Les raisons qui m’ont poussé à travailler en parallèle de mon ministère

Oui, travail et ministère sont compatibles. Voici le témoignage d'un implanteur d'Église électricien!

Ed Stetzer dit que le travail en parallèle du ministère n’est pas une pénalité, mais une opportunité.

Je peux aujourd’hui affirmer que c’est exact. Toutefois, je n’ai pas toujours vu les choses de cette façon.

Il y a 10 ans, quand j’en avais 20, j’ai rapidement quitté l’école biblique pour deux raisons: le mariage et le ministère. Notre pasteur et implanteur – également enseignant à mi-temps à l’époque – avait lancé une vision qui nous avait convaincus pour démarrer un mouvement d’implantation d’Églises à Saskatoon et dans le reste de la province du Saskatchewan, au Canada.

J’ai choisi de devenir électricien. Mais dès la fin de la première semaine, j’étais prêt à tout arrêter. Je me demandais si je n’avais pas fait le mauvais choix en interrompant ma formation théologique, et en n’étant pas rentré dans le ministère à plein-temps.

Toutefois, avec le temps, les choses ont commencé à changer. Alors que ma femme et moi avions prié et demandé conseil, Dieu nous a clairement montré qu’avoir un emploi à côté du ministère était la bonne décision. Travailler dans le bâtiment serait mon ministère en tant que fabricant de tentes, en parallèle de mon service au sein de notre Église. Et au fur et à mesure que mes compétences professionnelles croissaient, les opportunités d’annoncer l’Évangile se développaient.

Dieu a utilisé mon travail pour porter des fruits dans ma cité et dans la province élargie. Désormais, je participe à l’implantation d’une troisième Église à Saskatoon, et j’ai pourtant fait le choix de continuer de travailler à côté de mon ministère. Je vous en donne trois raisons ci-dessous.

1- Pour l’exemple

Dans notre communauté locale, nous nous efforçons de montrer que nous pouvons travailler dur au sein de notre société. Le travail séculier n’est pas – et ne devrait pas être – une chose qui nous détourne de l’Évangile. Nous voulons montrer à tous ce que signifie une vie d’obéissance à Jésus lorsque nous travaillons, élevons une famille et vivons comme des citoyens ordinaires. Tout cela fait partie du programme d’implantation d’une Église. Paul a en effet enseigné et conceptualisé ce type d’éthique du travail:

« Vous savez vous-mêmes comment il faut nous imiter, car nous n’avons pas vécu parmi vous dans le désordre. Nous n’avons mangé gratuitement le pain de personne; mais, dans le travail et dans la peine, nous avons été nuit et jour à l’œuvre, pour n’être à charge à aucun de vous. Ce n’est pas que nous n’en eussions le droit, mais nous avons voulu vous donner en nous-mêmes un modèle à imiter » (2Th 3.7-9).

Cette éthique du travail a conduit à un plus grand respect et à une plus grande crédibilité de la part de notre entourage. En tant que pasteurs et implanteurs d’Églises, notre but est de montrer comment l’Évangile façonne tous les aspects de la vie. En agissant ainsi, nous professons Christ à un monde brisé.

2- Pour l’annonce de l’Évangile

Toutefois, travailler en parallèle du ministère ne se limite pas simplement à l’exemplarité. « À cause de l’Évangile » était la motivation de Paul (1Co 9.22-23). Paul a ordonné sa vie de manière à atteindre les perdus. Avoir un emploi dans le bâtiment a été une opportunité pour moi d’être dans l’optique « À cause de l’Évangile ». J’ai eu le privilège de travailler avec toutes sortes de gens. De cette manière, j’ai pu établir des relations intentionnelles avec eux. Et ces relations me donnent un cadre dans lequel je peux parler de Christ.

Il y a deux ans, j’ai commencé à travailler dans une école. J’ai été formé par Terry, un homme plus âgé qui est rapidement devenu un ami. Il avait 64 ans et devait bientôt prendre sa retraite. Sa carrière étant incroyablement marquée par la réussite, il était connu et respecté dans toute la province.

Au fur et à mesure du développement de notre relation, j’ai commencé à partager l’Évangile avec lui. Au départ, Terry ne voulait rien avoir à faire avec Jésus, mais il respectait quand même mon point de vue. Toutefois, la tragédie a frappé sa vie. Six semaines après le début de notre collaboration, il a découvert qu’il était atteint d’un cancer. Son traitement lui a alors imposé d’arrêter de travailler.

Par la grâce de Dieu – après plusieurs mois et de multiples conversations –, Terry est venu à la foi en Jésus-Christ. Il a rejoint notre Église pendant une courte période, et la dernière fois que je l’ai vu, c’était lors d’une veillée de prières. Terry est mort en tant que chrétien à l’âge de 65 ans, quelques semaines seulement après avoir pris sa retraite. Sa vie – et son éternité – a été radicalement changée par la grâce de Dieu toute suffisante.

La famille de Terry m’a demandé de faire son éloge lors de ses funérailles. Devant ses amis et ses proches, et des dizaines de collègues de travail, j’ai pu partager le message qui avait transformé sa vie. Ce qui a eu pour conséquence de voir un autre collaborateur se tourner vers Jésus et un autre encore se poser de sérieuses questions à propos de l’Évangile.

3- Pour les portes ouvertes

Mon emploi actuel consiste à élaborer des programmes de spécialisation pour former les Amérindiens du Canada, dont je fais partie, en vue d’obtenir un travail. Je suis maintenant un fournisseur de services pour de nombreuses entreprises dans ma ville et dans ma province. Je parcours la région pour créer des réseaux et établir des relations avec des personnes de différents horizons, notamment celles issues des communautés amérindiennes.

Dans le cadre de ce travail, on m’a récemment demandé d’aller dans une communauté isolée du nord du Saskatchewan accessible seulement par avion. La ville avait subi un grand nombre de suicides au cours des derniers mois, et nous avons été chargés de parler aux lycéens afin de leur offrir de l’espoir grâce à l’éducation. Bien que j’aie parlé des avantages d’une bonne éducation, j’ai également pu partager la véritable espérance que l’on ne trouve qu’en Jésus-Christ.

Mon travail me donne d’innombrables occasions de partager l’Évangile; des occasions uniques que je n’aurais pas si j’étais à plein-temps dans le ministère. Dieu continue aujourd’hui de me donner des occasions de répondre de « l’espérance qui est en moi » (1Pi 3.15).

En tant qu’implanteur d’Églises, ma vocation m’a amené à pouvoir présenter Christ là où je n’aurais pas pu le faire en tant que pasteur à plein-temps. Travailler en parallèle du ministère nous donne de l’élan pour implanter des Églises centrées sur l’Évangile dans chaque quartier, chaque ville, chaque communauté amérindienne de notre province. Ce n’est pas facile, et travailler à côté du ministère a un coût. Mais nous continuons de travailler dur, de faire confiance à Dieu et d’implanter des Églises pour sa gloire.

Sam Whitehawk est implanteur d’Églises au Canada. Il travaille en partenariat avec le réseau Acts 29.

Merci à David Steinmetz pour la traduction de l’article.

Auteur invité

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