À quoi ressemble l’amour pour Dieu?

      Amour de DieuPardon
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      « C’est pourquoi je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés, puisqu’elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui l’on pardonne peu aime peu. » – Luc 7.47

      Simon le pharisien et l’adoration

      Lisez: Luc 7.36-50

      Le Saint d’Israël (És 54.5) était dans sa maison, assis à sa table. Le prophète dont Moïse avait prédit la venue (Dt 18.15) partageait son repas. Le Seigneur de gloire, la Résurrection et la Vie (Jn 11.25), lui parlait face à face. Toute sa vie, il disait attendre ce moment, cet instant unique dans toute l’histoire de l’humanité. Cela aurait dû être pour Simon un honneur inimaginable et merveilleux d’accueillir chez lui le Messie. À lui en couper le souffle!

      Mais Simon n’était pas émerveillé. En regardant Jésus, il ne voyait rien d’autre qu’un Nazaréen couvert de poussière dont les propos pouvaient facilement passer pour... du pur délire.

      Et les pieds de Jésus étaient encore sales. Proposer de laver les pieds de ses invités était à cette époque une coutume très pratiquée au Proche-Orient depuis des milliers d’années. Ne pas le proposer revenait à déshonorer son invité. Il est peu probable que Simon ait juste oublié de le faire.

      Mais Jésus ne manifesta aucun signe d’indignation. Et une fois le repas servi, ils échangèrent quelques propos superficiels, se posèrent quelques questions de courtoisie.

      Soudain, tous ceux qui regardaient Jésus furent remplis de confusion et d’inquiétude. Tous leurs yeux fixaient ses pieds. Jésus se retourna.

      Une femme se tenait près de lui. Elle ne faisait visiblement pas partie de la maison. Elle le fixait intensément, protégeant un petit flacon dans ses mains. Brusquement, elle se mit à sangloter et tomba à genoux. Les larmes ruisselant sur son visage, elle se pencha pour les laisser s’écraser sur les pieds sales de Jésus. Elle les essuya avec sa chevelure qui se couvrit de poussière.

      Elle se mit ensuite à embrasser les pieds de Jésus.

      Exclamations et murmures se firent entendre tout autour de la table. Tout le monde ici connaissait la réputation de cette femme. Il aurait été inconvenant ne serait-ce que d’évoquer ce qui était à l’origine de cette réputation. On parlait juste d’elle comme d’une "pécheresse". Tout le monde savait ce qu’il y avait derrière ce mot.

      Tous étaient donc horrifiés par son attitude déplacée et ce contact presque intime avec Jésus. Tous, visiblement, sauf Jésus. Il ne paraissait pas être choqué, et ne faisait en tout cas rien pour l’arrêter.

      Un serviteur inquiet se dirigea vers la femme mais Simon lui fit signe de reculer. Ce qui se passait l’intéressait.

      En regardant cette femme verser le parfum qu’elle avait apporté sur les pieds de Jésus, Simon ressentait à la fois du mépris, mais aussi un certain plaisir. Ce qu’il avait toujours pensé de Jésus devenait réalité sous ses yeux. Rien ne pouvait démontrer plus clairement l’illégitimité de ce prétendu prophète que son incroyable manque de discernement concernant l’immoralité de cette femme. Aucun homme saint ne se serait laissé polluer par un tel contact. Il se mit à réfléchir à ce qu’il raconterait au Conseil à ce sujet.

      — Simon, j’ai quelque chose à te dire. Les paroles de Jésus tirèrent Simon de sa rêverie:

      — Maître, parle, répondit-il.

      — Un créancier avait deux débiteurs: l’un d’eux lui devait cinq cents pièces d’argent, et l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi le rembourser, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l’aimera le plus?

      Simon répondit:

      — Celui, je pense, auquel il a remis la plus grosse somme.

      Jésus lui dit:

      — Tu as bien jugé.

      Puis il se tourna vers la femme et dit à Simon:

      — Tu vois cette femme? Je suis entré dans ta maison et tu ne m’as pas donné d’eau pour me laver les pieds; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a pas cessé de m’embrasser les pieds. Tu n’as pas versé d’huile sur ma tête; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds. C’est pourquoi je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés, puisqu’elle a beaucoup aimé.

      Puis, jetant un regard perçant en direction de Simon, Jésus poursuivit:

      — Mais celui à qui l’on pardonne peu aime peu.

      Tout le monde se tut, stupéfait.

      Avec une tendre autorité Jésus s’adressa à nouveau à la jeune femme:

      — Tes péchés sont pardonnés. Ta foi t’a sauvée. Pars dans la paix!


      En tant que pharisien, Simon jouissait d’une réputation d’homme pieux. Il avait reçu une excellente éducation sur le plan théologique, avait mémorisé des portions entières des Saintes Écritures, il appliquait une discipline de vie rigoureuse, il priait religieusement, et il donnait toujours la dîme. Tout ce que les êtres humains admirent en général.

      La réputation de la femme était, au contraire, nauséabonde. Ses inconduites étaient de notoriété publique. Personne ne pouvait se tromper sur elle: elle n’était pas une servante de Dieu. Et bien que les hommes aient pu souvent la désirer, personne ne l’admirait.

      Pourtant, ce jour-là, devant tous les invités du dîner, Jésus déclare que la femme débauchée avait témoigné beaucoup d’amour pour Dieu, alors que le pharisien, pur selon les rituels de la loi, n’avait manifesté que peu d’amour pour Dieu. Pourquoi? Simplement parce que la femme savait qu’elle avait désespérément besoin du pardon que Jésus offrait dans son Évangile, alors que Simon, non.

      “Celui à qui l’on pardonne peu aime peu.” Cette toute petite phrase nous révèle une énorme vérité: plus nous prendrons conscience de l’ampleur de nos péchés et de l’immensité de la grâce de Dieu pour nous pardonner, plus nous aimerons Dieu.

      Voilà ce que Jésus recherche. Voilà le genre d’adorateur que le Père recherche (Jn 4.23).

      Car une vraie adoration c’est avant tout un amour passionné pour Dieu, et non une observation moraliste des lois, des fêtes, ou un sens développé de la discipline personnelle. Et pour des pécheurs tels que nous sommes, le carburant de cet amour c’est une prise de conscience profonde, comme le disait l’ancien esclavagiste devenu pasteur, John Newton, que “je suis un grand pécheur, et que Christ est un grand sauveur1”.


      Jon Bloom

      Jon Bloom est Président du conseil d’administration et cofondateur du site DesiringGod. Il est également auteur plusieurs livres dont notamment Où est ta foi?, qui a été publié en français. Jon et sa femme ont cinq enfants, ils vivent à Twins Cities, aux États-Unis.

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