LIVRE La rue est mon église de Guy Gilbert

 » Jésus n’avait pas de licence de théologie. Il n’aurait jamais imaginé, le pauvre, qu’on lui bâtisse des boîtes à évêques, ces séminaires romains d’où sont issus tant de technocrates de l’Évangile. »
(Guy Gilbert, La rue est mon église)

Guy Gilbert a horreur qu’on lui donne du « mon Père », mais pourtant, c’est d’abord parce qu’il est prêtre qu’il m’étonne. Ce qu’il dit, je l’entends souvent mais… pas dans la bouche d’un prêtre !

« Je reste très réticent sur le type de vie du pape. Successeur des apôtres, mais surtout successeur du Fils de Dieu qui, lui, dormait un jour chez l’un, un jour chez l’autre, souvent par terre. »

« Il semble que le chemin de l’Église nous conduise à ordonner des hommes mariés. »

La rue est mon église dévoile un homme qui n’a pas la langue dans sa poche, c’est le moins qu’on puisse dire. Guy Gilbert a bien à l’esprit que recevoir Jésus-Christ est une décision qui engage tout notre être. Avec simplicité, il nous parle de sa vocation, « cette idée farfelue : être curé », à l’âge de treize ans, ses années de séminariste en Algérie au cœur de la guerre, son refus de l’hypocrisie de l’Église catholique, puis d’innombrables récits de sa vie de témoin du Christ dans la rue, au côté de « ses  gars » comme il les appelle…

En revanche, on regrette une certaine vision de l’Évangile. Guy Gilbert nous exhorte comme le Christ à faire que chacun soit respecté et aimé. Mais il oublie presque que Jésus est aussi (surtout) venu pour rétablir notre relation avec Dieu alors que nous étions dans une voie sans issue.

Bref, un livre à lire si vous avez envie de découvrir un visage moins connu, pas forcément le plus représentatif, c’est vrai, du prêtre.

Extrait de la quatrième de couverture (édition de 1980).

A Pâques 78 pour le Vendredi Saint, les millions de Français qui regardaient ce soir-là l’émission de Bernard Pivot « Apostrophes » sur Antenne 2, virent surgir le visage passionné de Guy Gilbert, prêtre paradoxal, cheveux longs, blouson de cuir, qui vit au milieu des loubards du 19e arrondissement de Paris. Le succès de son premier livre Un prêtre chez les loubards fut immense.

Avec ce nouvel ouvrage Guy Gilbert fait la preuve que le folklore de la rue, la verdeur du vocabulaire, n’ont pas fait disparaître le prêtre derrière l’éducateur. Au milieu de la misère et du désespoir des jeunes qu’il côtoie, Guy Gilbert se veut d’abord témoin du Christ.

Myriam J.

A fait une licence d'histoire à la Sorbonne. Elle était une contributrice régulière au blog durant plusieurs années.

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