Toutes les absurdités de la vie viennent du mariage.
Grégoire de Nysse
Dans le Nouveau Testament, la virginité a un motif positif : le Royaume et le Seigneur (Mt 19.12). Mais pour les Pères, c’est devenu surtout une pratique ascétique doublée d’une dévalorisation du mariage. Comment l’expliquer ?
Il s’agit d’une influence de la culture de leur temps. Pensons à l’idéal stoïcien d’absence de désirs. Et surtout pensons au néoplatonisme : pour s’élever l’âme doit se détacher du corps. C’est l’âme qui est l’homme. Le corps n’est pas aimable, c’est un perturbateur, c’est juste le tombeau de l’âme : voilà ce qu’était la pensée du monde au temps des Pères. Bien sûr, cela ne justifie en rien leurs erreurs, mais cette précision de contexte est nécessaire.
Et maintenant, posons-nous une question. Le monde n’est-il pas passé d’un extrême à un autre en quelques siècles ? Il est passé d’une dévalorisation totale du corps et de la sexualité à une survalorisation de ces deux aspects de notre condition humaine. Nous critiquons la pensée « arriérée » des premiers siècles, mais ne sommes-nous pas tout aussi influencés par les idées de notre monde ?
Sommes-nous influencés par le monde ou sommes-nous ancrés dans la vérité : c’est-à-dire dans la Parole de Dieu ?
Demain débute une nouvelle série « à l’écoute de… ».








