Il y a plusieurs années, alors que j’assistais à une conférence sur l’évangélisation, lors d’un panel, quelqu’un a demandé: “Est-ce pertinent d’annoncer l’Évangile dans nos Églises?” Si cette question a ébranlé l’évangéliste en moi, la réponse que plusieurs en ont donné l’a marqué comme au fer rouge, en affirmant: “Non!”
Je me suis senti comme un cheval qu’on empêche de galoper, comme un chanteur qui a perdu la voix, comme une grenouille privée de son nénuphar… Bref, j’ai eu le sentiment d’avoir manqué quelque chose tellement cette réponse m’avait heurté.
Dans les années qui ont suivi, à quelques reprises, des chrétiens m’ont dit que ça les dérangeait qu’il y ait une part d’évangélisation dans chacune de mes prédications; ils trouvaient cela redondant. En d’autres occasions, j’ai entendu des pasteurs affirmer que l’Église locale n’est pas un lieu d’évangélisation, mais d’édification des croyants. Mais pourquoi dissocier l’Évangile de l’édification?
En fait, l’Évangile s’adresse aussi bien aux croyants qu’aux non-croyants, car s’il conduit d’abord au salut, il édifie sans cesse par la suite le sauvé. Par exemple, la contemplation du Sauveur en croix devrait nous garder émerveillés par la façon dont Christ a accompli notre salut, produisant en nous la louange et l’adoration! Aussi, plus nous saisirons la profondeur de l’œuvre de Christ à la croix, plus notre vie chrétienne, notre marche avec Jésus et notre service pour Dieu en seront impactés! C’est ce que l’apôtre Paul exprime dans Romains 1.1-17, lorsqu’il s’adresse à des croyants, leur rappelant l’Évangile “afin d’affermir leur foi”, ce qui démontre bien le besoin que nous avons aussi de réentendre l’Évangile de Jésus-Christ.
Bref, voici donc quelques autres raisons pour lesquelles je ne crois pas seulement en la pertinence de prêcher l’Évangile dans l’Église, mais en son absolue nécessité:
Jésus n’est pas venu pour débattre d’opinions philosophiques humaines ou pour fonder une religion de plus, mais pour apporter fidèlement le message qui vient de Dieu le Père:
49 Car je n’ai point parlé de moi-même; mais le Père, qui m’a envoyé, m’a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer. 50 Et je sais que son commandement est la vie éternelle. C’est pourquoi les choses que je dis, je les dis comme le Père me les a dites.
Jean 12.49-50
Puisque l’Évangile vient de Dieu, ne devrait-il pas être prêché dans les Églises?
Il paraît qu’un jour, une dame demanda à George Whitefield, un prédicateur britannique du 18ᵉ siècle, pourquoi il insistait tant à dire aux gens qu’ils devaient naître de nouveau. Il répondit: “Ma chère dame, c’est parce que vous devez naître de nouveau!”
Beaucoup de gens qui cherchent Dieu vont dans les Églises pour le trouver, alors ne négligeons pas de leur en indiquer le chemin (Jn 14.6)! Et que dire aussi de ceux qui, dans nos Églises, assistent fidèlement dimanche après dimanche sans pour autant avoir véritablement cru en Jésus? Persévérons à leur faire entendre ce même message que Jésus adressa à Nicodème: “Il faut que vous naissiez de nouveau” (Jn 3.7), afin qu’ils ne soient pas de ceux qui diront “Seigneur, Seigneur”, et qui finalement n’entreront pas dans le royaume des cieux (Mt 7.21-23)!
“L’Évangile, nous dit Romains 1.16, c’est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit.” Alors, est-ce que le seul message qui produit la conviction de péché et de repentance devant Dieu ne devrait pas être prêché dans les Églises?
Cependant, il apparaît évident que les chrétiens pourraient se plaindre si leur pasteur-évangéliste ne prêchait que l’Évangile dans l’Église! Les prédicateurs doivent enseigner tout le conseil de Dieu, et pas seulement l’Évangile. Il faut un enseignement biblique équilibré pour une bonne santé spirituelle.
Une maxime populaire dit que “l’erreur se nourrit de la vérité”. Pour se donner de la crédibilité, les faux docteurs utilisent la Bible comme point de départ, mais finissent par en tordre le sens pour tromper les gens et en faire leurs proies (Col 2.8).
Ainsi, avec l’abondance des fausses doctrines qui circulent (y compris l’évangile de prospérité), si l’Évangile n’est pas annoncé et rappelé dans toute sa pureté dans les Églises, certains croyants risquent d’être troublés et influencés par toutes sortes de faux enseignements. Paul a écrit à des chrétiens à qui c’était arrivé:
6 Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre évangile. 7 Non pas qu’il y ait un autre évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent altérer l’Évangile de Christ. 8 Mais, si nous-mêmes, si un ange du ciel annonçait un évangile s’écartant de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème! »
Galates 1.6-8
Si nous ne restons pas connectés à l’Évangile de grâce dans toute sa pureté, sa plénitude et sa suffisance, nous risquons de finir par substituer à la croix une vérité de remplacement.
Plus nous réaliserons le sens de la croix et le prix payé par Jésus pour nous racheter (1P 1.18-19), plus notre vie, nos pensées, nos désirs, nos actions et les aspirations de nos cœurs vont tendre vers un réel désir de sanctification et d’obéissance à Dieu. Dans l’épître à Tite, on peut lire:
11 Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. 12 Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété…
Tite 2.11-12
C’est par l’œuvre de Christ à la croix que des vies sont réellement transformées à la gloire de Dieu. Ainsi, l’Évangile doit être prêché encore et encore, car quelqu’un a dit que nous étions des auditeurs oublieux… (Jc 1.25).
Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
Luc 21.33
Cette parole de Jésus fait mentir ceux qui prétendent que la Bible n’est qu’une relique d’une époque révolue. “Autres temps, autres mœurs”, dit-on, mais la révélation divine, dont l’Évangile fait partie, n’a pas changé (Dt 4.2; Ap 22.19). D’hier à aujourd’hui, quiconque meurt dans ses péchés passera l’éternité en enfer (Jn 3.36), et il en sera ainsi jusqu’à la fin. L’Évangile est donc encore très actuel par sa nature profonde et immuable.
En l’an 490 avant Jésus-Christ, un petit contingent de l’armée grecque a réussi à repousser les Perses et les Mèdes, qui étaient dix fois plus nombreux qu’eux et qui voulaient envahir la Grèce. Cette bataille décisive a été remportée dans la plaine de Marathon, à environ 40 km d’Athènes (l’origine des courses à pied de 42 km).
Un messager a alors été envoyé à Athènes pour annoncer la victoire au peuple. Mais selon la tradition, le porteur de cette bonne nouvelle serait mort d’épuisement en arrivant. Il n’aurait eu le temps de prononcer qu’un seul mot avant de s'effondrer et de mourir: “Nenikamen”, qui veut dire en grec: “Nous avons gagné.” C’était véritablement une bonne nouvelle, car s’ils avaient perdu, les Grecs auraient été assujettis aux Perses. Ainsi, la victoire remportée à Marathon a eu un impact sur l’avenir de toute une nation.
D’une façon encore plus glorieuse, Jésus a remporté pour nous la plus grande des batailles. En sortant du tombeau, il a vaincu notre pire ennemi, la mort, prouvant par le fait même le pardon de nos péchés. N’est-ce pas là une véritable Bonne Nouvelle à proclamer? Nenikamen! En Jésus, nous avons gagné! Cette victoire a changé le cours de notre vie et de notre destinée éternelle!
Alors, cette victoire ne devrait-elle pas être proclamée sur tous les toits (Mt 10.27)? Oui, et même sur les toits des églises s’il le faut!
Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
Romains 10.13
Jésus lui-même a dit:
Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création.
Marc 16.15
Après l’avoir exhorté à prêcher la Parole “en toute occasion, favorable ou non”, Paul dit à Timothée:
Fais l’œuvre d’un évangéliste, remplis bien ton ministère.
2 Timothée 4.1-5
Un ministère de prédication bien rempli implique d’exposer les Écritures de la Genèse à l’Apocalypse. Cependant, je crois que tout prédicateur devrait s’interroger pour savoir si, dans le texte qu’il va exposer, il y a une connexion légitime (pas d’allégorie) à faire avec l’Évangile, et l’exploiter de façon contextuelle et équilibrée.
À la question: “Est-il pertinent de prêcher l’Évangile dans l’Église?”, je réponds que chaque fois qu’une âme se repent et évite ainsi l’enfer après avoir entendu l’Évangile dans une Église, ou que la foi d’un chrétien est fortifiée par l’assurance que procure le sang de la croix, alors oui, on peut affirmer que cela vaut la peine! Nenikamen!
webinaire
Comment organiser des cultes pour chrétiens et non chrétiens?
Découvre le replay du webinaire de Stéphane Kapitaniuk et Franck Godin, enregistré le 3 juillet 2018.
Orateurs
F. Godin et S. Kapitaniuk
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