Alors, n’avons-nous pas l’embarras du choix en matière de chants de louange ? En faut-il vraiment de nouveaux ? La réalité est plus complexe que ces chiffres.
Voici sept bonnes raisons d’introduire de nouveaux chants dans votre Église.
1. « Chantez un cantique nouveau »
Peut-on vraiment prétendre avoir « assez » de chants de louange ? À quatre reprises, les Psaumes nous exhortent ainsi : « Chantez à l’Éternel un cantique nouveau » (Ps 33.3, 96.1, 98.1, 149.1). Nous ignorons combien de chants le peuple d’Israël avait à sa disposition, mais l’impératif ne repose pas sur un constat pratique (« nous n’avons pas assez de chants »), mais sur un constat théologique : dans chacun des quatre exemples, la grandeur de Dieu et de ses hauts faits sert de motivation.
Ces textes nous rappellent aussi ce verset bien connu : « Ses compassions ne sont pas à leur terme ; elles se renouvellent chaque matin » (Lam 3.22-23). La grâce de Dieu est toujours nouvelle. Elle nous pousse constamment à chercher de nouveaux moyens d’exprimer sa grandeur. Nous n’en aurons jamais assez dit.
En effet, que font les rachetés au ciel ? « Ils chantaient un cantique nouveau » (Ap 5.9) à la gloire de Dieu et de l’Agneau immolé. Pourrons-nous un jour achever la tâche de composer des chants en l’honneur de sa grâce infinie ?
2. On a besoin de chants qui couvrent toute la richesse de la vérité
Deux recueils dominent le paysage évangélique en Europe francophone : Sur les ailes de la foi (ou son successeur À toi la gloire) et les J’aime l’Éternel. Nous remercions Dieu pour le service que ces recueils rendent aux Églises. Mais deux recueils ne peuvent pas couvrir toute la richesse de la vérité.
Certains thèmes très présents dans la Bible sont peu représentés. Combien de fois avons-nous écouté une prédication qui aborde des sujets tels que la Parole, la confession du péché, la sanctification, l’amour fraternel, la mission, ou la souffrance, sans qu’aucun chant du répertoire ne semble convenir ?
Dans une Église où j’étais responsable de la musique pendant plusieurs années, nous avons essayé de repérer les sujets qui manquaient dans leur répertoire. Parfois cela nous a amenés à ajouter un chant de À toi la gloire ou de J’aime l’Éternel que l’Église ne connaissait pas encore. Mais la priorité a été la création d’un répertoire « hors série » constitué principalement de nouveaux chants.
3. On a besoin de nouvelles expressions de la vérité biblique pour chaque génération et chaque culture
La vérité ne change pas. Il ne faudrait jamais penser que nous ayons besoin d’autre chose que le même Christ et le même Évangile que nous confessons depuis 2000 ans. Mais la culture change et les modes d’expression évoluent sans cesse.
Un cantique qui véhiculait bien la joie il y a 100 ans peut sonner kitsch aux oreilles d’aujourd’hui. Certains styles nouveaux qui semblaient agressifs ou marginaux il y a 60 ans sont aujourd’hui reçus quasiment partout comme des expressions normales d’émotions légitimes.
Nous n’aurions jamais l’idée de prêcher sur le ton de Molière. Pourquoi les Églises tiennent-elles donc parfois farouchement à un style de musique qui n’est plus compris ni apprécié par la plupart des gens ?
Loin de nous le désir de rejeter les meilleurs cantiques du passé – bien au contraire !
Mais si nous ne sommes pas ouverts à y ajouter des nouveaux chants, ne risquons-nous pas d’aller à l’encontre de l’esprit de l’apôtre Paul, qui voulait se faire « tout à tous, afin d’en sauver de toute manière quelques-uns » ? Il faisait « tout à cause de l’Évangile » (1 Co 9.22-23) : il était prêt à adapter la forme de sa communication et même sa manière de vivre afin d’écarter toute barrière inutile qui empêcherait quelqu’un d’entendre et de comprendre l’Évangile.
Certes, certaines Églises vont trop loin et importent les mauvaises pratiques de notre culture. Mais sans tomber dans ce piège, ne voulons-nous pas présenter l’Évangile sous un jour aussi accessible que possible pour notre culture ?
4. On a besoin d’une diversité d’expressions de la vérité
Où trouve-t-on, ailleurs dans le monde, une institution aussi diverse que l’Église de Jésus-Christ, composée de gens de tout âge, de toute nation, de toute culture et de tout caractère ? Ne devrions-nous pas chercher à refléter cette diversité dans le style des chants que nous choisissons ?
Je me souviens d’avoir entendu une prédication de la part du rappeur chrétien américain Shai Linne (dont les paroles sont profondément bibliques). Sans suggérer qu’il faille chanter du rap dans l’église (ce serait impossible d’un point de vue pratique !) il voulait défendre le hip-hop comme moyen légitime de communiquer l’Évangile. « Jésus est trop grand pour être loué par une seule expression culturelle » a-t-il affirmé. « Il veut toutes les cultures ! »
Hormis certaines pratiques culturelles clairement immorales, la plupart des styles ne sont-ils pas simplement « neutres » en eux-mêmes ? Si certains se sont parfois servis de ces styles pour faire du mal, qu’est-ce qui nous empêche de les racheter pour le Seigneur ?
Au 19e siècle, beaucoup d’Églises interdisaient l’utilisation du piano, parce qu’il était associé aux bars et à la débauche1. Aujourd’hui le piano est considéré comme l’instrument chrétien par excellence !
Tout en faisant preuve de respect envers nos frères et sœurs qui ne partagent pas notre position, ne laissons pas nos préjugés par rapport à certains styles nous empêcher d’introduire de nouveaux chants qui véhiculent toute la richesse de la vérité à des personnes si diverses.
5. On a besoin de davantage de chants écrits en français
Sans avoir fait le calcul, je ne serais pas surpris qu’environ 80% des chants dans les Églises que j’ai fréquentées soient traduits de l’anglais. Même un grand nombre des cantiques « classiques » sont des traductions.
Même si les traducteurs du passé (notamment un certain Ruben Saillens) ont eu un don remarquable pour rendre fidèlement le texte originel en belle poésie française, la traduction reste un exercice très difficile. Aujourd’hui, quelques traducteurs (p. ex. l’équipe d’Hymnes 21) font un travail admirable pour suivre cet exemple.
Mais malheureusement, beaucoup de traductions trahissent le sens originel ou sont dures à chanter, car il est difficile de calquer un texte français sur une mélodie dont le rythme a été conçu pour des paroles anglaises. C’est d’ailleurs l’un des constats qui a motivé la création d’Écriture Musique. Si votre Église chante majoritairement des traductions, cherchez à introduire davantage de chants écrits en français.
6. On a besoin de davantage de chants qui sont faciles à chanter
Il y a eu un foisonnement de musique chrétienne en français ces dernières années. Nous remercions le Seigneur pour les artistes qui cherchent à communiquer la Parole fidèlement. Cela dit, relativement peu composent des chants destinés à être chantés en assemblée.
Souvent, les Églises essaient de reprendre la dernière nouveauté, mais découvrent qu’elle est quasiment inchantable pour le commun des mortels ! Une musique conçue pour l’écoute a toute sa place, mais il nous faut plus de chants destinés à être chantés, dont la mélodie, le rythme et la tessiture sont accessibles et faciles d’apprentissage.
Il n’est pas nécessaire que tous les chants soient d’une simplicité extrême (certaines de nos propres mélodies sont plus complexes que d’autres), mais votre Église a peut-être besoin de remplacer certains chants par des chants plus abordables.
7. Une Église peut se lasser de chanter les mêmes chants
Enfin, votre répertoire est peut-être bien équilibré en termes de thèmes et de styles, mais, au bout d’un certain temps, on peut naturellement se lasser de chanter les mêmes cantiques.
L’Église où j’étais responsable de la musique aimait beaucoup chanter notre chant Ta Parole (et c’était très touchant !). Mais parce qu’il existe si peu de chants qui abordent ce thème, on a fini par le chanter tant de fois que, même moi, je commençais à en avoir assez ! (C’est d’ailleurs pour cette raison qu’un nouveau chant sur la Parole va figurer sur notre nouvel album.)
Dans la mesure du possible, cherchons à trouver plusieurs chants pour chaque thématique.
Une Église peut-elle avoir trop de nouveaux chants ?
Dans notre enthousiasme, il serait possible de noyer l’Église de nouveaux chants ! Selon nous, une Église ne peut apprendre plus d’un cantique nouveau par mois (et pour le bien faire, il faut le répéter plusieurs semaines d’affilée). Vous devrez donc peut-être faire le tri ! Nous suggérons que votre répertoire ne contienne pas plus de 150 à 200 chants, sinon votre assemblée ne sera pas en mesure de tous les connaître et donc de les chanter aisément. Afin de créer de la place pour des nouveaux chants, faudrait-il en supprimer certains qui sont de qualité moindre ou qui sont trop (ou trop peu !) chantés par votre Église ?
Si vous cherchez de nouveaux chants, nous recommandons vivement la nouvelle plateforme d’Hymnes 21, qui regroupe un grand nombre de chants d’assemblée de qualité, avec des filtres de recherche avancés et très intuitifs, ainsi que des outils pour vous aider à planifier vos cultes.
Enfin, j’espère que nous continuerons à chanter les meilleurs chants de chaque ère et de chaque style, jusqu’à ce que Jésus revienne et que nous chantions des cantiques nouveaux pour toute éternité.
L’équipe d’Écriture musique a lancé une campagne de crowdfunding pour la deuxième partie de leur nouvel album. Vous trouverez plus d’infos sur cette page. Cliquez sur le bouton pour aller directement sur leur campagne GoFundMe.
- Une recherche sur internet relève plusieurs sources qui attestent ce fait. ↩︎







