La Bible affirme, dans Genèse 1.26-27, que l’homme et la femme ont été créés “à l’image de Dieu”. Que signifie cette affirmation? Elle a reçu plusieurs interprétations au fil des siècles qu'on peut regrouper en trois grandes catégories: ontologique, relationnelle et fonctionnelle.
Cette lecture traditionnelle remonte aux Pères de l’Église (comme Irénée et Augustin). Elle soutient que l’image de Dieu réside dans des qualités intrinsèques à l’être humain: sa raison, sa volonté, sa conscience morale, ou encore sa capacité spirituelle à connaître Dieu. Elle distingue souvent l’image (imago) que l’homme conserve même après la chute, de la ressemblance (similitudo) qu’il peut perdre ou restaurer. Les théologiens médiévaux et réformés ont souvent identifié cette image à l’âme rationnelle, ou à la droiture originelle (morale et spirituelle).
Inspirée par Karl Barth, cette approche considère que l’image de Dieu se manifeste dans la relation entre les êtres humains et avec Dieu. Le fait que l’être humain soit créé “homme et femme” souligne la dimension interpersonnelle et communautaire de l’imago Dei. Comme Dieu vit en relation (notamment dans la Trinité), l’humain reflète Dieu en tant qu’être en relation: amour, communion, responsabilité mutuelle.
Popularisée dans la théologie du XXᵉ siècle (notamment par Gerhard von Rad), cette lecture met l’accent sur le rôle de domination (Gn 1.26): être à l’image de Dieu signifie représenter Dieu en gouvernant la création. L’homme est vice-roi, administrateur ou reflet de la souveraineté divine sur terre. Cette fonction de représentation renvoie à des pratiques royales du Proche-Orient ancien, où l’image du roi (ou des statues) représentait le pouvoir divin sur un territoire donné.