Le Sabbat chrétien (4/5): Réponse à 5 objections courantes

Dans cet article nous répondrons à 5 objections, souvent faites à propos du sabbat chrétien.

Objection 1: Jésus le maître du sabbat, l’a rendu nul

Accusé par les pharisiens de transgresser la loi du sabbat, Jésus ne répond pas qu’il se contente de transgresser la loi orale. Il fait au contraire cette déclaration stupéfiante : de même que le roi David et les prêtres étaient à certains égards « au dessus de la loi », lui-même n’était pas soumis à la loi du sabbat (Lc 6.1-11 ; cf. Mc 2.3-28) Non seulement cela signifie que Jésus possède une autorité au moins aussi grande que la loi mosaïque, mais cela suggère aussi qu’il est celui qui apportera les bénédictions du sabbat à Israël. […] En affirmant ainsi son autorité sur le sabbat, Jésus l’arrache à son cadre légal et fait advenir le repos dont le peuple de Dieu aurait depuis toujours dû bénéficier.

Ces mots nous disent que Jésus, David et les Lévites n’étaient pas tenu « à certains égards » d’obéir à la loi. Jésus est le maître du sabbat, il n’est donc pas obligé de lui obéir. Par ailleurs, en tant que maître du sabbat, il libère les chrétiens de l’obligation d’obéir au cadre légale du sabbat.

D’après ce qui a été dit, Jésus n’est pas en train de désobéir uniquement à la tradition des scribes et des pharisiens, il est bien en train de désobéir à la loi de Moïse parce que son autorité lui est « au moins égale ».

Mais est-ce ce qui se passe? Celui qui a dit qu’il n’est pas venu abolir la loi et les prophètes mais les accomplir est-il maintenant en train de se déclarer au dessus de la loi? Accomplit-il la loi en lui désobéissant?

Dans l’extrait cité, l’auteur prend Luc 6.1-11, Matthieu 12.1-8 et Marc 2.3-38 pour appuyer ses dires. Pourtant, Jésus ne dit pas seulement « je suis le maître du sabbat » pour se justifier, il donne aussi une explication sur la manière dont il agit. Jésus nous explique pourquoi les disciples ont arraché des grains de blé le jour du sabbat et pourquoi il a guéri le jour du sabbat.

En Matthieu et Luc, il l’explique par cette question: est-il permis oui ou non de faire le bien le jour du sabbat? Quel est la réponse à cette question? L’un d’entre nous dirait-il non? Mon repos du sabbat m’interdit-il de faire du bien à un homme? Est-ce ce qu’enseignent la loi et les prophètes?

Si tu retiens ton pied pendant le sabbat, Pour ne pas faire ta volonté en mon saint jour, Si tu fais du sabbat tes délices, Pour sanctifier l’Eternel en le glorifiant, Et si tu l’honores en ne suivant point tes voies, En ne te livrant pas à tes penchants et à de vains discours, Alors tu mettras ton plaisir en l’Eternel, Et je te ferai monter sur les hauteurs du pays, Je te ferai jouir de l’héritage de Jacob, ton père; Car la bouche de l’Eternel a parlé. (Es 58.13-14)

Dans ce chapitre, Dieu, par le prophète Esaïe, reproche au peuple juif de ne jeûner et de faire le sabbat d’une manière qui est selon leur voie, mais pas selon la sienne. Ils jeûnent et font un sabbat qui leur plait mais que ne plait pas à Dieu. Dans les versets cités, Dieu demande donc de ne pas suivre nos voies et de ne pas nous livrer à nos penchants.

Le début du chapitre, nous explique que cela signifie arrêter de mépriser le faible mais plutôt d’avoir une attitude qui reflète Dieu :

Voici le jeûne auquel je prends plaisir: Détache les chaînes de la méchanceté, Dénoue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprimés, Et que l’on rompe toute espèce de joug;  Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne pas de ton semblable. (Es 58.6-7)

Qu’est-ce donc suivre la voie de Dieu pendant le sabbat? Faire du bien aux faibles. Quelle est donc la réponse à la question de Jésus? Est-il permis oui ou non de faire le bien le jour du sabbat?

Non, ce n’est pas permis… C’est un commandement! Ce n’est pas une option qui est mise devant nous. Dieu ne nous dit pas: tu es libre, le jour du sabbat, fais ce que tu veux, tu peux ou pas faire du bien. Il nous commande de faire du bien aux faibles. Jésus ne s’est pas dit : « Il a sa main sèche depuis tant d’années, un jour de plus ou un jour de moins… Je le guérirai demain, aujourd’hui c’est le sabbat. » Il pouvait le faire et il l’a fait d’autant plus que c’était le sabbat.

Jésus a-t-il donc désobéi ou s’est il montré au-dessus de l’enseignement de la loi et des prophètes en faisant le bien, en guérissant le jour du sabbat? Non, il a obéit à la loi interprétée par le prophète Ésaïe.

Ceci est encore plus frappant quand nous considérons Luc 13.16. Lors d’une autre guérison, il déclare qu’il a libéré une croyante du joug de Satan, or Esaïe commande spécifiquement de rompre tout lien et tout joug lors du sabbat. Jésus a-t-il désobéi au sabbat en guérissant? Non, il lui a obéi.

Quand Jésus et ses disciples ramassent les blés le jour du sabbat, Jésus dit alors, après avoir pris l’exemple de David et des lévites:

Si vous saviez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents. Car le Fils de l’homme est maître du sabbat.

Jésus dit explicitement que lui et ses disciples sont innocents et il dit explicitement pourquoi les pharisiens l’accusent : Ils n’ont pas compris la miséricorde.

Marc nous donne un autre éclairage sur la défense de Jésus: le maître du sabbat nous dit que le sabbat a été fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat.

Les pharisiens n’avaient rien compris à ce qu’était observer le sabbat. Le bien de l’homme est une valeur du sabbat. Dieu lui a donné du repos pour son bien. Observer le 4ème commandement ne veut pas dire oublier tous les autres. Se reposer le septième jour ne se fait pas en oubliant qu’il ne faut pas tuer son prochain. Se reposer, c’est se reposer de nos œuvres, pas nous arrêter d’aimer.

 « Se reposer, c’est se reposer de nos œuvres, pas nous arrêter d’aimer. »

Le maître du sabbat, celui qui est venu accomplir la loi et les prophètes, ne s’est donc jamais considéré au dessus de la loi à aucun égard et n’a donc jamais brisé le sabbat. Ceux qui l’ont accusé de cela était ceux qui n’avaient pas compris ce qu’était l’amour du prochain, ceux qui auraient libéré leur veau d’un trou le jour du sabbat, mais qui n’aurait pas guéri un homme s’ils le pouvaient.

Si le maître du sabbat, notre maître, nous dit que le sabbat est pour notre bien et que lui-même, bien que maître du sabbat, s’y est toujours soumis, je ne vois pas pour quelles raisons nous nous en libérerions.

Objection 2: Romains 14.1-12, observer le sabbat, c’est être faible dans la foi

Romains 14 ne mentionne pas le sabbat du tout. Paul mentionne que quelques personnes trouvent certains jours supérieurs à d’autres et que d’autres les trouvent égaux. Les termes sont on ne peut plus vague et ne parle pas du tout des activités qui y sont liés.

À aucun moment, il n’a été dit que le dimanche est un jour supérieur aux autres. Nous disons simplement que Dieu nous demande d’y accomplir des choses différentes. Pendant les 6 premiers jours nous nous occupons principalement de l’œuvre que Dieu nous a donnée à faire, le septième jour notre œuvre est principalement de nous reposer sur ce que Dieu fait.

Objection 3: Galates 4.10-11 et Colossiens 2 nous apprennent que nous sommes libérés du sabbat comme de la circoncision

Ces deux passages s’adressent spécifiquement à ceux qui veulent se mettre sous la loi de Moïse pour être sauvé. La loi de Moïse dont il est question est forcément le livre de la loi puisque la circoncision y est mentionnée.

Colossiens 2 parlent non pas du sabbat mais des sabbats, l’expression « les sabbats » désignent toutes les fêtes de l’ancienne alliance (Lé 23.1). Encore une fois, c’est du livre de la loi et non des tables de la loi dont il est question.

Ces passages enseignent qu’il est vain de vouloir suivre le sabbat juif décrit en Lévitique 23. Tout Cela est particulièrement vain si notre but est de plaire à Dieu. Nous sommes d’accords. Par contre, il ne nous oblige pas arrêter d’obéir aux dix commandements gravés d’abord sur les tables de pierre puis maintenant gravés dans notre coeur. Nous sommes entrés dans la Nouvelle Alliance, les commandements ont été gravés dans notre coeur pour que nous y obéissions, pas pour que nous les oublions.

Objection 4: Le sabbat n’est pas un commandement créationnel mais une anticipation de notre repos eschatologique

Il est souvent affirmé que, parce que le sabbat anticipe le repos de la nouvelle Création, il n’est pas une ordonnance créationnelle. Cet « argument » nous semble assez troublant.

Tout d’abord, il sous-entend que l’autre position ne comprend pas la portée eschatologique du sabbat. Pourtant, elle n’a jamais été ignorée par les partisans du sabbat chrétien. Par exemple, Calvin dit que « le septième jour figure la perfection finale à laquelle nous devons aspirer » et que « le repos spirituel en Christ est le véritable accomplissement du sabbat ». Il nous suffirait de lire les oeuvres de J. Edwards, M. Kline, G. Vos, J. Murray –pour ne citer qu’eux– afin de nous rendre compte que les partisans du sabbat chrétien ont toujours compris que le sabbat est eschatologique.

Ensuite, nous ne comprenons pas du tout l’opposition entre une ordonnance créationnelle et une anticipation eschatologique. Le mariage est une ordonnance créationnelle et il pointe vers le mariage de Christ et de l’Église. Dirions-nous qu’il ne faut plus nous marier ou ne plus être fidèle pour cette raison? Bien sûr que non, cela renforce plutôt ce commandement.

Ce qui fait la différence entre les deux positions n’est donc pas du tout le fait qu’une seule considère que le sabbat est eschatologique. Ce qui les sépare est plus le « degré » avec lequel nous voyons que le sabbat est accompli. Est-il accompli avec le même « degré » que les sacrifices dans l’Ancien Testament qui ont cessé par le sacrifice parfait du Christ. Ou alors, est-il accompli plutôt comme le mariage ou l’ordre créationnel de peupler la terre? L’Église est déjà l’épouse de Christ mais pas encore sa femme, elle est fiancée mais le mariage n’est pas consommée, à cause de cela nous nous marions toujours. De même, l’ordre de peupler la terre se poursuit, même si la multiplication de l’image de Dieu se fait non pas de manière sexuelle mais en annonçant l’Evangile.

Le texte le plus explicite sur le lien entre le repos et la Nouvelle Création est Hébreux 3-4. Ces chapitres font par ailleurs un autre rapprochement : au travers du Psaume 95, il compare l’Église à Israël dans le désert des épreuves en route vers la terre promise de la Nouvelle Création. Le repos existe, nous le voyons, mais nous n’y sommes pas encore arrivé. Tant que l’on peut dire « aujourd’hui », nous devons nous encourager car nous sommes dans le désert et nous pouvons tomber (Hb 3.12-13), et il reste toujours un repos de sabbat (Hb 4.8) pour le peuple de Dieu. Puisqu’il reste toujours un repos, nous n’y sommes pas encore.

Nous célébrons donc toujours le sabbat dans l’espérance que nous y prendrons part, comme nous continuons à célébrer les mariages dans l’espérance de prendre part aux noces de l’agneau. Par contre, de la même manière que l’ordre de nous multiplier ne s’obéit plus en se reproduisant sexuellement, mais en faisant des disciples, le sabbat ne s’obéit plus par un repos et une célébration le 7ème jour, celui où la première création a été achevée, mais le 1er, celui où la nouvelle création a débutée.

Ainsi, ce n’est pas par manque de considération dans le repos obtenu par Christ que nous observons le sabbat, mais, bien au contraire, parce que nous sommes certains d’y participer.

Objection 5: Le 4ème commandement n’est jamais répété dans le Nouveau Testament

Un argument de poids contre le sabbat serait de dire que ce commandement n’est jamais répété dans le Nouveau Testament. Nous ne nous attarderons pas beaucoup sur celui-ci, il nous suffit de noter que c’est le cas des quatre premiers commandements. Pourtant nous espérons fortement qu’aucun de ceux qui prononcent ces mots affirmeraient, sur cette base, que nous pouvons servir d’autres dieux ou que nous puissions faire des images de Dieu ou prendre le nom de Dieu en vain.

Emmanuel Hechon

Chrétien depuis une quinzaine d'année au moment où j'écris ces lignes (octobre 2014), J'ai connu Matthieu et Stéphane lors de leur première année à l'IBG. J'en suis diplômé en 2014 et depuis la mi-septembre 2014, je suis pasteur dans une Eglise du douaisis (Nord).Je suis marié à Hélène depuis 2010. Quand je ne lis pas de la théologie, j'aime cuisiner et jouer aux échecs.

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4 thoughts on “Le Sabbat chrétien (4/5): Réponse à 5 objections courantes

  1. Jonathan dit :

    Quelques réponses succinctes aux contre-arguments :

    Objections 1, 4, 5
    Mais ces arguments ne sont pas formulés dans le vide, ils fonctionnent avec toute une batterie d’exégèses relatives à la loi mosaïque, au statut du décalogue, à la loi des chrétiens – pour parvenir à la conclusion que le Sabbat faisait partie intégrante de ces ombres de choses à venir, maintenant obsolètes dans la nouvelle alliance.

    Objection 3 (Col 2:16-17)
    Texte absolument dévastateur puisqu’il nous dit explicitement que tout cela était l’ombre des choses à venir, comme tout le reste de la Loi mosaïque.

    Toutes les versions modernes traduisent par quelque chose comme « les jours de Sabbat » ou « du Sabbat » car l’interprétation visant à réduire le terme aux « Sabbat spéciaux » de Lév 31 est extrêmement discutable et discutée. Le grec dit simplement « Sabbat » tout court, avec exactement la même syntaxe et le même genre que toutes les autres occurrences du terme dans le NT, rien ne nous permet de dire que cela fait uniquement référence aux Sabbats spéciaux. Le pluriel de la Segond 1910 (et de quelques autres versions marginales) n’était qu’une formulation quelconque qui n’impliquait pas nécessairement cette idée – formulation d’ailleurs abandonnée par la SG21.

    Objection 2 (Rom 14:5 et Gal 4:10)
    Assez malhonnête de balayer d’un revers de la main Rom 14:5 comme si l’interprétation était évidemment fausse. L’immense majorité des commentateurs voient bien ici une référence directe et explicite au caractère obsolète du Sabbat (Moo, Schreiner, Carson, ESV study bible, etc.). Contrairement à ce qui est dit, les termes ne sont pas vagues : Rom 14 « L’un fait une différence entre les jours, un autre les estime tous égaux. » et Gal 4:10  » Vous faites très attention aux jours, aux mois, aux saisons et aux années! J’ai peur d’avoir inutilement travaillé pour vous ».

    Le texte ne contient pas du tout cette idée avancée de « supériorité ontologique », tu introduis une notion qui n’a pas lieu d’être pour modifier le sens naturel du verset et ensuite bâtir un contre-argument artificiel. Il n’y a pas de confusion possible quant au sens : les chrétiens « forts » comme Paul avaient cessé de faire des distinctions entre les jours alors que les autres continuaient à y être attachés. La charge de la preuve incombe à ceux qui affirment que le Sabbat n’est pas en vue ici et est tout à fait exclu, chose très difficile à défendre.

    Au niveau historique : l’Eglise primitive ne voyait pas le « Jour du Seigneur » comme un nouveau Sabbat, les chrétiens travaillaient et consacraient simplement un temps pour adorer ensemble. L’idée de Jour de Seigneur comme « nouveau Sabbat » n’émerge que très tardivement (pas avant la période post-constantin).

    Référence déjà mentionnée l’an dernier : From Sabbath to Lord’s Day, édité par Carson.

    1. Bonjour Jonathan, l’auteur de l’article a des problèmes de connexion et m’a demandé de poster cette réponse pour vous:

      —-Début—–

      Bonjour,

      J’avoue être surpris par votre ton et le fait que vous puissiez dire que
      ce que j’ai écrit est malhonnête. Au vu des autorités que vous citez,
      D.A. Carson, Douglas Moo, Thomas R. Schreiner, vous semblez défendre une
      théologie de la nouvelle alliance. Je serais plutôt un partisan de la
      théologie de l’Alliance, mais normalement, nos traditions, bien qu’elles
      diffèrent sur certains points, ont du respect l’une pour l’autre. Nos
      traditions se reconnaissent réciproquement comme étant sérieuses avec
      les textes de la Bible même si chacune estime que l’autre est
      incohérente dans certains domaines. Nous gagnerons beaucoup dans la
      qualité de nos échanges si nous nous gardions d’un ton condescendant et
      des insultes pour aider celui qui est notre frère à clarifier sa pensée
      plutôt que d’utiliser une réthorique qui va peut-être mettre de notre
      côté celui qui croit déjà comme nous mais n’aidera pas ceux qui sont
      dans l’autre tradition.

      Puisque nous parlons de nos traditions évangéliques, j’aimerais vous
      faire remarquer qu’aligner les commentateurs de notre tradition
      uniquement ne nous donne pas le droit de dire que « la majorité des
      commentateurs » a notre interprétation. Pour pouvoir employer
      l’expression « la majorité des commentateurs », il faut montrer que dans
      chacune des grandes branches du monde évangélique l’opinion majoritaire
      est celle que nous avançons. Je peux aussi aligner les noms de partisans
      de la théologie de l’alliance et dire qu’ils font la grande majorité des
      commentateurs. Cela sonnerait peut-être bien pour ceux qui ne
      connaissent pas le milieu évangélique, mais cela ne représenterait pas
      la vérité et a très peu de valeur pour ceux qui sont plus au fait des
      différences.

      Ma dernière surprise est votre manque de formulation positive sur ce que
      vous croyez et le manque de travail sur le texte biblique qui vous
      donnerait la légitimité de tenir les propos que vous tenez. Peut-être ce
      travail existe-t-il mais vous ne le montrez pas et cela ne sert pas
      votre réponse.

      J’ai souvent envie de vous dire : J’ai bien compris ce que vous ne
      croyez pas, pourriez-vous m’expliquez maintenant ce que vous
      croyez 😉 ?

      Je m’explique : dans le passage des Evangiles, je réfute l’idée que
      Jésus ait enfreint le 4ème commandement. Il a peut-être enfreint la
      compréhension qu’en avait les pharisiens, mais il n’a pas enfreint le
      commandement en lui-même. Pensez-vous que Jésus a enfreint le
      commandement parce qu’il était au dessus des commandements ? C’est à
      dire : pensez-vous que guérir un malade est enfreindre le sabbat dans
      l’Ancienne Alliance ? Pensez-vous que glaner pour manger est enfreindre
      le sabbat dans le cadre de l’Ancienne Alliance ? Si oui, pouvez-vous le
      prouver ? Si non, quelque soit le cadre dans lequel apparaît ce passage,
      il ne peut pas enseigner la fin du sabbat car Jésus n’est pas en train
      de montrer qu’il utilise son titre de maître du Sabbat pour
      l’enfreindre, il montre ce titre pour expliquer ce qu’est le Sabbat.
      Vous avez exprimé que vous ne croyez pas mon interprétation, mais que
      croyez-vous ? Comment défendez-vous ce que vous croyez ?

      J’aimerais aussi vous faire remarquer que cet article ne vient pas de
      nul part. Il est le 6ème de la série.

      Ce que j’écris là est construit sur ce que j’ai écrit avant. Ce que
      j’écris négativement ici, est basé sur ce que j’ai écrit positivement
      ailleurs. C’est à dire qu’avant de dire quelle n’est pas, selon moi,
      l’interprétation correcte de ces paroles de Jésus, j’ai déjà exprimé
      positivement comment je comprends le cadre dans lequel Jésus parle.

      J’ai ainsi expliqué que la Bible distingue les 10 commandements des
      autres commandements. La distinction que la Torah nous donne pour les
      dix commandements est celle-ci : ils ont été entendu de la bouche de
      Dieu directement par le peuple et Dieu les a gravés lui-même sur les
      tablettes de pierre. Tous les autres commandements n’ont été entendus
      que par Moïse – pas directement par le peuple – qui les a écrits –
      lui-même – dans un livre – pas sur des tablettes de pierre.
      Pourriez-vous me montrer que ceci n’est pas vrai ? Si vous ne croyez pas
      ce que j’ai exprimé, que croyez-vous ? Pouvez-vous l’exposer et le
      défendre ?

      J’ai ensuite fait une exégèse de Jérémie 31 pour montrer que dans la
      nouvelle alliance, les dix commandements sont écrits dans notre coeur en
      m’appuyant sur l’interprétation de Paul en 2 Corinthiens 3 pour
      confirmer mon interprétation. Pourriez-vous donc me donner votre exégèse
      de Jérémie 31 qui montre que la loi dont il est question n’est pas les
      dix commandements ? C’est à dire, si vous ne croyez pas qu’il s’agit des
      dix commandements, je peux le concevoir, mais alors que croyez-vous que
      ce soit ? Pouvez-vous me fournir une exégèse du texte qui exprime et
      défend ce que vous croyez ? Une fois que vous avez fait cela,
      pourriez-vous m’expliquer comment cette exégèse cadre avec
      l’interprétation apostolique de Paul en 2 Co 3 ?

      J’ai aussi montré que le sabbat est un ordre créationnel qui dépasse le
      cadre des dix commandements. Pourriez-vous réfuter mon exégèse ? Que
      veut dire pour vous que Dieu sanctifie le Sabbat ? Pour qui le
      sanctifie-t-il ? Qu’est-ce que cela signifie ? Vous ne nous le dites
      pas, nous ne savons ni ce que vous croyez, ni pourquoi vous le croyez.

      En ce qui concerne Colossiens 2, il faut expliquer ce que Paul veut dire
      par les sabbats. Ce pluriel laisse ouverte la possibilité que ce n’est
      pas du principe du sabbat dont il est question, mais de son expression
      au sein de l’ancienne alliance. Le contexte ne permet pas de le dire.
      Par contre, la théologie de l’apôtre Paul exprimée en 2 Corinthiens 3,
      théologie qui déclare que les 10 commandements dans leur ensemble sont
      écrits dans notre coeur, ne plaide pas en faveur de votre
      interprétation.

      Il est notoirement très difficile de définir ce que croyaient « les
      premiers chrétiens », c’est comme si nous essayions de définir ce que
      croit le monde évangélique sur un sujet donné (le sabbat, par
      exemple ;-)… Je n’ai donc pas essayé de le faire, j’ai simplement dit
      qu’ils utilisaient « le jour du Seigneur » pour désigner le dimanche. Si
      l’on résume ce que j’ai écrit, j’ai défini le sabbat comme un
      commandement de Dieu, un jour de rassemblement du peuple de Dieu pour
      adorer Dieu, un jour de repos et un jour pour faire le bien. Plutôt que
      d’affirmer que les « premiers chrétiens » ne croyaient pas cela,
      pourriez-vous le prouver ?

      Pour le texte de Romains, celui où j’aurais fait preuve de malhonneteté,
      je vous invite à vous pencher de nouveau vers Douglas Moo (Romans, p.
      841-842), il semble moins catégorique que vous. Il dit par exemple : «
      déterminer avec exactitude la nature du désaccord à propos des ‘jours’
      est difficile puisque Paul n’élabore pas. » Plus loin, il ajoute : «
      Préciser si le point de désaccord spécifique était l’observance des
      grandes fêtes juives, les jours réguliers de jeûne ou le Sabbat est
      difficile à dire. » Il argumente sur le fait que le Sabbat est
      probablement le minimum à prendre en compte, mais tout son argumentaire
      repose sur le fait que les « faibles » sont, dans le contexte, des juifs
      qui ont du mal à en finir avec la loi. Ce qui est discutable et discuté.
      Si le fin exégète qu’est Douglas Moo dit que ce dont Paul parle est
      difficile à déterminer exactement et que Paul ne le dit pas
      explicitement, je ne vois pas en quoi je suis malhonnête de dire que
      Paul ne mentionne pas le sabbat et n’est pas explicite. En tout cas,
      j’ai du mal à comprendre pourquoi je suis malhonnête avec le texte et
      pourquoi Douglas Moo qui affirme ce que je dis, devient une autorité à
      citer.

      Si l’on en vient à ce que j’ai dit, ce que j’ai exprimé et qui serait
      d’après vous malhonnête, cela peut se résumer en trois points :
      – le texte ne mentionne pas le sabbat : J’ai relu plusieurs fois le
      passage, je ne l’ai toujours pas vu. Pourriez-vous m’aider et me montrer
      où le mot sabbat est dans le texte ? Peut-être qu’il s’agit d’une
      variante textuelle, pourriez-vous me donner cette variante, me dire où
      elle se trouve ? Pourriez-vous aussi m’indiquer pourquoi je devrais
      prendre en compte cette variante ?
      – le texte parle d’une supériorité de jour que certains discerneraient :
      vous dites que cette notion n’est pas dans le texte. Pourtant, Romains
      14.5 dit : « Tel juge, en effet, un jour supérieur à un autre, tel autre
      juge tous les jours égaux. » Nous ne comprenons visiblement pas cette
      phrase de la même manière. Plutôt que de me traiter d’être malhonnête,
      pourriez-vous expliquer votre interprétation et la défendre ? Car si
      cela ne parle pas de considérer un jour comme ayant en lui-même une
      valeur supérieure aux autres de manière « ontologique », pour reprendre
      vos termes, je ne comprends pas ce que cela peut vouloir dire. De quel
      type de supériorité est-il question? Je sais ce que vous ne croyez pas,
      mais que croyez-vous? Pourquoi devrais-je croire comme vous?
      – dire qu’il est question de la valeur des jours et pas de l’activité
      qui y est pratiquée. Puisque visiblement d’après vous je me trompe et
      que le texte précise qu’il est question des activités à pratiquer
      pendant les jours en question, pourriez-vous me les donner, parce que je
      ne les vois pas. Que croyez-vous que le texte affirme? Pourquoi
      croyez-vous cela? J’introduirais dans le texte des notions qui n’y sont
      pas, mais alors quelles notions y sont? Encore une fois, je comprends
      ce que vous ne croyez pas, mais vous ne dites pas ce que vous croyez et
      surtout vous ne le défendez pas.

      Si vous ne me prouvez pas que j’ai tort en ces trois points, alors je
      n’ai rien fait de malhonnête avec le texte.

      En tout cas, votre « réponse » pèche par un manque d’exposition de ce
      que vous croyez, de pourquoi vous le croyez. Il est impossible par vos
      lignes de comprendre ce que vous défendez et pourquoi vous le défendez.
      Si vous ne faites pas un minimum de travail pour l’exposer, toute votre
      réthorique (« texte dévastateur », « tous les commentateurs », «
      malhonnête », « les premiers chrétiens ne croyaient pas que », etc)
      n’est que cela, de la réthorique, mais n’a aucune valeur.

      J’espère sincèrement que les questions que je soulève vont vous aider à
      clarifier pour les lecteurs du site votre pensée et leur permettre
      d’évaluer au mieux nos argumentations respectives. C’est à dire que
      j’espère que vous répondrez à ces questions et que chacun pourra
      retourner aux textes bibliques et pourra mieux les comprendre. J’espère
      aussi que cela pourra se faire de manière plus fraternelle que cela n’a
      commencé.

      Que la grâce vous accompagne,

      Emmanuel

    2. Jonathan dit :

      Merci Stéphane 😉

      @Emmanuel
      Apparemment vous êtes fâché. Désolé si je vous ai vexé, mais il n’y avait rien de personnel dans ma critique. Je ne m’attendais pas à une réponse d’une telle violence, on dirait que je vous ai littéralement insulté. Lorsque je disais qu’il était « malhonnête » de balayer d’un revers de la main ces versets, je ne vous prêtais pas une quelconque volonté réelle de tromper, je faisais simplement référence à l’argumentation elle-même. Peut-être aurais-je dû employer un adjectif moins déplaisant ? Tel que « illégitime » ou « partial ».

      Il me semblait quelque peu injuste de donner l’illusion au lecteur novice que ces interprétations pourtant partisanes étaient quasiment incontestables, alors que celles-ci sont minoritaires et rejetées par un grand nombre de commentateurs d’hier et d’aujourd’hui. Etant donné que ce sont les passages « clés », ça me semblait relativement important à noter. Aucune animosité ou manque de respect de ma part, désolé si vous l’avez ressenti comme ça.

      Vous m’accusez de malhonnêteté (consciente selon vous) lorsque j’emploie l’expression « la majorité des commentateurs ». On ne va pas faire un concours de « celui qui a le plus de théologiens de son côté », mais je pensais avancer un simple état de fait, ce n’était absolument pas dans un but rhétorique. Est-ce faux ? Je ne le crois pas. Mais enfin, on ne va pas épiloguer là-dessus.

      Réponses rapides aux différents points :

      – Marc 2:23-28 : Non, je ne crois pas que Jésus enfreignait le Sabbat, et non je ne crois pas qu’il enseignait la « fin du Sabbat » dans le passage en question. Je ne sais pas ce qui a pu vous faire penser le contraire; personne n’invoque ce chapitre pour défendre l’idée que le sabbat n’est plus formellement en vigueur. Comme pour tous les autres commandements de la Loi mosaïque qui font l’objet d’un affrontement entre Christ et les pharisiens, Jésus remet le commandement dans sa bonne perspective en s’opposant aux applications légalistes qui s’écartent de l’intention d’origine.

      – Sur le statut des 10 commandements : je pense que vous savez déjà ce que je vais répondre si vous êtes un peu familier avec la « théologie de la nouvelle alliance ». La Bible n’effectue pas cette distinction, ni implicitement ni explicitement, ni dans l’AT ni dans le NT. La Loi est une unité indivisible, et nulle part le décalogue n’en est extrait. Que le décalogue regroupe les commandements les plus importants, exprimant des principes moraux qui transcendent les économies, n’en fait pas pour autant une loi distincte. Le fait que le décalogue fut dicté directement au peuple et gravé sur des tables de pierre ne prouve en rien le statut que lui confère la théologie de l’alliance. C’est un argument ad hoc, une construction théologique sans base scripturaire.

      – Jérémie 31:33/2Cor3/Héb 8/Héb 10
      Les 3 passages du NT dans lesquels la référence s’inscrit opposent explicitement alliance mosaïque et nouvelle alliance, et non pas « Décalogue gravé sur la pierre » vs « Décalogue gravé sur le coeur ». L’image symbolisait la Loi mosaïque, accomplie et transformée eschatologiquement en Christ dans la nouvelle alliance. Le contraste est là pour indiquer le changement de législation, le changement de modalité, etc., et non pas pour nous dire que la Loi placée en contraste s’agirait d’autre chose que la loi mosaïque. Vous lisez Jér 31:33 littéralement comme si le seul moyen pour que la loi mosaïque soit en vue, c’est que les 613 commandements soient gravés sur le coeur des chrétiens… Ce qui est gravé sur nos coeurs c’est la loi divine qui correspond à cette économie particulière et à ce stade de la révélation progressive (la Loi de Christ), et non pas une copie conforme de la loi mosaïque. Bref, il n’y a absolument aucune raison d’y voir la référence à une loi distincte consignée dans le décalogue. Vous utilisez un principe a priori, externe au passage et à l’Ecriture, pour interpréter le texte selon votre cadre de compréhension.

      – Sabbat comme ordre créationnel
      Premièrement, on peut remarquer que d’Adam à Moïse, il n’y a pas la moindre trace d’observance d’un Sabbat. Si c’était une loi universelle, c’est quelque peu étonnant.

      Ensuite, comme le dit Henri Blocher dans la prédication donnée en lien dans l’autre article, la sanctification du 7ème jour n’implique pas nécessairement un Sabbat pour les hommes en tant que norme de validité universelle. Y voir un commandement formel, c’est aller largement au-delà de ce qui est écrit dans la Genèse. Ça ne veut pas dire qu’on ne pourrait pas tout de même en tirer le principe général de « repos » régulier.

      – Col 2:16
      FF Bruce, contre ceux qui y voient autre chose que le Sabbat hebdomadaire : « Lorsque le Sabbat est mentionné dans l’AT ou le NT sans qualification contextuelle, c’est systématiquement le sabbat hebdomadaire qui est désigné ».

      Vous ne répondez pas à mon argument : pour faire référence au Sabbat hebdomadaire, le grec utilise très souvent cette forme dans le NT (voir Moo), il ne dénote pas une distinction particulière et quasiment toutes les versions modernes rendent l’expression par « les jours de Sabbat » ou « du Sabbat ». Vous vous reposez unilatéralement sur cette formulation précise pour importer ce sens. Selon vous, la Segond 21, l’ESV, NIV, NASB, HCSB, NBS et autres sont donc mal traduites puisqu’elles sont au singulier ? Quand bien même, cette identification aux sabbats spéciaux était déjà spécifique aux théologiens de l’alliance, y compris à l’époque où le pluriel était un peu plus courant dans les traductions.
      (et voir au-dessus pour la supposée preuve de 2 cor 3.)

      – Eglise primitive
      Je m’étonne de cette réaction étant donné que ce point est vraiment très peu contesté. Référence la plus évidente : le chapitre de Richard Bauckham dans « From Sabbath to Lord’s Day ». Le fait est qu’ils ne voyaient pas ce Jour du Seigneur comme « nouveau Sabbat ».

      -Romains 14
      Je cite Moo en entier, page 842 : « Préciser si le point de désaccord spécifique était l’observance des grandes fêtes juives, les jours réguliers de jeûne ou le Sabbat est difficile à dire. Mais l’on s’attend à ce que le Sabbat soit au moins concerné puisque l’observance du Sabbat était, en plus des lois alimentaires, ce qui distinguait principalement les juifs au 1er siècle, et cette question émerge ailleurs comme point de litige dans l’Eglise primitive (voir Gal 4:10?, Col 2:16). »

      J’ai vraiment du mal à voir comment, en lisant ceci, vous pouvez considérer que l’exégèse de Moo est « moins catégorique » et compatible avec la vôtre. Il affirme expressément que le Sabbat est en tout cas le strict minimum à considérer, que voulez-vous de plus ? Il y a une incertitude quant aux fêtes exactes que Paul a en tête en plus du Sabbat, mais celui qui ne fait quasiment aucun doute c’est justement le Sabbat hebdomadaire. Schreiner dit exactement la même chose, sans aucune ambiguïté.

      Je réponds à vos autres points sur Romains 14 :

      1/ Vous ne voyez pas le mot « Sabbat » dans le texte.
      Si l’on consulte l’écrasante majorité des commentaires, tout le monde comprend ça comme une référence directe au Sabbat, sans grand doute. Alors je ne sais pas… peut-être qu’il y a une grande conspiration anti-sabbatiste, mais je ne pense pas.

      2/ Sur la supériorité de jour et l’activité
      À la base je répondais à ceci, peut-être maladroitement : « À aucun moment, il n’a été dit que le dimanche est un jour supérieur aux autres. Nous disons simplement que Dieu nous demande d’y accomplir des choses différentes. Pendant les 6 premiers jours nous nous occupons principalement de l’œuvre que Dieu nous a donnée à faire, le septième jour notre œuvre est principalement de nous reposer sur ce que Dieu fait. »

      ce que vous décriviez là, c’est précisément ça « faire une distinction entre les jours »… avancer comme idée que ce contre quoi Paul s’attaquait était tout autre, qu’il était question de séparation « quasi-ontologique » entre les jours, c’est jouer sur les mots. Vous me demandez « mon interprétation »… c’est celle que vous avez lu dans Moo/Schreiner. Elle me parait pourtant évidente : certains continuaient à distinguer et observer fêtes et Sabbats hebdomadaires, pas les autres. Puisque les chrétiens ne sont plus sous la loi mosaïque, tout ceci est obsolète.

      Apparemment vous vous attendiez à des pavés d’exégèse dans une boîte de commentaires de blog. Vous continuez à me demander mon interprétation sur ces passages relatifs au Sabbat, comme si j’avançais une sorte de bizarrerie marginale alors que je ne fais que défendre la position largement dominante chez les Evangéliques (que vous devez forcément connaître et que vous avez lu dans Moo). Désolé mais je ne pense pas que les lecteurs soient dans la confusion la plus totale quant à ce que j’avance, elle se résume en quelques mots : a) la loi mosaïque est une unité indivisible b) le décalogue en fait partie et n’est pas une loi morale distincte c) les chrétiens ne sont plus sous la loi mosaïque d) ce qui inclut donc le Sabbat.

      Je renvoie à la présentation de Henri Blocher donnée en lien ailleurs, qui résume parfaitement la position non-sabbatiste et répond aux arguments.

    3. Emmanuel Hechon dit :

      Bonjour,

      Tout d’abord, je suis désolé pour le délai de réponse. Comme Stéphane a posté la réponse à ma place, je n’en ai pas été averti.

      J’avoue réellement ne pas comprendre ce qu’il y a de violent dans ma réponse. J’ai fini ma réponse par une invocation de la grâce sur vous, il me semble que c’est une indication que je n’étais pas violent.

      Je ne suis pas vexé de ce que vous avez dit. Vous avez le droit de me trouver malhonnête et de le dire. Ce n’est pas un soucis. Vous avez le droit de dire que les premiers chrétiens ne pensaient pas comme moi, que c’est une évidence historique. Vous avez le droit aussi de dire que la majorité des commentateurs n’a pas mon point de vue.

      Par contre, pour faire cela, il vous faut faire plus que simplement le dire. Mon but était simplement de vous permettre de « gagner le droit » de d’écrire ce que vous avez écrit.

      Si je puis être l’interprête de ce que j’ai écrit : je ne vous accuse pas d’être malhonnête. Ni consciemment, ni inconsciemment.

      Honnêtement, je ne suis pas vexé Je vous demande de bien me relire : il n’y a pas d’accusation. Ni d’être malhonnête, ni autre.

      Autre chose, je ne cherche pas à présenter ma position comme étant la seule évidente, ni à faire croire que la votre est exotique. Il faudrait que vous considériez l’audiance du site. Il me semble que l’influence la plus grande est celle de la théologie de la nouvelle alliance. Il suffit de voir les théologiens les plus cités de ce site.

      C’est à dire qu’il y a beaucoup plus de probabilité que ceux qui me lisent ont entendu cette position plutôt que celle que je représente. Cette série d’article est née de discussion avec Matthieu (LE Matthieu 😉 qui a participé à la fondation du site) et d’autres élèves de l’IBG. Matthieu n’avait jamais entendu parler de ma position et je suppose que c’est le cas d’une majorité de lecteur du site.

      Dans ce contexte, il ne me semblait pas devoir préciser que votre position était bien représentée dans le milieu évangélique. Je n’ai aucun soucis à le dire

      Mon but était réellement de permettre au lecteur de pouvoir comprendre le débat en vous faisant exprimer tout ce qui permet de le comprendre. Il est vrai que je ne suis surpris en rien par vos réponses, elles sont classiques de vos influences. De même, ce que j’ai dis reflète les miennes.

      Mon but en vous le faisant dire vous même était d’installer un dialogue.

      Vous avez clarifié pas mal de chose, il me semble qu’il reste deux points de votre position à défendre ou à expliquer:
      – « la loi ne fait pas cette distinction, ni implicitement, ni explicitement, ni dans le NT, ni dans l’AT » : j’ai passé un article, peut-être même deux à tenter de montrer le contraire. Les livres de l’Exode et du Deutéronome distinguent ce qui a été entendu par tous, écrit par Dieu sur des tables de pierre et ce qui n’a été entendu que par Moïse et écrit par lui dans un livre. Pouvez-vous réfuter cela ? Je vous ferez remarquer que mon interprétation de Jérémie 31 n’est pas celle que vous m’attribuez. Pourriez-vous me relire, reformuler ma position et y répondre ?
      – Puisque, d’après vous, « sanctifier le septième jour » en Genèse 2 ne veut pas dire que ce jour est réservé pour le culte. Qu’est-ce que cela veut dire ? Vous ne l’expliquez pas, Henri Blocher ne le fait pas non plus. Dire que le rythme 6 + 1 jour et imiter ce rythme participe à l’image de Dieu n’est pas une réponse. En effet, nous croyons tous cela et cela n’exclut pas le fait que le jour puisse être dédié au culte collectif. Si je dis que j’ai vu Pierre à vélo et que j’ai vu Pierre avec une casquette, ces deux propositions ne s’excluent pas, elle se complète. Je suis d’accord que le rythme 6+1 nous fait imiter Dieu (Je suis d’accord que Pierre est à vélo). Cela n’exclut pas que le septième jour puisse aussi être désigné comme un jour de culte (Pierre peut en même temps porter une casquette).

      Que la grâce vous accompage,

      Emmanuel

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