Dans la peau de votre pasteur

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Dans la peau de votre pasteur

Vous êtes-vous déjà demandé en quoi consiste vraiment le ministère pastoral ? Par quels états d’âme votre pasteur peut-il passer ?

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Les éditions BLF viennent de publier le livre Comment encourager votre pasteur. BLF a fait lire ce livre à plusieurs pasteurs. L’un d’entre eux a écrit un bref article qui lève le voile sur son ministère et sur son vécu. Et quel pourrait être votre rôle, en tant que membre d’Église, pour encourager votre pasteur ?

Nous vivons dans un monde déchu, naturellement hostile à Dieu, un monde qui n’a aucune raison particulière de « faire de cadeaux » aux pasteurs. Pourtant, même si j’aime l’Église de Christ, dans mon expérience, les découragements les plus marquants ne sont pas forcément venus de l’extérieur, mais de l’Église elle-même.

Le ministère pastoral expose à une grande diversité de situations, parfois dans une même journée : l’émerveillement et la tension liés à la préparation d’une prédication délicate, la joie de voir un nouveau disciple grandir, mais aussi la stagnation spirituelle ou les sorties de route de certains, des visites périlleuses, la souffrance face à des situations humaines complexes (maladie, tensions conjugales, difficultés familiales), sans oublier les critiques injustes ou les remarques superficielles. À cela s’ajoutent des horaires irréguliers et des défis personnels bien réels. Les occasions de découragement ne manquent pas et le burn-out n’est pas si rare.

J’ai parfois ressenti une attente « utilitariste » envers le pasteur. Je pense à ce frère que j’avais visité plusieurs fois en peu de temps, et qui s’est plaint en assemblée du manque de visites, allant jusqu’à dire : « On le paye pour ça !» On attend souvent du pasteur qu’il s’intéresse sincèrement à chaque membre – mais qu’en est-il de la réciproque ?

Je vous confie aussi ceci : dans la première Église dans laquelle j’ai servi à plein-temps, j’ai souvent désiré, en silence, qu’un frère me demande simplement comment se déroulent mes journées. C’est une question qui ne m’est quasiment jamais parvenue.

Je me souviens de vacances de Noël où, alors que j’aspirais enfin à me reposer, j’ai été sollicité pour gérer une situation familiale urgente. Quelques jours plus tard, le père m’a remercié en disant : « C’est ça qu’on attend d’un pasteur. » Pourtant, à la fin des vacances, j’étais épuisé, ayant porté cette situation sans en faire peser le poids sur ma famille.

À l’inverse, un geste simple peut profondément encourager. Un jour, à la sortie d’un culte, alors que je traversais une épreuve de santé, une sœur a spontanément proposé : « Entourons notre pasteur et prions pour lui. » Ce moment inattendu m’a profondément marqué et béni.

Le but de la vie chrétienne n’est pas d’encourager son pasteur, mais de viser Dieu. Le ministère pastoral est un ministère de sacrifice, exercé avant tout par amour pour Dieu. C’est en lui que le pasteur puise sa force, sa motivation et son élan. Néanmoins, un pasteur encouragé par l’Église qu’il sert est grandement fortifié dans son ministère, et c’est toute l’Église qui en bénéficie. La reconnaissance, l’amour fraternel et le soutien donnent des ailes.

Comme tout chrétien, les pasteurs ont des raisons d’être encouragés… mais aussi réellement découragés. Le pari, profondément biblique, est qu’un pasteur régulièrement encouragé verra son élan pour servir… se décupler.

Alors bienvenue dans les coulisses insoupçonnées du ministère pastoral : une responsabilité exigeante, mais précieuse, au service de l’Église. Dans ce contexte, chaque marque d’attention, chaque encouragement envers votre pasteur et sa famille a une valeur immense – et n’est jamais perdu.


Cet article vous touche ? Allez plus loin en lisant le livre de Christopher Ash, Comment encourager votre pasteur. Ce que vous allez y découvrir vous sera peut-être tout autant profitable qu’à lui !