Le lépreux et le Dieu qui pourvoit
Lisez Matthieu 8.1-4.
Il faisait partie de ces morts-vivants. Cela faisait presque trois ans que le prêtre avait examiné cette tache suspecte sur son bras et qu’il l’avait regardé avec compassion. « Je suis vraiment désolé. C’est la lèpre. Que Dieu ait pitié de toi, mon fils. »
La lèpre vous fait mourir plusieurs fois avant qu’elle ne vous tue définitivement. Elle vous sépare de ceux que vous aimez le plus au monde. Elle vous oblige à vivre avec d’autres personnes impures dans un lieu vide de tout espoir, à l’écart de la ville. Ceux qui vous entourent et dont la maladie est plus avancée vous donnent l’occasion de percevoir ce qui vous attend un jour.
Elle vous oblige aussi à crier « Impur !» chaque fois que des gens s’approchent, et à vivre encore et encore l’humiliation de les voir se couvrir et faire un grand détour, vous laissant toujours un large passage. Pire que tout, elle vous exclut de la communauté de foi qui avait jusque-là été le centre de gravité de votre vie.
Il avait dans le passé prié Dieu de le protéger d’une telle maladie. Puis il avait supplié Dieu de le guérir. Dieu n’avait exaucé ni l’une ni l’autre de ses prières.
Qu’avait-il fait pour mériter de devenir lépreux ? Il avait dû certainement commettre un péché très sérieux. Mais il était perplexe. Il connaissait beaucoup de gens qui vivaient continuellement dans le péché et qui, pourtant, jouissaient d’une santé parfaite. Il était confus, de plus en plus abattu.
Un jour, il a entendu dire que Jésus, le rabbi, était dans la région. Les gens disaient que ses enseignements étaient pour le moins controversés. Mais apparemment, il aurait guéri des malades à Capernaüm, et certains d’entre eux étaient des lépreux ! Il fallait qu’il aille jeter un coup d’œil.
Alors, il se joignit à la foule sur la montagne, tout en gardant ses distances, pour écouter le rabbi enseigner et vérifier si ces histoires de guérison pouvaient être vraies.
Ce qu’il entendit le transforma au plus profond de lui. Jésus était si différent – complètement différent. Il parlait avec puissance et autorité. On avait l’impression que ses paroles elles-mêmes étaient source de vie. Il parlait du royaume de Dieu, il disait qu’un jour la mort disparaîtrait, il parlait de la promesse d’une vie éternelle. Et Jésus affirmait pouvoir offrir cette vie éternelle !
Logiquement, il aurait dû rapidement classer Jésus parmi les « messies » délirants. Un mourant n’avait pas de temps à perdre avec ce genre d’élucubration. Et pourtant, il restait là à l’écouter, buvant chaque parole qui sortait de la bouche de Jésus.
Peut-être était-ce parce que Jésus ne faisait pas que parler. Des pécheurs notoires s’étaient repentis et avaient reçu le pardon. Des démoniaques avaient été délivrés, et des malades avaient reçu la guérison.
Mais il y avait plus. La joie qui se voyait sur le visage de ceux qui le suivaient semblait aller bien au-delà de leur santé physique. Ils étaient purifiés de l’intérieur. Ils étaient libres. Le lépreux n’était pas sûr de comprendre pourquoi, mais l’espoir que lui avaient fait ressentir les paroles de Jésus suscitait en lui le désir de recevoir quelque chose de plus grand encore que la simple guérison de son corps.
Il se décida. Quel qu’en soit le prix, il devait réussir à voir Jésus pour lui demander de le purifier de sa lèpre et de toutes ses autres souillures. Et si Jésus lui accordait cette faveur, il allait le suivre.
Alors, il emboîta le pas de Jésus qui descendait de la montagne, l’observant et priant pour que la bonne occasion se présente. Il avait l’estomac noué. Et si ce moment ne venait jamais ? Et si l’occasion se présentait, mais que Jésus refuse de donner suite à sa requête ?
Quand Jésus parvint en bas de la montagne, brusquement, le lépreux sentit que le moment était propice. Il se faufila rapidement devant Jésus, tomba à genoux et s’écria :
— Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur.
Il fut lui-même surpris de s’entendre prononcer ces paroles avec une telle assurance.
Jésus le regarda. Le temps semblait s’être figé. Toutes les conversations autour d’eux s’arrêtèrent. L’homme sentait que tous les regards s’étaient tournés vers lui. Puis, le sourire le plus doux qu’il n’ait jamais vu éclaira le visage de Jésus, alors qu’il étendait la main pour le toucher :
— Je le veux, sois pur.
La première chose qu’il ressentit fut la compassion de Jésus. Aucun non-lépreux ne l’avait touché depuis trois ans.
Puis, il sentit une vague de chaleur lui envahir le corps. Des picotements aux bouts de ses doigts – des doigts qu’il pensait ne plus jamais pouvoir sentir ! Des exclamations fusaient de la foule. Il remonta ses manches. Plus une seule tache ! Il leva les yeux vers Jésus, stupéfait, sans voix, tant sa joie était profonde. Il savait qu’il était pur.
Jésus l’aida à se relever et lui ordonna de ne rien dire à personne, mais d’aller se montrer au prêtre avec l’offrande prescrite par Moïse « afin que cela leur serve de témoignage ». Tout en acquiesçant, l’homme bredouilla : « Merci !» Et, après un dernier sourire, Jésus s’en alla.
Alors qu’il marchait vers le temple, les mots de Jésus résonnaient à l’oreille de cet ancien lépreux : « Je le veux, sois pur. » Il frissonna : « Je le veux. » Jésus voulait lui donner ce qu’il avait demandé. « Sois pur » : Jésus avait le pouvoir de le réaliser.
Ce matin-là, tout ce qu’il voulait, c’était juste d’être débarrassé de sa lèpre. Mais maintenant, cela lui semblait n’être que le commencement de quelque chose de bien plus puissant.
Que désirez-vous recevoir ? Jésus vous dit :
Demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. En effet, tous ceux qui demandent reçoivent, celui qui cherche trouve et l’on ouvrira à celui qui frappe.
– Luc 11.9-10
N’aie pas peur, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume.
– Luc 12.32
C’est la vérité :
Il ne refuse aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité.
– Psaumes 84.12
Parfois, ce bien, c’est la guérison. Parfois, c’est l’affliction qui est un bien, car nous pouvons alors réaliser à quel point la grâce de Dieu nous suffit (2Co 12.9). Mais même quand la guérison ne nous est pas accordée immédiatement, elle finira toujours par arriver.
Dieu désire de tout son cœur nous donner le royaume dans toute sa splendeur. Puis « il engloutira la mort pour toujours. Le Seigneur, l’Éternel, essuiera les larmes de tous les visages, il fera disparaître de la terre la honte de son peuple » (És 25.8). Car il « n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a donné pour nous tous, comment ne nous accorderait-il pas aussi tout avec lui ?» (Rm 8.32).
Alors, demandez ! Dieu veut, il peut, il est déterminé à vous donner ce qu’il y a de meilleur.
Cet article est extrait du livre Où est ta foi ?, de Jon Bloom, BLF Éditions, 2016, chapitre 17, pp. 114-118. Publié avec l’autorisation de l’éditeur. Tous droits réservés.







