7 choses que j'aurais aimé que vous sachiez sur mon homosexualité

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      J’ai deux requêtes. Aimez-moi, mais rappelez-vous que vous ne pouvez pas être plus miséricordieux que Dieu. Ce n’est pas de la miséricorde que de dire que les actes homosexuels sont bons. Ne renoncez pas à la vérité: aidez-moi plutôt à vivre en accord avec elle.

      Il y a plus de trente ans, alors que j’avais douze ans, une attirance pour les personnes du même sexe a surgi au fond de moi. Je ne l’avais pas cherchée, je n’en voulais pas, et pourtant elle était à la fois puissante et tenace.

      En tant que chrétienne, j’ai vécu un conflit intense entre ma foi et ma sexualité. Aujourd’hui, dans la quarantaine, je suis passée de l’homosexualité cachée, à l’identité lesbienne assumée, puis au célibat, et maintenant au mariage avec un homme. Le fait même que je doive préciser qu’il s’agit d’un mariage hétérosexuel montre à quel point notre culture a changé — tout comme ma propre vie, mais de manière très différente.

      Dans mon enfance, j’entendais surtout des sermons sévères sur l’homosexualité. Aujourd’hui, j’entends plutôt des messages d’amour. Et c’est une bonne chose: il aurait toujours fallu aimer ainsi! Mais j’observe aussi que cet amour est souvent accompagné d’un abandon de la morale sexuelle biblique, jugée oppressante ou dépassée. On en vient alors à croire que pour aimer les personnes homosexuelles, il faut approuver leurs relations et leurs actes sexuels.

      Je comprends le désir d’agir avec bienveillance, mais ce n’est pas l’amour dont j’ai besoin. Comme l’a écrit Josef Pieper:

      L’amour ne consiste pas à approuver sans discernement tout ce que la personne aimée pense ou fait. Ce n’est pas non plus vouloir qu’elle se sente toujours bien et soit épargnée de toute peine. Une simple “gentillesse” qui tolère tout sauf la souffrance de l’être aimé n’a rien à voir avec le véritable amour1.

      Aimer de cette manière est exigeant. Mais c’est en connaissant la vérité et en la tenant ferme que nous pourrons résister ensemble au compromis moral. Voici donc sept choses que j’aimerais que vous sachiez.

      1. Mon orientation n’est pas mon identité

      Ce n’est pas parce que je n’ai pas choisi cette attirance que je suis "née ainsi" ou que "Dieu m’a créée homosexuelle". Oui, les gènes peuvent influencer, mais il n’y a pas de prédétermination absolue. Ce n’est pas inscrit dans mon ADN comme la couleur de mes yeux ou de ma peau2.

      En regardant en arrière, je saurais dire quel évènement a été à l’origine de cette orientation dans ma vie. , et chacun aura vécu une situation différente, mais finalement, ce qui importe, c’est que l’acte sexuel entre personnes du même sexe est contraire au dessein et à la volonté de Dieu. Affirmer le contraire revient à ignorer l’Écriture, la tradition apostolique et la loi naturelle.

      C’est pourquoi, quelle que soit l’origine de mes désirs, j’ai besoin d’aide pour vivre la chasteté.

      2. J’ai besoin d’apprendre à honorer mon corps

      Je suis née femme. Dieu m’a créée femme. Mon corps fait partie de mon identité et de mon appel. Ne tombez pas dans un dualisme gnostique qui sépare ma vie spirituelle de ma vie corporelle.

      Le Christ s’est incarné; mon corps fait partie de son Corps, il est le temple du Saint-Esprit. Agir contre sa conception, dans des actes homosexuels, porte atteinte à ma dignité.

      Christ est devenu un être humain; mon propre corps fait partie de son corps, il est le temple du Saint-Esprit. Agir contre ce corps en pratiquant l’homosexualité porte atteinte à la dignité de mon corps.

      Pour mes frères attirés par les hommes, les relations sexuelles entre hommes nuisent encore davantage à leur corps, en raison de leur constitution physiologique. En détournant l’usage naturel de leur propre corps, ils portent atteinte à celui-ci (cf. Rm 1.27b). Nos corps ressusciteront: ils sont donc importants.

      3. Le changement est possible mais pas toujours immédiat

      Vous ne m’aidez pas à suivre Jésus lorsque vous exigez que mes attirances changent, ou que vous m’incitez à ne pas changer. Personne ne peut me promettre que mes attirances disparaîtront — Jésus ne l’a pas fait. Mais ne me refusez pas non plus cette possibilité (surtout si je suis un adolescent)!

      La science et l’expérience montrent que l’attirance sexuelle peut évoluer au fil du temps.

      4. Le changement peut prendre plusieurs formes

      La science et l’expérience montrent que l’attirance sexuelle peut évoluer au fil du temps. Dans mon cas, ce qui était autrefois un feu constant est devenu une flamme occasionnelle.

      Un homme qui ressent encore une attirance pour les hommes mais qui est heureux dans son mariage avec une femme – ce qui lui semblait impossible auparavant – a bel et bien changé.

      5. Nous avons tous la même responsabilité morale

      Je bénéficier de la même liberté morale et de la même responsabilité que tout autre chrétien. Si certains célibataires hétérosexuels sont appelés au célibat et capable de vivre dans la pureté, en Christ, alors je devrais pouvoir l’être aussi.

      Quand on me traite différemment, on rabaisse ma dignité devant Dieu. Mais moi aussi, je suis appelée à la sanctification.

      6. Dieu enseigne bien plus que “Ne fais pas!”

      Dieu enseigne davantage sur la conduite homosexuelle que “Ne fais pas”. Il l’enseigne effectivement, mais la vérité sur le corps, le sexe, la conception et le but de la création révèle bien plus encore (cf. Mc 7.21-23).

      7. Ne cherchez pas d’excuses au plan de Dieu

      Dieu n’est pas honoré quand on cherche à lui trouver des excuses pour justifier sa Parole qui nous semble parfois sévère. J’apprécie l’empathie face à la douleur que peuvent causer mes désirs mal orientés, mais Dieu ne me prive pas d’un bien: il me garde de ce qui pourrait me nuire et me conduit vers ce qui mène à la vie et à l’épanouissement.

      Que l'amour soit sans hypocrisie.

      Romains 12.9

      Aimez-moi, mais dites-moi la vérité.


      Je vous le demande encore: continuez à m’aimer, mais souvenez-vous que vous ne pouvez pas être plus miséricordieux que Dieu. Pratiquez la "compassion" conformément à la racine de ce mot: souffrez avec moi.

      Ne compromettez pas la vérité; aidez-moi à porter ma croix et à suivre Jésus.



      Pour aller plus loin

      Jean C. Lloyd

      Jean C. Lloyd est une enseignante, écrivaine, et une femme mariée et heureuse, mère de 2 enfants.

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