour pour Dieu et pour les autres. Notre valeur n’est plus déterminée par ce monde, mais par Dieu.
En arrivant dans l’ancien pays, vous vous rendez compte que votre regard a changé. Les coutumes et le mode de vie vous semblent étranges et ne vous attirent plus comme avant. Vous savez que la vie dans le nouveau pays est infiniment meilleure que celle que vous viviez dans l’ancien pays, il y a quelques années. En tant que chrétiens, nous vivons quelque chose de similaire. Notre regard sur le monde a changé. Il y a de bonnes choses dans le monde et nous en profitons, mais ces choses ne nous attirent plus comme avant. Nos pensées sont attirées vers la vie éternelle. Nous sommes motivés par l’accomplissement de la volonté de Dieu.
Vous êtes un ambassadeur du nouveau pays, désormais. Par conséquent, vos actions n’engagent pas que vous: elles portent la marque de la nation qui vous envoie. Vous prenez donc soin d’honorer le nouveau pays auquel vous appartenez dans tout ce que vous faites. En tant que chrétiens, nous vivons quelque chose de similaire. Notre désir le plus cher est de faire en sorte que Dieu soit connu et honoré, que l’Évangile soit prêché le plus largement possible et que les disciples de Jésus grandissent.
Cette illustration nous aide à comprendre le statut de l’Église, qui est dans le monde sans être du monde. [Dans le prochain extrait, nous verrons] ce que cela signifie concrètement pour l’Église.
webinaire
Ressembler à Jésus: comment y arriver?
Découvrez le replay du webinaire de Raphaël Charrier, enregistré le 26 avril 2023. Il y explore le concept de la sanctification à travers une perspective biblique et les moyens que Dieu met à notre disposition pour nous transformer à l’image de Jésus. \

Orateurs
R. Charrier
