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Les sacrements ont été l’un des principaux champs de bataille de la Réforme protestante, car ils sont l’expression de théologies sous-jacentes qui divergeaient entre elles. La première rupture eut lieu entre les protestants et les catholiques. Ces derniers observent sept sacrements, tandis que les protestants n’en reconnaissent que deux, car, pour eux, *un sacrement doit être institué par le Seigneur, avoir un élément visible qui lui est associé et être accompagné d’une promesse de grâce*. Le monde protestant a ensuite été scindé entre deux conceptions eucharistiques distinctes : la conception luthérienne et la conception réformée. Puis le monde réformé fut lui-même scindé entre deux conceptions baptismales : le pédobaptême et le crédobaptême.
Bien que le chapitre 28 soit une introduction aux sacrements, sa grande différence avec le chapitre 27 de la Confession de Westminster ne vient pas de la doctrine de l’eucharistie. En effet, les baptistes s’inscrivent globalement dans la même compréhension réformée de la cène et réaffirment essentiellement ce qu’on retrouve dans la Confession de Westminster. Les différences relatives aux ordonnances s’expliquent donc à la lumière de leur conception distincte du baptême.
La première différence notable est au niveau terminologique. Le titre même du chapitre fait état de cette différence : *Les sacrements* (CFW) versus *Le baptême et le repas du Seigneur* (1689). La confession baptiste n’emploie jamais le mot « sacrement » pour parler du baptême et de la cène, mais elle utilise plutôt le mot « ordonnance ». Les baptistes, en rejetant le sacramentalisme, n’ont pas rejeté complètement l’usage du mot sacrement, mais ont fait preuve de prudence en l’employant. Le mot sacrement vient du latin *sacramentum* qui désignait à l’origine un engagement sacré, puis a été appliqué aux rites chrétiens. Les baptistes utilisèrent assez librement le mot sacrement dans leurs traités de théologie. *Mais en mettant plutôt l’accent sur le mot* « *ordonnances* »*, ils ont voulu souligner que les sacrements impliquent l’obéissance de celui qui les reçoit*. Celui qui reçoit le baptême et qui participe au repas du Seigneur se soumet aux ordonnances du Seigneur puisqu’un ordre exige l’obéissance de la foi.
La deuxième différence concerne le contenu même du chapitre. Les cinq paragraphes qu’on retrouve dans les deux autres confessions n’ont pas été suivis par les baptistes. Ceux-ci ont préféré écrire leur propre introduction aux sacrements, car la théologie sous-jacente constituait pour eux un fondement distinctif. La simplicité de la sacramentologie baptiste est élégante. Elle est introduite par deux courts paragraphes : le premier définit la nature des ordonnances et le second présente leurs administrateurs. Nous exposerons donc ce chapitre en répondant aux deux questions suivantes :
1. Qu’est-ce qu’une ordonnance d’institution positive ? (paragraphe 1)
2. Qui peut administrer les sacrements ? (paragraphe 1) – publication prévue le jeudi 26 mars
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### La communion des saints (confession de 1689, chap. 28)
> **Par. 1 -** Le baptême et la sainte cène sont des ordonnances d’institution positive et souveraine prescrites par le Seigneur Jésus, le seul législateur, et doivent être perpétuées dans l’Église jusqu’à la fin du monde[1](/article/doctrine-sacrements#note1).
> **Par. 2 -** Ces deux ordonnances doivent être administrées seulement par ceux qui sont qualifiés et appelés à cette tâche selon le mandat de Christ[2](/article/doctrine-sacrements#note2).
1.Mt 28.19,20 ; 1Co 11.26 ↩2.Mt 28.19 ; 1Co 4.1 ↩
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